L’équipe de Résurrection (http://mouvement-resurrection.org) a le plaisir de vous inviter à son 10e Colloque. Après les « grandes soirées », auxquelles beaucoup d’entre vous ont participé, nous voici partis pour une matinée !
Nous n’avons pas voulu laisser passer « l’année Darwin » sans proposer une réflexion sur le thème de l’Evolution. J’espère vous y apercevoir. Michel GITTON
Inscrivez-vous dès maintenant au 10ème colloque Résurrection
Samedi 21 novembre 2009, de 9 h à 12 h 30
à la Sorbonne, Amphithéâtre Louis Liard,17 rue de la Sorbonne, Paris 5ème
Évolution ou Création, faut-il choisir ?
Avec la participation de
* Marc Godinot, Directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études, section des Sciences de la Vie et de la Terre
* Michel Morange, Professeur de Biologie, à l’École Normale Supérieure et à l’Université Paris VI
* Le Père Michel Gitton, ancien assistant d’histoire à l’Université Paris XII, Directeur de la revue Résurrection
* Monseigneur Fiorenzo Facchini, Professeur d’anthropologie
Inscrivez-vous dès maintenant pour avoir une place réservée et recevoir le dossier du colloque.
Pour obtenir le bulletin d'inscription ainsi que le programme, il suffit de me le demander par message privé.
A noter que l’entrée est libre. Les non-inscrits seront admis dans la limite des places encore disponibles.
Colloque : Évolution ou Création, faut-il choisir ?
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Colloque : Évolution ou Création, faut-il choisir ?
Ignoratio enim Scripturarum ignoratio Christi est
Re: Colloque : Évolution ou Création, faut-il choisir ?
Evolution et création : un grand classique de nos jours et le sujet est certes d’un grand intérêt.
Mais…
Ne nous trompons pas de sujet par rapport à ce qui intéresse notre foi.
Le sujet, c’est l’apparition de l’homme sur la terre. Nul ne conteste qu’elle survient dans l’histoire, qu’il y a un avant et un après cette apparition dans le temps et dans l’espace, qu’elle constitue un fait dont la réalité concrète et terrestre est observable par tout scientifique, même si le croyant ajoutera que le scientifique ne peut pas tout observer.
Pour le biologiste, l’homme apparaît lorsqu’arrive sur la terre un être génétiquement compatible avec nous, un être qui, en imaginant une union avec un humain actuel de sexe opposé, pourrait enfanter un descendant humain.
Pour l’anthropologue, l’homme apparaît lorsqu’arrive sur la terre un être doué de conscience et de réflexion abstraite.
Pour le chrétien, l’homme apparaît lorsqu’arrive sur terre un être doté d’une âme immortelle dont la personne peut vivre au-delà de la réalité matérielle de son corps.
Dans tous les cas, il y a un fait. Une survenance dans l’histoire réelle et concrète. Elle est incontestable. Il y a bien eu, à un moment historique bien concret, un ou plusieurs premiers humains.
Et, il y a une première question. Dieu agit-il dans l’histoire ? Pour beaucoup, cette idée même est insupportable, même pour beaucoup de croyants. Tout au plus peuvent-ils admettre un dessein intelligent. A l’origine de l’origine, avant le big bang, Dieu a inventé le monde et ses règles qui déroulent désormais leur développement de manière autonome dans l’univers, même si Dieu savait qu’un jour des humains arriveraient.
Il est possible de tout penser de cette manière, y compris l’incarnation qui aurait été lentement préparée pour aboutir à ce cas naturel extraordinaire d’une auto-reproduction dans le sein de Marie. Même les miracles auraient une explication naturelle tout à fait logique simplement encore inconnue.
Même pour chaque prière, la pré-science de Dieu l’aurait prévue et Il aurait prévu, dans son grand plan, la réponse.
Un absolu déterminisme sans réelle liberté ni pour les humains, ni pour Dieu lui-même.
L'Eglise a une autre réponse.
Il y a une autre question. Le mal existait-il avant l’homme ? La question doit être posée, en réalité, de manière plus difficile. D’où vient le mal, s’il ne vient pas de l’homme ?
Il est possible de considérer que le mal est une réalité ontologique qui n’a pas de début, qui était présente avant l’apparition de l’humain.
Il est aussi possible de considérer que l’humain, lorsqu’il est arrivé sur terre, a lui-même introduit le mal.
Ici, les deux questions se rejoignent. Si Dieu agit dans l’histoire, qu’il s’y est incarné en Jésus de Nazareth, que Jésus s’est montré capable de dominer la création (marchant sur les eaux, changeant de l’eau en vin, multipliant des pains, guérissant des malades, ressuscitant des morts, arrêtant une tempête, voyant une pièce dans la bouche d’un poisson, et franchissant sa propre mort), l’homme a-t-il reçu, lors de son apparition sur la terre, une capacité similaire ?
L’a-t-il perdue par un choix concret, réel et libre des premiers humains dont les effets se poursuivent jusqu’à nous ?
Malgré les opinions contraires, la réponse de l’Eglise, exprimée par le Magistère, a toujours été claire.
Voici le résumé qu’en donne le Catéchisme de l’Eglise Catholique : « Le récit de la chute (Gn 3) utilise un langage imagé, mais il affirme un événement primordial, un fait qui a eu lieu au commencement de l’histoire de l’homme. La révélation nous donne la certitude de foi que toute l’histoire humaine est marquée par la faute originelle librement commise par nos premiers parents. » (390)
Un événement. Un fait. Non dans l’abstrait, mais au commencement de l’histoire humaine. Dans la réalité concrète. Dans le temps et dans l’espace. Un acte libre d’humains déjà créés. Commis par nos premiers parents humains.
Un autre viendra, avec la même nature, dans la même histoire humaine, bien concrète, à un endroit et à un moment bien précis, mais son action libre sera bonne. Elle nous sauvera des effets désastreux du mal originel. Elle nous rétablira dans la vocation immortelle qui avait été donnée à nos premiers parents.
Mais…
Ne nous trompons pas de sujet par rapport à ce qui intéresse notre foi.
Le sujet, c’est l’apparition de l’homme sur la terre. Nul ne conteste qu’elle survient dans l’histoire, qu’il y a un avant et un après cette apparition dans le temps et dans l’espace, qu’elle constitue un fait dont la réalité concrète et terrestre est observable par tout scientifique, même si le croyant ajoutera que le scientifique ne peut pas tout observer.
Pour le biologiste, l’homme apparaît lorsqu’arrive sur la terre un être génétiquement compatible avec nous, un être qui, en imaginant une union avec un humain actuel de sexe opposé, pourrait enfanter un descendant humain.
Pour l’anthropologue, l’homme apparaît lorsqu’arrive sur la terre un être doué de conscience et de réflexion abstraite.
Pour le chrétien, l’homme apparaît lorsqu’arrive sur terre un être doté d’une âme immortelle dont la personne peut vivre au-delà de la réalité matérielle de son corps.
Dans tous les cas, il y a un fait. Une survenance dans l’histoire réelle et concrète. Elle est incontestable. Il y a bien eu, à un moment historique bien concret, un ou plusieurs premiers humains.
Et, il y a une première question. Dieu agit-il dans l’histoire ? Pour beaucoup, cette idée même est insupportable, même pour beaucoup de croyants. Tout au plus peuvent-ils admettre un dessein intelligent. A l’origine de l’origine, avant le big bang, Dieu a inventé le monde et ses règles qui déroulent désormais leur développement de manière autonome dans l’univers, même si Dieu savait qu’un jour des humains arriveraient.
Il est possible de tout penser de cette manière, y compris l’incarnation qui aurait été lentement préparée pour aboutir à ce cas naturel extraordinaire d’une auto-reproduction dans le sein de Marie. Même les miracles auraient une explication naturelle tout à fait logique simplement encore inconnue.
Même pour chaque prière, la pré-science de Dieu l’aurait prévue et Il aurait prévu, dans son grand plan, la réponse.
Un absolu déterminisme sans réelle liberté ni pour les humains, ni pour Dieu lui-même.
L'Eglise a une autre réponse.
Il y a une autre question. Le mal existait-il avant l’homme ? La question doit être posée, en réalité, de manière plus difficile. D’où vient le mal, s’il ne vient pas de l’homme ?
Il est possible de considérer que le mal est une réalité ontologique qui n’a pas de début, qui était présente avant l’apparition de l’humain.
Il est aussi possible de considérer que l’humain, lorsqu’il est arrivé sur terre, a lui-même introduit le mal.
Ici, les deux questions se rejoignent. Si Dieu agit dans l’histoire, qu’il s’y est incarné en Jésus de Nazareth, que Jésus s’est montré capable de dominer la création (marchant sur les eaux, changeant de l’eau en vin, multipliant des pains, guérissant des malades, ressuscitant des morts, arrêtant une tempête, voyant une pièce dans la bouche d’un poisson, et franchissant sa propre mort), l’homme a-t-il reçu, lors de son apparition sur la terre, une capacité similaire ?
L’a-t-il perdue par un choix concret, réel et libre des premiers humains dont les effets se poursuivent jusqu’à nous ?
Malgré les opinions contraires, la réponse de l’Eglise, exprimée par le Magistère, a toujours été claire.
Voici le résumé qu’en donne le Catéchisme de l’Eglise Catholique : « Le récit de la chute (Gn 3) utilise un langage imagé, mais il affirme un événement primordial, un fait qui a eu lieu au commencement de l’histoire de l’homme. La révélation nous donne la certitude de foi que toute l’histoire humaine est marquée par la faute originelle librement commise par nos premiers parents. » (390)
Un événement. Un fait. Non dans l’abstrait, mais au commencement de l’histoire humaine. Dans la réalité concrète. Dans le temps et dans l’espace. Un acte libre d’humains déjà créés. Commis par nos premiers parents humains.
Un autre viendra, avec la même nature, dans la même histoire humaine, bien concrète, à un endroit et à un moment bien précis, mais son action libre sera bonne. Elle nous sauvera des effets désastreux du mal originel. Elle nous rétablira dans la vocation immortelle qui avait été donnée à nos premiers parents.
Re: Colloque : Évolution ou Création, faut-il choisir ?
Excellente interview (dont je souligne plusieurs passages) du père Gitton à lire sur Anuncioblog à propos du 10ème colloque Résurrection « Evolution ou Création, faut-il choisir ? » le Samedi 21 novembre 2009, de 9 h à 12h30; à la Sorbonne, Amphithéâtre Louis Liard, 17 rue de la Sorbonne, Paris 5ème.
Avec la participation de :
- Marc Godinot, Directeur d’études à l’Ecole pratique des Hautes Etudes, section des Sciences du Vivant
- Michel Morange, Professeur de Biologie à l’Ecole normale supérieure et à l’Université Paris VI
- Père Michel Gitton, ancien assistant d’histoire à l’Université Paris XII, Directeur de la revue Résurrection
- Mgr Fiorenzo Facchini, Professeur d’anthropologie à l’Université de Bologne
http://www.anuncioblog.com/index.php?po ... il-choisir
A l'occasion du 10ème colloque de Résurrection sur le thème « Evolution ou création, faut-il choisir ? », nous avons interrogé le Père Michel Gitton, directeur de la revue. Il nous explique pourquoi débattre sur ce thème participe à l'évangélisation de nos contemporains en quête de sens à leur vie.
Anuncioblog - Vous organisez le 21 novembre prochain à la Sorbonne le 10ème colloque de Résurrection sur le thème « Evolution ou création, faut-il choisir ? ». Pourquoi avoir choisi ce thème ?
P. Michel Gitton - Parce que la question de fond semble bien celle-là : la théorie de l'évolution, qu'on le veuille ou non, nous conduit à une réflexion sur la destinée du vivant, et sur l'origine de l'homme, et quelque part elle interpelle le chrétien qui est persuadé que Dieu a un projet créateur où l'homme est le but de toute la genèse du cosmos. Il faut dissiper les malentendus et voir à quels niveaux se situent les affirmations de la science et celles de la foi.
Anuncioblog - Alors, sans tout nous dévoiler, évolution ou création, faut-il choisir ?
P. M. G. - Non, bien sûr, c'est tout l'intérêt de notre foi chrétienne de nous montrer que la création n'est pas un processus au même niveau que les autres : quand Dieu crée, il fait exister hors de lui des êtres et il instaure entre eux des dynamismes, dont l'évolution est le plus frappant. Sans être lui-même un maillon de la chaîne des êtres, même pas le premier, il fait exister toute la chaîne dans une certaine intention qui est de faire apparaître l'homme et de l'élever jusqu'à partager sa vie divine.
Anuncioblog - Qui participe à ce colloque ?
P. M. G. - Mgr Facchini, professeur d'anthroplogie à l'université de Bologne, qui vint de publier un livre remarquable, Les défis de l'Evolution, est notre invité-phare, avec lui deux savants français (MM Godinot et Morange) feront le point sur les données actuellement disponibles. Enfin, tous les intervenants réagiront aux questions de la salle dans une table ronde.
Anuncioblog - Quelle est la position de l'Eglise sur les théories de Darwin ?
L'Eglise n'a pas à prendre partie sur la théorie elle-même, qui est d'ordre scientifique, mais sur ses éventuels prolongements d'ordre philosophique (ce qu'on appelle l'évolutionnisme). D'abord réservée, elle a fait une place à la vision évolutive des origines de l'homme, avec l'encyclique Humani Generis de Pie XII de 1950. Jean-Paul II a pu dire que « la théorie de l'évolution et plus qu'une hypothèse ». Et Benoit XVI montre qu'il voit dans la question de l'évolution un des grands défis de l'heure.
Anuncioblog - Le darwinisme est-il une idéologie ?
Oui, il peut très vite tourner à l'idéologie, si on sort les idées de Darwin de leur domaine propre qui est de fournir une hypothèse vraisemblable pour expliquer le lien entre les restes fossiles et les espèces actuelles.
Anuncioblog - Existe-t-il aussi un risque de lire la Genèse à la lettre ?
Peut-être, certains, paraît-il, ont vu dans dans les sept jours de la création une description des âges de la planète, mais ce n'est pas très intelligent. Notez bien que moi aussi, je lis la Genèse à la lettre, car tout y est vrai, étant inspiré par Dieu. Mais je n'y cherche pas ce que le texte ne veut pas me dire : il me dit la place de l'homme dans le projet créateur, l'étagement des oeuvres de Dieu, qui suivent un ordre et ne font pas au hasard, etc. Je n'y cherche pas une révélation sur l'ADN.
Anuncioblog - La formation théologique de Darwin dans l'Eglise anglicane a-t-elle eu une influence sur ses théories de l'évolution ?
P. M. G. - Je ne sais pas, je crois qu'il était malgré tout un chrétien un peu distant avec son Eglise...
Anuncioblog - Si Darwin avait vécu aujourd'hui, pensez-vous qu'il serait devenu catholique comme ces milliers d'Anglicans qui sont en train de rejoindre l'Eglise ?
P. M. G. - Difficile de faire de l'histoire fiction, mais je suis convaincu qu'en entendant le pape actuel parler de l'évolution, il se se serait senti porté par un grand courant d'intelligence qui n'aurait pu que lui donner de la sympathie pour la foi catholique.
Anuncioblog - La Genèse est-elle une théorie de la création du monde ou une théorie théologique pour expliquer la création de l'homme et sa liberté ?
P. M. G. - Voyez comme les dés sont pipés : vous parlez de théorie de la création comme si les savants avaient à nous dire quelque chose là-dessus, le savant n'étudie pas la "création" (ce qui est un concept chrétien), il se penche sur des séquences de phénomènes aux quelles il cherche à donner une intelligibilité. Et là-dessus la Genèse n'a pas grand chose à nous dire.
Anuncioblog - Dire que l'homme est le résultat de l'évolution du singe correspond-il à une vision chrétienne ?
P. M. G. - Si oui, à quel moment a été créée l'âme ? Quelque soit la chaîne plus ou moins continue qui relie les premiers hommes aux grands singes, il faut postuler des sauts, et le passage ne s'est pas fait de façon insensible. Un de ces sauts a correspondu avec l'animation de l'homme : Dieu, après avoir conduit toute cette évolution jusque là, est enfin arrivé au but poursuivi...
Anuncioblog - Les animaux ont-ils une âme ?
P. M. G. - Tout dépend ce qu'on appelle âme. Pour Aristote les animaux ont une âme végétative. Mais si on appelle âme, la capacité de connaître et d'aimer Dieu, qui va de pair avec la vocation à une existence éternelle, seul l'homme est doué d'une âme. Seul il a été créé "pour lui-même".
Anuncioblog - L'homme est-il le seigneur de la création ou une espèce animale plus évoluée ?
P. M. G. - Cela dépend comment on le regarde. Si on le voit dans sa relation à Dieu, on conçoit qu'il dépasse tous les êtres et, malgré son péché qui l'a fait régresser sur bien des points, on devine la grandeur qui est la sienne dans le dessein de Dieu.
Anuncioblog - Quel est donc le dessein de Dieu pour l'homme, dans l'univers ?
P. M. G. - L'homme, créé à la chanière du monde sensible et du monde des esprits, était destiné à donner une voix aux créatures inanimées pour faire chanter la gloire de Dieu à toute la création. Appelé par Dieu à une vocation surnaturelle, il est destiné à entrer dans la vie de la Trinité. Uni au Christ, adopté par le Père, divinisé par l'Esprit.
Anuncioblog - La création, elle aussi, participe-t-elle à la rédemption du monde ?
P. M. G. - Vous voulez dire : la création matérielle ? Oui, elle aussi attend la "rédemption des fils de Dieu" comme le dit saint Paul.
Anuncioblog - Débattre de ces questions, est-ce aussi une façon d'évangéliser ceux qui s'interrogent sur le sens de leur existence ?
P. M. G. - Oui, parce que la réflexion sur le sens de l'aventure humaine habite tout homme et que la lumière apportée par le christianisme est si extraordinaire qu'elle a de quoi toucher tous les hommes.
Xavi : cf. aussi sur Google, la dernière découverte concernant le « bornavirus » comme hypothèse concernant un possible saut d’espèce par ce virus qui aurait affecté de manière transmissible 8 % du génôme humain avec des effets cérébraux qui ont pu avoir un effet qualitatif décisif.
[14 janvier 2012 : Mes messages de ce fil ont été revus et intégrés dans un ensemble de réflexions sur l’évolution, la création et l’incarnation intitulé « Adam et Eve : quelle réalité concrète ? » dont le document de travail actuel est disponible dans le sous-forum de l’Ecriture Sainte :
viewtopic.php?f=91&t=20369]
Avec la participation de :
- Marc Godinot, Directeur d’études à l’Ecole pratique des Hautes Etudes, section des Sciences du Vivant
- Michel Morange, Professeur de Biologie à l’Ecole normale supérieure et à l’Université Paris VI
- Père Michel Gitton, ancien assistant d’histoire à l’Université Paris XII, Directeur de la revue Résurrection
- Mgr Fiorenzo Facchini, Professeur d’anthropologie à l’Université de Bologne
http://www.anuncioblog.com/index.php?po ... il-choisir
A l'occasion du 10ème colloque de Résurrection sur le thème « Evolution ou création, faut-il choisir ? », nous avons interrogé le Père Michel Gitton, directeur de la revue. Il nous explique pourquoi débattre sur ce thème participe à l'évangélisation de nos contemporains en quête de sens à leur vie.
Anuncioblog - Vous organisez le 21 novembre prochain à la Sorbonne le 10ème colloque de Résurrection sur le thème « Evolution ou création, faut-il choisir ? ». Pourquoi avoir choisi ce thème ?
P. Michel Gitton - Parce que la question de fond semble bien celle-là : la théorie de l'évolution, qu'on le veuille ou non, nous conduit à une réflexion sur la destinée du vivant, et sur l'origine de l'homme, et quelque part elle interpelle le chrétien qui est persuadé que Dieu a un projet créateur où l'homme est le but de toute la genèse du cosmos. Il faut dissiper les malentendus et voir à quels niveaux se situent les affirmations de la science et celles de la foi.
Anuncioblog - Alors, sans tout nous dévoiler, évolution ou création, faut-il choisir ?
P. M. G. - Non, bien sûr, c'est tout l'intérêt de notre foi chrétienne de nous montrer que la création n'est pas un processus au même niveau que les autres : quand Dieu crée, il fait exister hors de lui des êtres et il instaure entre eux des dynamismes, dont l'évolution est le plus frappant. Sans être lui-même un maillon de la chaîne des êtres, même pas le premier, il fait exister toute la chaîne dans une certaine intention qui est de faire apparaître l'homme et de l'élever jusqu'à partager sa vie divine.
Anuncioblog - Qui participe à ce colloque ?
P. M. G. - Mgr Facchini, professeur d'anthroplogie à l'université de Bologne, qui vint de publier un livre remarquable, Les défis de l'Evolution, est notre invité-phare, avec lui deux savants français (MM Godinot et Morange) feront le point sur les données actuellement disponibles. Enfin, tous les intervenants réagiront aux questions de la salle dans une table ronde.
Anuncioblog - Quelle est la position de l'Eglise sur les théories de Darwin ?
L'Eglise n'a pas à prendre partie sur la théorie elle-même, qui est d'ordre scientifique, mais sur ses éventuels prolongements d'ordre philosophique (ce qu'on appelle l'évolutionnisme). D'abord réservée, elle a fait une place à la vision évolutive des origines de l'homme, avec l'encyclique Humani Generis de Pie XII de 1950. Jean-Paul II a pu dire que « la théorie de l'évolution et plus qu'une hypothèse ». Et Benoit XVI montre qu'il voit dans la question de l'évolution un des grands défis de l'heure.
Anuncioblog - Le darwinisme est-il une idéologie ?
Oui, il peut très vite tourner à l'idéologie, si on sort les idées de Darwin de leur domaine propre qui est de fournir une hypothèse vraisemblable pour expliquer le lien entre les restes fossiles et les espèces actuelles.
Anuncioblog - Existe-t-il aussi un risque de lire la Genèse à la lettre ?
Peut-être, certains, paraît-il, ont vu dans dans les sept jours de la création une description des âges de la planète, mais ce n'est pas très intelligent. Notez bien que moi aussi, je lis la Genèse à la lettre, car tout y est vrai, étant inspiré par Dieu. Mais je n'y cherche pas ce que le texte ne veut pas me dire : il me dit la place de l'homme dans le projet créateur, l'étagement des oeuvres de Dieu, qui suivent un ordre et ne font pas au hasard, etc. Je n'y cherche pas une révélation sur l'ADN.
Anuncioblog - La formation théologique de Darwin dans l'Eglise anglicane a-t-elle eu une influence sur ses théories de l'évolution ?
P. M. G. - Je ne sais pas, je crois qu'il était malgré tout un chrétien un peu distant avec son Eglise...
Anuncioblog - Si Darwin avait vécu aujourd'hui, pensez-vous qu'il serait devenu catholique comme ces milliers d'Anglicans qui sont en train de rejoindre l'Eglise ?
P. M. G. - Difficile de faire de l'histoire fiction, mais je suis convaincu qu'en entendant le pape actuel parler de l'évolution, il se se serait senti porté par un grand courant d'intelligence qui n'aurait pu que lui donner de la sympathie pour la foi catholique.
Anuncioblog - La Genèse est-elle une théorie de la création du monde ou une théorie théologique pour expliquer la création de l'homme et sa liberté ?
P. M. G. - Voyez comme les dés sont pipés : vous parlez de théorie de la création comme si les savants avaient à nous dire quelque chose là-dessus, le savant n'étudie pas la "création" (ce qui est un concept chrétien), il se penche sur des séquences de phénomènes aux quelles il cherche à donner une intelligibilité. Et là-dessus la Genèse n'a pas grand chose à nous dire.
Anuncioblog - Dire que l'homme est le résultat de l'évolution du singe correspond-il à une vision chrétienne ?
P. M. G. - Si oui, à quel moment a été créée l'âme ? Quelque soit la chaîne plus ou moins continue qui relie les premiers hommes aux grands singes, il faut postuler des sauts, et le passage ne s'est pas fait de façon insensible. Un de ces sauts a correspondu avec l'animation de l'homme : Dieu, après avoir conduit toute cette évolution jusque là, est enfin arrivé au but poursuivi...
Anuncioblog - Les animaux ont-ils une âme ?
P. M. G. - Tout dépend ce qu'on appelle âme. Pour Aristote les animaux ont une âme végétative. Mais si on appelle âme, la capacité de connaître et d'aimer Dieu, qui va de pair avec la vocation à une existence éternelle, seul l'homme est doué d'une âme. Seul il a été créé "pour lui-même".
Anuncioblog - L'homme est-il le seigneur de la création ou une espèce animale plus évoluée ?
P. M. G. - Cela dépend comment on le regarde. Si on le voit dans sa relation à Dieu, on conçoit qu'il dépasse tous les êtres et, malgré son péché qui l'a fait régresser sur bien des points, on devine la grandeur qui est la sienne dans le dessein de Dieu.
Anuncioblog - Quel est donc le dessein de Dieu pour l'homme, dans l'univers ?
P. M. G. - L'homme, créé à la chanière du monde sensible et du monde des esprits, était destiné à donner une voix aux créatures inanimées pour faire chanter la gloire de Dieu à toute la création. Appelé par Dieu à une vocation surnaturelle, il est destiné à entrer dans la vie de la Trinité. Uni au Christ, adopté par le Père, divinisé par l'Esprit.
Anuncioblog - La création, elle aussi, participe-t-elle à la rédemption du monde ?
P. M. G. - Vous voulez dire : la création matérielle ? Oui, elle aussi attend la "rédemption des fils de Dieu" comme le dit saint Paul.
Anuncioblog - Débattre de ces questions, est-ce aussi une façon d'évangéliser ceux qui s'interrogent sur le sens de leur existence ?
P. M. G. - Oui, parce que la réflexion sur le sens de l'aventure humaine habite tout homme et que la lumière apportée par le christianisme est si extraordinaire qu'elle a de quoi toucher tous les hommes.
Xavi : cf. aussi sur Google, la dernière découverte concernant le « bornavirus » comme hypothèse concernant un possible saut d’espèce par ce virus qui aurait affecté de manière transmissible 8 % du génôme humain avec des effets cérébraux qui ont pu avoir un effet qualitatif décisif.
[14 janvier 2012 : Mes messages de ce fil ont été revus et intégrés dans un ensemble de réflexions sur l’évolution, la création et l’incarnation intitulé « Adam et Eve : quelle réalité concrète ? » dont le document de travail actuel est disponible dans le sous-forum de l’Ecriture Sainte :
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