Alors la Sainte Messe en latin ou en français ?

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VexillumRegis
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Domy a écrit :Si le latin est la langue maternelle de l'Eglise, elle ne l'est pas des fidèles qui doivent comprendre ce qu'on dit à la messe, car la messe n'est pas un spectacle, mais un repas où l'on mange le corps du Christ.
La Sainte Messe est avant tout la représentation (au sens propre : qui rend présent) sacramentelle du Sacrifice du Calvaire. Le repas (les noces de l'Agneau) n'étant que le moyen de nous approprier les bienfaits du Sacrifice vivifiant de la croix glorieuse.

Que les fidèles comprennent ou ne comprennent pas les textes latins lors de la Messe (et il est facile de les comprendre si l'on y met un peu de bonne volonté), cela ne retire rien à l'objectivité du renouvellement non sanglant du sacrifice de la croix qui est le propre du Sacrement eucharistique.
Domy a écrit :La messe, on y va car on y est invité par le Christ, en tant que fidèles, pas pour écouter la musicalité du latin, mais les enseignements de l'Eglise à travers les trois lectures et l'homélie du prêtre.
Il est bien évident que les lectures et l'homélie doivent être en français.

Pour le reste, c'est-à-dire le coeur de la Sainte Messe, il ne s'agit pas d'enseignement, mais de mystère ; et il ne fait guère de doute que le latin est plus propre à nous faire entrer dans ce mystère que le français.

Mais il est vrai aussi que le problème se situe aussi au niveau des traductions françaises du Missel, qui sont très mauvaises, et même parfois fautives.

En Christ,

- VR -[/align]
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François-Xavier
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Bonjour à tous, pour mon premier message sur ce forum.

Je crois qu'il y a quelquechose de fondamentalement faux dans ce débat sur la messe en français ou en Latin. Ce qui est certain, c'est que ce n'est pas une question de préférence. Lorsque Benoît XVI célèvre la messe d'intronisation du pontife romain, il ne se pose pas la question de savoir si ce sera ou non en latin. C'est évidemment en latin, parce que c'est la langue de la liturgie romaine et qu'il est évêque de Rome. Et cela n'a rien à voir avec un rejet du Concile ou une préférence subjective. Il prend la liturgie qui lui est donnée par l'Eglise et l'applique, comme un donné, - que dis-je ? - un trésor précieux dont il vaut profiter complètement.

La prière de l'Eglise (attention : je parle de la prière de l'Eglise, pas de la prière personnnelle) est donnée en latin, puis adaptée, pour des raisons pastorales (pas forcément des raisons liturgiques en tant que telles) dans les langues courantes. L'adaptation n'est pas toujours heureuse, et éloigne quelquefois de façon très forte de la nature de la liturgie (romaine, pour nous en europe occidentale).

Je suis persuadé que pourque dans la vie liturgique, il s'agit de vivre au même rythme que l'Eglise, et donc utiliser les mots de l'Eglise pour son époux le Christ. Si l'on s'intéresse de façon sérieuseà la liturgie, c'est à dire tout simplement à la spiritualité de l'Eglise, il faut connaître la messe en latin, et l'aimer. Et cela n'a rien à voir avec un attachement pour la liturgie d'avant le Concile. Le missel de 1962 n'est plus en usage dans l'Eglise, il n'y a pas plus de raisons que cela de ne plus l'utiliser. Benoît XVI quand il était cardinal rappelait bien qu'il a des richesses qu'on auraît tort de ne pas connaître et il a raison. Mais c'est le missel de 2002 qui est aujourd'hui le missel du pape, pas un autre.

Il y a une bonne partie d'idéologie dans ce débat pour ou contre le latin. Mettons-nous bien d'accord : le latin n'ajoute rien au sacrement, il n'y a aucun doute. Mais le latin aide (et oui !) à entrer dans une relation d'objectivité vis à vis de la Prière de l'Eglise. Que les textes de l'Ecriture soient lus en langue courante c'est une bonne chose. On ne doit pas cependant oublier que pour les cérémonies papales à Rome l'Evangile est chanté (!) en latin et en grec.

Je reviens d'une semaine à Saint Raphaël, avec la communauté Saint Martin. Un plongeon dans la liturgie latine, sans complexe et sans idéologie (c'est à dire avec les livres liturgiques actuels, sans nostalgie !). Et bien on entre dans autre chose que le rationnnel d'une part (l'intelligibilité immédiate) ou dans le sensible d'autre part (via la musique ou les chants rythmés de façon contemporaine). On entre dans le mystère, tout simplement. Et c'est une fonction essentielle de la liturgie : être présent, de nouveau, au pied de la croix. Et je dois vous dire qu'on ne s'en lasse pas...

L'important n'est pas de comprendre (immédiatement) les mots, mais de savoir ce que l'on fait. La langue courante peut avoir une valeur pédagogique, pour initier petit à petit les gens au sens de la messe. Mais dès que l'on a envie d'approfondir, de faire l'effort d'entrer dans cet "esprit de la liturgie" (pour reprendre le titre bien connu d'un livre de notre pape sur le sujet), le latin, et avec lui, le chant grégorien, se révèlent être des étapes indispensables.

A bientôt.
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VexillumRegis
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Re: Je vote latin !

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François-Xavier a écrit :Je reviens d'une semaine à Saint Raphaël, avec la communauté Saint Martin.
C'est ma paroisse !

Malheureusement je n'ai pas pu assisté à la Messe de l'Assomption, enrichie par le présence de la Schola Saint-Maur, de laquelle vous faites partie, je suppose.

:)

En Christ,

- VR -[/align]
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François-Xavier
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Bonne déduction !

Message non lu par François-Xavier »

Nous avons chanté la messe de la vigile du 15 août, mais aussi deux messes du jour, dont celle de 18.00, entièrement en latin. Il y avait 600 personnes dans la basilique, les gens étaient debout derrière par manque de place.... Ca laisse rêveur.

Vous avez bien de la chance d'être de cette paroisse... Et l'ambiance est tout sauf ouest parisienne guindée. On sent la force d'une liturgie populaire mais juste et bonne. On rêverait d'avoir la communauté Saint Martin en région parisienne...

Nous avons essayé de participer le plus possible à la liturgie pendant une semaine (laudes, messe, vêpres, complies, et même office des lectures / vigiles / matines), et ça a été, je crois, profitable pour tous ! Je crois que nous essaierons de revenir...
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Message non lu par jean_droit »

Bonjour à tous !
Je viens de recevoir un message d’un ami qui a fait un stage à Saint Raphaël et qui est dithyrambique sur la communauté Saint Martin.
Lors de mon pèlerinage à Lourdes je me suis inquiété de savoir s’il y avait des messes en latin :
Tout à fait : A la crypte tous les matins à 6h et une autre vers les 7h dans la basilique.
Ce qui veut dire que le latin n’est pas mis à l’index.
Dans le train de retour j’ai fait un petit sondage auprès de mes voisins qui étaient quasiment tous des gens de couleur. La très grande majorité n’a pas assisté à une messe en latin et les autres n’aiment pas. Donc acte.
Une autre chose m’a frappé … le nombre de prêtres en soutane.
Explication d’un prêtre assomptioniste : Ce sont des prêtres de la communauté Saint Martin ou de la FSSP et il s’en félicitait au nom de la diversité de l’Eglise.
J’ai abordé un de ces prêtres en soutane …. Et avec ma chance habituelle il s’agissait d’un prêtre diocésain de Lyon.
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François-Xavier
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Message non lu par François-Xavier »

A Guillaume : latin et objectivité.

C'est vrai que ma phrase n'est pas très claire. Mille excuses.

C'est une référence à l'idée que dans beaucoup de cultures, la langue de la prière n'est pas la langue de tous les jours. L'usage d'une langue hiératique pour la prière est quelquechose de tout à fait naturel. C'est un fait anthropologique. C'est la pratique du Christ lui même (aucun des assistants à la scène ne comprend qu'il récite le psaume 21 sur la croix). Ce qui est vrai dans le christianisme est vrai dans le judaïsme avec l'hébreu ancien, mais c'est vrai aussi d'autres religions (on pense à l'Islam, évidemment, mais aussi à l'Hindouisme etc...). C'est également vrai dans les autres confessions chrétiennes. On pense évidemment à l'orthodoxie avec le Grec, mais aussi au protestantisme anglo-saxon, avec les formes anciennes de l'Anglais (Thou, Thee) encore largement employées dans la prière publique.

Il est autorisé aujourd'hui d'utiliser la langue courante pour la liturgie, c'est un fait. Rien ne dit que ce soit toujours mieux. Dans la liturgie, ce ne sont pas nos mots que nous utilisons, mais ceux de l'Eglise, qui s'adresse au Christ, son époux. En effet, utiliser une langue qui n'est pas la sienne et qui a largement été modelée pour l'usage liturgique (la langue des collectes du rite romain n'est pas tout à fait celle de Cicéron...) aide beaucoup à se rendre compte qu'il s'agit dans la liturgie non pas de mettre ses propres mots sur la réalité de la mort et de la résurrection du Seigneur, mais de mettre dans notre coeur les mots même de l'Eglise. C'est une approche exactement perpendicuaire à celle de la prière personnelle.

Mère Marie-Benoît, de l’Abbaye bénédictine d’Argentan, où la liturgie est célébrée avec les livres actuels – conformes à la restauration conciliaires – mais entièrement en latin et grégorien explique ça avec des mots que je trouve justes :
« J’aime prier avec une langue qui ne soit pas celle de tous les jours. C’est un peu comme le calice de l’autel, qui n’est pas un verre ordinaire. Ce langage de notre prière chorale qui est réservé à Dieu, qui est consacré à Lui tout seul, j’avoue que cela m’est très précieux. »
Une autre notion milite en faveur du latin, c'est ... la fête de la Pentecôte ; qui est justement l'inverse exact de l'épisode de la tour de Babel.
La messe en latin et en chant grégorien, pourquoi pas ? Par Denis Crouan a écrit :Un phénomène proche de celui qui s’est déroulé la première Pentecôte peut se produire, toutes proportions gardées, quand une langue telle que le latin (ou tout autre langue ancienne traditionnellement utilisée dans un cadre rituel) est mise au service de la liturgie : chaque fidèle traduit spontanément cette langue en un langage personnel. Certes, cette sorte de traduction n’offre aucune garantie du point de vue grammatical ni du point de vue du sens exact des paroles entendues, mais au fond, peu importe puisqu’il ne s’agit pas tant d’obtenir une transposition exacte du texte que d’obtenir une saisie de la parole liturgique qui, tout en demeurant toujours juste puisqu’elle vient de l’Église, peut varier infiniment selon la grâce reçue, selon les dispositions personnelles, selon les circonstances et les besoins secrets de l’âme. La traduction dont il est question ici a ceci de particulier qu’elle se situe sur le plan mystique, spirituel : là où chaque âme a toutes les bonnes raisons d’être touchée individuellement.
Il ne faut en effet jamais préjuger de la non compréhension par les fidèles de la liturgie. Sinon, un handicapé mental pourrait il avoir une vie chrétienne ? restons certains en tout cas d'une chose : même les plus brillants d'entre nous ne comprennent pas le mystère eucharistique, que la liturgie soit en latin ou en langue courante. Cela nous dépasse bien trop...

Ceci dit, il ne faut évidemment pas tomber dans le systématisme. Si l'Eglise autorise aujourd'hui la liturgie en langue vivante, c'est pour de bonnes raisons. Mais il ne faut pas considérer qu'il s'agit là d'une règle pastorale absolue. Le latin, le concile le rappelle est la langue de la liturgie en occident. "L'usage du latin sera conservé dans les rites latins". Il n'y a donc aucune raison de ne pas le faire.

Le latin n'est pas intéressant "parce que cela s'est toujours fait comme cela et on ne va pas changer". Le latin est intéressant parce que c'est la langue de notre liturgie, aujourd'hui, en France. La langue latine n'a pas toujours et partout été le latin. Mais elle est aujourd'hui la langue liturgique de référence, même si elle n'en a pas l'exclusivité. Par exemple, la plus récente édition typique du missel romain a été promulguée en 2002 par Jean-Paul II, en latin. Nous n'avons toujours pas de version française. Si on veut utiliser la liturgie telle qu'elle nous est donnée...

Autre exemple : avez-vous déjà comparé les textes de l'office divin (liturgie des heures = laudes, vêpres, complies etc...) en Français et en Latin ? Et bien c'est comme le missel : l'adaptation est catastrophique. Et c'est vraiment dommage.
Dernière modification par François-Xavier le ven. 01 sept. 2006, 17:19, modifié 2 fois.
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Message non lu par Sh'ma »

guillaume a écrit :
à partir de quand la messe fut elle dîtes en latin? et où?
Le passage en latin s'est opéré à Rome,en Gaule (rite gallican),en Espagne et en Afrique du Nord vers l'an 250.
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Boris
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Message non lu par Boris »

Oui au retour du Latin, et pour plusieurs raisons :

- obéissance à l'Eglise (rappelons-nous les paroles de St Paul qui servent de chant de communion pour les Râmeaux et de répons pour le triduum pascal : Le christ s'est fait pour nous obéissant jusqu'à la mort, la mort sur une croix) : cf. Vatican II, Sacrosanctum Concilium où les Saints Pères du Conciles ont demandé que le Latin soit conservé. Or en France, il a été supprimé !

- culturelle : l'Eglise Catholique Romaine (et uniquement Romaine) trouve son ancrage dans la culture Latine. Renier le Latin revient à renier nos origines et notre culture.

- beauté : des textes et de la mélodie. Les traductions et adaptations en langue vernaculaires sont à des kilomètres des testes originaux Latins. On perd souvent la beauté du texte Latin et son sens (parfois même sa catholicité). Prenons par exemple le répond "Orate Fratres" qui en Latin oriente l'assemblée vers son propre sacrifice alors qu'en Français il n'est même pas question de dire que chacun s'offre en sacrifice ! cela va à l'encontre de la lettre et du véritable esprit de Vatican II ! Que dire également de la musique ? Mozart a déclaré qu'il aurait doné tout pour être le compositeur de la Messe de Requiem Grégorienne ! Où chante on encore cette Messe lors des obsèques ? (si je sais : dans la communauté Saint Martin)

- Unité : on parle toujours d'unité mais on ne fait rien ! Alors si on commençait par célébrer la même Messe que le Pape ? (c'est à dire ordo de 2002, avec chants latins dont les textes sont ceux des chants grégoriens, comme cela a toujours été)

Je vois venir et ils sont déjà venus ceux qui pronent la compréhension directe des mots ! Mais comme cela a été dit, le but n'est pas de comprender ce qu'on dit. Le but est de savoir ce que l'on fait.
La compréhension doit avoir sa place dans l'homélie et dans le catéchisme ! Or on n'enseigne plus la liturgie dans les séminaires français, donc par conséquence les prêtres diocésains ne sont pas capables de l'enseigner ou de demander aux "dames caté" de l'enseigner.

De plus, comme cela a été dit également, un bon missel Latin/Français (cf Téqui ou Solesmes) permet de comprendre les mots directement.

Cette question de la compréhension direct est un faux débat lancé par les ultra progressistes et repris par chacun en pensant qu'il s'agit d'un bon argument. Dans ce cas, pourquoi le Pape Benoît XVI ne célèbre pas en Allemand ? Ainsi il comprendrait ce qu'il dit, non ?
Cette question a fait son apparition que très tardivement.
Or sur d'autre sujet où la compréhesion est première, on voit que les Dominicains ont été créés au XIIIème siècle et que leur nom est "Ordre des Prêcheurs". je suis sur qu'ils ne prêchaient pas toujours en Latin.
donc il serait temps de passer à des arguments sérieux et de laisser de ce débat stérile retourner d'où il vient : le néant !

Par contre, pour l'Ecriture Sainte, la question de se pose autrement : elle contient la Parole de Dieu. L'entendre dans une langue vernaculaire peut l'aider à mieux agir dans nos coeurs.
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Deo Gratias
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Message non lu par Deo Gratias »

Je préfére moi aussi la messe en latin de rite tridentin,mais l'ordo de Paul VI,bien célébré me ravit tout autant.
L'important,c'est de célébrer selon les rubriques que propose la Ste Eglise,et non selon les fantaisies de tel ou tel prêtre.
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Boris
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Message non lu par Boris »

Deo Gratias a écrit :Je préfére moi aussi la messe en latin de rite tridentin,mais l'ordo de Paul VI,bien célébré me ravit tout autant.
Attention, je parle de la Messe en Latin selon les livres actuels (2002).

Le "rite tridentin" n'existe pas en tant que tel. C'est grossière erreur de vocabulaire.

Il s'agit du rite Romain, le même que celui en français, mais avec des livres liturgiques d'une édition précédente, celle de 1962.

Il y a plusieurs jeux intellectuels de vocabulaire qui ont été mis en place pour empêcher l'application de la Liturgie telle que voulue par le Concile :

- raccourci entre Messe en Latin et Messe selon l'ancienne forme : l'ancienne forme n'a pas l'exclusivité du Latin. Regardez Benoît XVI : il célèbre en Latin selon la nouvelle forme (édition 2002)

- raccourci entre "édition" et "rite" : ainsi sont apparus parmi les fidèles 2 nouveaux rites : le "rite tridentin" ou "de Saint Pie V" et le "rite Paul VI". Il s'agit dans tous les cas du même rite : le Rite Romain. Mais il s'agit d'époque différentes : livres des éditions de 1962 ou livres restaurés par le Concile

- raccourci entre "Messe avec l'ancienne forme" et "Messe Traditionnelle" : cela sous entend que la restauration demandée par Vatican II a produit une Liturgie nouvelle sortie de l'imaginaire de créateurs modernistes. Rien n'est plus faux ! La Liturgie restaurée reprend des éléments bien plus anciens que la Liturgie de 1962. Ensuite la Liturgie prétendue "traditionnelle" ne date pas de 1570 et du Concile de Trente puisque Clément VIII avait déjà modifié le Missel Romain dès 1600 et chaque Pape en fit de même ensuite. Les fidèles attachés aux anciennes formes seraient très surpris de voir les différences qui existent entre le Missel de 1962 qu'ils utilisent et le Missel restauré par le Concile de Trente !

- raccourci entre "Messe en Français" et "Messe de Paul VI" : le livres Liturgiques sont d'abord et avant tout publiés en Latin. La version française n'est qu'une des multiples versions en langue vernaculaire qui sont le plus souvent des adaptations et non des traductions. On perd donc une partie de la richesse originale de la Liturgie. Enfin, le Missel actuellement en rigueur est celui de 2002 et abroge tous les précédents : 1962, 1965, 1969, 1975. Sauf qu'il y a un indult pour celui de 1962. Par contre le Missel en Français est celui de 1979 basé sur le Missel en Latin de 1975, qui est abrogé. Donc la Messe en Français utilise une version abrogée de la Liturgie.

Mais tout cela n'est concevable qu'en reprenant ce que dit le Concile : Sacrosanctum Concilium n° 30 §1 : Le Latin sera conservé dans les rites Latins. (donc le dans le rite Romain)
Nous pouvons voir aujourd'hui qu'il a été suprimé en France.
Flagrant déli de désobéissance !

Paul VI s'est battu pour les fidèles connaissent un minimum de chants en Latin grâce au livret "Iubilate Deo".
Cette initiative du Saint Père a soigneusement était sabotée en France.
Deo Gratias a écrit :L'important,c'est de célébrer selon les rubriques que propose la Ste Eglise,et non selon les fantaisies de tel ou tel prêtre.
C'est là tout le drame de la Liturgie actuelle, notamment en France :
- ou bien on respecte scrupuleusement les normes ......... du Missel de 1962, ancienne forme
- ou bien on prétend utiliser le Missel actuel ......... sans respecter les normes malgré les demandes plusieurs répétées de Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI.

Il manque le mixte des 2 : respecter les normes (selon l'enseignement du magistère) du Missel actuel.
Ces normes sont disponibles en français sur le lien suivant (traduction officieuse) :
http://www.ceremoniaire.net/depuis1969/missel_2002/

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Message non lu par Christophe »

[align=justify][ Merci à tous les intervenants de rester dans le cadre de sujet : l'usage de la langue latine et/ou des langues vernaculaires dans la liturgie. Toute autre problématique concernant la réforme liturgique peut être débattue dans LE nouveau fil de discussion "La réforme liturgique en question". | En union de prières. Christophe ][/align]
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Re: La messe en latin

Message non lu par Petit Matthieu »

Je remonte à la surface ce sujet car j'ai été dimanche dernier à une messe en latin, pour la première fois de ma vie, dans l'église Saint-Georges à Lyon.
J'y allais d'abord car j'avais envie de me retrouver avec d'autres chrétiens pour cette célébration, aussi par curiosité. J

Et bien cela m'a conforté dans mon idée, la messe en latin ce n'est pas pour moi. C'était d'un monotone, c'était triste ! La moitié du temps, on a l'impression que le prêtre parle tout seul... Rien de vivant ne sortait de cette célébration, mes mots sont un peu durs mais c'est mon ressenti. Bref, bien que l'Eglise permette cela, cette volonté de messe en latin n'est pour moi qu'un communautarisme déguisé.

Par contre la prédication (en français, ouf !) était intéressante, et je l'ai bien aimé. Mais l'usage du latin met une distance très grande entre les fidèles et le prêtre, on a le sentiment de rendre hommage à un Dieu encore plus lointain, pas à ce Dieu qui est si proche de nous dans les Evangiles. Je ne doute pas de la profondeur de foi et de la charité de ceux qui vont à cette messe en latin, mais le retour au latin que certains souhaitent me paraît une réponse excessive à la décadence liturgique du temps.

Sans faire de la psychanalyse de comptoir, j'irai jusqu'à dire que ceux qui souhaitent ce retour au latin veulent inconsciemment faire mal à l'Eglise en réduisant son universalité et sa capacité d'accueil de toutes personnes. Le latin, c'est un peu comme fermer la porte.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
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Re: La messe en latin

Message non lu par Luis »

Je crois que c'est inévitable et tout à fait normal dans la mesure où vous n'êtes pas habitué à cette messe. Je suis sûr que j'aurais éprouvé la même chose à votre place. Mais je crois aussi que si c'était ce type de messe qu'il y avait dans ma paroisse, j'irais avec la ferveur d'apprendre à les vivre, et le Seigneur me donnerait de L'y louer tout autant !
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Re: La messe en latin

Message non lu par boisvert »

Petit Matthieu a écrit :Je remonte à la surface ce sujet car j'ai été dimanche dernier à une messe en latin, pour la première fois de ma vie, dans l'église Saint-Georges à Lyon.
J'y allais d'abord car j'avais envie de me retrouver avec d'autres chrétiens pour cette célébration, aussi par curiosité. J

Et bien cela m'a conforté dans mon idée, la messe en latin ce n'est pas pour moi. C'était d'un monotone, c'était triste ! La moitié du temps, on a l'impression que le prêtre parle tout seul... Rien de vivant ne sortait de cette célébration, mes mots sont un peu durs mais c'est mon ressenti. Bref, bien que l'Eglise permette cela, cette volonté de messe en latin n'est pour moi qu'un communautarisme déguisé.

Par contre la prédication (en français, ouf !) était intéressante, et je l'ai bien aimé. Mais l'usage du latin met une distance très grande entre les fidèles et le prêtre, on a le sentiment de rendre hommage à un Dieu encore plus lointain, pas à ce Dieu qui est si proche de nous dans les Evangiles. Je ne doute pas de la profondeur de foi et de la charité de ceux qui vont à cette messe en latin, mais le retour au latin que certains souhaitent me paraît une réponse excessive à la décadence liturgique du temps.

Sans faire de la psychanalyse de comptoir, j'irai jusqu'à dire que ceux qui souhaitent ce retour au latin veulent inconsciemment faire mal à l'Eglise en réduisant son universalité et sa capacité d'accueil de toutes personnes. Le latin, c'est un peu comme fermer la porte.

Je suis entièrement d'accord avec vous. L'an dernier, j'ai emmené une jeune convertie (de plus de cinquante ans) à une solennité à la misricorde divine... tout en latin, le sermon en trois langues ... confidence de l'amie: ouf, je suis heureuse que c'est fini, car je n'ai rien compris de bout en bout !
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Théophane
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Re: La messe en latin

Message non lu par Théophane »

Étant un grand amateur de la langue latine, ce sujet ne peut que m'intéresser... Il y aurait bien des choses à dire sur l'utilité du latin dans la liturgie. Néanmoins, je me contenterai de quelques remarques.

D'abord, je conçois très bien qu'une personne qui n'a jamais étudié le latin se sente plus à l'aise lorsqu'elle a assite à une Messe célébrée dans sa langue. Pourtant, ce n'est pas le cas de tout le monde. Pour citer un exemple personnel, ma mère ne connaît rien de la grammaire et des conjugaisons latines, et malgré tout elle apprécie toujours beaucoup l'utilisation du latin dans la liturgie.

Ensuite, même si je comprends que certains catholiques soient davantage attirés par des Messes "chaleureuses", je crois qu'il ne faut pas commettre l'erreur de juger à travers le prisme de ses émotions personnelles. Personnellement, je n'aime guère le prêchi-prêcha, les belles paroles qui n'en finissent pas et les ajouts inopportuns. Je prie beaucoup mieux lorsque j'assite à une Messe simple et sobre, qu'elle soit célébrée en latin ou en français. La Messe n'est triste que lorsqu'on manque d'amour pour Dieu. Autrement, cela signifierait que le texte du missel n'est pas suffisant et que la liturgie ait besoin d'être, pour ainsi dire, enrichie et mise en scène.

Enfin, il s'agit là de goûts personnels : les uns préfèrent que la liturgie soit célébrée en français, les autres en latin. J'appartiens à la seconde catégorie. Cependant, il me semble opportun d'affirmer que nos préférences personnelles légitimes doivent être subordonnées à notre amour de l'Eglise et à notre fidélité envers le Saint-Siège. Autrement dit, une personne qui se sent plus à l'aise avec l'emploi de la langue française n'a pas à s'indigner de l'utilisation du latin. De même, une personne qui, comme moi, préfère le latin, n'a pas à critiquer la célébration de la Messe en français. Il est légitime de célébrer la Messe en latin parce que c'est la langue de l'Eglise comme il est légitime de la célébrer en français parce que l'Eglise l'a permis.

Quant au problème de la compréhension, il existe des missels bilingues, avec le texte latin et la traduction approuvée. J'en possède un, dont je me sers lorsque j'assite à la Messe dans l'une ou l'autre langue.
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
Bienheureux Álvaro del Portillo (1914-1994)
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