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Re: Mon débaptème.

Publié : jeu. 21 oct. 2010, 14:09
par DavidB
sogood a écrit : Mais que fait-on quand il n'y a rien devant soi ?
On peut faire comme vous et l'assumer en décidant de prendre la possession la plus complète, selon soi, de ce qui nous concerne, ce qui a aussi sa part de mérite, ou on peut faire confiance à ceux qui ont voulu nous donner ou nous faire entrer dans un mouvement qu'ils considéraient comme pertinent et important. Et il se peut que tout en faisant confiance à la bienveillance de ceux qui ont voulu choisir pour nous, nous ne soyons toutefois pas d'accord et que nous décidions de prendre la distance ou de couper le lien.
sogood a écrit :Ca n'a rien de déplaisant, d'ailleurs ; c'est juste cette désagréable impression de ne pouvoir de désabonner d'une publication qu'un autre a souscrit pour vous.
Vous savez, je ne cherche pas à vous convaincre de quoi que ce soit. Pour moi, la foi est d'abord de l'ordre de la grâce. Je peux vous annoncer ce que j'en vis, mais ce n'est pas à moi de vous faire croire. Rendu là, c'est entre vous et Dieu et il se peut que vous lui soyiez tout de même plus proche que moi dans votre droiture intérieure, allez donc savoir. Toutefois, nous ne pouvons pas effacer le passé. Et c'est le cas pour bien des domaines. Je pense qu'une façon de ne plus se sentir aussi agacé par ce baptême non désiré est d'essayer de trouver ce qui pouvait relever de la bienveillance dans cet acte. Et si le baptême est absurde, alors le fait d'être rayé des listes devrait suffire à votre paix, non?

Bonne journée

Re: Mon débaptème.

Publié : jeu. 21 oct. 2010, 14:14
par ami de la Miséricorde
Cher Sogood,

Jean1
25 Ils lui posèrent encore cette question : « Si tu n'es ni le Messie, ni Élie, ni le grand Prophète, pourquoi baptises-tu ? »
26 Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l'eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas :
27 c'est lui qui vient derrière moi, et je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale. »


Math16
16 Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » 17 Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.
18 Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »


Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

Re: Mon débaptème.

Publié : jeu. 21 oct. 2010, 14:17
par philémon.siclone
Bon, ceci dit, vu que la procédure existe, comme je viens de le découvrir sur la page wikipédia (=>Débaptisation), je ne vois pas trop ce qu'on peut répondre à Sogood.

Il s'est fait débaptiser, son nom a été effacé du registre. C'est son droit (lois informatique et liberté, 1978, et 2004, relatives aux fichiers et autres listes informatiques ou manuscrites), même si le terme "débaptême" n'a strictement aucun sens. Que pouvons-nous lui dire d'autre ? Le Christ ne force personne à le suivre. Donc c'est très bien ainsi. Point final.

Car finalement, de quoi parlons-nous ? Quel est l'objet de la discussion ?

Nous sommes là, tranquilles peinards, sur un forum catholique. Sogood vient nous voir : "les amis, je me suis fait débaptisé, et je suis bien content. Qu'en pensez-vous ?"
Ma réponse : "Rien".

Qu'est-ce qu'on peut dire d'autre, franchement ?

Re: Mon débaptème.

Publié : jeu. 21 oct. 2010, 14:20
par sogood
Et.H a écrit :J'avoue absolument ne pas comprendre "le débaptême". Déjà le nom inventé par les athées est trompeur puisque le sacrement est indélébile. Comme ils s'en sont rendus compte (ouf... enfin), ils préfèrent maintenant appeler ça "apostasie", ce qui est plus correct. Néanmoins il n'y a pas besoin d'écrire au diocèse pour être apostat. Il suffit de renier ses croyances et son baptême, c'est tout.

Ce qui me chiffonne, c'est que cela consiste à rayer des registres son nom. Or c'est un acte de baptême. Un "acte", c'est un terme juridique. L'acte de baptême signifie que tel jour et à tel endroit une personne a été baptisé (un prêtre a versé de l'eau sur son front si vous préférez). De même, l'acte de naissance précise qu'une personne est née à tel endroit et à telle heure.

Là où les athées se trompent, et trompent les gens pour se faire "débaptiser", c'est que cela ne correspond pas à une carte de parti politique ! Ce n'est pas ça qui fait de vous un catholique, c'est votre baptême et votre adhésion à la foi.
De plus, on voit maintenant des sites athées, avec écrit "ne laissez pas l'église vous compter parmi ses fidèles" comme si l'Eglise perdait son temps à compter. C'est ridicule. Quand on dit qu'il y a 50% de catholiques, cela veut dire qu'un institut de sondage a posé la question à un groupe de personnes représentatives.

Je me répète l'acte de baptême est juste un acte. Il n'a d'utilité que si vous vous mariez ou que si vous recevez un sacrement. Faire rayer votre nom n'a donc :

- pas de sens
- aucun intérêt car cela n'embête personne (ok... sauf le laïc chargé de rayer qui galère avec le blanc correcteur roller :-D ) au cas où c'est le but recherché .

Enfin, en ce qui me concerne, j'espère qu'un jour je pourrai faire changer mon acte de naissance. En effet, je suis né dans une ville appelée "Beuvry" et j'avoue qu'en dehors de ma région ca fait beaucoup rigoler :-D .... J'aimerai changer ce nom pour quelque chose de plus prestigieux... Vous allez me dire, ça n'a pas de sens et pourtant c'est analogue... La seule différence est que cela est permis pour les actes de baptême.

Maintenant je n'ai rien contre vous et je comprend votre démarche. Néanmoins, il y a un peu tromperie de la part de ceux qui ont inventé le débaptême. C'est cela que je trouve scandaleux.
La différence avec la naissance est évidente, sauf pour ceux qui considèrenet le baptème comme une naissance symbolique.

Dans la mesure où je pense que le choix d'une religion doit être un choix conscient, il n'ya aucune raison pour que je sois inscrit contra mon gré sur une liste. Mais bien sûr, l'Eglise compte, c'est même ce compte qui est révélateur de l'attachement des habitants d'un pays ou d'un autre à une religion donnée.

Et cela a un sens pour moi. Je renie une religion qu'on m'a imposée et donc je refuse d'apparaître sur ses listes. Logique, non ?

Bien à vous,

sogood

Re: Mon débaptème.

Publié : jeu. 21 oct. 2010, 14:22
par sogood
philémon.siclone a écrit :Bon, ceci dit, vu que la procédure existe, comme je viens de le découvrir sur la page wikipédia (=>Débaptisation), je ne vois pas trop ce qu'on peut répondre à Sogood.

Il s'est fait débaptiser, son nom a été effacé du registre. C'est son droit (lois informatique et liberté, 1978, et 2004, relatives aux fichiers et autres listes informatiques ou manuscrites), même si le terme "débaptême" n'a strictement aucun sens. Que pouvons-nous lui dire d'autre ? Le Christ ne force personne à le suivre. Donc c'est très bien ainsi. Point final.
Emballé, c'est pesé ! En voilà un, au moins, qui ne fait pas de prosélytisme !

Si ça pouvait être toujours comme ça...

A+

Sogood

Re: Mon débaptème.

Publié : jeu. 21 oct. 2010, 14:26
par cracboum
Sogood, beaucoup de choses nous sont imposées, est-ce un critère ou bien faut-il dépasser tous ces conditionnements ? Si non, que restera t-il de vous ?

Re: Mon débaptème.

Publié : jeu. 21 oct. 2010, 14:29
par sogood
philémon.siclone a écrit :Beaucoup de gens baptisés et athées n'ont pas jugé utile d'accomplir cette formalité de "débaptisation", tout simplement parce que leur baptême à leurs yeux est sans valeur, et n'existe pas ! Un peu d'eau reçue sur le front, un gourou qui marmonne quelques vieilles formules magiques, et un bout de papier certifiant l'accomplissement du rite, et c'est tout. En même temps, tout cela a effectivement eu lieu ! On ne peut pas décider que cela ne se soit pas déroulé. L'acte de baptême n'est rien d'autre qu'une déclaration disant que le baptême a eu lieu. D'ailleurs, il n'y a pas toujours eu des registres écrits de baptême. Jusqu'au XVIe s., il n'y avait aucune trace écrite. Mais le bout de papier, en lui-même, ne signifie rien du tout. On pourrait brûler les registres de baptêmes, ça n'y changerait rien. L'acte en lui-même a existé, et on ne peut pas faire qu'il n'a jamais existé.

Libre à chacun d'y croire ou de ne pas y croire. Mais que vous le vouliez ou non, vous avez effectivement reçu de l'eau sur le front, tandis qu'un prêtre récitait des formules. Et l'acte de baptême ne fait que dire que cela s'est passé, ce qui est objectivement vrai.

Vous voulez être rayé des "listes" de catholiques. Mais ces listes n'existent pas. Il n'existe pas d'abonnement administratif à l'Eglise catholique. L'appartenance à l'Eglise est d'ordre spirituel.

De plus, vous êtes en contradiction, puisque vous attribuez encore une valeur à un acte que vous cherchez à défaire. Alors que n'importe quel athée se fout complètement de son acte de baptême, puisque, pour lui, le baptême n'existe pas et n'a aucune valeur.

Enfin, il y a une légère intolérance dans votre démarche qui consiste à exiger de l'Eglise qu'elle se plie à vos vues, en acceptant d'accomplir un acte qu'elle juge impossible. Car le débaptême n'existe pas, pour l'Eglise... L'Eglise croit que le baptême ne peut pas être défait. Sinon, le baptême lui-même n'aurait aucun sens. Parce que justement l'Eglise croit au baptême. C'est même dans le Credo : "Je reconnais un seul baptême pour la rémission des péchés". Vous êtes donc en train de demander à l'Eglise qu'elle renonce au Crédo... C'est un vrai dialogue de fous : vous demandez à l'Eglise de défaire un sacrement, qui pour elle ne peut être défait (il est d'ordre surnaturel), sacrement auquel vous-même ne croyez pas ! Comment voulez-vous défaire quelque chose qui n'existe pas ? Et comment voulez-vous que celui qui y croit décide, pour vous faire plaisir, de ne pas y croire ?

Imaginons la situation suivante : un sorcier vient vous voir et vous envoûte. Le sorcier croit fermement à l'envoûtement, mais vous n'y croyez pas. Comment allez-vous réagir ? En partant d'un bon rire, et haussant les épaules ? Ou bien en saisissant le sorcier par le col, en exigeant qu'il mette immédiatement fin à l'envoûtement (auquel vous n'attribuez aucune valeur) ? Supposons qu'ensuite le sorcier aille tenir un registre disant : aujourd'hui, j'ai envoûté untel. Irez-vous voir le sorcier pour exiger la destruction de l'acte d'envoûtement ? C'est un peu grotesque, vous ne trouvez pas ? Et puis, ce serait une atteinte, là encore, au droit du sorcier d'écrire ce qu'il veut dans ses propres archives.

Il me semble qu'il serait plus simple que vous abjuriez simplement le catholicisme, ce qui me semble être la voie normale des gens dans votre cas, même si l'abjuration est plus souvent le fait de gens qui changent de religion.
Ce que vous me dites est très intéressant et très juste sur beaucoup de points, à mon avis. Alors chiche ! brûlons les registres de baptème. Je plaisante, bien sûr, cela ne se fera jamais.

Mais plus je lis les réponses et plus j'avance sur un terrain légèrement différent et cela m'aide beaucoup. Vous avez mille fois raison, il s'agit beaucoup d'un dialogue de fous, ou de sourds ; au choix.

Et je pense que le problème (le mien et celui des centaines de milliers de baptisés athées ou agnostiques) ne tient pas tellement de l'existence d'un dieu ou non ; sur ce point, je suis devenu extraordinairement tranquille ; si il existe un dieu, il saura me contacter et en attendant, je me débrouillerai tout seul.

Le problème réside davantage dans l'exercice d'une religion et de son emprise sur la vie quotidienne et la culture. La chrétienté n'est pas la seule visée ; il en est de même pour la plupart de religions monothéïstes dont il n'est plus à prouver à quel point elles sont expansionnistes avec tous les excès et les horreurs parfois que cela comporte, depuis les croisades jusqu'à El Quaïda. Toutes s'appuient sur des écrits, forcément divins, donc forcément incontestables et toujours au service d'une minorité cherchant à convertir les autres, par la force s'il le faut. Je caricature, je sais, mais globalement c'est historiquement vrai.

Et de fil en aiguille, vivant depuis toujours dans la culture qui est la notre en France, je pense que c'est l'Eglise catholique qui me devient insupportable, au fond. Je ne parle pas de ceux qui la composent (quoique pour certains...) mais de l'influence qu'elle opère sur beaucoup des pans de notre système. Un système peut, à mon sens , être dirigé par des convictions mais non par des idéologies ou des croyances. Mais les listes existent, contrairement à ce que vous écrivez ; la preuve; on peut s'en faire rayer. Ce qui est "amusant" dans ce geste que j'ai fait, c'est souvent la réaction incrédule avec un haussement d'épaule de l'immense majorité de mes interlocuteurs qui acceptent de figurer sur ces registres et de lier des sacrements à une vie sociale sans y croire une seule seconde (le mariage à l'eglise, la communion du petit, les funérailles religieuses, etc...).

Et au risque de répéter ce que j'ai écris dans mon tout premier courrier, c'est la fréquentation quasi quoitidienne de catholiques qui m'a décidé à manifester par mon départ, mon désaccord avec cette église, le fond étant déjà acquis depuis longtemps. Je le dis sans aucune haine ni provocation inutile, mais la cruauté, l'intolérance, l'incompréhension, l'entêtement que j'ai rencontrés tous les jours dans le cadre de mes activités professionnelles liées au secteur caritatif m'ont réellement décidés à me démarquer et à couper les vagues liens qui me restaient. Ce manque de respect de l'Autre au prétexte d'une foi est si ancré, si courant, si permanent qu'il apparaît évident et je n'ai rencontré que très peu de vos corelligionnaires qui acceptent tout simplement de réfléchir et d'admettre que tout le monde n'est pas obligé de penser comme eux, et qu'à ce titre ils ne se sentent pas le droit d'imposer des pratiques liées à l'excercice de leur religion, dans le cadre déterminé par leur Eglise.

Je me laisse aller...

Merci de vos commentaires,

Sogood

Re: Mon débaptème.

Publié : jeu. 21 oct. 2010, 14:33
par DavidB
sogood a écrit :
Emballé, c'est pesé ! En voilà un, au moins, qui ne fait pas de prosélytisme !

Si ça pouvait être toujours comme ça...

A+

Sogood
sogood a écrit :Il en aura fallu des réponses catégoriques, péremptoires, amères, voire empreintes d'un vague mépris pour trouver la votre. Mais dois-je regretter ce rejet que j'ai déclenché moi même ?
He bien... c'est plus facile de réclamer des autres de reconnaître ce qui nous tiens à coeur que de le leur rendre, n'est-ce pas? Respect à géométrie variable? Je ne vois pas ce que vous dites dans la grande majorité des réponses qui vous été adressées, pour ma part...

Re: Mon débaptème.

Publié : jeu. 21 oct. 2010, 14:34
par sogood
cracboum a écrit :Sogood, beaucoup de choses nous sont imposées, est-ce un critère ou bien faut-il dépasser tous ces conditionnements ? Si non, que restera t-il de vous ?
Exact. Beaucoup de choses nous sont imposées. Beaucoup trop. Raison de plus pour se débarrasser de celles qu'il est possible d'éliminer. C'est aussi valable pour le tabac, par exemple.

Re: Mon débaptème.

Publié : jeu. 21 oct. 2010, 14:35
par sogood
nosiaréd a écrit :
sogood a écrit :
Emballé, c'est pesé ! En voilà un, au moins, qui ne fait pas de prosélytisme !

Si ça pouvait être toujours comme ça...

A+

Sogood
sogood a écrit :Il en aura fallu des réponses catégoriques, péremptoires, amères, voire empreintes d'un vague mépris pour trouver la votre. Mais dois-je regretter ce rejet que j'ai déclenché moi même ?
He bien... c'est plus facile de réclamer des autres de reconnaître ce qui nous tiens à coeur que de le leur rendre, n'est-ce pas? Respect à géométrie variable? Je ne vois pas ce que vous dites dans la grande majorité des réponses qui vous été adressées, pour ma part...
Je ne m'étonne guère que nous ayons une lecture différente. C'est justement ce que j'essaye de faire comprendre.

Re: Mon débaptème.

Publié : jeu. 21 oct. 2010, 14:36
par jeanbaptiste
Vos comparaisons sont insultantes.

Prenez cela pour un avertissement de la modération.

Re: Mon débaptème.

Publié : jeu. 21 oct. 2010, 14:43
par sogood
jeanbaptiste a écrit :Vos comparaisons sont insultantes.

Prenez cela pour un avertissement de la modération.
Quelle comparaison ?

Quel avertissement ?

Allez-y, désinscrivez-moi, je demande la procédure à suivre depuis hier ! *

Une preuve de plus de ce que j'avance... Rien de vraiment surprenant.

Re: Mon débaptème.

Publié : jeu. 21 oct. 2010, 14:43
par DavidB
sogood a écrit :
nosiaréd a écrit : He bien... c'est plus facile de réclamer des autres de reconnaître ce qui nous tiens à coeur que de le leur rendre, n'est-ce pas? Respect à géométrie variable? Je ne vois pas ce que vous dites dans la grande majorité des réponses qui vous été adressées, pour ma part...
Je ne m'étonne guère que nous ayons une lecture différente. C'est justement ce que j'essaye de faire comprendre.
Peut-être,

mais moi, ce qui m'étonne, c'est que vous cherchiez à nous faire reconnaître votre point de vue, alors que vous réclamez du même mouvement que nous ne faisions pas la même chose de notre côté, sous prétexte de respect... c'est assez paradoxal...

Re: Mon débaptème.

Publié : jeu. 21 oct. 2010, 14:47
par etienne lorant
sogood a écrit :
cracboum a écrit :Sogood, beaucoup de choses nous sont imposées, est-ce un critère ou bien faut-il dépasser tous ces conditionnements ? Si non, que restera t-il de vous ?
Exact. Beaucoup de choses nous sont imposées. Beaucoup trop. Raison de plus pour se débarrasser de celles qu'il est possible d'éliminer. C'est aussi valable pour le tabac, par exemple.
C'est valable pour le tabac, c'est valable pour l'a priori de supériorité sur le quidam croisé dans la rue, c'est valable pour l'abonnement télé et la subordination aux media : vous vous souvenez du feuilleton H1N1 ?, c'est valable pour la simple question de l'apparence devant autrui, c'est valable pour ce qu'un psy appelle : "la congruence", c'est valable pour tant de choses. Hors des choses qui sont possibles d'éliminer, il s'agit aussi de diminuer et d'anihiler le pouvoir qu'ont eu sur vous toutes ces choses qui ont paru "évidentes", mais qui se révèlent imposées... mort sur la croix, le Christ fut le seul homme totalement libre.

Re: Mon débaptème.

Publié : jeu. 21 oct. 2010, 14:48
par philémon.siclone
sogood a écrit :
philémon.siclone a écrit :Beaucoup de gens baptisés et athées n'ont pas jugé utile d'accomplir cette formalité de "débaptisation", tout simplement parce que leur baptême à leurs yeux est sans valeur, et n'existe pas ! Un peu d'eau reçue sur le front, un gourou qui marmonne quelques vieilles formules magiques, et un bout de papier certifiant l'accomplissement du rite, et c'est tout. En même temps, tout cela a effectivement eu lieu ! On ne peut pas décider que cela ne se soit pas déroulé. L'acte de baptême n'est rien d'autre qu'une déclaration disant que le baptême a eu lieu. D'ailleurs, il n'y a pas toujours eu des registres écrits de baptême. Jusqu'au XVIe s., il n'y avait aucune trace écrite. Mais le bout de papier, en lui-même, ne signifie rien du tout. On pourrait brûler les registres de baptêmes, ça n'y changerait rien. L'acte en lui-même a existé, et on ne peut pas faire qu'il n'a jamais existé.

Libre à chacun d'y croire ou de ne pas y croire. Mais que vous le vouliez ou non, vous avez effectivement reçu de l'eau sur le front, tandis qu'un prêtre récitait des formules. Et l'acte de baptême ne fait que dire que cela s'est passé, ce qui est objectivement vrai.

Vous voulez être rayé des "listes" de catholiques. Mais ces listes n'existent pas. Il n'existe pas d'abonnement administratif à l'Eglise catholique. L'appartenance à l'Eglise est d'ordre spirituel.

De plus, vous êtes en contradiction, puisque vous attribuez encore une valeur à un acte que vous cherchez à défaire. Alors que n'importe quel athée se fout complètement de son acte de baptême, puisque, pour lui, le baptême n'existe pas et n'a aucune valeur.

Enfin, il y a une légère intolérance dans votre démarche qui consiste à exiger de l'Eglise qu'elle se plie à vos vues, en acceptant d'accomplir un acte qu'elle juge impossible. Car le débaptême n'existe pas, pour l'Eglise... L'Eglise croit que le baptême ne peut pas être défait. Sinon, le baptême lui-même n'aurait aucun sens. Parce que justement l'Eglise croit au baptême. C'est même dans le Credo : "Je reconnais un seul baptême pour la rémission des péchés". Vous êtes donc en train de demander à l'Eglise qu'elle renonce au Crédo... C'est un vrai dialogue de fous : vous demandez à l'Eglise de défaire un sacrement, qui pour elle ne peut être défait (il est d'ordre surnaturel), sacrement auquel vous-même ne croyez pas ! Comment voulez-vous défaire quelque chose qui n'existe pas ? Et comment voulez-vous que celui qui y croit décide, pour vous faire plaisir, de ne pas y croire ?

Imaginons la situation suivante : un sorcier vient vous voir et vous envoûte. Le sorcier croit fermement à l'envoûtement, mais vous n'y croyez pas. Comment allez-vous réagir ? En partant d'un bon rire, et haussant les épaules ? Ou bien en saisissant le sorcier par le col, en exigeant qu'il mette immédiatement fin à l'envoûtement (auquel vous n'attribuez aucune valeur) ? Supposons qu'ensuite le sorcier aille tenir un registre disant : aujourd'hui, j'ai envoûté untel. Irez-vous voir le sorcier pour exiger la destruction de l'acte d'envoûtement ? C'est un peu grotesque, vous ne trouvez pas ? Et puis, ce serait une atteinte, là encore, au droit du sorcier d'écrire ce qu'il veut dans ses propres archives.

Il me semble qu'il serait plus simple que vous abjuriez simplement le catholicisme, ce qui me semble être la voie normale des gens dans votre cas, même si l'abjuration est plus souvent le fait de gens qui changent de religion.
Ce que vous me dites est très intéressant et très juste sur beaucoup de points, à mon avis. Alors chiche ! brûlons les registres de baptème. Je plaisante, bien sûr, cela ne se fera jamais.

Mais plus je lis les réponses et plus j'avance sur un terrain légèrement différent et cela m'aide beaucoup. Vous avez mille fois raison, il s'agit beaucoup d'un dialogue de fous, ou de sourds ; au choix.

Et je pense que le problème (le mien et celui des centaines de milliers de baptisés athées ou agnostiques) ne tient pas tellement de l'existence d'un dieu ou non ; sur ce point, je suis devenu extraordinairement tranquille ; si il existe un dieu, il saura me contacter et en attendant, je me débrouillerai tout seul.

Le problème réside davantage dans l'exercice d'une religion et de son emprise sur la vie quotidienne et la culture. La chrétienté n'est pas la seule visée ; il en est de même pour la plupart de religions monothéïstes dont il n'est plus à prouver à quel point elles sont expansionnistes avec tous les excès et les horreurs parfois que cela comporte, depuis les croisades jusqu'à El Quaïda. Toutes s'appuient sur des écrits, forcément divins, donc forcément incontestables et toujours au service d'une minorité cherchant à convertir les autres, par la force s'il le faut. Je caricature, je sais, mais globalement c'est historiquement vrai.

Et de fil en aiguille, vivant depuis toujours dans la culture qui est la notre en France, je pense que c'est l'Eglise catholique qui me devient insupportable, au fond. Je ne parle pas de ceux qui la composent (quoique pour certains...) mais de l'influence qu'elle opère sur beaucoup des pans de notre système. Un système peut, à mon sens , être dirigé par des convictions mais non par des idéologies ou des croyances. Mais les listes existent, contrairement à ce que vous écrivez ; la preuve; on peut s'en faire rayer. Ce qui est "amusant" dans ce geste que j'ai fait, c'est souvent la réaction incrédule avec un haussement d'épaule de l'immense majorité de mes interlocuteurs qui acceptent de figurer sur ces registres et de lier des sacrements à une vie sociale sans y croire une seule seconde (le mariage à l'eglise, la communion du petit, les funérailles religieuses, etc...).

Et au risque de répéter ce que j'ai écris dans mon tout premier courrier, c'est la fréquentation quasi quoitidienne de catholiques qui m'a décidé à manifester par mon départ, mon désaccord avec cette église, le fond étant déjà acquis depuis longtemps. Je le dis sans aucune haine ni provocation inutile, mais la cruauté, l'intolérance, l'incompréhension, l'entêtement que j'ai rencontrés tous les jours dans le cadre de mes activités professionnelles liées au secteur caritatif m'ont réellement décidés à me démarquer et à couper les vagues liens qui me restaient. Ce manque de respect de l'Autre au prétexte d'une foi est si ancré, si courant, si permanent qu'il apparaît évident et je n'ai rencontré que très peu de vos corelligionnaires qui acceptent tout simplement de réfléchir et d'admettre que tout le monde n'est pas obligé de penser comme eux, et qu'à ce titre ils ne se sentent pas le droit d'imposer des pratiques liées à l'excercice de leur religion, dans le cadre déterminé par leur Eglise.

Je me laisse aller...

Merci de vos commentaires,

Sogood
Il n'existe pas de liste ni de fichier (à jour ou pas) de catholiques, comme il existe des fichiers de membres d'un parti politique, ou des listes électorales, par exemple. Le registre de baptême d'est pas un fichier de catholicité, ou de membres de l'Eglise catholique. C'est un registre qui signale l'accomplissement d'un acte. Et dans votre cas, objectivement, l'acte a bel et bien eu lieu.

Ceci étant dit : l'effacement de votre nom sur ce registre ne pose, je pense, strictement aucun, puisqu'en soi ce registre n'a aucune valeur ni utilité, dans le cas d'un non catholique qui ne veut plus rien avoir avec l'Eglise. Ce n'est pas à partir des registres de baptême qu'on établit les statistiques du nombre de catholiques, que je sache.

Donc, si vous, ça vous rassure, c'est très bien ainsi.

D'ailleurs, comme je le disais ces registres n'ont pas toujours existé. La tenue de l'Etat-Civil a été ordonnée par l'édit de Villers-Cotteret, sous François Ier, pour servir à des tâches administratives telles que le recensement, et surtout la levée des impôts. Le but n'était pas du tout spirituel. Depuis la Révolution, les mairies ont pris le relai, mais la pratique est demeurée dans l'Eglise, par tradition je pense, et aussi pour s'assurer de la catholicité de ceux qui recourent au mariage et aux obsèques religieuses.