Pour la question d'affirmer que ce n'est pas le bout de pain sur la patène qui sauve le monde, selon la phrase de la prière d'offertoire, ici il faut faire attention, tout ceci devient plutôt un sujet d'interprétation de la phrase. N'y a-t-il pas plutôt une anticipation de ce que deviendra ce bout de pain, et auquel le prêtre et tous les fidèles déposent leur vie, les joies et les souffrances du monde entier, un peu comme l'a fait le père Theillard dans sa «Messe sur le Monde» où il s'est retrouvé un moment sans matière pour célébrer les Saints Mystères.
Oui, tout à fait. L'argumentation de l'article sur les erreurs théologiques de l'ancien missel ne tient pas du tout. C'est même étonnant que l'auteur n'ai pas compris cela !!!!
À trop vouloir défendre le nouveau missel il finit par faire un mauvais procès de l'ancien.
Ce qui me permet d'expliquer la raison pour laquelle j'apprécie l'article. J'apprécie l'article parce que les éléments exposés sont riches et nombreux, mais l'argumentation générale, si elle me semble intéressante concernant le nouveau missel, me semble erronée en ce qui concerne l'ancien.
et oui, vous avez bien raison de souligner ce fait très étrange... et avec pour étrange résultat que la plupart des fidèles catholiques ne savent plus - quant ils l'on su même, que lorsqu'ils se rendent à la messe le dimanche, c'est pour offrir, eux, le sacrifice de lui-même que ce même Christ a offert sur la Croix et qui va être renouvellé sur l'Autel.
Non, en effet, c'est tout à fait juste.
Cependant, il me semble que la notion d'offrande n'a pas du tout disparue, elle n'est juste perceptible que si l'on porte un regard attentif sur l'ensemble du déroulement de la messe, de manière minutieuse. L'offrande sacrificielle n'est plus aussi présente textuellement que dans l'ancien missel, elle est présente dans la succession des étapes de la messe.
C'est ce que j'essayais de dire dans l'un de mes précédents messages : l'ancien missel est "baroque", illumine de toute part, surcharge pour faire mieux voir, anticipe à foison ; le nouveau est purifié, simple, et ne se saisit que dans la perception complète de son mouvement linéaire.
Au final, l'ancien missel est infiniment plus flambloyant, plus pédagogique, plus parlant, là où le nouveau est un missel pour "élites en liturgie" (si je puis m'exprimer ainsi).
Mais cela allait sans doute de pair avec l'intellectualisme écrasant des années 60 !
Mais quand on s'intéresse à la liturgie de façon sérieuse, on ne peut qu'arriver à ce genre de conclusions.
On ne peut pas faire la promotion du missel de Paul VI comme on le ferait pour le rite mozarable, le rite ambroisien, ou les liturgies orientales qui sont véritablement antiques.
Je vous prie de bien vouloir m'excuser, ma réponse était excessivement méprisante, alors que pourtant je suis, au fond, assez d'accord avec vous.
J'essaie de bien saisir notre missel. C'est celui que je pratique tous les jours, c'est la liturgie que je pratique tous les jours.
Et c'est un effort bien souvent trop intellectuel. Il faut le reconnaître, notre liturgie post-conciliaire est une liturgie "intellectuelle". Or, si mes études de philosophie, mon intérêt pour la philosophie, me poussent à regarder avec respect cet "intellectualisme", il reste qu'en bon enfant de familles paysannes j'aime aussi la beauté populaire.
Et cette beauté à malheureusement disparue de nos églises.
Alors j'essaie de bien comprendre notre liturgie "ordinaire", mais au fond de mon coeur je suis obligé de vous donner raison.
- adorer Dieu et lui rendre les honneurs qui Lui sont dûs;
- reconnaître qu'Il est le maître de la Création;
- reconnaître qu'Il est la fin et le commencement de tout;
- le remercier de tous Ses bienfaits;
- apaiser Sa justice offensée par le péché;
- satisfaire aux peines dues par nos péchés;
- implorer Sa grâce et Sa miséricorde pour nous, notre famille, nos amis, les pécheurs, les âmes du purgatoire...
Oui, cette perte c'est exactement ce que Dietrich von Hildebrand appelait la perte du sens de la discrétion : la perte du sens des priorités, de la hierarchie. Pour lui (début du XXe siècle), c'était l'un des signes majeurs de la décadence d'une civilisation (il ne le dit pas en ces termes, mais c'est l'idée).
Ce terme qui a complètement disparu de notre vocabulaire. Apparemment on disait auparavant 7 ans, l'âge discrétion. Je ne le savais pas ! On m'a toujours appris, 7 ans l'âge de raison. Mais c'est quoi ici la raison ? On ne sait pas trop. La raison arrive à 7 ans mais on est incapable d'en établir le "contenu". C'est sans doute cette raison toute savante des scientistes positivistes du XIXe.
Alors que l'âge de la discrétion, qu'elle belle expression ! L'âge de la reconnaissance des hiérarchies !
Tout cela c'est dans l'ouvrage d'Hildebrand :
Liturgie et personnalité
(tiens !), préfacé par... Joseph Ratzinger (tiens tiens

)