Bonjour Menthe,
A propos de St Paul :
Menthe a écrit :Je n'oublie pas qu'il parle aussi de l'attitude du mari envers sa femme et que les mots sont parfois très forts. Après, si vous me dites que cette parole n'a jamais servi à brimer les femmes, je ne vous croirais pas.
Je ne dirai certainement pas cela. Les hommes (je veux dire, les êtres humains, hommes et femmes) ont toujours été très ingénieux pour s'approprier la Parole de Dieu et l'utiliser comme excuse pour brimer les autres. Qu'on se soit caché derrière St Paul pour brimer les femmes (entre autres), c'est évident !
Mais quand on fait ça, on ne lit pas tout St Paul : on cherche un verset à citer comme "preuve" de sa propre théorie, au lieu de rendre justice à ce qui est réellement écrit.
Par exemple, voici ce qui est réellement écrit dans l'épître aux Ephésiens :
Ephésiens 5 a écrit :20 À tout moment et pour toutes choses, au nom de notre Seigneur Jésus Christ, rendez grâce à Dieu le Père.
21 Par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ;
22 les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus ;
23 car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l’Église, le Christ est la tête, lui qui est le Sauveur de son corps.
24 Eh bien ! puisque l’Église se soumet au Christ, qu’il en soit toujours de même pour les femmes à l’égard de leur mari.
25 Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Église, il s’est livré lui-même pour elle,
26 afin de la rendre sainte en la purifiant par le bain de l’eau baptismale, accompagné d’une parole ;
27 il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni rien de tel ; il la voulait sainte et immaculée.
28 C’est de la même façon que les maris doivent aimer leur femme : comme leur propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime soi-même.
29 Jamais personne n’a méprisé son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin. C’est ce que fait le Christ pour l’Église,
30 parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l’Écriture :
31 À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un.
32 Ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Église.
33 Pour en revenir à vous, chacun doit aimer sa propre femme comme lui-même, et la femme doit avoir du respect pour son mari.
Déjà, il commence par dire d'être soumis les uns aux autres. Pas les femmes aux hommes, mais les uns aux autres, c'est à dire tout le monde. La soumission est le devoir de tout chrétien. Ce message-là, on a bien du mal à l'accepter (moi le premier).
Ensuite, il fait une analogie entre l'amour conjugal et l'alliance entre le Christ et son Eglise. L'analogie s'écrit naturellement dans le sens du mari analogie du Christ et de la femme analogie de l'Eglise. On pourrait discuter de la possibilité de faire la même analogie dans l'autre sens, mais admettons.
Alors que dit cette analogie ? Que les maris doivent sanctifier leur femme comme le Christ a sanctifié son Eglise. Qu'ils doivent aimer leur femme
comme leur propre corps. Vous brimez votre propre corps, vous ? St Paul répond :
Jamais personne n’a méprisé son propre corps.
Enfin, il cite la Genèse :
les deux deviendront une seule chair.
Se cacher derrière St Paul pour brimer sa femme, c'est lui faire grande violence, puisque ce que vise St Paul, c'est une relation d'amour véritable, et certainement pas une relation d'oppression.
Enfin, il est vrai qu'on voit beaucoup de gens adopter des comportements dans lesquels en effet, ils méprisent leur propre corps...
puisque l’Église se soumet au Christ, qu’il en soit toujours de même pour les femmes à l’égard de leur mari.
Avez-vous sérieusement l'impression que le Christ brime l'Eglise, l'opprime et la confine ?
Pourquoi en arrive-t-on à une lecture aussi erronée de St Paul ?
Toujours pour le même problème, celui qu'on retrouve partout : parce que ce qu'on cherche, en réalité, c'est le pouvoir. On veut trouver chez St Paul une règle qui dise qui c'est le chef à la maison, c'est à dire qui détient le pouvoir auquel l'autre doit être soumis.
Mais c'est précisément tout le contraire du message paulinien ! Ce qu'il cherche à promouvoir, c'est l'amour et le service. Tout le contraire du pouvoir !
Quand je lis dans le catéchisme du concile de Trente que "Un autre devoir essentiel des femmes c’est l’éducation religieuse des enfants, et le soin assidu des choses domestiques.
Le catéchisme du concile de Trente, c'est pour éclairer la vie chrétienne dans la société du XVIe siècle.
Le lire avec notre regard contemporain, en l'appliquant à notre société actuelle, c'est un pur anachronisme (et si on pouvait garder le catéchisme de Trente, on ne s'embêterait pas à en écrire un nouveau régulièrement...).
Mais regardons un peu où nous en sommes aujourd'hui : quand les femmes ne s'occupent plus des "choses domestiques" et de l'éducation religieuse des enfants, est-ce parce que c'est le mari qui se charge de ces tâches, pourtant nécessaires ?
Non, bien sûr ! En tout cas, c'est loin d'être la règle générale. Les hommes sont toujours au travail, et les femmes les y ont rejoint. Et pendant ce temps, qui veille sur les enfants ?
Quand on a des amies qui sont assistantes maternelles, je peux vous dire qu'on en voit défiler, des parents qui ont fait des gamins mais font tout pour s'en débarrasser, parce que ça leur complique trop leurs loisirs... Le problème de base, il est là, il n'est pas dans le sexisme. Il est qu'on ne veut plus s'embêter à faire son devoir, et qu'on veut pouvoir faire ce qu'on veut quand on veut.
Que dit surtout le concile de Trente : gérer correctement son économie domestique et veiller à l'éducation religieuse des enfants, c'est important. Il faut que quelqu'un le fasse, et c'est une activité très prenante. Les conceptions sociales de l'époque confiaient ces tâches aux femmes. On pourrait très bien voir cela d'un oeil tout à fait positif, si on réalise que ce sont là des tâches capitales, et crier au sexisme face à ce concile qui considère que les hommes sont incapables de les remplir ! Ou alors, on peut se rappeler ce qu'était concrètement le monde du travail à l'époque, et se dire que cette répartition des rôles était tout simplement logique.
Est-ce que dans la société contemporaine il en est toujours de même ? On peut voir les choses autrement, et je connais des gens où c'est la femme qui travaille et le mari qui reste à s'occuper de la maison. Je pense personnellement qu'il est surtout possible de répartir les tâches autrement.
Mais il y a une réalité qui est toujours vraie : il faut que quelqu'un veille sur la maison et surtout sur les enfants. Quand on oublie ça, on voit vite arriver bien des "désordres"...