L'ambiance dans un séminaire en 1972

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Théophane
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Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

Message non lu par Théophane »

Cher Olivier,

La confession fréquente est effectivement une pratique importante dans l'Opus Dei. Le fondateur lui-même avait recours chaque semaine à ce sacrement ; c'est lui qui a établi qu'il en serait de même pour ses enfants. On ne peut pas s'offrir le luxe de ne pas se confesser lorsqu'on souhaite vraiment devenir saint.

Dans l'OEuvre, la confession à un prêtre numéraire (d'habitude toujours le même) a lieu une fois par semaine, tout comme l'entretien avec le directeur spirituel qui est un numéraire laïc.

Pour ce qui est de la question que vous soulevez, j'avoue humblement ne pas avoir de réponse. Je me confessais de temps à autres avant de connaître l'Opus Dei, puis j'ai adopté une certaine régularité quand j'ai commencé à fréquenter les moyens de formation. Parce que j'en ai besoin et parce que cela m'aide dans ma lutte ascétique, j'y ai recours au rythme voulu par saint Josémaria.

Deux fois par mois, c'est déjà très bien ; mais une fois, cela me semble nettement insuffisant.

Ce qui me plaît dans l'Opus Dei, c'est qu'il y a une certaine unité, qui n'est toutefois pas uniformité. Pour tous les membres, les pratiques de piété, les moyens de formation et leur fréquence sont les mêmes. Parfois ce n'est pas toujours possible de tout faire pour des raisons matérielles, mais au moins dans l'idéal, chacun dispose des mêmes moyens pour devenir saint.

Dans d'autres mouvements de laïcs et dans certains ordres religieux, on retrouve cette unité.

Théophane
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
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Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

Message non lu par Olivier C »

Bonsoir Théophane,

Juste un petit ajout sur l'une de vos questions précédentes : pour la liturgie des heures, ce qui est demandé est la participation aux laudes, à l'office du milieu du jour et aux vêpres. Si la messe à lieu à ces heures là ces prières se font souvent en privative... sauf dans les propédeutiques où l'on fait bien souvent la totale !

Il faut ici souligner que ces propédeutiques (l'année initiale avant d'entrer au séminaire) sont devenues très importantes et en passe de devenir obligatoires partout : sur les 4 piliers de la formation (humaine, spirituelle, la vie commune, intellectuelle) ces formations initiales insistent beaucoup sur les 3 premiers.

Et il faut encore dire ici que la formation humaine et affective des séminaristes est l'un des points qui occupe tout particulièrement les Pères des séminaires. En effet si les prêtres de la génération précédente on connu une crise, la génération JMJ est on ne peut plus fragile sur le plan affectif.

En cas de besoin (mais de plus en plus systématiquement), le séminariste pourra être envoyé en stage en intercycle (entre la philo et la théo). Tout dépend des séminaristes, la tendance étant à la formation adaptée (il n'y a plus de profil type du séminariste comme au siècle précédent).

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Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

Message non lu par Théophane »

Cher Olivier,

Merci pour ces précisions très intéressantes. Je connais un séminariste, plus jeune que moi, qui est entré au séminaire dès après le baccalauréat. Au bout de deux ans, on lui a proposé de compléter sa formation par des études profanes et il étudie aujourd'hui à Paris.

Sans doute est-ce une bonne chose parce qu'il est souhaitable que nos futurs prêtres aient une certaine ouverture sur le monde. Néanmoins, ces études profanes, si elles n'ont pas été faites avant l'entrée au séminaire, sont-elles vraiment nécessaires ?

Le précédent prélat de l'Opus Dei, Mgr Álvaro del Portillo avait écrit un livre dont la traduction française porte le titre Vocation et mission du prêtre. Il y donne justement son avis sur la formation des séminaristes. Je l'ai acheté il y a deux ans mais pas encore lu en entier. Il faudrait que je retrouve ses propos à ce sujet.

Théophane
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Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

Message non lu par philémon.siclone »

Olivier C a écrit :Bonsoir Théophane,

Juste un petit ajout sur l'une de vos questions précédentes : pour la liturgie des heures, ce qui est demandé est la participation aux laudes, à l'office du milieu du jour et aux vêpres. Si la messe à lieu à ces heures là ces prières se font souvent en privative... sauf dans les propédeutiques où l'on fait bien souvent la totale !

Il faut ici souligner que ces propédeutiques (l'année initiale avant d'entrer au séminaire) sont devenues très importantes et en passe de devenir obligatoires partout : sur les 4 piliers de la formation (humaine, spirituelle, la vie commune, intellectuelle) ces formations initiales insistent beaucoup sur les 3 premiers.

Et il faut encore dire ici que la formation humaine et affective des séminaristes est l'un des points qui occupe tout particulièrement les Pères des séminaires. En effet si les prêtres de la génération précédente on connu une crise, la génération JMJ est on ne peut plus fragile sur le plan affectif.

En cas de besoin (mais de plus en plus systématiquement), le séminariste pourra être envoyé en stage en intercycle (entre la philo et la théo). Tout dépend des séminaristes, la tendance étant à la formation adaptée (il n'y a plus de profil type du séminariste comme au siècle précédent).

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Qu'entendez-vous exactement par formation affective ? Est-ce que cela veut dire que le séminariste va être évalué en fonction de critères psychologiques ?
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Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

Message non lu par Olivier C »

Théophane a écrit :Néanmoins, ces études profanes, si elles n'ont pas été faites avant l'entrée au séminaire, sont-elles vraiment nécessaires ?
Frère Jérôme, de Septfonds, aurait levé les yeux au ciel. Mais lui cherchait à former des moines, pas des séminaristes. Et surtout : la génération début XXème était nettement plus solides humainement que la nôtre, ce genre de stage se justifiait donc moins.
le bon Seb a écrit :Du coup il faut bien « meubler »…
Dans ce cas on pourrait très bien envisager une spécialisation biblique ou théologique ou même un stage caritatif dans un organisme chrétien... Mais je crois vraiment que la pointe de l'argument tiens dans le fait qu'aujourd'hui chaque séminariste a un parcours différent et qu'il faut pour certain d'entre eux une expérience leur permettant la maturation necessaire afin de faire des prêtres pour la société dans laquelles ils vivront, bref : "pour le monde de ce temps".

Ne perdons pas de vue un point important : pour les Pères de séminaire actuel il serait une erreur d'entraîner pendant six ans des séminaristes dans une vie quasi-monasique... pour les lâcher ensuite dans la nature livrés à eux-même. Le but est moins de faire suivre des règles aux séminaristes que de les responsabiliser en vue de la vie pastorale qu'ils auront à vivre.

Pour des communautés religieuses ou des instituts l'approche peut-être différente, le cadre et le but de leur mission étant eux aussi différents.

Au fait, je pense que vous connaissez tous le décret Optatam Totius sur la formation des prêtres ? (je ne m'adresse pas vraiment à mes interlocuteurs mais à tous ceux qui peuvent lire ce topic).
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Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

Message non lu par Théophane »

le bon Seb a écrit :Bonsoir Théophane,
Théophane a écrit :Néanmoins, ces études profanes, si elles n'ont pas été faites avant l'entrée au séminaire, sont-elles vraiment nécessaires ?
Le Code de droit canonique dispose qu'un candidat au sacerdoce ne peut pas être ordonné avant 25 ans. S'il entre aussitôt après le bac (18 ans) il finira ses études à 23 ans. Du coup il faut bien « meubler »…
Je comprends. De quand date cette disposition juridique ? Saint Josémaría a été ordonné prêtre à l'âge de 24 ans, en 1926.
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Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

Message non lu par Laurent L. »

le Bon Seb a écrit : Le Code de droit canonique dispose qu'un candidat au sacerdoce ne peut pas être ordonné avant 25 ans. S'il entre aussitôt après le bac (18 ans) il finira ses études à 23 ans. Du coup il faut bien « meubler »…
Mais pourquoi ne pas allonger leur séminaire, afin qu'ils puissent parfaire leurs connaissance en liturgie, patristique, etc. ?

A propos, quelqu'un sait-il quelle formation est dispensée en liturgie, combien de temps ?
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Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

Message non lu par Théophane »

Laurent L. a écrit :A propos, quelqu'un sait-il quelle formation est dispensée en liturgie, combien de temps ?
On m'avait dit un jour que la formation liturgique des prêtres était insuffisante. J'ignore si cela est vrai, mais je puis dire que j'ai souvent constaté des abus liturgiques dans de nombreuses paroisses. Pourtant, je ne suis qu'un fidèle laïc et je n'ai jamais reçu de formation à proprement parler dans le domaine de la liturgie. Je me contente simplement de lire les documents du Saint-Siège qui portent sur ce sujet. Faut-il avoir pris des cours pour savoir qu'on ne doit pas chanter un Sanctus ou un Agnus Dei dont le texte diffère de la traduction française approuvée par les évêques ?
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Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

Message non lu par Olivier C »

Laurent L. a écrit :Mais pourquoi ne pas allonger leur séminaire, afin qu'ils puissent parfaire leurs connaissance en liturgie, patristique, etc. ?
Et bien justement parce que, comme je le disais plus haut, certains séminaristes ont besoin d'une expérience leur permettant une plus grande maturation sur le plan humain.
Laurent L. a écrit :A propos, quelqu'un sait-il quelle formation est dispensée en liturgie, combien de temps ?
Difficile à dire, celle-ci étant répartie entre plusieurs disciplines (comme les sacrements et l'histoire de l'Église), au cours de la propédeutique et des deux premières années de séminaire il y a une introduction à la liturgie, à la signification de la messe, de la liturgie des heures, aux différents moments de la messe, aux prières eucologiques... un peu d'histoire. Mais l'apprentissage se fait essentiellement par la participation à la liturgie elle-même. Un moment ou un autre peut être pris pour expliciter tel ou tel point, tel ou tel geste...
Dernière modification par Olivier C le ven. 20 août 2010, 17:07, modifié 1 fois.
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Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

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Théophane a écrit :On m'avait dit un jour que la formation liturgique des prêtres était insuffisante. J'ignore si cela est vrai, mais je puis dire que j'ai souvent constaté des abus liturgiques dans de nombreuses paroisses. Pourtant, je ne suis qu'un fidèle laïc et je n'ai jamais reçu de formation à proprement parler dans le domaine de la liturgie. Je me contente simplement de lire les documents du Saint-Siège qui portent sur ce sujet. Faut-il avoir pris des cours pour savoir qu'on ne doit pas chanter un Sanctus ou un Agnus Dei dont le texte diffère de la traduction française approuvée par les évêques ?
Et c'est bien justement à cela que l'on voit qu'il ne s'agit pas d'abord (en tout cas pas seulement) d'un problème de formation, mais d'une option fondamentale choisie par le célébrant.

Maintenant il faut savoir que la liturgie laisse quand même une grand liberté dans la célébration de la messe. Le missel est loin d'être rigide.
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Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

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Olivier C a écrit :Maintenant il faut savoir que la liturgie laisse quand même une grand liberté dans la célébration de la messe. Le missel est loin d'être rigide.
Cela est vrai, et c'est une bonne chose. Néanmoins, il faudrait se contenter des diverses options laissées par le missel au choix du célébrant, et ne pas s'octroyer une liberté que l'on n'a pas. Par exemple, certains prêtres se permettent de changer les paroles des prières eucharistiques, ce qui constitue un abus. Ou encore, les laïcs qui préparent les chants liturgiques optent, sans doute de bonne foi, pour des compositions musicales dont le texte n'est pas celui du missel.
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Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

Message non lu par Olivier C »

Oui c'est sûr. De mémoire l'improvisation des prières eucharistiques n'a été interdite qu'à partir du IVème-Vème siècle. Mais déjà auparavant on avait commencé à constituer des recueils de prières pour la messe (libelli, l'ancêtre des missels !) afin d'éviter que le célébrant "sèche" lors de l'improvisation : tout le monde ne possède pas un génie à la saint Augustin ! Le tout premier sacramentaire est connu sous le nom impropre de "Sacramentaire léonien".

Pour l'histoire de la liturgie on conseillait aux séminaristes de Bordeaux les quatre volumes de Aimé Georges MARTIMORT (Desclée), l'édition est épuisée (mais j'en ai récupéré une !).
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Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

Message non lu par steph »

Je vais parler pour la Belgique francophone "avant le déménagement à Namur".

La formation en liturgie pourrait vraiment être plus poussée.
Si je ne m'abuse (donc, si j'ai bien entendu ce qu'on leur disait!), on enseigne aux séminaristes-diacres qu'ils ne doivent pas dire les Heures si le moment de leur récitation ne correspond pas à l'Heure liturgique: il en résulte que: si panne d'oreiller le matin etc. on arrive le soir avec tout l'office "à s'acquitter": on ne dit évidement que les Heures du soir et éventuellement Lectures... Alors que, en suivant dans la PGLH en latin, il me semblait comprendre qu'il fallait 1° s'acquitter de tout l'office, 2° en faisant correspondre autant que possible l'Heure liturgique à l'Heure solaire...

Ensuite, l'usage liturgique du séminaire n'est pas toujours rigoureux (préparation au terrain??!), même si correct et dépourvu d'abus (sauf celui de l'auto-intinction permise, mais bon...)!

On a chanté la Messe du saint-Esprit de Théo Mertens depuis le temps pascal jusqu'au 29 juin! (non respect de paroles, musique bof bof... cause: ?idéologie "pneumatologique" d'un T.Pascal préparant à la Pentecôte et d'un temps ordinaire découlant de celle-ci?)

Point de vue connaissance des rites et des formes du rite romain, peut mieux faire... Genre, lors des (rares, certes) cas de concurrence, on en est réduit à demander "comment on fait? : les Vêpres et la Messe comme d'habitude, ou l'inverse?" alors que la question est réglée d'avance par la PGLH qui, en toute logique, demande que les vêpres du lendemain ne soient pas dites avant la messe du jour...
Soulignons, pour l'année passée, un manque de "solennité" lors des fêtes et sollenités (manquant: cierges, encens, chant de la la Préface).

En fait, la formation en liturgie, tant au séminaire qu'à l'université (si je ne m'abuse), correspond actuellement non plus à la question "comment fait-on?" (rubriques) mais à celle-ci: "Pourquoi célèbre-t-on, que célèbre-t-on?" (mystagogie): bienvenue au XXe s.!!! (le problème, c'est que le "comment" (censé être acquis) est de moins en moins pratiqué (ou même contesté à cause de prétendues "réponses" au "pourquoi"), donc, se poser la question du pourquoi, sans recevoir la pratique léguée et les autres normes, est une démarche limitée; par contre, se poser la question du comment sans se poser celle du pourquoi est, elle, idiote! (sauf le respect de ceux qui pourraient être concernés)).
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Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

Message non lu par philémon.siclone »

@Olivier C.

Vous disiez que les séminaristes devaient recevoir une "formation affective". De quoi s'agit-il, exactement ?
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Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

Message non lu par Olivier C »

Ok, ok, Steph, je vous comprends. Le comment aussi se doit d'être enseigné, certaines communauté - comme l'Emmanuel - le savent et complètent la formation de leur séminariste en aparté. Mais n'allons pas imaginer non plus que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes avant Vatican II.

Il est dommage que ma mémoire ne retienne pas les fioreti, si c'était le cas j'aurais pu vous dresser une liste des pratiques aberrantes avant la réforme liturgique (du genre : messe de l'aurore célébrée le soir). À l'occasion peut-être...
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