Cinci a écrit :Je ne pourrais pas vous dire ce que l'évêque aurait dû verbaliser très précisément. Pour moi, ça fait déjà trop longtemps. Je n'ai plus de souvenir personnel concernant ce détail pointu
L'évêque n'improvise pas : il suit précisément ce qui est écrit dans les livres liturgiques. Il suffit donc d'aller regarder ce qui y est écrit pour savoir ce qu'il a dit.
En l'occurrence, la formule précise est :
Gérard, soit marqué de l'Esprit Saint, le Don de Dieu
A quoi Gérard a normalement répondu "Amen".
Généralement, il y a un "commentateur" qui explique en même temps à l'assemblée la signification de ce geste. Le texte de cette explication est prévu au rituel, là encore on ne dit pas ce qu'on veut :
L'onction d'huile signifie pour chacun que l'Esprit Saint sera toujours avec lui, pour l'aider à connaître le Père et à l'aimer de tout son coeur.
Noter l'usage du verbe "signifier" : être signe de.
Noter aussi que l'onction signifie
pour chacun : elle n'est pas signe que pour le confirmé, ni pour l'évêque, mais pour tous les chrétiens. Elle nous rappelle que notre propre front aussi a été marqué du signe de l'huile, que l'Esprit est aussi avec chacun de nous... ce qui doit nous amener à nous poser des questions si nous avons l'impression qu'Il n'est pas là !
Malheureusement, beaucoup se disent que s'ils ont cette impression, c'est que l'Eglise ment, et que le sacrement est une mascarade. C'est plus facile que d'admettre que, si l'Eglise dit vrai, alors c'est que le problème est ailleurs : que le problème est de notre côté, de notre conversion insuffisante.
On notera aussi la formule "soit marqué" : tout comme le baptême (qui était lui aussi suivi d'une onction d'huile), le confirmé est marqué du sceau de l'Esprit. C'est un sacrement qui marque d'un "caractère" (selon le vocabulaire théologique), c'est à dire qu'il est définitif, et ne peut être donné qu'une fois. On est ou on n'est pas confirmé, et quand on l'est, c'est pour la vie (et même : pour la vie éternelle).
A noter que l'onction fait suite à l'imposition des mains, qui est une épiclèse (une invocation de l'Esprit à venir sur les personnes à qui l'évêque impose les mains).
Je rappelle ici l'une des formules possibles pour cette imposition des mains (il y en a 2), parce qu'elle résume très bien ce qui a été reçu avec le baptême :
Dieu très bon, Père de Jésus, le Christ, notre Seigneur,
regarde ces baptisés sur qui nous imposons les mains :
Par le baptême, tu les as libérés du péché,
tu les as fait renaître de l'eau et de l'Esprit;
comme tu l'as promis, répands maintenant sur eux ton Esprit Saint ;
donne-leur en plénitude l'Esprit qui reposait sur ton Fils Jésus :
esprit de sagesse et d'intelligence,
esprit de connaissance et d'affection filiale ;
remplis-les de l'esprit d'adoration.
Par Jésus le Christ...
J'ai mis 2 lignes en gras, qui témoignent explicitement que l'Eglise tient, sans ambiguïté aucune, que le baptême libère de l'empire du péché, et qu'il fait renaître de l'eau et de l'Esprit.
Encore une fois, on peut discuter du sacrement de confirmation, mais cette discussion sera mal fondée tant qu'elle ne reposera pas sur une compréhension correcte du sacrement de baptême.