AdoramusTe a écrit :
Seul celui de Saint Pie V remonte à plusieurs siècles. Pour cette seule raison, il est absolument impensable qu'il soit mutilé de la sorte. Il est le fruit d'une évolution organique. C'est bien ce qui fait sa richesse.
Je suis plutôt d'accord avec ça. Je pense que nous sommes en droit de regretter la simplification à l'extrême de l'offertoire, qui il faut bien le dire n'est plus un offertoire mais la preparatio donorum, comme l'indique la rubrique.
Le gros intérêt de cette réflexion qui participe de la pensée de Mgr Raffin, mais aussi de Dom Oury (La messe de S. Pie V à Paul VI) et de Denis Crouan, c'est de montrer quelles sont les grandes idées qui on mené dans les années 1960 à une réforme aussi radicale. L'idée n'est pas de mettre en valeur l'ordo de Paul VI mais de faire une critique de l'ordo de 1962. Et il est exact qu'il y a de nombreuses choses critiquables dedans. C'est indéniable. et ça vaut le coup de le rappeler, parce que ce n'est pas venu tout seul, ce "massacre" ; ça été justifié par la réflexion théologique de l'époque, réflexion théologique qui a du sens.
Je trouve en effet dommage aujourd'hui que la réflexion sur la réforme liturgique se cristallise uniquement là dessus, justement parce que ce "n'est plus sacrificiel". Il faut biens e rendre compte que c'est à dessein que ce n'est pklus sacrificiel. Mgr Raffin le rappelle : cela mettait mal à l'aise tout le monde parce que c'est difficile à justifier théologiquement. On a cherché dans la ligne de la réflexion théologique du P. Bouyer qui a beaucoup travaillé la question des prières eucharistiques (et qui n'est pas un "bunigniste", loin s'en faut, ne caricaturons pas...) à donner une expression plus "saine" à la théologie de ce rite de transition entre Parole et Sacrifice. Théologie qui dans l'ordo de 1962 n'était pas bien perçue à l'époque.
Aujourd'hui, quand on voit ce qu'on a perdu, et la force d'évocation de certaines prières, on regrette à juste titre qu'on ait autant élagué. Mais il y avait quelque chose à faire ; ça a été mal fait, convenons-en, mais il y avait quelque chose à faire dans le cadre d'un "instauratio" liturgique.
AdoramusTe a écrit :
L'offertoire de Paul VI est une pure invention d'experts de bureau. C'est bien un offertoire mais il n'a aucune histoire, il sort de nulle part. Tout comme ses répons "Benedictus Deus in saecula". Donc, on ne peut pas justifier une telle mutilation.
L'idée du P. Bouyer, c'était la restauration des "berakoth" juives : (Cf. Bouyer Nouvel offertoire et Berakoth). Le principe c'était de trouver une expression authentique pour ce rituel qui dépasse radicalement les strates successives théologiquement discutables de l'offertoire de 1962. Cela ne sort pas tout à fait du chapeaun quand même. Il y a aussi une réflexion théologique autour de cela, qui mérite d'être connue.
Encore une fois, je ne prétends pas que c'est l'idéal....
AdoramusTe a écrit :
Il faut se demander plutôt ce qui a justifié un tel massacre à la hache. Il y a avait probablement des mots, des concepts à censurer dans l'offertoire pour qu'il soit remplacé ainsi. Censure que l'on rencontre un peu partout dans le missel : disparition du "pêcher", du "démon", du "sacrifice", etc.
Voilà le vrai sujet.
C'est là où l'on rencontre le "bunignisme"....