Bonjour ti'hamo,
Sur la question :
- Du mal prétendument lointain :
ti'hamo a écrit :Objectivement, tout ce que vous présentez comme "Le Mal", se passe loin d'ici, et ne remet rien en question de nos vies.
Objectivement, ce dont vous essayez de nous expliquer que ça n'a rien à voir avec le Mal, c'est ce à quoi nous sommes chacun de nous quotidiennement confrontés, ce que nous pourrions faire ou commettre, et donc ce qui nous remet en question personnellement, dans nos vies.
Eh bien, croyez-le ou non, mais cette dichotomie qui vous apparaît est purement fortuite. Je dis bien « qui vous apparaît » car en fait, je ne crois même pas qu'il y en a une. Voulez-vous dire que sous nos latitudes, personne ne meurt de maladie ou d'accident, personne ne se fait agresser par d'autres personnes ? On ne doit pas vivre sur la même planète, la vôtre est vraiment agréable... Du coup je comprends mieux que vous soyez chrétien

La mienne, de planète, n'est malheureusement pas si idyllique. Sur la mienne, au moins deux de mes proches sont décédés relativement jeunes (vers 65 ans), des suites de cancers et de beaucoup de souffrance, laissant femmes, enfants et petits-enfants en pleurs. Par ailleurs, mon père (à même pas 60 ans) a dû subir une opération à cœur ouvert et a fait ensuite une attaque cérébrale qui l'a rendu partiellement aphasique, puis on lui a découvert une allergie au gluten. Ma mère (à 61 ans) a été opérée d'un cancer du sein, puis a dû subir de la chimiothérapie, des rayons et un traitement hormonal, etc. Voilà, je ne souhaite pas m'étendre davantage sur ma vie privée (je vous passerai mes difficultés financières et pour trouver un emploi stable), mais vous me forcez un tant soit peu à me dévoiler avec vos questions...
- De l'épanouissement de l'être : dans vos exemples, vous dites, « certains estiment », ou « pensent que ». Ce n'est donc pas objectif, cela relève de leur opinion. Mais poursuivons donc notre réflexion par étapes. Vous donnez votre accord pour la proposition : « tout homme recherche ce qu'il croit être le mieux pour lui ». A présent, étape n°2 : êtes-vous d'accord avec la proposition suivante : « pour que tout homme recherche ce qui est vraiment le mieux pour lui, il faut qu'il sache ce qui est vraiment le mieux pour lui » ? Quant à votre question subsidiaire, j'y ai déjà répondu. La source de la distinction objective entre le bien et le mal se trouve dans l'Idée du Bien (je rappelle que je suis platonicien).
- De l'adultère : désolé mais vous n'aviez pas été assez précis. Par « tromper son épouse », vous êtes bien d'accord qu'on pense généralement à l'adultère, surtout si vous précisez « s'engager moralement et
physiquement envers son épouse ». Et l'adultère consiste, pour une personne mariée ou disons vivant maritalement avec quelqu'un, à entretenir une relation sexuelle avec un tiers. Dans cette définition, il n'est aucunement précisé que la personne adultérine (un homme, par exemple) : doit nécessairement cacher son adultère à sa compagne (donc exit l'attitude mensongère) ou au contraire qu'il doit nécessairement lui avouer (donc exit la confiance trahie) et s'il l'avoue, que l'épouse doive nécessairement juger ce non-respect du contrat/de la promesse comme gravissime (donc re-exit la confiance trahie : en effet, il me semble que pour que la confiance soit rompue, il faut non seulement que la promesse/le contrat n'ait pas été respecté, MAIS AUSSI que l'épouse juge que ce non-respect est grave) ; doit nécessairement cacher à sa maîtresse qu'il est marié (donc re-exit l'attitude mensongère) ; doit nécessairement utiliser sa maîtresse que comme un exutoire de sa propre satisfaction (il peut avoir des sentiments et de la bienveillance pour elle, donc exit « utiliser une personne pour notre satisfaction propre ») ; et que même si tel est le cas, qu'il doit nécessairement le cacher à sa maîtresse (donc exit : « en se gardant bien de lui préciser »)...
Donc il reste les actes trompeurs sur votre liste (ce qui revient à dire « les actes par lesquels le contrat/la promesse est rompu » ou alors je ne comprends pas bien le français...). Cela dit, je veux bien vous concéder que l'attitude mensongère (uniquement envers l'épouse) OU la confiance (de l'épouse envers son mari) rompue (et qui est à moitié un préjudice subi par l'adultérin lui-même) sont constitutifs de nombreuses affaires d'adultères, mais ils ne sont pas essentiels à la définition de l'adultère.
Toujours est-il que cela ne change pas grand-chose sur le caractère relativement dérisoire en tant que tel de cette faute, puisque, si je reprends mes exemples précédents : si vous marchez sur les pieds après avoir promis à votre épouse de marcher sur les mains, et que votre épouse juge très important que vous teniez cet engagement, il y a aussi une confiance rompue (pour ce qui est de l'attitude mensongère, là, j'avoue que je ne vois pas comment elle est possible : je ne pense pas qu'on puisse faire croire à quelqu'un qu'on marche sur les mains alors qu'on est en train de marcher sur les pieds, à part peut-être par l'hypnose ?...

). Maintenant, si vous voyez un autre problème à l'adultère qu'une question de rupture de contrat/promesse et de confiance rompue (cette dernière étant donc plutôt la conséquence éventuelle d'un mal que le mal lui-même : on ne perd pas la confiance en quelqu'un juste comme ça, par hasard, sans que l'on juge que ce quelqu'un a commis une faute...), ou de mensonge (ce dernier étant souvent présent afin d'éviter que la confiance ne soit rompue, justement), je vous écoute. Entendons-nous bien : ne pas honorer ses engagements, rompre la confiance de quelqu'un et mentir, ce ne sont pas là des bonnes choses, mais encore une fois, il faut voir le contexte : cela peut être un moindre mal. Ne pas exécuter la promesse qu'on aurait faite à un tueur en série de lui chercher des victimes, et ainsi rompre sa confiance ; ou lui mentir en disant que finalement on n'a trouvé personne qui ferait l'affaire comme victime, c'est certes des fautes en tant que telles, mais il est infiniment plus morale de commettre ces fautes afin que personne ne soit tué, ce qui serait une faute beaucoup plus grave.
- Du principe de simplicité : ma définition est la suivante : une chose est simple à mesure qu'elle contient peu d'éléments, peu de types d'éléments, peu de relations entre ses éléments constitutifs, et peu de types de relations entre ses éléments constitutifs.
- De votre contrat : je vous accorde que je l'accepterais, à condition toutefois d'avoir bien toutes les garanties ; il n'en demeure pas moins que je jugerais passablement immorale la personne qui me proposerait un tel contrat (et cela pourrait avoir une influence sur ma perception de ses garanties) si je sais par ailleurs que cette personne est toute-puissante.
Bien à vous.