Gyrovague :
Le terme: "contre-nature" peut prêter à confusion uniquement pour une personne qui ne reconnait pas que l'homme est crée à l'image de Dieu.
C'est forcé. Je trouve votre terme ici trompeur pour n'importe qui.
Cgs :
Pour faire vite, la notion d'ordre naturel vient du fait que notre univers a été créé par Dieu, avec ses lois propres. Il existe donc des lois naturelles, et ce n'est pas le fruit d'un hasard changeant où toutes les possibilités existent. Cet état de fait s'impose à nous, et ne dépend pas du regard que l'on pose sur la création.
C'est toujours risqué de parler d'ordre naturel. La nature, elle est amorale. Une institution comme le couple (le mariage civil) est une création culturelle dans une société humaine, qui ne doit pas ''grand chose'' à la nature. Pour dire : exprimer le fait qu'il faille (il faut) qu'un couple soit nécéssairement constitué de personnes de sexes différents n'en relève bien que d'une décision qui tient à ce qui est cru dans une société bien précise. Ce sera le cas par exemple dans une communauté de catholiques et à raison de toute sa conception du monde qui inclut un Dieu révélé, etc. Ce ne sera pas le cas d'une société d'homme pensant tout différemment.
Disons donc, je ne trouve pas légitime cet ''argument de nature'' si c'est pour souhaiter l'appeler en renfort pour soutenir un point de vue religieux finalement. Le point de vue des adversaires de l'Église : ce n'est pas d'interdire la possibilité qu'il puisse bien y avoir des couples hétérosexuels dans le monde, et, comme sûrement aussi, en nombre infiniment plus élevé que le contraire. Leur point de vue ne contredit pas la nature dont vous parliez¹.
NON
Mais ils réclament comme un droit à pouvoir vivre en couple comme ils le veulent et tel qu'à pouvoir le faire idéalement dans une société humaine leur permettant bien de pouvoir exprimer leur personnalité, leur préférence, leur inclination et comme la chose leur en paraîtrait bien naturelle à
eux (lire : vivre ensemble, vivre à deux, s'épauler, manifester leur affection, mais encore que tout en pouvant jouir des avantages que leur procurerait bien le fait de vivre dans le sein de cette société idéale, évoluée, avancée, etc.) La notion de ce qui est «bien», «le meilleur», elle découle dans tous les cas d'une conception des choses qui ne doit rien à la nature - au monde physique - mais à une idée qui l'outrepasse. C'est vrai du pape, vrai des homosexuels. On pourra bien parler de transcendance. Il s'agit vraiment d'une guerre idéologique².
En régime démocratique mais ce n'est pas tellement la catégorie du ''vrai'' qui doit s'imposer, pas autant que ce dont la majorité dans l'opinion pense être le mieux pour soi³; du moins, s'imposera-t-il par la force des choses ce contre quoi une majorité suffisante en force n'estimera pas encore être une chose assez intolérable en soi qu'il en fallusse pour elle devoir s'y opposer avec vigueur par le truchement d'un ballotage électoral. Le tout tient vraiment à la mentalité de la majorité des personnes qui composeront ladite société en bout de ligne. Il n'est pas véritablement question de la notion d'un ''vrai'' au sens philosophique (ou théologique) et absolu. Il n'est jamais question de cette dernière affaire que je viens de dire en démocratie mais si c'est pour s'en tenir qu'au plan de son organisation sociale. Bref, la société démocratique place vraiment les questions d'ordre religieuse au second plan
a contrario que de la question d'une sorte de ''pacte social'' permettant (théoriquement) de satisfaire le plus grand nombre.
On ne peut pas vraiment discuter d'un point de vue à l'autre sur cette question, espérer ensuite en arriver à un accord dialectique dans la dimension du sens. On ne peut pas espérer qu'un lobby gai en arrive jamais qu'à pouvoir inscrire sa réflexion dans le terme qui serait celui de l'Église ou inversement. Pour le fondement de la question ? Non. Ni un groupe de pression homosexuel ni les gouvernements de nos pays respectifs, aucun ne vont tenir compte d'une quelconque histoire de ''Dieu révélé'' pour définir ou asseoir les loi, ou s'attendre à ce qu'une loi aille trouver son fondement sur un pareil socle Conclusion : sur la simple base du raisonnement mais la partie est perdue pour le pape. Avec le cadre séculier qui est le nôtre, le juge est bien obligé d'avoir pour repère une sorte de philosophie à la Jeremy Bentham - utilitatriste. Et, de ce point de vue plutôt utilitaire : les gens qui disent que des rapports sexuels entre adultes consentants ne font de mal à personne ont raison. Et ils en feront d'autant moins que le reste du monde dans leur société élargie devrait penser comme eux (papa, maman, les cousins, les amis, les voisins, le juge, etc) Une bonne raison ici pour expliquer le militantisme.
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¹C'est bien meilleure que cela : ils acquiescent à la nature au premier niveau et font la preuve qu'eux-mêmes sont humains par la suite et de ce que jouissant bien justement d'une faculté d'auto-détermination, qui est ce qu'aucun animal n'aura jamais. La position est totalement en accord avec le monde. C'est la position de l'Église qui est
faible.
² Il est supranaturelle d'invoquer la révélation divine, il est sur-naturelle pour un homosexuel d'en appeler à un ordre humain qui serait préférable ou à une sorte d'idéal de justice bien supérieure. On s'en sort pas. On reste dans le domaine spirituel et non dans celui de la jungle, dans un cas ou dans l'autre.
³ Sous le seul aspect des affaires du monde, il est indéniable qu'il est mieux pour un gai d'être perçu positivement socialement parlant, et alors c'est mieux ça pour lui qu'être pris pour vivre dans la clandestinité, toujours menacé, insulté, torturé intérieurement par le fait de penser être mauvais, défecteux, etc. Le monde étant ce qu'il est, faut se rendre compte qu'une société chrétienne mur à mur signifie infailliblement du malheur pour un homo.