Publié : dim. 12 févr. 2006, 19:52
POUR CHARLES :
GNOSE, subst. fém.
A. HIST. DES RELIG. Connaissance se présentant non comme un savoir acquis, mais comme une intuition salvatrice, une révélation intérieure, reposant sur le dualisme de la connaissance et de l'ignorance, du bien et du mal, de l'esprit et du corps, et se fondant sur l'idée que le monde sensible est dominé par des puissances mauvaises, hostiles au Dieu transcendant, source du monde spirituel que le gnostique cherche à connaître. Gnose brahmanique, islamique, hermétique, juive. Ils [les valentiniens] substituaient au salut par la foi ou par les œuvres un salut par la gnose, c'est-à-dire par la connaissance d'une prétendue vérité (RENAN, Marc-Aurèle, 1881, p 120). Une pareille juxtaposition d'œuvres apparemment hétérogènes signifie-t-elle que gnose païenne et gnose chrétienne ont réellement vécu en symbiose (...)? (Philos., Relig., 1957, p. 42-10).
B. THÉOL. CHRÉT. Hérésie chrétienne, doctrine des gnostiques. Synon. gnosticisme :
1. ... Marcion dérive la révolte vers un dieu inférieur pour mieux exalter le dieu supérieur. La gnose par ses origines grecques reste conciliatrice et tend à détruire l'héritage judaïque dans le christianisme. Elle a aussi voulu éviter, à l'avance, l'augustinisme, dans la mesure où celui-ci fournit des arguments à toute révolte. Pour Basilide, par exemple, les martyrs ont péché, et le Christ lui-même, puisqu'ils souffrent. Idée singulière, mais qui vise à enlever son injustice à la souffrance. À la grâce toute puissante et arbitraire, les gnostiques ont voulu seulement substituer la notion grecque d'initiation qui laisse à l'homme toutes ses chances.
CAMUS, Homme rév., 1951, p. 51.
C. OCCULT. Connaissance initiatique et ésotérique :
2. Pour l'alchimiste traditionnel, l'oratoire et le laboratoire sont toujours indissolublement liés : l'originalité de la gnose alchimique, c'est qu'elle s'appuie sur une correspondance absolue entre les étapes de l'illumination et les opérations matérielles successives.
CARON, HUTIN, Alchimistes, 1959, p. 155.
Prononc. et Orth. : [gno:z]. Ds Ac. 1878 et 1932. Étymol. et Hist. 1. 1697 théol. « connaissance suprême des mystères de la religion » (BOSSUET, Nouveaux Mystiques, III, 1 ds DG); 2. 1840 « doctrine des gnostiques » (P. LEROUX, Humanité, t. 2, p. 582). Empr. au gr. chrét. « connaissance supérieure ». Fréq. abs. littér. : 39.
Posons tout d’abord correctement la définition de ce qu’est la gnose, car Leloup va utiliser ce terme dans son explication du passage de la résurrection de Lazare (soit dit en passant, j ne trouve pas que l'utilisation du terme gnose soit respectueuse de son sens premier. Je crois que Leloup l'entends plutôt ici comme l'esprit, le lien avec le logos).
Pour commencer, précisons deux choses :
-La lecture que fait Leloup de ce passage de Jean est une lecture initiatique. C'est-à-dire qu’il recherche un sens à ce qu’il entend comme un symbole. Pour lui, ce passage salue le réveil de la gnose.
-Attention ! Leloup ne dit pas qu’il n’y a pas de miracle dans ce récit. Au contraire, pour lui, Jésus ressuscite bien Lazare. Néanmoins il souligne que l’on peut poser différentes grilles de lectures sur ce même passage et que ces grilles de lectures, loin de se contredire, se complètent.
Explications :
Selon lui, Lazare a perdu le logos, la parole de Dieu. Il est mort et enterré : il s’agit de son âme. La force de sa croyance a fini par se tarir. Lazare représentait jusque là connaissance de Dieu, la gnose, l’amie de Jésus, car « Dieu n’aime que celui qui vit avec la sagesse ».
Jésus symbolise justement le logos. Il va venir près de Lazare lorsqu’il apprend que ce dernier est mort, c'est-à-dire que son âme a perdu le contact et le lien avec Dieu.
Marthe symbolise la foi et Marie, l’amour. La foi se précipite auprès du sauveur pour intercéder pour son frère. La foi est bien là, même si le logos, l’esprit de la parole de Dieu s’est éteint… Jésus rassure la Foi : il lui dit que Lazare ressuscitera bien à la fin des temps. La Foi retourne à la maison où est resté l’amour. Cette dernière part intercéder auprès de Jésus.
L’amour touche le Christ qui sent sa détresse. Il invoque alors le nom de son père.
Il part ressusciter Lazare. Ce dernier est enterré dans un tombeau caché par une pierre : cette pierre se symbolise comme le nœud de résistance, ce nœud inconscient qui nous empêche de regarder au fond de nous même. La pierre doit être déplacée, c'est-à-dire que la résistance doit être levée, quand bien même le corps sente. Car, il ne faut pas craindre de regarder au fond de soi, même si notre âme elle aussi sent. Lorsque Lazare ressort, son corps est encore entouré de bandelettes, car il porte sur lui les signes de son éloignement au logos.
POUR HELENE :
Leloup écrit dans « Tout est pur… » : « Au temps de Jésus un prêtre non marié n’avait pas le droit d’entrer dans le temple, ni d’enseigner à la synagogue » (source : Schalom Ben Chorin, Mon frère Jésus, Seuil, 1983 ; Armand Abécassis et Josy Eisenberg, A Bible ouverte I, page 125). Information reprise dans Cahiers de Science & Vie 83 sur Jésus Christ.
Leloup cite l’adage des pères de l’Eglise : « Tout ce qui n’est pas assumé n’est pas sauvé » (http://www.cenco.cd/commission/evangeli ... emdim1.htm et aussi http://www.jesusmarie.com/jean_damascene.html qui reprennent cette phrase dans leur texte sans citer la source). Ensuite, Hélène, ne tombez pas dans le sophisme ! Les malades du sida ou ceux qui ont eu une gastro anthérite connaissent la souffrance. Et la souffrance a été vécue par Christ sur la croix donc rachetée ! Il faut lire les choses d’un point de vue symbolique aussi, et pas littéralement !
L’Abbé Pierre dans « Mon Dieu… pourquoi ? » écrit sur la thèse du rapport charnel entre marie madeleine et Jésus : « Cette hypothèse ne trouble nullement ma foi. (…) Je ne vois aucun argument théologique majeur qui interdirait à Jésus, le Verbe incarné, de connaître une expérience sexuelle. Je suis même convaincu que, ayant voulu épouser pleinement la nature humaine, il a vécu l’expérience du désir sexuel que connaît tout homme. (…) Je m’élève [par contre] contre ceux qui affirment qu’il a nécessairement eu un rapport charnel avec une femme de par son humanité »
GNOSE, subst. fém.
A. HIST. DES RELIG. Connaissance se présentant non comme un savoir acquis, mais comme une intuition salvatrice, une révélation intérieure, reposant sur le dualisme de la connaissance et de l'ignorance, du bien et du mal, de l'esprit et du corps, et se fondant sur l'idée que le monde sensible est dominé par des puissances mauvaises, hostiles au Dieu transcendant, source du monde spirituel que le gnostique cherche à connaître. Gnose brahmanique, islamique, hermétique, juive. Ils [les valentiniens] substituaient au salut par la foi ou par les œuvres un salut par la gnose, c'est-à-dire par la connaissance d'une prétendue vérité (RENAN, Marc-Aurèle, 1881, p 120). Une pareille juxtaposition d'œuvres apparemment hétérogènes signifie-t-elle que gnose païenne et gnose chrétienne ont réellement vécu en symbiose (...)? (Philos., Relig., 1957, p. 42-10).
B. THÉOL. CHRÉT. Hérésie chrétienne, doctrine des gnostiques. Synon. gnosticisme :
1. ... Marcion dérive la révolte vers un dieu inférieur pour mieux exalter le dieu supérieur. La gnose par ses origines grecques reste conciliatrice et tend à détruire l'héritage judaïque dans le christianisme. Elle a aussi voulu éviter, à l'avance, l'augustinisme, dans la mesure où celui-ci fournit des arguments à toute révolte. Pour Basilide, par exemple, les martyrs ont péché, et le Christ lui-même, puisqu'ils souffrent. Idée singulière, mais qui vise à enlever son injustice à la souffrance. À la grâce toute puissante et arbitraire, les gnostiques ont voulu seulement substituer la notion grecque d'initiation qui laisse à l'homme toutes ses chances.
CAMUS, Homme rév., 1951, p. 51.
C. OCCULT. Connaissance initiatique et ésotérique :
2. Pour l'alchimiste traditionnel, l'oratoire et le laboratoire sont toujours indissolublement liés : l'originalité de la gnose alchimique, c'est qu'elle s'appuie sur une correspondance absolue entre les étapes de l'illumination et les opérations matérielles successives.
CARON, HUTIN, Alchimistes, 1959, p. 155.
Prononc. et Orth. : [gno:z]. Ds Ac. 1878 et 1932. Étymol. et Hist. 1. 1697 théol. « connaissance suprême des mystères de la religion » (BOSSUET, Nouveaux Mystiques, III, 1 ds DG); 2. 1840 « doctrine des gnostiques » (P. LEROUX, Humanité, t. 2, p. 582). Empr. au gr. chrét. « connaissance supérieure ». Fréq. abs. littér. : 39.
Posons tout d’abord correctement la définition de ce qu’est la gnose, car Leloup va utiliser ce terme dans son explication du passage de la résurrection de Lazare (soit dit en passant, j ne trouve pas que l'utilisation du terme gnose soit respectueuse de son sens premier. Je crois que Leloup l'entends plutôt ici comme l'esprit, le lien avec le logos).
Pour commencer, précisons deux choses :
-La lecture que fait Leloup de ce passage de Jean est une lecture initiatique. C'est-à-dire qu’il recherche un sens à ce qu’il entend comme un symbole. Pour lui, ce passage salue le réveil de la gnose.
-Attention ! Leloup ne dit pas qu’il n’y a pas de miracle dans ce récit. Au contraire, pour lui, Jésus ressuscite bien Lazare. Néanmoins il souligne que l’on peut poser différentes grilles de lectures sur ce même passage et que ces grilles de lectures, loin de se contredire, se complètent.
Explications :
Selon lui, Lazare a perdu le logos, la parole de Dieu. Il est mort et enterré : il s’agit de son âme. La force de sa croyance a fini par se tarir. Lazare représentait jusque là connaissance de Dieu, la gnose, l’amie de Jésus, car « Dieu n’aime que celui qui vit avec la sagesse ».
Jésus symbolise justement le logos. Il va venir près de Lazare lorsqu’il apprend que ce dernier est mort, c'est-à-dire que son âme a perdu le contact et le lien avec Dieu.
Marthe symbolise la foi et Marie, l’amour. La foi se précipite auprès du sauveur pour intercéder pour son frère. La foi est bien là, même si le logos, l’esprit de la parole de Dieu s’est éteint… Jésus rassure la Foi : il lui dit que Lazare ressuscitera bien à la fin des temps. La Foi retourne à la maison où est resté l’amour. Cette dernière part intercéder auprès de Jésus.
L’amour touche le Christ qui sent sa détresse. Il invoque alors le nom de son père.
Il part ressusciter Lazare. Ce dernier est enterré dans un tombeau caché par une pierre : cette pierre se symbolise comme le nœud de résistance, ce nœud inconscient qui nous empêche de regarder au fond de nous même. La pierre doit être déplacée, c'est-à-dire que la résistance doit être levée, quand bien même le corps sente. Car, il ne faut pas craindre de regarder au fond de soi, même si notre âme elle aussi sent. Lorsque Lazare ressort, son corps est encore entouré de bandelettes, car il porte sur lui les signes de son éloignement au logos.
POUR HELENE :
Leloup écrit dans « Tout est pur… » : « Au temps de Jésus un prêtre non marié n’avait pas le droit d’entrer dans le temple, ni d’enseigner à la synagogue » (source : Schalom Ben Chorin, Mon frère Jésus, Seuil, 1983 ; Armand Abécassis et Josy Eisenberg, A Bible ouverte I, page 125). Information reprise dans Cahiers de Science & Vie 83 sur Jésus Christ.
Leloup cite l’adage des pères de l’Eglise : « Tout ce qui n’est pas assumé n’est pas sauvé » (http://www.cenco.cd/commission/evangeli ... emdim1.htm et aussi http://www.jesusmarie.com/jean_damascene.html qui reprennent cette phrase dans leur texte sans citer la source). Ensuite, Hélène, ne tombez pas dans le sophisme ! Les malades du sida ou ceux qui ont eu une gastro anthérite connaissent la souffrance. Et la souffrance a été vécue par Christ sur la croix donc rachetée ! Il faut lire les choses d’un point de vue symbolique aussi, et pas littéralement !
L’Abbé Pierre dans « Mon Dieu… pourquoi ? » écrit sur la thèse du rapport charnel entre marie madeleine et Jésus : « Cette hypothèse ne trouble nullement ma foi. (…) Je ne vois aucun argument théologique majeur qui interdirait à Jésus, le Verbe incarné, de connaître une expérience sexuelle. Je suis même convaincu que, ayant voulu épouser pleinement la nature humaine, il a vécu l’expérience du désir sexuel que connaît tout homme. (…) Je m’élève [par contre] contre ceux qui affirment qu’il a nécessairement eu un rapport charnel avec une femme de par son humanité »