Démission de Mgr Rey

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Fée Violine
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Re: Démission de Mgr Rey

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Gaudens a écrit : jeu. 16 janv. 2025, 20:15 Fée Violine:

Personne ne lui reproche ses réussites. Mais ces échecs représentent pas mal de gens qui ont souffert, Mgr Rey aurait pu éviter ces souffrances en étant plus attentif.
Je ne sais trop à qui vous faites allusion ,habitant pas loin de ce diocèse vous avez peut-être des informations que nous n'avons pas.Mais ne pensez-vous pas que ceux qui ont le plus souffert dans tout ça(est-ce fini, d'ailleurs ?) sont ceux sur qui a été lancé le voile de la suspicion ? Je pense ,entre autres, aux 10 séminaristes dont l'ordination a été suspendue l'an passé alors que,finalement, neuf d'entre eux viennent d'être ordonnés . Ils ont dû passer une drôle d'année.
Non, je n'ai pas d'informations, j'ai juste entendu dire qu'il avait fait venir dans le diocèse de nombreuses communautés nouvelles (excellente chose en soi, bien entendu) dont certaines ont posé des problèmes (mais je n'en sais pas plus).

A part ça, quand je pense que notre diocèse n'a plus d'évêque depuis plusieurs mois et que nous languissons d'en avoir un nouveau, et qu'en voilà un qui est disponible, il y a de quoi rêver !!!
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Re: Démission de Mgr Rey

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Gaudens a écrit : jeu. 16 janv. 2025, 20:24
Eh bien,je pense que personne, ni la CEF ni le pape,ni la Curie,ne devrait s'arroger le droit de forcer un évêque à la démission,sauf cas d'hérésie patente, de simonie ou d'immoralité grave.
Vous vous rendez compte que ce que vous proposez n'est pas autre chose que chaque évêque soit pape dans son diocèse ? Dans aucune société ce n'est pas comme ça que ça marche. Quelque soit le degré d'autonomie duquel bénéficie une filiale d'une multinationale, le CEO doit garder le pouvoir de virer le chef de filiale. Bien sûr, il arrive qu'il exerce ce pouvoir avec justesse ou avec parti-pris (comme dans le cas de figure). Mais contester ce pouvoir n'est pas sage, car tôt ou tard cela entraine la fragmentation, voire à la pulvérisation d'une telle société, comme on voit bien dans les communautés protestantes ou orthodoxes. Or, la principale mission du Pape est de maintenir l'unité de l'Église. Dépourvu du pouvoir de nommer et de destituer des évêques, Pierre serait dépourvu de l'outil principal de la mission pétrinienne.

Le modèle d'organisation de l'Église Milinatne est dans le Ciel, l'Eglise Triomphante avec laquelle elle est en communion. Mais sur la Terre, son modèle est l'Empire Romain et cela fut toujours ainsi. Dans l'Empire Romain, il y a avait deux types de provinces : les provinces sénatoriales et les provinces impériales. Les premières étaient habituellement dans l'intérieur de l'Empire, les dernières aux périphéries ou bien là où les choses étaient agités (c'est la pratique exceptionnelle des provinces mises de nos jours sous administration apostolique). Peu importe le degré d'autonomie d'une province, le chef de l'État avait toujours le pouvoir de destituer un chef de province (directement ou par une intercessio sénatoriale. C'est ce qui arriva à Pontius Pilate. Que ça nous plaise ou non, un diocèse est une province de l'Église de Rome.
Quant à Vatican I, je pense qu'il n'est pas plus à l'abri de la critique que Vatican II, n'en déplaise aux tradis, à condition de formuler ces critiques avec retenue et pondération, par exemple en souhaitant des reformulations plus nuancées par le Saint-Siège ou par un futur Concile.
Bien sûr qu'aucune décision, même papale ou conciliaire, n'est pas à l'abri de la critique. L'Église n'est pas une démocratie, mais une dictature de type naziste ou communiste non plus. Führer, befiel ! Wir folgen dir !, ce n'est pas catholique. C'est le principe de la subsidiarité qui est catholique. Sauf que ce n'est pas Vatican I qui a miné ce principe. Ce n'est pas Vatican I qui a décidé que les évêques soient pensionnés. Jusqu'à Vatican II, un évêque était considéré marié avec son diocèse, c'est le symbole de l'anneau d'un évêque, mais ils sont restés de nos jours seulement avec le symbole vide de sens. Ce n'est pas Vatican I qui a décidé qu'un curé doit être muté tous les cinq ans. Saint J.M.Vianney fut toute sa vie "le curé d'Ars" et c'est ainsi qu'il a pu faire des merveilles. C'est après Vatican II que l'Église n'arrête plus de parler de "collégialité" et "synodalité", en même temps étant gouverné par des décrets de type motu proprio.
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Bonsoir Altior,

Vous écrivez ceci:
Quelque soit le degré d'autonomie duquel bénéficie une filiale d'une multinationale, le CEO doit garder le pouvoir de virer le chef de filiale
Eh bien ,justement, c'est ainsi que se comporte le Vatican actuellement avec ces visites"fraternelles" qui passent au dessus de la tête de l'archevêque métropolitain et avec ces démissions forcées.L'Eglise n'est justement pas une multinationale et son chef n 'est pas son son CEO. Je m'étonne qu'un tradi comme vous s'aligne sur une telle pratique parfaitement moderniste et, à mes yeux,inacceptable.

Or, la principale mission du Pape est de maintenir l'unité de l'Église. Dépourvu du pouvoir de nommer et de destituer des évêques, Pierre serait dépourvu de l'outil principal de la mission pétrinienne.
Pendant de longs siècles, jusqu"à Vatican I au moins, l'Eglise a très bien fonctionné sans cela!le pape maintenait l'unité de l'Eglise et ne démissionnait pas ses frères évêques.
Mais sur la Terre, son modèle est l'Empire Romain et cela fut toujours ainsi. Dans l'Empire Romain, il y a avait deux types de provinces : les provinces sénatoriales et les provinces impériales. Les premières étaient habituellement dans l'intérieur de l'Empire, les dernières aux périphéries ou bien là où les choses étaient agités (c'est la pratique exceptionnelle des provinces mises de nos jours sous administration apostolique). Peu importe le degré d'autonomie d'une province, le chef de l'État avait toujours le pouvoir de destituer un chef de province (directement ou par une intercession sénatoriale. C'est ce qui arriva à Pontius Pilate. Que ça nous plaise ou non, un diocèse est une province de l'Église de Rome.
Le modèle étatique n'a pas plus de validité que le modèle des entreprises multinationales,même s'il est plus ancien.En effet les diocèses furent créés à l'image et sur les mêmes territoires des diocèses civils de l'Empire, sans plus de ressemblances ,du moins canoniquement. Un diocèse, par ailleurs, appartient à une province dont le chef est le métropolitain , il n'est pas "une province" de l'Eglise de Rome. Celle-ci a pour mission de maintenir l'unité.Certes dans l'Eglise latine , celle de Rome, la centralisation historique a été nettement plus forte que dans les autres patriarcats et cela reste un signe distinctif pour elle mais démissionner un évêque ,cela va bien au delà d'une centralisation historique et acceptable.L'évêque est bien "marié" à son diocèse et on ne devrait pas l'en faire divorcer.
Du reste,à la fin de votre message,vous en convenez vous-même mais ezn incriminant abusivement Vatican II qui n'a nullement renforcé la centralisation romaine,au contraire.
:?: Jusqu'à Vatican II, un évêque était considéré marié avec son diocèse, c'est le symbole de l'anneau d'un évêque, mais ils sont restés de nos jours seulement avec le symbole vide de sens.
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Gaudens a écrit : sam. 18 janv. 2025, 21:51
Eh bien ,justement, c'est ainsi que se comporte le Vatican actuellement avec ces visites"fraternelles" qui passent au dessus de la tête de l'archevêque métropolitain
Il me semble que vous oubliez que cette démission n'est pas au dessus de la tête de l'archevêque métropolitain. C'est justement suite à une "visite fraternelle" de Mgr Aveline, son archevêque, que Mgr Rey a été mis en incapacité de gouverner par la nomination d'un coadjuteur ayant tous les pouvoirs. Vous voyez, on a sauvé les apparences de "concertation", synodalité", "colégialité", "fraternité" et d'autres mots ronflants, mais tellement creux sur le terrain.
L'Eglise n'est justement pas une multinationale et son chef n 'est pas son son CEO. Je m'étonne qu'un tradi comme vous s'aligne sur une telle pratique parfaitement moderniste et, à mes yeux,inacceptable.
La pratique n'est pas du tout moderniste, car depuis toujours le pape a eu le pouvoir de déposer des évêques et peu de papes s'en sont privés. Il est vrai que le pape régnant s'en serve plus souvent que ses prédécesseurs de ce pouvoir. La liste devient longue (Burke, Strickland, Barbarin, Pell et j'en passe). Mais la liste des évêques déposés par des papes au fil des siècles n'en est pas moins.

Par ailleurs, si vous partez du principe qu'il n'est pas normal qu'un pape demande/impose la démission d'un évêque, alors vous devez être d'accord, pour des raisons de logique interne, qu'il n'est pas normal qu'il nomme des évêques non plus, car aucun chef ne peut nommer sur un poste quelqu'un qu'il na pas le pouvoir de faire virer. Mais alors, alors je vous pose la question : pourquoi pensez vous que la FSSPX soit en schisme, car la raison de tout le scandale de cette fraternité a été justement les ordinations sans mandat papal ?

Pratique inacceptable, oui, je vous l'accorde volontiers. Mais pratique inacceptable parce que, dans le cas de figure (tout comme dans les autres cités), il n'y a pas de faute grave, du moins à ma connaissance. Inacceptable, car le pape a abandonné la voie médiane, la voie de l'unité, la voie royale si vous voulez, pour prendre la voie de gauche. Cette voie par laquelle encore un pilier de l'Église, de la tradition, de la foi, des vocations sacerdotales, de la lutte pour la vie, en est éliminé.

Néanmoins, cette pratique n'est pas inacceptable en elle-même. On ne peut pas faire autrement dans aucune société pour des raisons que je ne vais pas reprendre. Moderniste non plus, car, selon la tradition catholique une des marques invisibles de l'Église est son caractère hiérarchique. Tout au contraire, penser qu'un évêque peut faire n'importe quoi sans pouvoir être déposé par personne, penser qu'une société, et à plus forte raison une société parfaite comme l'Église, pourrait exister sans une tête visible, ou bien qu'il y a plusieurs têtes visibles comme l'archevêque, la CEF, le conseil presbitéral ou je ne sais pas qui, n'est pas du tout en esprit de la tradition.

En résumé et pour faire court, je vous invite à méditer à ce principe de droit, on ne peut pas plus romain : Abusus non tollit usum.
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Altior a écrit : dim. 19 janv. 2025, 9:34La pratique n'est pas du tout moderniste, car depuis toujours le pape a eu le pouvoir de déposer des évêques et peu de papes s'en sont privés. Il est vrai que le pape régnant s'en serve plus souvent que ses prédécesseurs de ce pouvoir. La liste devient longue (Burke, Strickland, Barbarin, Pell et j'en passe). Mais la liste des évêques déposés par des papes au fil des siècles n'en est pas moins.

Par ailleurs, si vous partez du principe qu'il n'est pas normal qu'un pape demande/impose la démission d'un évêque, alors vous devez être d'accord, pour des raisons de logique interne, qu'il n'est pas normal qu'il nomme des évêques non plus, car aucun chef ne peut nommer sur un poste quelqu'un qu'il na pas le pouvoir de faire virer. Mais alors, alors je vous pose la question : pourquoi pensez vous que la FSSPX soit en schisme, car la raison de tout le scandale de cette fraternité a été justement les ordinations sans mandat papal ?
Je crois qu'il faut distinguer entre la constitution divine de l'Eglise et la traduction concrète de cette constitution divine.

Il est ainsi acquis que l'évêque de Rome, parce qu'il est le successeur dans la charge confiée à S. Pierre par Notre Seigneur, a la responsabilité ultime de décider qui peut-être admis au sein du collège épiscopal, et quelle portion du Peuple de Dieu sera confié au gouvernement de tel évêque.

Dans l'exercice de cette charge, toutes les modalités concrètes peuvent ainsi être imaginées. Ainsi, l'évêque d'une église locale peut être désigné :
+ par le Souverain Pontife directement ;
+ par le chapitre du diocèse avec validation expresse du Souverain Pontife ;
+ par le chapitre du diocèse avec validation tacite du Souverain Pontife (i.e. absence d'opposition après information formelle) ;
+ par les fidèles du diocèse avec validation du Souverain Pontife uniquement s'il est saisi d'une opposition de telles personnes idoines ;
+ par les évêques de la Province réunis, par le Primat seul ou par l'archevêque, avec ou sans nécessité d'une validation expresse ou tacite du Souverain Pontife...

La même chose vaut pour la révocation. Le Souverain Pontife dispose de ce pouvoir et peut ainsi souverainement retirer à tel évêque la charge de gouvernement de la portion du Peuple de Dieu qui lui avait été confiée. Il peut le faire de manière immédiate, en prenant la décision lui-même. Il peut aussi le faire par voie de validation, expresse ou tacite, d'une décision prise par d'autres évêques, voire par les fidèles eux-mêmes.

Absolument tout peut être imaginé en fonction des temps, des lieux et des circonstances. La structure que l'on connaît dans le cadre de l'Eglise latine est relativement récente et s'inscrit dans une histoire précise. Ce n'est pas la seule structure imaginable, ce n'est sans doute pas d'ailleurs la structure idéale puisqu'elle tend à laisser croire que les évêques seraient des sortes de préfets du Pape, ce qui n'est nullement le cas.

Est-il "normal" que le Souverain Pontife exige la renonciation d'un évêque, voire lui retire purement et simplement sa charge ? Ce n'est pas anormal au sens où le Souverain Pontife peut le faire. C'est normatif au regard de la constitution divine de l'Eglise. La véritable question réside dans la finalité poursuivie par le Souverain Pontife dans l'exercice de ce pouvoir.

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Pour répondre à Altior:
Il ne s'agit pas de laisser un évêque "faire n'importe quoi":j'ai bien mentionné les cas d'hérésie patente ,de simonie, de conduite notoirement immorale comme permettant une démission nécessaire , éventuellement forcée.
Quant au respect du Métropolitain dans la procédure,je ne crois pas qu'une simple "visite fraternelle" de celui-ci et l'intervention ultérieure et décisive d'un évêque tiers(celui de Dijon) mandaté par Rome respectent son droit.
Et la comparaison avec les ordinations de la FSSPX ne vaut pas, ces ordinations ayant été faites malgré l'opposition de Rome et en défi à l'autorité pontificale.

Olivier : d'accord sur votre énumération des différentes figures possibles de nomination d'évêques.C 'est bien ainsi que l'Eglise a procédé au cours des siècles, sauf quand un Concordat ,comme celui de 1516 en France, remettait les clés de la nomination au souverain local .
Mais pas d'accord pour un parallèle avec une destitution jugée licite à l'initiative et d'après le jugement du pape.Quand j'ai posé la question une page plus haut,personne n'a pu documenter ce droit supposé de Rome à forcer des démissions hors les cas que je viens de re-citer.C'est bien une invention ultramontaine , justifiée par la "juridiction immédiate" sanctionnée par Vatican I mais, que je sache , jamais vraiment mise en pratique avant le règne centraliste du pape actuel. Corrigez moi si j'ai tort.
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Gaudens a écrit : lun. 20 janv. 2025, 10:57Mais pas d'accord pour un parallèle avec une destitution jugée licite à l'initiative et d'après le jugement du pape.Quand j'ai posé la question une page plus haut,personne n'a pu documenter ce droit supposé de Rome à forcer des démissions hors les cas que je viens de re-citer.C'est bien une invention ultramontaine , justifiée par la "juridiction immédiate" sanctionnée par Vatican I mais, que je sache , jamais vraiment mise en pratique avant le règne centraliste du pape actuel. Corrigez moi si j'ai tort.
Je crois que vous confondez le principe et la mise en oeuvre du principe. La révocation des évêques français par Pie VII à laquelle vous faites référence est bien la preuve que le Souverain Pontife dispose de jure divino de ce pouvoir et qu'il n'est pas une invention ultramontaine.

Qu'un évêque puisse être déposé, les exemples abondent, que ce soit par des conciles, des synodes, voire des autorités civiles (le cas de Théodulf d'Orléans par exemple au 8ème siècle). Le principe d'une telle déposition n'a jamais posé la moindre difficulté, et il y en eut pour toutes les raisons possibles et imaginables, des plus louables aux plus sordides. Si "nouveauté" il y a, c'est de réserver au Pape le pouvoir de déposer un évêque.

Votre position sembler nier la possibilité même d'un développement doctrinal en matière d'ecclésiologie, ce qui me semble tout à fait dommageable. L'actuel pontificat démontre les limites d'une certaine mise en oeuvre de la juridiction immédiate dont jouit l'évêque de Rome sur l'Eglise universelle, mais ne saurait remettre en cause celle-ci qui relève de la constitution divine de l'Eglise.

Si l'Eglise, parce que son aspect proprement institutionnel est humain, ne peut pas ne pas être concernée par la maxime selon laquelle toute personne qui a un pouvoir est portée à en abuser. Pour autant, la conséquence de cette maxime, selon laquelle il convient que par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir, n'est tout simplement pas applicable à l'Eglise parce que contraire à sa constitution divine.

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Bonsoir Olivier,

Historiquement il faudrait différencier les dépositions faites par le pouvoir politique seul (le cas de Theodulf d'Orléans tel que me l'apprend Wikipedia) et celles émanant de juridictions religieuses(pape, métropolitain, concile...).Seules les secondes me semblent pouvoir exciper d'une quelconque validité canonique. La liste est-elle longue? J'en doute fort mais en tous cas, si leurs motifs réels furent probablement de toutes natures,il est probable que le motif formellement invoqué fut bien un des trois que j'ai mentionné. A vérifier si on le peut.
Le cas des 98 évêques français d'Ancien Régime "démissionnés" par Pie VII (36 refusèrent) est en effet plus complexe et je n'y avais pas pensé.Vous êtes d'ailleurs en pleine actualité éditoriale puisqu'un ouvrage de 561 p (:) ,repris d'une thèse d'Etat de 2021 vient d'être édité:"La révocation des évêques français par Pie VII à l'occasion du Concordat de 1801" (Yann Le Bras, éd.Brépols).Si j'ai bien lu les commentaires éditoriaux ,l'auteur semble considérer comme vous que ces démissions forcées étaient finalement canoniquement valides. En tous cas la question est bien celle-ci:

quote]Si "nouveauté" il y a, c'est de réserver au Pape le pouvoir de déposer un évêque.[/quote]

Il me semble bien qu'il y ait eu nouveauté ,pas seulement concernant le pape car aucun de ces 98 évêques,collectivement condamnés à la démission ,n'avait été suspects de l'une des trois fautes graves que je mentionnais;ils furent sacrifiés tout simplement à l'autel de la politique. Et, plus particulièrement , se posait en effet la question de la capacité du seul pape à agir ainsi (ce qui eût certainement indignés les pères du Concile de Bâle au XIV à siècle et pas mal d'autres...).
Votre position sembler nier la possibilité même d'un développement doctrinal en matière d'ecclésiologie, ce qui me semble tout à fait dommageable. L'actuel pontificat démontre les limites d'une certaine mise en oeuvre de la juridiction immédiate dont jouit l'évêque de Rome sur l'Eglise universelle, mais ne saurait remettre en cause celle-ci qui relève de la constitution divine de l'Eglise.


Je ne nie pas la notion de développement dogmatique chère au cardinal Newman mais s'agissant d'un développement dont le seul but est de renforcer un centre de pouvoir,permettez-moi d'être sceptique,surtout dans le contexte politique du XIXè siècle commençant.Si un point aussi fondamental faisait vraiment partie de la constitution divine de l'Eglise ,on s'en serait aperçu bien avant ;la réforme grégorienne du XIè siècle s'aventurait-elle sur ces chemins ? Je crains fort en tous cas qu'entre les mains du cardinal "Tucho" Fernandez, gardien du temple nommé par François, il n'en devienne vienne bientôt un pan essentiel.
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Gaudens a écrit : lun. 20 janv. 2025, 21:48Je ne nie pas la notion de développement dogmatique chère au cardinal Newman mais s'agissant d'un développement dont le seul but est de renforcer un centre de pouvoir,permettez-moi d'être sceptique,surtout dans le contexte politique du XIXè siècle commençant.Si un point aussi fondamental faisait vraiment partie de la constitution divine de l'Eglise ,on s'en serait aperçu bien avant ;la réforme grégorienne du XIè siècle s'aventurait-elle sur ces chemins ? Je crains fort en tous cas qu'entre les mains du cardinal "Tucho" Fernandez, gardien du temple nommé par François, il n'en devienne vienne bientôt un pan essentiel.
L'histoire montre que le développement de la doctrine a toujours été à la remorque des circonstances, aussi votre argument ne me semble-t-il pas pertinent.

Par ailleurs, en 1308, Boniface VIII déclare, dit et définit "qu'il est absolument nécessaire au salut, pour toute créature humaine, d'être soumise au pontife romain" (Bulle Unam Sanctam), étant rappelé que "le pape n'est jugé par personne, sauf s'il dévie de la foi" ainsi qu'il était repris déjà deux siècles avant cette bulle dans le Décret de Gratien.

Si le Souverain Pontife n'est jugé par personne en matière de gouvernement de l'Eglise universelle et que toute créature humaine doit lui être soumise, le terme technique retenu par le Concile Vatican I n'est certes pas utilisé, son contenu n'en est pas moins déjà présent.

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Décidément, cette bulle Unam Sanctam de 1308 fait de l'usage sur ce forum!

Cocolapin l'avait déjà brandie comme argument irréfragable sur un autre fil de discussion. Comme fruit des circonstances,il n'y a du reste pas mieux: en 1308 la lutte entre le Pape et le toi "Très chrétien" Philippe le Bel faisait rage car le roi , de même que les autres souverains chrétiens ,n'entendaient pas que "toute créature humaine soit soumise au pontife romain", en tous cas pas en toutes choses.Le fameux attentat d'Agnani datait en effet de 1303,peu d'années avant cela et le conflit n'était pas éteint.
En tant qu'argument théologique, cette bulle me parait bien faible et l'amour que je porte à l'Eglise m'inciterait plutôt à oublier cette péripétie d'une lutte pour le pouvoir entre deux souverains, chacun utilisant les armes à sa disposition.
Cherchons plutôt des arguments du côté des Pères et Docteurs de l'Eglise !
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Gaudens a écrit : mar. 21 janv. 2025, 20:39Comme fruit des circonstances,il n'y a du reste pas mieux: en 1308 la lutte entre le Pape et le toi "Très chrétien" Philippe le Bel faisait rage car le roi , de même que les autres souverains chrétiens ,n'entendaient pas que "toute créature humaine soit soumise au pontife romain", en tous cas pas en toutes choses.Le fameux attentat d'Agnani datait en effet de 1303,peu d'années avant cela et le conflit n'était pas éteint.
En tant qu'argument théologique, cette bulle me parait bien faible et l'amour que je porte à l'Eglise m'inciterait plutôt à oublier cette péripétie d'une lutte pour le pouvoir entre deux souverains, chacun utilisant les armes à sa disposition.
Que cette bulle soit un fruit des circonstances est indéniable. Il n'en demeure pas moins que quand le Souverain Pontife, dans un acte magistériel, déclare, dit et définit une doctrine, selon les termes employés, il est difficile me semble-t-il de les écarter d'un revers de main.
Cherchons plutôt des arguments du côté des Pères et Docteurs de l'Eglise !
S. Léon le Grand, évêque de Rome de 440 à 461, élevé à la dignité de Docteur de l'Eglise en 1754 par Benoît XIV, dit dans un sermon prononcé le 29 septembre 452 à l'occasion de l'anniversaire de son élévation au souverain pontificat : "Qui sera assez ignorant ou assez envieux pour mésestimer la gloire de saint Pierre et croire qu’il y ait des portions de l’Eglise qui échappent à la sollicitude de son gouvernement et ne s’accroissent pas avec lui ?". Ou encore, dans un sermon pour l'Ascension : "par le souffle du Seigneur, le Saint-Esprit est communiqué à tous les Apôtres ; le bienheureux Apôtre Pierre, après avoir reçu les clefs du Royaume, se voit confier, de préférence aux autres, la garde du bercail du Seigneur".
Dans une lettre à l'évêque de Thessalonique, S. Léon le Grand écrit également : "Quoique ceux-ci aient une même dignité, ils ne sont pas cependant tous placés au même rang, puisque parmi les apôtres eux-mêmes il y avait différence d’autorité avec ressemblance d’honneur, et que, quoiqu’ils fussent tous également choisis, un d’entre eux néanmoins jouissait de la prééminence sur tous les autres. C’est sur ce modèle qu’on a établi une distinction entre les évêques, et qu’on a très sagement réglé que tous ne s’attribueraient pas indistinctement tout pouvoir, mais qu’il y en aurait dans chaque province qui auraient le droit d’initiative par-dessus leurs confrères, et que les évêques établis dans les villes les plus considérables, auraient aussi une juridiction plus étendue, en servant ainsi comme d’intermédiaire pour concentrer dans le siège de Pierre le gouvernement de l’Eglise universelle, et maintenir tous les membres en parfait accord avec leur chef."
Dans une des lettres aux évêques de Vienne au sujet d'Hilaire qui avait mis le bazar là-bas, le même pape écrit : "non seulement le pouvoir de délier et de lier fut donné à Pierre avant les autres, mais encore c’est à Pierre plus spécialement que fut confié le soin de paître les brebis. Or, celui qui soutient que la fonction de chef doit être refusée à Pierre ne peut pas vraiment diminuer sa dignité, mais il se gonfle du souffle de son orgueil et s’enfonce dans les profondeurs les plus basses".

Saint Jérôme, Père de l'Eglise, écrivait au pape Damase : "Moi, qui ne veux suivre personne autre que le Christ, je communique avec votre béatitude, c’est-à-dire, avec la chaire de Pierre; je sais que l’Église est bâtie sur cette pierre. Quiconque mange l’agneau hors de cette maison est un profane. Quiconque ne se trouvera point dans cette arche de Noé périra lors du déluge".

S. Thomas d'Aquin, également Docteur de l'Eglise, écrit dans la Somme contre les Gentils : "Le haut gouvernement du peuple fidèle est donc manifestement le fait de la dignité épiscopale. Mais il est évident, aussi, que malgré la division des hommes en multiples diocèses et en multiples cités il n’y a qu’une Église, comme il n’y a qu’un peuple chrétien. De même donc que le peuple particulier d’une église requiert un évêque qui soit la tête de tout le peuple, de même le peuple chrétien tout entier requiert qu’il n’y ait qu’un seul chef pour toute l’Église", fustigeant "la prétentieuse erreur de ceux qui cherchent par tous les moyens à se soustraire à l’obéissance et à la soumission à l’égard de Pierre, ne reconnaissant pas le Pontife romain, son successeur, comme le pasteur de l’Église universelle".

Certes, aucun n'utilise la notion de "juridiction universelle et immédiate" qui est plus tardive. Il n'en demeure pas moins que l'idée s'y trouve incontestablement, fut-elle mise en oeuvre d'une manière bien différente à cette époque.

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Merci à Olivier pour avoir pris le temps et la peine de chercher des citations des Pères et Docteurs de l'Eglise sur ce sujet.Je note toutefois qu'aune de ces citations n'évoque un droit de déposer des évêques, ce qui aurait ou être un développement du "droit de lier et délier" mentionné dans la lettre de Saint Léon le Grand; rien d'une supposée juridiction "immédiate" non plus, qui aurait pu s'assortir d'un tel droit.
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