Plus précise que le grec? Plus riche, la langue latine? Pas vraiment!
Qu'on ne pense qu'aux modes : Réel, éventuel, Potentiel, Irréel, quand le latin n'a, stricto sensu, que les modes RPI (pour ne pas dire RIP)...
Qu'on pense au vocabulaire qui est beaucoup plus étendu. Qu'on pense aux déterminents articles que ne connaît pas le latin: ὁ Θεóς et Θεóς s'opposent significativement pour les Pères et désignent respectivement le Père et le Fils (dans certains écrits du NT)... Le latin dira
Deus et
Deus dans les deux cas... etc.
En tout cas, le latin est plus "facile" à apprendre...
Cgs a écrit :Ce document met les choses très au clair, et montre bien qu'il y a une belle continuité avec ce qu'a réalisé Saint Pie V avec le Missel de 1570. En ce sens, ne jurer que par la messe tridentine en rejetant la messe selon le rite Paul VI est un non-sens, puisque les deux rites ne s'opposent pas.
Je dirais que dire les choses c'est bien, les laisser parler c'est mieux... Il ne suffit pas de dire (lire/entendre) que c'est en continuité, il faut le voir (et le percevoir). D'ailleurs, il ne faudrait même pas devoir percevoir que les deux se complètent (propos que je ne vous prête pas)... Il ne faudrait même pas en voir deux! Il faudrait pouvoir dire: ceci EST cela qui se développe et qui croît.
Finalement, sur la dernière réflexion de Théophane, je pense qu'il faut souligner le propos de jean-droit qui insiste sur le sens "figuré" de l'expression tournée vers l'assemblée.
Et de fait, Jean-droit a raison: partout il est recommandé de tenir compte d'elle etc. Il y a sans doute du bon dans le fait de se soucier que les gens puissent intégrer la célébration, pourtant toute assemblée est capable de rentrer dans le mouvement de se tourner vers le Ciel... Je me souviens d'un séminariste de saint Martin qui disait que l'on avait trop tendance à rabaisser le Ciel au lieu d'y monter.
A force de tenir compte de l'assemblée, on en arrive parfois à des compromis plus ou moins heureux... On l'a évoqué plus haut, aussi: quand des gens "étrangers" à une communauté paroissiale débarquent à ces messes "compromises" qui ne parlent qu'à ceux qui sont "dedans", comment des gens pas trop "pratiquants" seraient-ils motivés par quelque chose de miteux, débraillé (genre étole mal-ajustée, pas de chasuble en plus! (ça paraît con et à côté de la plaque, focalisé sur des détails, mais je rapporte ceci, parce qu'un de ces non-pratiquants m'a fait remarquer ces éléments et le manque de soin qu'ils dénoncent), la médiocrité dont parlait jean-droit, hier?
J'étais étonné de voir dans un "plan" d'EAP que l'évangélisation passait "avant" la célébration... Pour moi, un des meilleurs lieux d'évangélisation, c'est précisément la célébration. Mais pour que la prière même des chrétiens rassemblés soit Bonne-Nouvelle, il faut qu'on n'ait pas envie de soupirer toutes les cinq minutes comme la vieille derrière moi ce dimanche ("même moi", je soupirais intérieurement: Seigneur, c'est vraiment dimanche aujourd'hui?) qui a fini par lacher pendant le sacrum silentium de postcommunion: bon il se grouille maintenant... Quand un gars éloigné de l'Eglise entend ça, ça ne lui donne pas du tout envie de revenir le dimanche suivant!
La liturgie, son cérémonial, et une certaine gravité (préoccupés d'abord de Dieu en présence de Qui il est redoutable de servir) des ministres sont au service de la prière de tous et n'y sont pas des obstacles.
Mais prendre en compte l'assemblée peut aussi se faire de manière positive et motivante, notamment en veillant à déployer au long de l'année la diversité des formulaires (prendre de temps en temps une messe votive, ou une messe pour intention particulière, pas le dimanche, de fait) utiliser autre chose que la PE II ou que la préface commune VI... Tenir compte de l'assemblée, c'est donc aussi percevoir ce dont elle a besoin pour nourir sa foi et le lui donner, on est bien loin, à ce moment là, de raccourcir la messe pour que tous en soient vite quittes, de prendre toujours la même chose, de faire des "monitions" à tout moment... Et là, la variété du Missel de Paul VI peut tout en se tournant uniquement vers Dieu, sans blabla inutile, se préoccuper de l'assemblée et répondre à ses besoins spirituels... Et là, la prière forme, façonne la foi personnelle...