Epsilon a écrit :beaucoup ont répondu dans le même sens que je l’aurais fait … pas la peine de me fatiguer
Bonjour, mon cher Epsilon,
C’est vrai que je me sens assez seul face aux opposants…
Vous refusez l’évidence pour lui préférer le vide. Vous vous souvenez que le mythe « explique » mais, en réalité, de votre point de vue, il n’explique rien de la réalité concrète. Il me semble que vous êtes en pleine contradiction.
Vous écrivez très justement que le mythe est « un récit qui explique les mystères de l'homme et du monde », « un véritable « langage » pour définir/décrire notamment les « origines/commencements » quand les mots font défauts … », mais c’est pour affirmer aussitôt le contraire par rapport à la réalité concrète, celle qui peut aussi être examinée scientifiquement et historiquement. S’il n’explique pas (dans la mesure du possible) la réalité concrète, il explique quoi ?
Affirmer que « Genèse n’a, ni de prés ni de loin, un qcq lien avec nos connaissances actuelles historiques/scientifiques … chercher des concordances est peines perdues car tel n’est pas, même à l’origine, le but de ce récit » a pour conséquence de considérer que l’Ecriture Sainte et la Foi n’auraient RIEN à nous dire de notre provenance concrète.
D’ailleurs, vous l’affirmez avec conviction : « nous n’en savons strictement rien … ».
Vous rejetez la Genèse comme révélation authentique sur le début de l’histoire concrète (scientifique et historique) et n’en proposez aucune autre. Le mot « mythe » est utilisé, au delà de ce qu’il peut exprimer de juste, pour refuser toute réflexion concrète.
Dans la réalité concrète, vous rejoignez le point de vue athée dont l’horizon se limite à constater que nous provenons d’une longue évolution biologique. Point. Seule la science pourrait nous éclairer un peu sur notre histoire ancienne. Nous ne sommes, de ce point de vue, qu’un produit biologique dans l’histoire concrète.
Il faudrait admettre que les humains auxquels s’adresse le salut du Christ ne sont en rien le résultat d’une création à un moment de l’histoire, mais un produit de l’évolution, avec ou sans quelques interventions divines marginales.
Sauf à accepter implicitement un panthéisme nouveau avec une résurrection générale de tous les vivants depuis le Big Bang, sans aucune spécificité de créatures distinctes à l’image de Dieu, vous savez très bien qu’une âme immortelle est ou n’est pas. Il n’y aura jamais une âme « à moitié » ou « aux deux tiers » immortelle. Cela n’a aucun sens.
Croire que les humains sont les seules créatures terrestres ayant une âme immortelle implique NECESSAIREMENT soit qu’ils ont toujours existé, même il y a un milliard d’années au début de la vie animale sur la terre, ce qui me semble exclu, soit que leur survenance est un fait DANS l’histoire concrète à un moment.
Il est facile de dire que « Dieu est créateur de toutes choses » tout en écartant toute réelle création concrète dans l’histoire ou du moins toute connaissance raisonnable de cette création.
Vous pouvez penser ce que vous voulez de la Genèse. Vous pouvez vous replier dans le mystère. Mais, nous sommes faits de chair et d’os.
Les tentatives de séparer le comment du pourquoi, la raison et la foi, la connaissance scientifique et la connaissance par la foi ne me paraissent que des refus de laisser Dieu nous rejoindre dans notre réalité toute entière.
Il est dommage que votre intelligence refuse de réfléchir à la survenance concrète des premières âmes immortelles dans l’histoire. Avec ou sans la Genèse. Vous vous réfugiez dans le mystère pour vous accrocher à une ignorance de principe.
Le groupe des « homo capax Dei » est une réalité de l’histoire concrète.
Ce dimanche, à la messe, vous avez proclamé comme moi « Il est descendu aux enfers ». Entre sa mort et sa résurrection, le Christ n’a pas rejoint dans le shéol tous les êtres vivants ayant vécus depuis le Big Bang, ni même tous les hominidés que la science peut repérer. Il a rejoint toutes les âmes immortelles qui, depuis Adam et Eve, attendaient d’être délivrées de la mort. Il les a délivrées en les rejoignant dans la mort puis par sa résurrection. C’étaient des personnes immortelles bien concrètes ayant vécu dans l’histoire et non de simples produits de l’évolution.
Vous croyez qu’Il a rejoint tous les australopithèques et leurs ancêtres à quatre pattes, vous croyez que vous allez les retrouver le jour de la résurrection ?
Le Christ est venu rejoindre tous les humains créés à son image au plus profond de leur misère, y compris tous ceux qui étaient prisonniers de leur mort physique déjà survenue. L’Evangile nous rapporte que, lorsqu’il est entré dans la mort physique, l’effet concret fut immédiat pour toute l’humanité et que de nombreux morts sont apparus (Mt 27, 52).
Cessez de vous réfugier dans la mythologie pour fuir la réalité concrète.
Bien à vous,
Sainte fête de Noël !