Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2009-2010)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
Règles du forum
Forum de partage de méditations chrétiennes
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

La merveilleuse grâce du baptême

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 3,15-16.21-22.

Le peuple venu auprès de Jean Baptiste était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n'était pas le Messie.
Jean s'adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l'eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu.
Comme tout le peuple se faisait baptiser et que Jésus priait, après avoir été baptisé lui aussi, alors le ciel s'ouvrit.
L'Esprit Saint descendit sur Jésus, sous une apparence corporelle, comme une colombe. Du ciel une voix se fit entendre : « C'est toi mon Fils : moi, aujourd'hui, je t'ai engendré."

J'ai beaucoup apprécié l'homélie d'aujourd'hui et je suis sorti avec la joie, non seulement d'avoir communié, mais comme dans le souvenir de mon baptême. Dans de précédents partages, j'avais évoqué un écrit de Lanza del Vasto qui disait: "Jésus est venu à l'autre bout du baptême". Lui n'avait pas besoin d'être baptisé, mais Il y est venu pour prendre symboliquement sur Lui tous les péchés que les autres y avaient laissé. Mais à présent que j'ai découvert Maître Eckhart et "l'intériorité" de Jésus en notre âme, je vois mon baptême non seulement le sacrement qui m'a délivré de l'emprise du démon, mais aussi l'onction "par l'Esprit Saint et le feu", qui a fait de moi un enfant "né de Dieu". Seigneur, quelle grâce d'avoir été baptisé ! Comme mes parents ont été avisés de m'accorder ce baptême dès ma naissance ! Car, de la sorte, cette espèce de "chagrin morbide" qui m'a poursuivi jusqu'à ma conversion, n'avait pas assez de prise sur mon âme pour me conduire au désespoir ou à un quelconque assujetissement au mal. J'étais très malheureux voilà tout. Et c'est à la vision du second baptême du Christ - le baptême de la mort et de la résurrection, que j'ai pleinement découvert l'Amour dont je n'avais cessé d'être l'objet.

Je rends grâce à Dieu, comme déjà ce matin, pour cette compréhension nouvelle et pour ma "filiation" en même temps humaine eux en même temps spirituelle. Il en a été ainsi parce que mes parents, Gabriel et Léa, n'étaient pas seulement de la chair et du sang, mais eux-mêmes nés de Dieu. Sur eux comme sur moi, l'Esprit Saint est descendu pour que se réalise la Parole de l'engendrement, car au baptême je suis moi aussi né d'un "pouvoir de Dieu"...
Image
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Venir derrière Jésus

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,14-20.

Après l'arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait :
« Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »
Passant au bord du lac de Galilée, il vit Simon et son frère André en train de jeter leurs filets : c'étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit : « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. »
Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent. Un peu plus loin, Jésus vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient aussi dans leur barque et préparaient leurs filets. Jésus les appela aussitôt. Alors, laissant dans la barque leur père avec ses ouvriers, ils partirent derrière lui.

J'ai beaucoup aimé les expressions employées par Marc au sujet des vocations de Simon, André, Jacques et Jean. Le règne de Dieu est proche et il faut se convertir. Et donc, ils étaient pêcheurs sur le lac de Galilée, ils seront pêcheurs d'hommes. Pourquoi Marc ne dit-il pas : "Suivez-moi", plutôt que "Passez derrière moi" ? Je crois qu'il signifie ainsi qu'après lui, Jésus, d'autres suivront, et puis d'autres encore. Et tous hommes, dans le monde entier, connaîtront cette expérience, précieuse et riche, de laisser leur activité (leur barque) pour travailler dans une autre barque, avec d'autres filets, au dessein de Dieu. Je note le respect du Seigneur pour le travail spécifique de chacun. Ils étaient pêcheurs et leurs compétences ne seront pas mises à l'écart, comme si des pêcheurs n'étaient bons qu'à prendre du poisson. Ce que je veux dire, c'est que cette mutation dans les oeuvres des hommes, il n'y aura pas seulement des prêtres, des diacres, des moines et des laïcs consacrés. Mais tous les hommes, là où ils sont, travaileront ensemble à l'édification de ce Royaume.

Ainsi, moi qui étais bouquiniste, après avoir cherché un temps un ancrage traditionnel dans l'Eglise après ma conversion, je suis devenu "pécheur d'hommes" en continuant d'exercer ma profession. Beaucoup me connaissent, en ville, comme un "type cool", qui rend des services, écrit des courriers, écoute tout le monde, ne crie jamais. Quelques-uns, mais ils sont peu nombreux savent - parce qu'ils m'ont vu, que je suis catholique pratiquant (et c'est un peu à cause de cela que j'ai eu de nombreux athées venus me démontrer combien la vie est belle quand on demeure sans Dieu). Et en ceci comme dans toutes mes autres activités, je manifeste (j'essaie, en tout cas) qu'il est possible d'être bouquiniste comme un certain Jésus fut charpentier dans Nazareth...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Autorité de Jésus - Le langage de la foi

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,21-28.

Jésus, accompagné de ses disciples, arrive à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit mauvais, qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu. » Jésus l'interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme. » L'esprit mauvais le secoua avec violence et sortit de lui en poussant un grand cri. Saisis de frayeur, tous s'interrogeaient : « Qu'est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. »
Dès lors, sa renommée se répandit dans toute la région de la Galilée.

Jésus parle avec une assurance car aucun scribe, aucun docteur de la Loi, ne peut lui tenir tête. Ce que j'ai trouvé de remarquable dans ce passage, c'est que le démon, espérant peut-être une réaction hostile de la foule, clame d'abord que ce messie n'est autre que le charpentier de Nazareth. Mais aussitôt après, je constate qu'il est contraint d'affirmer: "Tu es le Saint de Dieu !" Il y perd par deux fois, car il est contraint de sortir du possédé. C'est dire la puissance de Jésus et du nom de Jésus.

Au bilan, Marc relève deux oppositions à Jésus : celle des scribes et celle des démons. Ils ont en commun d'agir au nom d'une autre autorité que celle de Jésus. Les démons nuisent au royaume de Dieu, et les scribes ne le soutiennent pas. Aucun ne sert Dieu. Du coup, je m'explique mieux la présence du démoniaque dans la synagogue. Car l'enseignement des scribes lui convient,eux qui endorment la conscience du peuple, plutôt que de le préparer à la venue du Messie.

Cela me rappelle le jour où je me suis opposés ouvertement à un prêtre qui était pourtant un ami. Il avait organisé un barbecue pour les jeues qu'il hébergeait dans sa propre cure - le temps qu'ils se refassent une "santé financière" ou bien qu'ils puissent se réinsérer d'une façon ou 'une autre. Mais dans son petit laüs, il avait employé plusierus fois les mots de "justice et solidarité" et je lui avais demandé en souriant si ce n'était pas un "lapsus" pour "foi et charité" - et puis, il avait cité le mot de Bernanos : "Tout est grâce" - et j'avais levé la main pour replacer la phrase dans son contexte. Ce qui m'exaspérait, c'est, en dépit de toutes sa bonne volonté, mon ami Ronald faisait en sorte de cacher que sa vraie motiiation, celle du prêtre - lie la foi et la charité. (Pourquoi cacher cela : pour faire moderne ?)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Jésus en mission

Message non lu par etienne lorant »

Image
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,29-39.

En quittant la synagogue, Jésus, accompagné de Jacques et de Jean, alla chez Simon et André.
Or, la belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre. Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade.
Jésus s'approcha d'elle, la prit par la main, et il la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades, et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais.
La ville entière se pressait à la porte.
Il guérit toutes sortes de malades, il chassa beaucoup d'esprits mauvais et il les empêchait de parler, parce qu'ils savaient, eux, qui il était.
Le lendemain, bien avant l'aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait.
Simon et ses compagnons se mirent à sa recherche.
Quand ils l'ont trouvé, ils lui disent : « Tout le monde te cherche. »
Mais Jésus leur répond : « Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ; car c'est pour cela que je suis sorti. »
Il parcourut donc toute la Galilée, proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues, et chassant les esprits mauvais.

De tout ce passage, ce qui a retenu mon attention, ce sont les mots qu'emploie Jésus pour expliquer aux disciples qu'il lui leur faut le suivre ailleurs pour proclamer la Bonne Nouvelle."C'est pour cela que je suis sorti", dit-il. Cette formulation va plus loin que s'il avait dit simplement : "C'est pour cette raison que j'ai quitté la ville". En disant : "Je suis sorti", il dévoile également de QUI il est issu et quel est le sens de sa mission. Marc me semble indiquer que les disciples ont trouvé Jésus en prière (et comme je voudrais bien moi-même avoir vu prier Jésus !) et qu'à cet instant, le Seigneur laisse transparaître quelque chose de son lien avec le Père.

Sa mission est effectivement bien commencée et désormais Jésus ne cessera plus d'apparaître et de disparaître, de se montrer puis de se cacher. En procédant ainsi, par tout ce qu'il fait, par son attitude, ses paroles, son humilité, son effacement derrière l'oeuvre du Père qui s'accomplit en lui, Jésus montre comment les disciples devront eux-mêmes se comporter. Le pouvoir de remettre les péchés, de guérir, de chasser les démons ne doit aucunement empêcher de prier, de se recueillir, d'être proche puis de s'écarter, bref, de suivre en toutes choses la volonté de Dieu.

Ce mode de vie est assez aventureux pour laisser tout le monde perplexe et et cela paraît plusieurs fois, lorsque non seulement les chefs des prêtres essaient de s'emparer de lui, mais aussi les foules qui lui sont favorables et qui voudraient bien faire de lui un roi. Donc, Jésus semble ne suivre aucun plan précis - bien qu'en réalité, il sait exactement ce qu'il fait et où il va. A son image, nous devrions tous et toutes demeurer attentifs à ce que l'Esprit nous demande. Vivre en même temps impliqués dans les affaires du monde, mais en même temps d'une manière qui laisse entrevoir autre chose en nous. Cette manière d'être et de vivre, Jésus en fait d'ailleurs l'éloge à Nicodème: "Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit."
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

La foi de confiance en Jésus

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,40-45.

Un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »
A l'instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié.
Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère :
« Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. »
Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu'il n'était plus possible à Jésus d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui.

A peine a-t-il touché cet homme, et c'est homme est purifié. Le lépreux lui avait dit selon sa foi: "Si tu le veux, tu peux", et Jésus lui répond: "Je le veux". Il emploie les mêmes mots et, pour moi, cela veut direqu'il en est des grâces comme il en est des jugements: "La mesure que vous aurez employée pour mesurer autrui, c'est celle-là qui sera employée pour vous". Dans la délivrance aussi bien que dans le jugement. Et n'est-ce pas tout à fait normal ? Si je crois cela, c'est que cette lèpre dont nous avons besoin d'être purifiés, c'est d'abord notre péché. (Voyez la guérison du paralytique: Jésus commence par le délivrer de son péché, et ensuite il lui est "facile" de le prendre par la main et de le faire se lever). Pour être purifiés de beaucoup de nos péchés, tant qu'il est temps, il nous faut donc faire pénitence, je suis bien d'accord - et les épreuves de la vie sont assez nombreuses et variées pour qu'en les supportant sans nous plaindre nous commençions à nous purifier. Mais ce que nous pouvons, mieux encore que d'accomplir des gestes de repentir, c'est prendre soin de nos frères qui souffrent. Si nous pouvons accomplir quelques gestes de miéricorde, cela ne nous coûte souvent qu'un sourire, ou simplement de reconnaître une lumière chez l'autre que nous n'avons pas en nous.

En réalité, je suis persuadé que le lépreux dont il est question dans ce passage avait compris, dans son coeur, que Jésus est vraiment l'envoyé de Dieu, qu'Il est plein d'amour et de miséricorde. Et c'est pourquoi ce malade savait très bien qu'il était inutile de formuler sa demande en attirant l'attention de Jésus sur les plaies de sa chair. Mais au contraire, il exalte Jésus en Lui disant pratiquement: Pour les autres, je sais que c'est impossible, mais pour Toi, Jésus, si tu veux, tu peux ! Cest cette parole de foi qui rend la guérison immédiate. Le centurion romain, qui a un serviteur très malade, a compris lui aussi qu'il n'est pas nécessaire de solliciter une faveur spéciale - à sa place,
qui ne se serait pas servi de son rang, pour demander une faveur ? Mais non, le centurion comme le lépreux a ressenti dans son coeur, qu'il suffit de s'en remettre à la miséricorde de Dieu, d'y croire farouchement et de dire, comme sainte Faustine: "Jésus, j'ai confiance en Toi".
Oh, Seigneur donne-nous cette foi de confiance !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Le complot contre le bien

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3,1-6.

Un jour, Jésus entra dans une synagogue; il y avait là un homme dont la main était paralysée.
On observait Jésus pour voir s'il le guérirait le jour du sabbat ; on pourrait ainsi l'accuser.
Il dit à l'homme qui avait la main paralysée : « Viens te mettre là devant tout le monde. » Et s'adressant aux autres :
« Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de tuer ? » Mais ils se taisaient.
Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l'endurcissement de leurs coeurs, il dit à l'homme : « Étends la main. » Il l'étendit, et sa main redevint normale.
Une fois sortis, les pharisiens se réunirent avec les partisans d'Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr.

Aujourd'hui, je vois moins le miracle de la main paralysée et guérie... que le complot silencieusement orchestré autour de la guérison que Jésus va accomplir : "On observait Jésus pour voir s'il le guérirait le jour du sabbat; on pourrait ainsi l'accuser." Et le Seigneur, qui encore une fois, veut éviter une confrontation directe, va opérer le miracle, mais cette fois sans toucher le malade d'aucune façon. Après l'avoir placé devant tout le monde, il lui dit simplement d'étendre la main et sa main est guérie. Non, Jésus ne joue pas au guérisseur, mais il se préserve ainsi de l'accusation d'avoir "fait" quelque chose le jour du sabbat. On se souvient que, dans un autre passage, un pharisien s'était plaint que les malades ont tous les autres jours de la semaine pour guérir (!!!), mais qu'ils choisissent le jour du sabbat... Quel détournement de sens, quelle inversion des valeurs ! Si le sabbat est un jour à réserver pour Dieu, quelle meilleure façon de fêter Dieu que de faire le bien ce jour-là ! Et Jésus se retourne alors sur l'assemblée, avec un regard de juste colère, mais aussi une profonde affliction de constater, au fond de leur coeur, comme ils se tiennent hors de l'Amour... En effet, lorsqu'ils sortent de la synagogue, ils sont encore plus mauvais qu'avant et cherchent désormais comment le mettre à mort. Jésus leur dira un jour: "J'ai fait beaucoup de bonnes oeuvres devant vous. Pour laquelle voulez-vous me lapider ?"

S'il est bien quelque chose de mauvais, c'est de désirer, préparer et organiser la mort d'un innocent, d'un juste, d'un homme qui, aux yeux de tous, accomplit le bien. Je me demande dans quelle mesure il n'y pas là un péché impardonnable - comme le péché contre l'Esprit. Je me souviens encore de ce mot terrible lancé par le Seigneur aux femmes de Jérusalem : "Si c'est ceci que l'on fait du bois vert, que fera-t-on du bois sec !"
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Jésus, la foule et les démons

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3,7-12.

Jésus se retira avec ses disciples au bord du lac ; et beaucoup de gens, venus de la Galilée, le suivirent ;
et aussi beaucoup de gens de Judée, de Jérusalem, d'Idumée, de Transjordanie, et de la région de Tyr et de Sidon avaient appris tout ce qu'il faisait, et ils vinrent à lui.
Il dit à ses disciples de tenir une barque à sa disposition pour qu'il ne soit pas écrasé par la foule.
Car il avait fait beaucoup de guérisons, si bien que tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher.
Et lorsque les esprits mauvais le voyaient, ils se prosternaient devant lui et criaient : « Tu es le Fils de Dieu ! »
Mais il leur défendait vivement de le faire connaître.

Quel tableau ! Les malades viennent de partout pour trouver Jésus. Pas seulement de son propre pays mais de toutes les contrées voisines. Et, du fait qu'il suffit de le toucher pour être guéri, Jésus risque de se faire écraser. Il prévoit donc de se tenir à proximité du lac afin de pouvoir s'achapper en barque si nécessaire... Ici, bien sûr, le lecteur se pose la question : comment le Seigneur, qui sait tout, qui peut tout, ne peut-Il se prémunir d'un tel incident ? Cet Evangile m'a souvent fasciné, parce qu'il montre clairement que Jéus n'utilise aucun pouvoir pour lui-même, ni pour échapper à un danger, ni même pour se faciliter sa mission. Jésus, vrai Dieu, vrai homme, prend des risques et souffre comme les hommes. Il est bien devenu homme "en toutes choses excepté le péché". Tout son enseignement, lui aussi, entre dans les conditions étroites du langage humain - même si, comme diront les gardiens du temple venus l'arrêter, s'exclameront "Jamais homme n'a parlé comme cet homme !"

En dépit donc de cette humanité assumée entièrement, les démons eux, savent que Jésus est le Christ et - comme le dit saint Paul dans l'Epître aux Philippiens, chapitre 2 : "Dieu l'a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms,
afin qu'au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l'abîme, tout être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », pour la gloire de Dieu le Père". Les esprits mauvais décrits dans ce passage se prosternent devant Lui dès qu'ils le voient, ils sont obligés, ils ne peuvent faire autrement et leur exclamation "Tu es le Fils de Dieu !" est la simple vérité. De manière frappante, ce que font les démons ici nous renvoient à la victoire de Jéus durant sa tentation au désert: "Le démon l'emmène encore sur une très haute montagne et lui fait voir tous les royaumes du monde avec leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes pour m'adorer ». Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C'est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, et c'est lui seul que tu adoreras ».

J'ai donc écrit "Quel tableau !", car encore une fois, ce qui se passe de "visible" dans l'Evangile n'est jamais très loin de ce qui se passe dans l'invisible. Je crois que si nous en avions une idée plus claire, nous ne songerions même pas à retarder notre conversion en prêtant une quelconque attention à tous les "prophètes de fin du monde", car tout a déjà été dit.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

L'institution des douze et la nôtre

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3,13-19.
Jésus gravit la montagne, et il appela ceux qu'il voulait. Ils vinrent auprès de lui,
et il en institua douze pour qu'ils soient avec lui, et pour les envoyer prêcher
avec le pouvoir de chasser les esprits mauvais.
Donc, il institua les Douze : Pierre (c'est le nom qu'il donna à Simon),
Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques (il leur donna le nom de « Boanerguès », c'est-à-dire : « Fils du tonnerre » ),
André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d'Alphée, Thaddée, Simon le Zélote,
et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.

Jésus gravit la montagne... car la montagne est le lieu de la rencontre avec Dieu - comme ce fut le cas pour Moïse. Jésus a donc pris le temps de la prière avant de faire venir les douze auprès de lui. Il s'est donc passé un temps où C'est donc depuis cette hauteur que Jésus appelle à lui les douze et qu'il les "institue pour qu'ils soient avec lui". Je me suis arrêté ici dès le verbe "instituer" en me demandant ce que Marc a voulu dire par là... On institue des personnes à différentes charges et de manière durable. Et donc, c'est ce que Jésus fait également.

Mais Marc répète et insiste: "Donc, il institua les douze". J'en déduis que leur première charge, la plus importante part de leur fonction, c'est de demeurer avec le Seigneur et d'apprendre de Lui. C'est déjà beaucoup et c'est essentiel car, dans la foi, l'action tournée vers le monde découle directement de l'adhésion à la volonté divine. (Ainsi, il ne serait pas possible pour un homme d'aimer son prochain "comme lui-même" sans d'abord aimer Dieu "de tout son coeur, de toute son âme et de toute ses forces".) Voilà qui m'explique pourquoi Simon doit devenir Pierre, et pourquoi Jacques et Jean sont aussi appelés Fils du tonnerre : chacun a été appelé par son nom mais, du fait de l'appel par Jésus, leurs noms recouvrent une autre réalité, un autre état de l'être. Est-ce vraiment si étonnant ? De la même manière, lorsque j'ai dû choisir un pseudonyme pour écrire sur le net, je suis passé de mon premier prénom à mon second, j'ai tâtonné longtemps entre "boisvert", "chétifinsecte" et autres, avant d'adopter Etienne Lorant - et ce dernier pseudonyme correspond, j'en suis sûr, à une volonté de Dieu. Les religieux aussi reçoivent un nom qui n'est plus celui de leur baptême, mais qui devient celui de leur vocation particulière.

Après cette institution pour être avec le Seigneur, les disciples reçoivent leur mission de prêcher, qui est accompagnée du pouvoir de chasser les esprits mauvais. En y songeant beaucoup, je me suis rendu compte que de la mission de prêcher découle aussi ce pouvoir de chasser les esprits mauvais. En effet, de même que la Parole est entrée dans le monde pour luire dans les ténèbres, de même les disciples , à la suite du Christ reçoive une part de ce pouvoir. Je voudrais ajouter: nous aussi ! Nous aussi avons reçu un pouvoir - que nous ignorons nous-même le plus souvent de chasser de mauvais esprit en vivant, en parlant, en agissant selon les talents que le Seigneur nous a donnés. Je termine cette méditation par les mots du Notre Père qui qualifient le mieux la mission : "Notre Père... que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel !"
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Jésus hors de lui

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3,20-21.

Jésus entre dans une maison, où de nouveau la foule se rassemble, si bien qu'il n'était pas possible de manger.
Sa famille, l'apprenant, vint pour se saisir de lui, car ils affirmaient : « Il a perdu la tête. »

Jésus est redescendu de la montagne où il a institué les douze, et il reprend la prédication avec les signes qui l'accompagnent. Jésus semble avoir perdu la tête - ou bien, comme le dit un autre évangile: "Il était hors de lui"... et sa famille ("les siens" dans un autre texte) sont effrayés de ce qui se passe. Jésus doit être fatigué et affamé, mais il a tant à dire encore ! Je crois qu'à ce moment, le Christ, le Verbe, aurait bien voulu sortir de cette camisole de chair qui le retenait de pouvoir se donner à tous et à toutes en même temps - ce qu'il accomplira plus tard, de toute façon. Il n'est donc pas "hors de lui", mais il voudrait l'être. Et s'il a perdu la tête, c'est seulement là une expression humaine, pour dire que ses proches craignent pour sa vie.

Je crois que ce passage explique aussi ce que le Seigneur dira aux disciples avant sa Passion: Saint Jean 16, 5-11: : « Je m’en vais maintenant vers celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande : « Où vas-tu ? » Mais, parce que je vous ai parlé ainsi, votre cœur est plein de tristesse. Pourtant, je vous dis la vérité : c’est votre intérêt que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas à vous ; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai".

En effet, aussi longtemps que le Christ demeure dans son corps de chair, son oeuvre sera limitée par les contraintes de la chair. Même s'il avait été équipé de tous nos matériels de communication sophistiqués, il n'eût été possible à l'humanité tout entière de le rencontrer. Cette expérience intime, de rencontre et de relèvement, n'a été possible que pour ceux qui ont rencontré le Christ "historique". Mais l'envoi de l'Esprit-Saint permet à tout homme où qu'il soit et quoi qu'il vive de rencontrer le Seigneur peut-être mieux qu'au temps de son incarnation. Toutes les personnes qui ont vécu une expérience de conversion peuvent en témoigner.

Dans ces deux lignes d'Evangile, comme on ressent le désir de Dieu de venir à nous pour nous "rassembler sous ses ailes" comme une poule fait de ses poussins, que l'Amour a hâte de se donner ! J'en vivre de bonheur...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

N'ayez pas peur !

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,1-4.4,14-21.

Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,
tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le début, furent les témoins oculaires et sont devenus les serviteurs de la Parole.
C'est pourquoi j'ai décidé, moi aussi, après m'être informé soigneusement de tout depuis les origines, d'en écrire pour toi, cher Théophile, un exposé suivi,
afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus.
Lorsque Jésus, avec la puissance de l'Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région.
Il enseignait dans les synagogues des Juifs, et tout le monde faisait son éloge.
Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l'habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.
On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération,
annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »

De cette longue lecture, qui m'a surpris un peu car j'avais pris goût à la concision des textes de saint Marc, je ne retiens que la dernière ligne, car elle contient en elle tout ce en quoi je crois. Je crois que le Verbe fut de toute éternité, je crois qu'il s'est incarné en Jésus-Christ, et je crois qu'encore aujourd'hui, en janvier 2010, l'Ecriture s'accomplit. C'est nous qui sommes soumis au temps, c'est nous qui avons changé la façon de compter les années en faisant coïncider l'an 1 avec la première venue du Christ. Mais le Christ, Lui, échappe tout à fait à ces références et au calcul du temps tel que nous l'avons adopté par convention. Mais quand Il se désigne lui-même, le Christ dit: "Je suis l'Alpha et l'Omega, le commencement et la fin" et encore: "Je suis celui qui est, qui était et qui vient".

Et donc, lorsque je me rends à l'Eglise le dimanche, comme les juifs de Nazareth se rendaient à la synagogue, je sais que je vais à la rencontre du Vivant, je sais qu'aujourd'hui s'accomplissent les Ecritures. C'est bien aujourd'hu que le Seigneur qu'Il me dit : L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur." On me répondra: "Tu es fou, tu as vu l'état de ce monde et tu crois que le Christ est parmi nous !?!" C'est exactement la façon dont ont réagi les auditeurs de Nazareth. "C'est un scandale, un fils de charpentier ! Il faut l'empêcher de toucher les Ecritures !"

Si Jésus n'a pas été cru par les hommes, ni au début de sa mission, ni en mourant et en ressuscitant des morts, pourquoi me croirait-on ? Mais qu'y puis-je, que dirai-je pour ma défense ? Cette Parole m'a atteint au plus profond de mon être, et elle y demeure. J'attendais cette Nouvelle, je sais que ma prison de chair ne peut indéfiniment retenir mon âme touchée par cette Parole. J'étais un aveugle et à présent je vois, je fus un homme que le monde écrasait de son poids immense de raison mais je suis libre et les grâces que Dieu multiplie, je témoigne de ce qu'elles me nourrissent constamment la pour la vie éternelle...

Pourquoi les chrétiens ne seraient-ils pas haïs, détestés, moqués et persécutés dans tous les siècles ? C'est à cause même de cette Parole éternelle: le monde s'épuise à la faire taire. Si ceux qui croient au Christ ont raison, alors c'est la fin de l'argent, du pouvoir, de la puissance. Si les chrétiens ont raison, alors le monde doit faire pénitence, rentrer en lui-même et revenir vers Dieu. S'ils ont haï le maître, comment ne haïraient-ils pas les serviteurs ?

Mais demeurons dans la Paix du Christ. Comme disait le Pape Jean-Paul II dans son discours d'intronisation: " N’ayez pas peur ! N'ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter son pouvoir ! N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! » Ouvrez les portes à sa puissance de Salut, à sa puissance qui nous libère du mal, du péché et de la souffrance !"
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Allez !

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus ressucité dit aux onze Apôtres : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création.
Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils chasseront les esprits mauvais ; ils parleront un langage nouveau ;
ils prendront des serpents dans leurs mains, et, s'ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s'en trouveront bien. »
Jésus ressuscité dit aux onze Apôtres : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création.

Ceux qui deviendront croyants, cités dans ce passage, ce sont aussi vous et moi. Et donc nous avons chacun(e) obtenu des signes qui nous accompagnent. Tous ces dons nous sont particuliers et ils évoluent dans le temps. Est-ce que je chasse les esprits mauvais ? Oh, oui, je n'arrête pas ! La derni!ère fois qu'une relation m'a dit: "J'ai vu entrer Dominique chez son ex, tromper sa femme comme çà, qu'est-ce que tu en dis ?", j'ai répondu que je ne pouvais absolument rien en dire, puisque je n'étais pas entré dans la maison derrière eux. Je me souviens aussi du jour où un client m'a traité d'idiot congénital, je lui ai répondu: "Pardon, con comment ?" Dans la plupart des cas, il s'agit d'esquiver une parole blessante afin de ne pas être tenté de la renvoyer aussi vite. Est-ce que je parle un langage nouveau ? Je réponds: à vous de me dire si mon langage est neuf, puisque je parle comme j'écris, depuis... 2003. Mais je note, d'une année à l'autre, des changements subitls ou plus "radicaux" en fonction de mon vécu et de tout ce qui se passe autour de moi. Est-ce que j'ai pris des serpents dans les mains ? Oui, si j'associe les serpents aux mensonges et aux ruses dont on s'est servi pour tenter de me voler, c'est vrai, je sais reconnaître les serpents à leurs manières sinueuses. Est-ce que j'ai bu des poisons mortels ? Et comment ! Je suis un converti, c'est-à-dire que je reviens de loin ! Et enfin, quant à imposer les mains aux malades, je l'ai déjà fait pour des proches : mon défunt père, lorsqu'il se couchait à la fin d'une Nième longue journée sans but, à remuer Dieu sait quels souvenirs, avait ses yeux si anxieux qu'il semblaient devoir sortir de leurs orbites... C'était dur pour moi, quelle compassion ! Un sentiment qui fait mal de ne pouvoir prendre sur soi la souffrance de l'autre : je m'asseyais, je le bénissais sur son front, je lui racontais une partie de ma journée et je le voyais, progressivement, passer de l'agitation à la résignation, et comme je m'en allais, ils me disais, plusieurs fois: "Merci, merci, merci..."

Quant à la finale: "Allez dans le monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création"... J'ai eu la chance de rassurer une américaine, qui m'a logé chez elle en Caroline du Sud en 1980. Elle portait en elle un poids terrible comme un secret enfoui dans une cave ou un grenier. Elle le n'avait jamais évoqué dans sa correspondance: durant son passage à l'université, son ami l'avait obligée d'avorter - pour des raisons économiques. Mais la Caroline du Sud n'ayant pas adopté l'avortement, il lui avait fallu suivre son amant jusqu'en Géorgie, revenir deux jours plus tard, et reprendre les études comme si rien ne s'était passé. Or, selon sa croyance évangélique baptiste : "Puisque j'ai pris une vie, Dieu prendra la mienne, car c'est la justice !" Eh bien, déjà à cette époque, je lui ai exposé le combat qui oppose Dieu à Lui-même entre Justice et Miséricorde. Au bout de quelques relectures de l'Evangile, elle a été convaincue... un soir dans les larmes. Par la suite, elle a eu un fils, qu'elle a appelé Daniel.

A présent, plus besoin de voyager pour proclamer la Bonne Nouvelle, puisque celle-ci voyage librement sur internet ! Ceux qui possèdent cet instrument puissant - que je n'ai vraiment commencé à utiliser qu'en 2001, ne doivent pas douter de son utilité pour l'évangélisation - quelle que soient les dérives auxquelles se livrent certains (le démon est partout, et il ne serait pas sur internet ?) Je suis un chrétien heureux...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Jésus et sa mère

Message non lu par etienne lorant »

« Voici ma mère et mes frères.
Celui qui fait la volonté de Dieu,
celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère. »(Mt 11, 25 )

Combien de fois n'ai-je pas entendu que Jésus avait une attitude hautaine et distante à l'égard de sa mère, aussi bien qu'envers le reste de sa famille "putative" - si je puis m'exprimer ainsi ? Mais en réalité, Marie toute consacrée à Dieu est la plus proche de Jésus que nul n'a jamais été ni ne sera sur la terre. Et Jésus, par les mots que je cite, lui rend hommage. Il lui dit : "Toi ma mère, je te considère encore plus que ma mère, mais comme premier disciple" - ce qui se confirmera dans l'avenir par la multitude des titres que les fidèles lui ont octroyé - qu'on en juge d'après les Litanies :

Mère de Jésus, l’Emmanuel, priez pour nous
Mère de Jésus, le Sauveur, priez pour nous
Mère de Jésus, le Seigneur, priez pour nous
Mère conçue sans péché, priez pour nous
Mère de la lumière, priez pour nous
Mère de la vie, priez pour nous

Mère de l’amour, priez pour nous
Mère de la miséricorde, priez pour nous
Mère de l’espérance, priez pour nous
Mère de l’Eglise, priez pour nous
Mère de tous les hommes, priez pour nous
Mère bénie entre toutes les mères, priez pour nous

Vierge comblée de grâce, priez pour nous
Vierge toute sainte, priez pour nous
Vierge très humble, priez pour nous
Vierge très pauvre, priez pour nous
Vierge très pure, priez pour nous
Vierge accueillante à la Parole, priez pour nous

Vierge croyante, priez pour nous
Vierge obéissante, priez pour nous
Vierge priante, priez pour nous
Vierge souffrante, priez pour nous
Vierge exultante, priez pour nous
Vierge bénie entre toutes les vierges, priez pour nous

Eve nouvelle, priez pour nous
Fille de Sion, priez pour nous
Héritière de la promesse, priez pour nous
Servante du Seigneur, priez pour nous
Arche de l’Alliance, priez pour nous
Cité de Dieu, priez pour nous

Demeure de la Sagesse, priez pour nous
Temple de l’Esprit Saint, priez pour nous
Etoile du matin, priez pour nous
Porte du ciel, priez pour nous
Splendeur de la création, priez pour nous
Femme bénie entre toutes les femmes, priez pour nous

Médiatrice de grâce, priez pour nous
Dispensatrice de la paix, priez pour nous
Soutien des ministres du Seigneur, priez pour nous
Guide des consacrés, priez pour nous
Modèle des épouses, priez pour nous
Protectrice des familles, priez pour nous

Secours des chrétiens, priez pour nous
Consolatrice de ceux qui pleurent, priez pour nous
Avocate des opprimés, priez pour nous
Salut des malades, priez pour nous
Refuge des pécheurs, priez pour nous
Joie de tous les enfants de Dieu, priez pour nous

Reine élevée au ciel, priez pour nous
Reine des Anges, priez pour nous
Reine des Patriarches, priez pour nous
Reine des prophètes, priez pour nous
Reine des apôtres, priez pour nous
Reine des martyrs, priez pour nous

Reine des pasteurs, priez pour nous
Reine des docteurs, priez pour nous
Reine des vierges, priez pour nous
Reine des fidèles, priez pour nous
Reine de tous les saints, priez pour nous
Reine du monde à venir, priez pour nous

Notre Dame de la Prière, apprenez-nous à prier
Notre Dame du bel Amour, apprenez-nous à aimer
Notre Dame du Magnificat, apprenez-nous à louer
etc.

et si vous m'avez lu jusqu'ici, même les athées viennent de prier :clap: :clap: :clap:
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Malheur à moi si je n'annonce pas l'Evangile

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 4,21-25.
Jésus disait encore à ses disciples cette parabole : « Est-ce que la lampe vient pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ? N'est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ?
Car rien n'est caché, sinon pour être manifesté ; rien n'a été gardé secret, sinon pour venir au grand jour.
Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! »
Il leur disait encore : « Faites attention à ce que vous entendez ! La mesure dont vous vous servez servira aussi pour vous, et vous aurez encore plus.
Car celui qui a recevra encore ; mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a. »

Prenez garde à ce que vous entendez, insiste encore Jésus après avoir averti "Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende !" La lampe, c'est la Lumière par laquelle nous avons été justifiés. Comme dit saint Jean, au chapitre 3 : Et le Jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises.
En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne lui soient reprochées ; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu. »

Si nous sommes du nombre de ceux qui sont venus à la lumière, dont les yeux se sont ouverts et qui ont cru... alors prenons garde de ne pas dissimuler cette admirable et adorable et ineffable Lumière. Il nous est interdit de la garder pour nous-mêmes pour notre propre réjouissement. La Lumière est faite pour éclairer et doit donc être posée sur le lampadaire ! Que tous puissent la voir, que tous aient l'occasion de participer au discernement qu'opère la Lumière en chacun et dont tous ont besoin. Ainsi, nous avons vraiment reçu beaucoup d'amour en accueillant la Parole dans nos coeurs et dans nos vies - mais si nous avons la prétention de songer qu'autrui n'en est pas digne, quel malheur ! Car il viendra un jour où nous devrons rendre des comptes: si nous avons été débonnaires à cause de la grâce qui nous a été faite, quel sera notre bonheur "par surcroît !" dans le Royaume ! Mais si nous avons été avares d'amour, de joie, de paix, de miséricorde envers autrui, alors même le peu que nous aurons gardé pour nous-mêmes, il nous le sera retiré.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Le grain dans la bonne terre

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 4,26-34.

Parlant à la foule en paraboles, Jésus disait : « Il en est du règne de Dieu comme d'un homme qui jette le grain dans son champ :
nuit et jour, qu'il dorme ou qu'il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment.
D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, enfin du blé plein l'épi.
Et dès que le grain le permet, on y met la faucille, car c'est le temps de la moisson. »

Dès que le grain est tombé dans la bonne terre, il lève. C'est sans doute curieux, mais je me dis que l'homme de la parabole, c'est lui le champ. Il s'est converti. Bien qu'il demeure pécheur, l'Amour qu'il a découvert est en lui et va changer son être et sa vie. Cela paraît incroyable pour ceux qui pensent qu'ils ont le contrôle de tout ce qui les touche (alors qu'en réalité, il n'existe qu'une vraie liberté, et c'est d'adhérer au dessein du Seigneur).

En tout cas, je connais un homme qui a "levé" ainsi. Lorsqu'un jour il a voulu savoir comment il a fini par s'engager dans l'Eglise au service du Christ, il constate que les choses se sont enclenchées et se sont entraînées l'une l'autre sans qu'il puisse entrer dans le détail. Comment ce livre, qui l'a tant marqué, est-il arrivé entre ses mains ? Comment les contrariétés dans son travail, plutôt que de l'abattre, lui ont permis de se tirer d'un mauvais pas ? Et cet accident de voiture, qui l'a laissé intact, mais qui lui a permis de rencontrer un prêtre - lequel lui a fait découvrir sa vocation ? Il peut se remémorer les étapes, mais il ne sait pas dire "comment çà fonctionne". Et puis, il réalise que dans son quotidien, désormais, il ne peut jamais s'empêcher de voir dans la rue qui est malheureux, et qui ne l'est pas. Qui souffre et qui ne souffre pas. Sans formuler aucune parole, il plaint le malheureux et celui qui souffre. Souvent, très discrètement, il leur adresse un tout petit signe de croix qui est déjà prière. Il rend des services auxquels il ne songeait pas du tout quelques instants avant d'avoir retroussé ses manches. Tout semble aller de soi et pourtant il est devenu complètement "autre", ce qui apparaît en certaines occasions, lorsque les autres le poussent à témoigner.

Voici la vie de beaucoup de fidèles. Ce qu'il faudrait souligner, il me semble, c'est que quiconque a rencontré le Christ un jour, devient un autre homme dans la même chair. Je dirais aussi mon impression: une fois que j'ai ouvert la porte au Christ, le temps a commencé de passer très, très vite, tout simplement parce que je ne me suis plus posé de questions. Les choses, toutes les choses bonnes de la vie sont venues vers moi et j'oublie facilement les circonstances difficiles. En fait, je peux dire que, voilà, j'étais un égaré qui tournait en rond dans un désert; à présent, je peux déjà entrevoir le bout de cette route sur lequel le Seigneur m'a placé.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Le monde du mal

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 5,1-20.

Jésus et ses disciples arrivèrent sur l'autre rive du lac, dans le pays de Géraséniens. Comme Jésus descendait de la barque, aussitôt un homme possédé d'un esprit mauvais sortit du cimetière à sa rencontre ; il habitait dans les tombeaux et personne ne pouvait plus l'attacher, même avec une chaîne ; en effet on l'avait souvent attaché avec des fers aux pieds et des chaînes, mais il avait rompu les chaînes, brisé les fers, et personne ne pouvait le maîtriser. Sans arrêt, nuit et jour, il était parmi les tombeaux et sur les collines, à crier, et à se blesser avec des pierres. Voyant Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui et cria de toutes ses forces :
« Que me veux-tu, Jésus, Fils du Dieu très-haut ? Je t'adjure par Dieu, ne me fais pas souffrir ! »
Jésus lui disait en effet : « Esprit mauvais, sors de cet homme ! » Et il lui demandait : « Quel est ton nom ? » L'homme lui répond : « Je m'appelle Légion, car nous sommes beaucoup. »Et ils suppliaient Jésus avec insistance de ne pas les chasser en dehors du pays.
Or, il y avait là, du côté de la colline, un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Alors, les esprits mauvais supplièrent Jésus : « Envoie-nous vers ces porcs, et nous entrerons en eux. »
Il le leur permit. Alors ils sortirent de l'homme et entrèrent dans les porcs. Du haut de la falaise, le troupeau se précipita dans la mer : il y avait environ deux mille porcs, et ils s'étouffaient dans la mer.
Ceux qui les gardaient prirent la fuite, ils annoncèrent la nouvelle dans la ville et dans la campagne, et les gens vinrent voir ce qui s'était passé. Arrivés auprès de Jésus, ils voient le possédé assis, habillé, et devenu raisonnable, lui qui avait eu la légion de démons, et ils furent saisis de crainte. Les témoins leur racontèrent l'aventure du possédé et l'affaire des porcs. Alors ils se mirent à supplier Jésus de partir de leur région. Comme Jésus remontait dans la barque, le possédé le suppliait de pouvoir être avec lui.
Il n'y consentit pas, mais il lui dit : « Rentre chez toi, auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. » Alors cet homme s'en alla, il se mit à proclamer dans la région de la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui, et tout le monde était dans l'admiration.

Ne dirait-on pas un film d'horreur ? Un homme qui vit dans les cimetières, couche dans les tombeaux, doué d'une telle force qu'aucune chaîne ne peut le retenir. Il est possédé par tant de démons que lorsque Jésus les chasse, un troupeau de porcs de deux mille têtes suffit à peine pour les "héberger" tous. Et pas un seul de ses porcs ne supporte la présence maléfique en lui: tous vont se jeter dans la mer du haut d'une falaise. Pour cette fois, Marc n'a pas été avare de mots pour raconter cette scène - c'est qu'elle a dû le frapper beaucoup.
Et avec lui, je me pose la question: le mal est donc si puissant ? Comment un être humain peut-il à ce point être avili ? Il n'empêche qu'avec autorité, Jésus remet tout en ordre, l'homme est sauvé et le Seigneur l'envoie témoigner de la bonté de Dieu.

Lorsque je lis ce passage, je trouve normal de songer aux films d'horreur, mais aussi aux tueurs en série, aussi bien qu'aux assassins d'Hitler - sans oublier ceux de Staline... Et je sais très bien que ceux qui nient le Christ s'appuient sur de tels faits pour asseoir leur conviction de la non-existence de Dieu. Il y a un mystère du mal à l'oeuvre dans le monde. A ce sujet, j'ai deux références. La première est de Bernanos, qui a exploré cette question toute sa vie. Cela ne fait pas de tort de le retrouver encore:

- "La haine de Dieu me fait toujours penser à la possession. « Alors le diable s’empara de lui (Judas). » Oui, à la possession, à la folie. Au lieu qu’une certaine crainte sournoise du divin, cette fuite oblique le long de la Vie, comme à l’ombre étroite d’un mur, tandis que la lumière ruisselle de toutes parts… Je pense aux bêtes misérables qui se traînent jusqu’à leur trou après avoir servi aux jeux cruels des enfants. La curiosité féroce des démons, leur épouvantable sollicitude pour l’homme, est tellement plus mystérieuse… Ah! Si nous pouvions voir, avec les yeux de l’Ange, ces créatures mutilées! "

et encore ici : "« Car Satan est un maître trop dur: ce n’est pas ui qui ordonnerait, comme l’Autre, avec sa simplicité divine: Imitez-moi! Il ne souffre pas que ses victimes lui ressemblent, il ne leur permet qu’une caricature grossière, abjecte, impuissante, dont se doit régaler, sans jamais s’en assouvir, la féroce ironie de l’abîme.
Le monde du Mal échappe tellement, en somme, à la prise de notre esprit! D’ailleurs, je ne réussis pas toujours à l’imaginer comme un monde, un univers. Il est, il ne sera toujours qu’une ébauche, l’ébauche d’une création hideuse, avortée, à l’extrême limite de l’être. Je pense à ces poches flasques et translucides de la mer. Qu’importe au monstre un criminel de plus ou de moins! Il dévore sur-le-champ son crime, l’incorpore à son épouvantable substance, le digère sans sortir un moment de son effrayante, de son éternelle immobilité. Mais l’historien, le moraliste, le philosophe même, ne veulent voir que le criminel, ils refont le mal à l’image et à la ressemblance de l’homme. Ils ne se forment aucune idée du mal lui-même, cette énorme aspiration du vide, du néant. Car si notre espèce doit périr, elle périra de dégoût, d’ennui. La personne humaine aura été lentement rongée, comme une poutre par ces champignons invisibles qui, en quelques seimaines, font d’une pièce de chêne une matière spongieuse que le doigt crève sans effort. Et le moraliste discutera des passions, l’homme d’Etat multipliera les gendarmes et les fonctionnaires, l’éducateur rédigera des programmes – on gaspillera des trésors pour travailler inutilement une pâte désormais sans levain."

N'est-ce pas tout aussi effrayant que le texte de l'Evangile d'aujourd'hui ? Heureusement, il y a cette analyse du Pape Benoît XVI, qui remet les choses en place:

Le fait de la puissance du mal dans le coeur humain et dans l'histoire de l'humanité est indéniable. La question demeure : comment expliquer ce mal ?... La foi nous dit : il existe deux mystères de lumière et un mystère de nuit, lequel pourtant est enveloppé par les mystères de lumière. Le premier mystère de lumière est celui-ci : la foi nous dit qu'il n'y a pas deux principes, un bon et un mauvais, mais un seul principe, le Dieu créateur, et ce principe est bon, seulement bon, sans ombre de mal. C'est pourquoi l'être non plus n'est pas un mélange de bien et de mal : l'être comme tel est bon, et donc il est bon d'être, il est bon de vivre. Telle est l'heureuse annonce de la foi : il n'y a qu'une source, bonne, le Créateur...

Puis vient un mystère d'obscurité, de nuit. Le mal ne vient pas de la source de l'être lui-même, il n'est pas également originel. Le mal vient d'une liberté créée, d'une liberté mal utilisée. Comment cela a-t-il été possible ? Comment cela s'est-il produit ? Les choses restent obscures. Le mal n'est pas logique. Seuls Dieu et le bien sont logiques, sont lumière. Le mal reste mystérieux... Nous pouvons deviner, mais non pas expliquer ; on ne peut le raconter comme un fait qui en suit un autre, parce qu'il s'agit d'une réalité plus profonde. Demeure un mystère d'obscurité, de nuit.

Mais s'y ajoute tout de suite un mystère de lumière. Le mal vient d'une source subordonnée. Dieu est plus fort avec sa lumière. C'est pourquoi le mal peut-être surmonté. Donc, la créature, l'homme, peut être guéri... Si bien que finalement, en dernier lieu, nous voyons que l'homme non seulement peut-être guéri, mais que, effectivement, il est guéri. Dieu a introduit la guérison. Il est entré en personne dans l'histoire. A la source permanente du mal il a opposé la source du bien pur. Le Christ crucifié et ressuscité, nouvel Adam, oppose au fleuve pollué du mal un fleuve de lumière. Et ce fleuve est présent dans l'histoire : regardons les saints, les grands saints mais aussi les humbles saints, les simples fidèles, et nous voyons que le fleuve de lumière qui vient du Christ est présent, qu'il est puissant. (Audience générale du 03/12/08)


Et je vous laisse, sans autre commentaire, cette photo prise à Haïti (merci à S !)

Image
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 2 invités