Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

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Sofijka
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Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lu par Sofijka »

J'ai reçu récemment de l'internat FSSPX où mon fils était durant 3 mois (je l'ai retiré début décembre car c'est trop loin et à tout point de vue je n'ai pas pu suivre) un document pdf appelé "Stella Maris".
Ce que j'apprécie beaucoup chez les traditionnalistes, c'est l'énergie qu'ils manifestent dans leurs discours et leurs sermons pour appuyer ce qui est important.
Pour s'en faire une idée, voici quelques-uns des articles de Stella Maris n°49 :

<< Coincé !
Certaines insultes ne nous atteignent pas. Se faire traiter de barbu quand on est glabre ou de maigrichon quand on est gros ? La belle affaire ! Mais il existe un petit mot terrifiant… Oh ! Pas un gros mot, un mot tout petit, mais qui terrasse l’ennemi et après lequel il n’y a plus qu’un vainqueur et un vaincu. C’est une étiquette assassine et infamante, dont la crainte explique bien des lâchetés
inexplicables autrement.
Ce mot ? « Coincé ! »
Vous mettez un foulard à la messe ? Coincée ! Vous détournez
le regard d’une affiche mauvaise ? Coincé ! Vous écoutez du Mozart ? Coincé ! Vous êtes sensible au savoir-vivre ? Coincé ! Vous exigez une messe catholique ? Coincé ! Vous refusez une école tradimaispastrop ? Coincés ! Vous n’avez pas la télé ? Coincés ! Vous n’avez pas le dernier gadget inutile du geek moyen ? Vous n’avez pas Internet
à la maison ? Coincé ! Vous empêchez vos enfants de participer aux soirées mondaines et aux rallyes prout-prout ? Coincés ! Vous pensez que seuls les saints vont au Ciel ? Coincé ! Que ne sacrifierait-on pas sur l’autel du monde pour échapper à
cet opprobre mondain ? C’est pour n’avoir pas voulu paraître coincés aux yeux du monde que les hommes d’Église ont enfanté Vatican II… Que de damnés aujourd’hui
coincés en Enfer pour n’avoir pas vécu chrétiennement, tout simplement ?
Abbé Guillaume d’Orsanne >>

<< Ah ! Si les parents savaient...
S’ils savaient ? Ils pleureraient ! Nous voudrions, chers parents, vous mettre très sérieusement en garde contre ce fléau moderne qu’est l’Internet. Si les parents savaient
combien de dégâts cet outil dangereux a causé dans l’âme de très nombreux enfants, ils pleureraient et prendraient davantage de précautions. Devant Dieu, vous devrez rendre compte du soin que vous avez apporté à protéger
vos enfants de la pourriture du siècle.
Si par votre faute, votre négligence ou votre naïveté, vous avez laissé vos enfants se corrompre avec Internet, vous serez les complices de leur malheur et vous partagerez leur peine, éternelle peut-être. Ayant suivi de près et pendant plusieurs années de nombreux enfants soit dans le milieu scolaire, soit dans de nombreux camps de jeunes,
je puis affirmer que la proportion des personnes qui tombent dans des chutes fracassantes, prolongées et répétées, dans le domaine de la pureté notamment,
est si nombreuse que si les parents soulevaient les dessous de la toile, ils seraient effrayés. Combien d’adultes eux-mêmes en sont les victimes ! Qu’ils n’imaginent pas leurs
enfants, en pleine adolescence, plus forts qu’eux. À ce sujet, ce qui me fait peut-être le plus souffrir, c’est de voir des enfants qui ont été sur l’ordinateur de la famille et qui viennent, tremblant au confessionnal s’accuser d’avoir vu, sans le vouloir, pour la
première fois, une mauvaise image. C’est que d’autres sont passés avant lui et ont laissé à leur insu des traces nauséabondes. Ce pauvre enfant en est la victime et il sera peut-être blessé à vie…
Chers parents, réagissez ! Il n’est jamais trop tard pour bien faire et des correctifs s’imposent en ce domaine dans bien des familles. Nous voulons vous exposer quelques
aspects des dangers que courent vos enfants dans l’utilisation de cet outil et répondre à quelques légitimes questions qui se posent à son sujet. Internet est-il un outil pervers ? Peut-on l’avoir chez soi ? À quelles conditions ? Voilà les questions auxquelles nous tâcherons de répondre de façon claire et concise dans ce numéro de
notre « Stella Maris ».
Abbé Vaillant. >>

<< Internet : outil dangereux.
Voilà ce qui définit le mieux Internet. C’est un outil qui a la particularité d’être très dangereux. Comme tout outil, il est utile, très utile même. Et à ce titre, il n’est ni mauvais ni bon en soi, tout dépend de l’usage qu’on en fait. Cependant, il n’est pas sans grave danger. Et ce danger qui l’accompagne a deux sources. Il vient de l’Internet luimême
d’une part, et de la fragilité du sujet qui l’utilise d’autre part. Expliquons-nous. Internet permet d’avoir accès à tout ce qu’on veut : le meilleur et le pire. Et quel pire ! À cela se surajoute la fragilité de celui qui l’utilise, plus exactement son manque de vertu, de
force pour résister à la tentation. Ce manque de force est dû à une fragilité de tempérament, à une absence de combat ou à la jeunesse des passions, parfois aux trois en même temps. Prenons une comparaison. La tronçonneuse est un outil formidable,
mais combien dangereux ! Pour l’utiliser, il faut une capacité physique, une maturité, un apprentissage. Imaginez un père de famille qui offrirait, en cadeau de Noël à son fils
de cinq ans, une grosse tronçonneuse. Il lui explique comment la mettre en marche, lui montre sa capacité de couper tout ce qui la touche, puis il la lui remet entre les mains en lui disant : « Mon garçon, de toute façon, tu en auras besoin plus tard, alors
autant t’en servir maintenant, va et amuse-toi bien, mais surtout ne fais pas de bêtises… » Tout le monde tomberait d’accord pour affirmer que cet homme est criminel, fou même, en tout cas inconscient ! Si tous les adultes ne sont pas aptes à manipuler
cet engin, a fortiori l’enfant et l’adolescent.
Ah ! Si l’âme était visible… Internet a tronçonné plus d’une âme et fauché plus d’une vertu chez nos enfants.
Certains sont dans un tel état, spirituellement blessés, déchiquetés en petits morceaux, que nous tremblons pour leur salut éternel. Surtout, n’allez pas croire que votre enfant fait exception, il s’agit bien de lui en réalité ! Si, si, celui-là même que vous croyiez si sage.
Internet est un outil pervers justement parce qu’il l’est non pas en soi, mais concrètement. Or, concrètement, blessés que nous sommes par le péché originel et nos mauvaises habitudes, la plupart du temps son usage vertueux est compromis. Internet
peut donc facilement devenir une occasion prochaine de péché : pour beaucoup, y aller c’est s’exposer ! Or il évident qu’en morale, on a l’obligation de s’éloigner de l’occasion
prochaine de péché. Le refuser serait manifester une contrition insuffisante par manque de ferme propos. Que l’on se rappelle alors le grave et sévère avertissement de Notre-
Seigneur : « Si ton oeil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette le loin de toi : car il vaut mieux pour toi qu’un seul de tes membres périsse et que ton corps
tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne. » (Mat. 5,23)
Avant l’oeil, tronçonnons Internet… Rien ne remplacera la prudence paternelle. Ces avis sont des conseils généraux, mais il revient à la responsabilité des parents d’estimer
en conscience ce qui convient à leurs enfants. Il est vrai que de plus en plus, Internet
devient indispensable. Il faut éduquer donc les adolescents à utiliser vertueusement cet outil. Pour tout ce qui concerne l’usage d’Internet, la vertu qui est premièrement visée est la tempérance, qui modère l’appétit désordonné des plaisirs faciles et sensibles. Il y a donc une double préparation pour un usage raisonnable de cet outil. Une préparation éloignée qui est l’éducation de cette vertu chez l’enfant. On cherchera à lui inculquer un amour de Dieu plus fort que tout, mais surtout l’amour du sacrifice et de la mortification.
Puis il y a la préparation prochaine qui consiste à éduquer l’enfant sur ce domaine concret qu’est l’usage d’Internet. Il y a un équilibre à tenir entre la confiance et le contrôle. Cet
équilibre varie pour chaque enfant. Il y a cependant quelques règles qui valent pour tous.
Il faut que l’accès à Internet soit dans un lieu public, avec un code, en présence d’un adulte, dans des plages horaires définies, jamais le soir, le plus court possible, le plus espacé possible, et n’y recourir qu’après avoir épuisé au préalable les autres moyens d’informations.
En revanche, laisser Internet à disposition dans la chambre d’un enfant, laisser Internet sans surveillance quand les parents sont absents ou en libre accès à l’insu des parents
constituent des fautes graves contre la prudence. Il y a des moyens de contrôler a
priori Internet : contrôle parental, codes ; et des moyens de le contrôler a posteriori : vérifier ce que l’enfant a été voir (historique, corbeille, nettoyage de disque, etc.) Un conseil. L’accès à Internet par le biais d’une clef 3G est une bonne manière d’en gérer l’usage: il suffit que le père garde la clef, et l’enfant ne peut donc se connecter que lorsque le père lui prête la clef. Mais rien ne remplacera la vertu de prudence chez les parents et celle de tempérance chez l’utilisateur.
Abbé Vaillant. >>

Il y a encore 2 pages, je ne peux pas tout mettre. Mais je voudrais quand même coller le dernier article, intitulé "Un peu d'oxygène" :

<< L’âne et le boeuf, de rudes travailleurs, se reposaient sur la paille. Après une dure journée, ils méritaient bien ce repos car ils étaient fort fatigués.
En milieu de sommeil, ils furent réveillés : la porte venait de s’entrebâiller.
On aperçut au loin la Sainte Vierge ainsi que Saint Joseph. Comment osait-on les perturber, eux de si braves bêtes ?
Le boeuf hors de lui leur dit : « Laissez-nous dormir, c’est notre étable ! »
Mais l’âne intervint : « Cesse, » dit-il doucement, « Regarde-les. Ils sont transis de froid
Et de fatigue ! Soyez les bienvenus. »
Le bon Saint Joseph allongea aussi confortablement que
possible la Sainte Vierge ; à ses côtés se tenaient l’âne et le boeuf.
Tout d’un coup, minuit ! Les anges chantèrent en un seul choeur, le Christ était né !
Dès qu’il fut déposé sur la paille, sous les regards admiratifs de
tous, il sourit Divinement à l’âne, qui fit de même.
Puis plein de tristesse, Il regarda le boeuf ; celui-ci comprit, et en sanglots, il s’excusa, auprès de la Sainte Famille. Alors le petit Jésus lui sourit plein d’affection !
Bientôt arrivèrent les bergers, l’âne eut grand peur que son ami se mît en colère.
Mais non, la leçon l’avait métamorphosé ! Alors, l’Enfant Divin, la figure rayonnante
Lui tendit les bras, affectueusement.
Chers lecteurs, combien de fois Avons-nous imité le boeuf ?
Le tout est de savoir ne plus retomber dans notre faute.
>>
Ghislain, élève de 6ème. Composition 1er trimestre.
Pour habiter, tipi beaucoup mieux. Toujours propre, chaud en hiver, frais en été, facile à bouger. Homme moderne construit grosse maison, beaucoup d'argent dépensé, comme une grande cage, pas de soleil, jamais sortir. Toujours malade.
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Fée Violine
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Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lu par Fée Violine »

Le petit texte sur le mot "coincé" est pas mal, mais pourquoi faut-il qu'il se termine par :
C’est pour n’avoir pas voulu paraître coincés aux yeux du monde que les hommes d’Église ont enfanté Vatican II…
, phrase qui enlève toute envie de continuer à lire !
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Sofijka
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Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lu par Sofijka »

Cette phrase signifie que Vatican II, selon l'auteur, est né d'une peur de refuser le changement.
Vous pouvez vous vexez des mots qu'ils emploient, et même le leur faire savoir, mais ne pas chercher plus loin à les connaître, à cause d'une phrase qui vous braque, peut vous fermer une porte sur eux. Vous avez peut-être raison de vous fermer à eux, mais vous avez peut-être tort. Ils disent peut-être la vérité. Comment le savoir sans vérifier ?
Pour habiter, tipi beaucoup mieux. Toujours propre, chaud en hiver, frais en été, facile à bouger. Homme moderne construit grosse maison, beaucoup d'argent dépensé, comme une grande cage, pas de soleil, jamais sortir. Toujours malade.
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alain21
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Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lu par alain21 »

J'aime beaucoup cette définition lue sur le forum catholique .

On n'y parle pas de catholique traditionaliste , mais de catholique traditionnel
Traditionnel : sont traditionnels tous ceux qui doctrinalement sont orthodoxes et dubitatifs sur le compagnonage stérile de ces dernières années entre l'Eglise et le monde; monde vers lequel l'Eglise doit se pencher, mais pour le tirer vers le haut,
et non pas se faire niveller par le bas.
sursum corda
jeanbaptiste
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Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lu par jeanbaptiste »

Vous avez peut-être raison de vous fermer à eux, mais vous avez peut-être tort. Ils disent peut-être la vérité. Comment le savoir sans vérifier ?
La question de Vatican II et du rapport des "traditionalistes" à ce concile a suffisamment été débattu ici pour que chacun ai une idée assez claire de ce qu'il en retourne d'une phrase comme celle-ci.

Au passage Fée Violine ne se ferment pas à "eux", elle dit juste que la phrase incriminée lui enlève toute envie de continuer à lire le document. Vous "surinterprétez".
Théophile
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Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lu par Théophile »

Merci pour toutes vos réponses qui m'ont suffisamment éclairé !
Cordialement,
Théophile
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archi
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Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lu par archi »

Comme ça a été dit, "tradi" ou "intégriste" sont des étiquettes derrière lesquelles on met un peu ce qu'on veut.
Il existe tout un éventail d'opinions.

Il y a la liturgie: certains refusent carrément le nouveau missel en le qualifiant d'hérétique et de dangereux pour la foi. D'autres se contentent de dire qu'il n'exprime pas bien la doctrine de la messe. Personnellement je n'irai pas jusque-là, mais comme je l'ai déjà dit je le trouve très aseptisé, en partie pour le rendre plus acceptable aux protestants (de l'aveu même de son maître d'oeuvre), en partie par rejet de certaines réalités théologiques (les anges, les saints...). Il y a enfin ceux qui se contenteraient parfaitement du nouveau missel pourvu qu'il soit célébré dignement, en latin et en grégorien et face à l'Orient. Et certains ont sûrement encore d'autres façons d'envisager le problème.

Il y a le Concile Vatican II. Certains le rejettent, généralement sous le leitmotiv "le Magistère ne peut proclamer une hérésie, or le Concile contredit clairement le Magistère antérieur, donc le Concile ne fait pas partie du Magistère" (je laisse à chacun le soin de chercher les erreurs dans ce syllogisme), accompagné d'une position plus ou moins cohérente sur chacun des papes liés à ce Concile, de Jean XXIII à Benoît XVI. Il y en a d'autres qui tout en étant favorables à l'ancienne liturgie, acceptent parfaitement le Concile comme un acte du Magistère (j'en fais partie). Certains l'acceptent en trouvant qu'il y a des points problématiques (je me contenterai de dire qu'il y a, à l'intérieur de textes très riches, un petit nombre de points ambigüs qui ont besoin d'être précisés, ce qui n'implique aucunement de faire son choix à l'intérieur du Magistère conciliaire).

Il y a, surtout chez les clercs, la formation théologique, toujours à dominante thomiste à l'instar du Magistère du début du XXe Siècle (et c'est bien normal dans l'Eglise catholique), mais de façon plus ou moins exclusive, avec souvent un rejet plus ou moins net de ce qu'on a appelé la "Nouvelle Théologie".

Un mot sur l'opposé du traditionalisme, le "modernisme": à la base, ce terme recouvre les erreurs rejetées par l'encyclique "Pascendi" de Saint Pie X et le serment antimoderniste: principalement les idées (lancées par l'exégèse moderne) qui tendent à faire des Ecritures des inventions tardives, à séparer le Jésus de l'histoire et le Jésus de la foi, et souvent à nier des points aussi essentiels que la Résurrection. Ainsi qu'un relativisme en matière religieuse, et une tendance à faire des dogmes de l'Eglise quelque chose qui doit évoluer au gré des opinions.

Il est vrai que le terme "modernisme" est parfois utilisé, lui aussi, comme étiquette pour désigner "tout ce que les tradis n'aiment pas", par exemple certains changements liturgiques spécifiques à la forme ordinaire, même si ça n'a rien à voir avec le modernisme per se.

On est cependant forcé de reconnaître que dans l'Eglise post-conciliaire, le modernisme (au sens strict) a pris une position de force, notamment dans les séminaires et les instituts catholiques, donc dans l'enseignement des églises locales (donc en contradiction avec l'enseignement du Magistère), et a tendance à contaminer même des catholiques fidèles à leur foi, mais subissant plus ou moins fortement cette influence-là.

S'il y a un point commun dans tout le monde "tradi", je pense que c'est le refus de l'idéologie moderniste qui sape les bases mêmes de la foi (cf Saint Paul: "si le Christ n'est pas ressucité, ma foi est vaine"). En cela, ils sont pleinement catholiques, tout simplement.

Après, on peut aussi dire que l'aspect le plus voyant, la liturgie, est l'expression de la théologie de la communauté qui la célèbre, la forme extraordinaire célébrée conformément aux rubriques de 1962 (voire d'avant) étant l'expression de la théologie préconciliaire, la forme ordinaire célébrée comme dans les paroisses regroupant les expressions plus ou moins délirantes de théologies plus ou moins modernistes, la liturgie de ceux qui sont fidèles au Concile, et à ce qu'il y a de correct dans la Nouvelle Théologie (renouveau patristique), se situant (quand ils ont le choix) quelque part entre une forme extraordinaire célébrée "dans l'esprit de la constitution conciliaire" et une forme ordinaire "célébrée dignement, conformément au Missel et à la Tradition", quoi qu'on mette derrière.

In Xto,
archi.
Nous qui dans ce mystère, représentons les chérubins,
Et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité.
Déposons maintenant tous les soucis de ce monde.

Pour recevoir le Roi de toutes choses, Invisiblement escorté des choeurs angéliques.
Alléluia, alléluia, alléluia.
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Columbanus
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Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lu par Columbanus »

En tant que traditionaliste et "fsspxien", je vous invite cependant à consulter l'article de Wikipedia:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Catholicis ... tionaliste

...même si il y a quelques points qui me dérangent (surtout dus à des interventions laïcistes, je pense...du style celles qui consistent à appliquer le mot "intégriste" un peu partout, enfin bref), les différentes synthèses aident à débroussailler le terrain. Vous y trouverez aussi des liens de monastères, en "pleine..communion" (il y en a qui sont décidément très créatifs) avec Rome dont les offices sont ouverts au public selon les cas.

Votre dévoué inté...serviteur,

Columbanus.
Dernière modification par Columbanus le dim. 04 juil. 2010, 20:54, modifié 1 fois.
« Car je n'ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié... »
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Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lu par etienne lorant »

Ora pro nobis a écrit :
ce qui ne doit pas changer c'est la doctrine.
C'est faux, puisque la doctrine peut, elle aussi, évoluer. Ce qui ne doit pas changer - et qui ne changera pas, c'est l'amour du Christ.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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coeurderoy
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Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lu par coeurderoy »

Afin de mettre un (sérieux !) bémol à la "publicité" faite aux écoles de la FSSPX je regrette d'avoir fait pour ma part un (gros) sacrifice financier lors de l'entrée de mon fils aîné en 6ème (en 2003). Découvrir que pas mal de parents privilégiés considéraient cette école comme une "boîte à bachot", que les élèves n'avaient pas accès à la bibliothèque (contrairement à ce que le Dr nous avait promis en début d'année), que les enfants (issus de milieux militaires) s'exerçaient à des jeux violents (pistolets à billes autorisés à l'école), que l'hygiène (douches, toilettes) était détestable, qu'il n'y avait aucun local de vie ou de jeu (type foyer) même en hiver, que le frère R. donnait des coups de tournevis (côté manche...) parfois sans aucune raison mais semble t-il... par habitude ( mon père qui avait connu les Salésiens des années 30 en conservait, lui, un merveilleux souvenir !), que les plaisanteries anti-sémites (reflet des conversations parentales) étaient récurrentes, bref tout ce faisceau d'observations et constatations en contraste total avec le beau document couleur et les louanges qui nous parvenaient de certains parents, nous a fait déchanter et...affronter (Deo Gratias !) la REALITE. Quant à Internet : alors que nous n'avions nous-même pas de télévision ni d'ordinateur à l'époque, tous les bons abbés étaient gavés de joujous numériques comme la plupart des enfants très gâtés pour la plupart et très informés en matière de films de violence...
Cela se passait dans le Centre de la France, en 2003-2004. Il faut avoir vécu chez les tradis "in sinu gremioque" pour apprendre à discerner les failles et mensonges des élites dirigeantes qui tiennent à la bonne image desdites écoles !!!
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"

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Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lu par Mathilde »

Sofijka a écrit :
<< Ah ! Si les parents savaient...
S’ils savaient ? Ils pleureraient ! Nous voudrions, chers parents, vous mettre très sérieusement en garde contre ce fléau moderne qu’est l’Internet. Si les parents savaient
combien de dégâts cet outil dangereux a causé dans l’âme de très nombreux enfants, ils pleureraient et prendraient davantage de précautions. Devant Dieu, vous devrez rendre compte du soin que vous avez apporté à protéger
vos enfants de la pourriture du siècle.
Si par votre faute, votre négligence ou votre naïveté, vous avez laissé vos enfants se corrompre avec Internet, vous serez les complices de leur malheur et vous partagerez leur peine, éternelle peut-être.
Voilà ce qui m'est insupportable: essayer de culpabiliser les gens!

Comme pour Fée Violine, ça ne me donne pas envie envie de continuer de lire! :cry:
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Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lu par coeurderoy »

Bien sûr que les parents ont le DEVOIR d'exercer la vigilance (émanant de la vertu de Prudence, cardinale), mais autant le leur dire avec souci fraternel et compatissant de faire passer au mieux le message !
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"

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Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lu par Sofijka »

jeanbaptiste a écrit :
Vous avez peut-être raison de vous fermer à eux, mais vous avez peut-être tort. Ils disent peut-être la vérité. Comment le savoir sans vérifier ?
La question de Vatican II et du rapport des "traditionalistes" à ce concile a suffisamment été débattu ici pour que chacun ai une idée assez claire de ce qu'il en retourne d'une phrase comme celle-ci.

Au passage Fée Violine ne se ferment pas à "eux", elle dit juste que la phrase incriminée lui enlève toute envie de continuer à lire le document. Vous "surinterprétez".
Je pensais en fait à certaines fois où j'aurais pu me détourner des tradi, parce que je n'ai pas toujours été bien vue chez eux, étant mère célibataire d'un enfant unique. La forme des messages, le comportement des fidèles ne devraient pas, selon moi, détourner quelqu'un de sa recherche de la vérité. C'est ce que j'ai voulu dire.

En outre, le texte du jeune élève vaut la peine qu'on lise jusqu'au bout. Mais chacun est libre de faire ce qu'il veut, heureusement ! :-D
Pour habiter, tipi beaucoup mieux. Toujours propre, chaud en hiver, frais en été, facile à bouger. Homme moderne construit grosse maison, beaucoup d'argent dépensé, comme une grande cage, pas de soleil, jamais sortir. Toujours malade.
:hugh:
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Fée Violine
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Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lu par Fée Violine »

Sofijka, ce n'est ni la forme du message ni le comportement de quiconque, qui me font fuir ici : c'est le fond du message, à savoir le dénigrement de Vatican II. Quand je vois ça, je ne vais pas plus loin.
Sinon, je n'ai rien contre les tradis en tant que personnes.
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Sofijka
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Re: Le Traditionalisme et les catholiques traditionalistes

Message non lu par Sofijka »

archi a écrit :Comme ça a été dit, "tradi" ou "intégriste" sont des étiquettes derrière lesquelles on met un peu ce qu'on veut.
Il existe tout un éventail d'opinions.

Il y a la liturgie: certains refusent carrément le nouveau missel en le qualifiant d'hérétique et de dangereux pour la foi. D'autres se contentent de dire qu'il n'exprime pas bien la doctrine de la messe. Personnellement je n'irai pas jusque-là, mais comme je l'ai déjà dit je le trouve très aseptisé, en partie pour le rendre plus acceptable aux protestants (de l'aveu même de son maître d'oeuvre), en partie par rejet de certaines réalités théologiques (les anges, les saints...). Il y a enfin ceux qui se contenteraient parfaitement du nouveau missel pourvu qu'il soit célébré dignement, en latin et en grégorien et face à l'Orient. Et certains ont sûrement encore d'autres façons d'envisager le problème.

Il y a le Concile Vatican II. Certains le rejettent, généralement sous le leitmotiv "le Magistère ne peut proclamer une hérésie, or le Concile contredit clairement le Magistère antérieur, donc le Concile ne fait pas partie du Magistère" (je laisse à chacun le soin de chercher les erreurs dans ce syllogisme), accompagné d'une position plus ou moins cohérente sur chacun des papes liés à ce Concile, de Jean XXIII à Benoît XVI. Il y en a d'autres qui tout en étant favorables à l'ancienne liturgie, acceptent parfaitement le Concile comme un acte du Magistère (j'en fais partie). Certains l'acceptent en trouvant qu'il y a des points problématiques (je me contenterai de dire qu'il y a, à l'intérieur de textes très riches, un petit nombre de points ambigüs qui ont besoin d'être précisés, ce qui n'implique aucunement de faire son choix à l'intérieur du Magistère conciliaire).

Il y a, surtout chez les clercs, la formation théologique, toujours à dominante thomiste à l'instar du Magistère du début du XXe Siècle (et c'est bien normal dans l'Eglise catholique), mais de façon plus ou moins exclusive, avec souvent un rejet plus ou moins net de ce qu'on a appelé la "Nouvelle Théologie".

Un mot sur l'opposé du traditionalisme, le "modernisme": à la base, ce terme recouvre les erreurs rejetées par l'encyclique "Pascendi" de Saint Pie X et le serment antimoderniste: principalement les idées (lancées par l'exégèse moderne) qui tendent à faire des Ecritures des inventions tardives, à séparer le Jésus de l'histoire et le Jésus de la foi, et souvent à nier des points aussi essentiels que la Résurrection. Ainsi qu'un relativisme en matière religieuse, et une tendance à faire des dogmes de l'Eglise quelque chose qui doit évoluer au gré des opinions.

Il est vrai que le terme "modernisme" est parfois utilisé, lui aussi, comme étiquette pour désigner "tout ce que les tradis n'aiment pas", par exemple certains changements liturgiques spécifiques à la forme ordinaire, même si ça n'a rien à voir avec le modernisme per se.

On est cependant forcé de reconnaître que dans l'Eglise post-conciliaire, le modernisme (au sens strict) a pris une position de force, notamment dans les séminaires et les instituts catholiques, donc dans l'enseignement des églises locales (donc en contradiction avec l'enseignement du Magistère), et a tendance à contaminer même des catholiques fidèles à leur foi, mais subissant plus ou moins fortement cette influence-là.

S'il y a un point commun dans tout le monde "tradi", je pense que c'est le refus de l'idéologie moderniste qui sape les bases mêmes de la foi (cf Saint Paul: "si le Christ n'est pas ressucité, ma foi est vaine"). En cela, ils sont pleinement catholiques, tout simplement.

Après, on peut aussi dire que l'aspect le plus voyant, la liturgie, est l'expression de la théologie de la communauté qui la célèbre, la forme extraordinaire célébrée conformément aux rubriques de 1962 (voire d'avant) étant l'expression de la théologie préconciliaire, la forme ordinaire célébrée comme dans les paroisses regroupant les expressions plus ou moins délirantes de théologies plus ou moins modernistes, la liturgie de ceux qui sont fidèles au Concile, et à ce qu'il y a de correct dans la Nouvelle Théologie (renouveau patristique), se situant (quand ils ont le choix) quelque part entre une forme extraordinaire célébrée "dans l'esprit de la constitution conciliaire" et une forme ordinaire "célébrée dignement, conformément au Missel et à la Tradition", quoi qu'on mette derrière.

In Xto,
archi.
Merci pour toutes ces précisions qu'il faudra que je relise.
Personnellement, j'ai toujours employé le terme de "modernistes" dans le sens propre du terme, à propos des groupes de personnes qui modifient les enseignements en fonction de l'évolution de la société. Sans y porter de jugement de valeur.
En principe il est tout aussi absurde de refuser tous changements que de tous les accepter.
Tout ce que je sais, c'est que l'enseignement tradi consolide ma foi et celle de mon fils, et que c'est une sensation de solidité qui en est la raison.
Ressenti né bien sûr de choses constatées durant ma vie et d'analyses perso, mais dont je ne peux que constater les fruits sur mon enfant.
Pour habiter, tipi beaucoup mieux. Toujours propre, chaud en hiver, frais en été, facile à bouger. Homme moderne construit grosse maison, beaucoup d'argent dépensé, comme une grande cage, pas de soleil, jamais sortir. Toujours malade.
:hugh:
Chef Faucon Volant (1852-1931)[/i]
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