Lovyves,
La définition, non officielle, mais la plus commune serait : "La religion de l'autre" !
La formule aurait l'avantage d'être élégante et facile à retenir peut-être, mais il faudrait que ce soit vrai. Personnellement, j'ai un doute là-dessus.
J'explique :
Par exemple, il ne m'est jamais venu à l'idée que la religion des anciens Égyptiens pouvait constituer une secte. Et je ne crois pas non plus que Jules César faisait partie d'une secte lorsqu'il sacrifiait aux rites de la religion ancestrale des Romains. Ces réalités religieuses anciennes me sont totalement extérieures et je ne me sens pas obligé non plus de les déconsidérer à quelque part, comme incapable de le voir autrement que telle une sorte de phénomène sectaire, parce que je n'y serais pas.
Il y a beaucoup de religions dans le monde et plusieurs ne suscitent pas l'idée d'un sectarisme spécial, d'une étroitesse potentiellement dangereuse, paranoïde, braquée contre le monde, en rupture sévère contre 99, 9 % des membres du milieu d'origine et tout.
Mais c'est peut-être l'avénement des religions personnalistes ''du salut'' qui entretiennent un lien avec le phénomène sectaire. L'idée qu'il faille réaliser ''son salut'' à l'encontre d'un monde mauvais, déchu et condamné. Il entrera quand même beaucoup de manichéisme dans l'univers culturel des sectes en général. Et je serais prêt à reconnaître que le christianisme aura pu induire le phénomène en bonne partie, directement ou indirectement. On serait toujours plus prompt à forger une secte quand on aurait l'imaginaire nourrit de bonnes pensées chrétiennes que si l'on devait se nourrir les idées simplement avec d'aimables traditions folkloriques de l'arrière-pays. Admettons. La notion de salut est plus propice à former des sectaires, si c'est pour en faire une chose individuelle. Ainsi, une dégradation de la religion salutiste pourrait aboutir chez l'un à du sectarisme, comme je verrais bien une dégradation de religions anciennes (comme celle des Égyptiens, tiens !) aboutir à de la superstition. Les maladies religieuses ne se résolvent pas nécéssairement de la même manière chez tous.
Si l'on parle des incohérences des livres religieux, il me semble que dans la Bible, il y en a bien autant que dans le Coran !?
N'oubliez pas un détail quand même : la Bible est
une bibliothèque de livres et de livres de différentes époques très éloignées l'une de l'autre, avec des rédacteurs qui sont plongés eux-mêmes dans dans contextes cutlurels variés. Mais le Coran passe pour devoir n'être qu'un livre du côté de ses fidèles, un seul et unique livre. C'est pour dire : si vous trouverez mille incohérences dans ce seul livre que serait le Coran,
a contrario vous ne découvrirez pas cinquante incohérences dans un seul des livres qui entrent dans la Bible. Vous voyez ce que je veux dire ? Si vous ne prenez que le seul livre de Jonas ou le seul livre de l'Ecclésiaste : vous ne trouverez pas un tissus d'incohérences.
Y a t'il une différence entre une secte et une religion ?
Bien sûr. La religion n'est pas anti-sociale, ne forme pas des misanthropes et n'encourage pas les individus à se couper du réel, pour se fermer à une réflexion ouverte avec ce qui est autre. La religion de Socrate n'empêchait pas Socrate de raisonner sainement, de réfléchir sur des données nouvelles que l'on porterait à sa connaissance, etc.
Le phénomène
sectaire produit plutôt ce que produit une pathologie en bout de ligne :
tuer la vie. Il n'y a plus de vie dans la secte, la réflexion est fermée, «en circuit fermé», avec l'enfermement sur divers plans, l'étouffement de la raison, les condamnés y sont irrécupérables, impardonables, les élus sont toujours immaculés au contraire , etc.
Bonne journée.