Je viens de connaître un de ces petits instants de liberté, finalement assez rares. Je suppose qu'un certain nombre d'entre vous ne me comprendront pas, c'est inévitable, mais je laisse le soin aux autres de s'interroger sur ma démarche.
Baptisé, "comme tout le monde", à l'âge de 1 mois et 9 jours, j'ai ensuite suivi le chemin classique du catéchisme et des sacrements non moins classiques (je n'ai pas dit banals). J'ai eu la chance de fréquenter des écoles chrétiennes, confessionnelles où j'ai reçu une éducation religieuse sans accroc particulier. Pas de drame, pas de traumatisme.
Seulement voilà, je n'ai jamais, absolument jamais ressenti la moindre sensation de m'adresser à qui ou quoi que ce soit lorsque je devais prier. Mais rien du tout. Même enfant et aussi loin que remontent mes souvenirs j'ai toujours ressenti ces moments comme inutiles, solitaires, anxiogènes parfois. Rien de rien. Un vide total avec, de surcroît, l'âge aidant une vague sensation de ridicule.
J'ai toujours voulu défendre des valeurs auxquelles je crois basées, pour faire court, sur le respect au sens le plus large du terme.
Et il m'a fallu plus de 50 ans de recherches, de réflexions, de tentatives pour me décider enfin à demander d'être rayé des listes des baptisés. Apostasie certainement, à condition d'avoir été de cette religion et ce n'est pas mon cas. Je ne peux pas renier une religion que je ne reconnais pas. Agnostique convaincu : je ne refuse pas l'idée de l'existence d'un dieu, mais qu'on me le prouve. Désinscrit, donc, désabonné. Je croise des catholiques tous les jours dans mes activités professionnelles ; des gens bien pour certains, mais pour la plupart sans réel respect des autres, sans réelle compassion. Je n'avais rien à faire là, avec eux, dans la même religion. Quel orgueil, au fond. Si j'étais né au Maghreb je devrais être convaincu que dieu est Allah, en Israël, etc... Qui peut donc prétendre être le détenteur de la Vérité sur un sujet aussi important ? Et dans quel intérêt ?
Et tout à fait honnêtement les propos du Pape, les scandales pédophiles, etc. n'ont pas influencé tant que ça ma décision ; ce sont des hommes, comme tous les hommes, avec leurs faiblesses, leurs lâchetés, leurs vices, malheureusement. Mais il n'y a pas de société qui n'en compte pas et même s'il faut combattre ces excès pervers, ils faut bien admettre qu'ils existent aussi chez des hommes dont je ne reconnais en rien le rôle de représentant divin.
Je n'ai rien à faire là-dedans. Je m'en vais.
Et j'entends et je lis alors des remarques qui me laissent atterrés : A quoi sert-il de se faire débaptiser si l'on ne croit pas au baptème ? Ma réponse : "Mais pour ne plus appartenir à aucune église et à l'Eglise catholique en particulier, je me moque du sacrement, c'est l'inscription sur des registres qui me gêne. De quel droit ?". Autre remarque : "de toutes façons tu es baptisé et c'est comme ça, ce qui est fait est fait. Ma réponse : "J'avais l'âge de 1 mois. Que penseriez-vous d'une personne inscrite dans une secte sous l'emprise de la drogue, de l'alcool ou d'une autorité à la quelle elle ne peut résister ? Qu'il faut la libérer, bien sûr. Alors pourquoi ne pas considérer que mon débaptème est une libération ?"
Vous voyez, les choses ne sont pas simples. J'ai été très fier lorsqu'un de mes enfants m'a annoncé à 17 ans qu'il allait se faire baptiser. Enfin un choix délibéré chez un adulte mental volontaire et motivé. Là, pas de problème.
Mais moi, non. Je n'ai vraiment rien à faire dans cette Eglise.
J'ai vécu tout ce temps baptisé et ça ne m'a jamais empêché de dormir mais c'est amusant, ce débaptème m'a donné cette petite joie, qui se prolonge et qui ressemble à ce qu'on ressens quand on arrive à identifier et supprimer ce petit prélèvement automatique sur son compte bancaire de 3 euros. Ce n'est pas grand chose, 3 euros (quoique pour certains...)mais ça agace, cette petite escroquerie mensuelle. Alors quand on s'en débarrasse on n'est pas vraiment plus riche mais rassérénné, apaisé, tranquille.
Et voilà, je saurais si je peux vous dire mes amis à vos commentaires et je vous dit au revoir (pas adieu...)
Sogood



