Au sujet de l'enfer : existe-t-il ?

« Assurément, il est grand le mystère de notre religion : c'est le Christ ! » (1Tm 3.16)
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CAPDEQUI PEYRANÈRE Lauren
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Au sujet de l'enfer : existe-t-il ?

Message non lu par CAPDEQUI PEYRANÈRE Lauren »

Personne ne semble attacher d'importance à ça mais il me semble que c'est à la racine de beaucoup de problèmes. Merci de me donner votre opinion. A bientôt! Laurent CAPDEQUI PEYRANÈRE.
Dernière modification par CAPDEQUI PEYRANÈRE Lauren le mer. 28 sept. 2005, 9:07, modifié 2 fois.
Charles
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Bonjour et bienvenue Laurent,

voici deux séries de textes tirés des Evangiles où Jésus nous explique ce qu'est l'enfer.

:arrow: « Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres : il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : 'Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ; j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi !' Alors les justes lui répondront : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu...? tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ? tu étais nu, et nous t'avons habillé ? tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ?' Et le Roi leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.'
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : 'Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges. Car j'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ; j'étais un étranger, et vous ne m'avez pas accueilli ; j'étais nu, et vous ne m'avez pas habillé ; j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité.' Alors ils répondront, eux aussi : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?' Il leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait.'
Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. » (Mat 25, 31-46)

Ses disciples s'approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l'ivraie dans le champ. » Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c'est le Fils de l'homme ; le champ, c'est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l'ivraie, ce sont les fils du Mauvais. L'ennemi qui l'a semée, c'est le démon ; la moisson, c'est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. De même que l'on enlève l'ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. Le Fils de l'homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume tous ceux qui font tomber les autres et ceux qui commettent le mal, et ils les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu'il entende ! (Mt 13, 36-43)

"Quelqu'un lui demanda : « Seigneur, n'y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? » Jésus leur dit : « Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas.
Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : 'Seigneur, ouvre-nous', il vous répondra : 'Je ne sais pas d'où vous êtes.'
Alors vous vous mettrez à dire : 'Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.' Il vous répondra : 'Je ne sais pas d'où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal.'
Il y aura des pleurs et des grincements de dents quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors
." (Lc 13, 23-28)

:arrow: "Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu" (Jn 3, 18)

"C'est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. Si, en effet, vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés. " (Jn 8, 24)

"ceux qui ont fait le bien, ressuscitant pour entrer dans la vie ; ceux qui ont fait le mal, ressuscitant pour être jugés" (Jn 5, 29)

Ce qu'il faut bien comprendre c'est que celui qui croit en Jésus n'est pas jugé mais que celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce que selon le jugement aucun n'est innocent. Si nous devions tous être jugés, personne ne serait acquité. Ce que Jésus a apporté, c'est le pardon, mais son pardon n'est pas automatique, il requiert le repentir, la foi, le pardon et l'amour. Comme il a dit "Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés." (Lc 6, 37) Si nous choisissons de nous placer dans le jugement, alors nous décrétons nous-mêmes notre condamnation, vu que nous sommes tous pécheurs. La seule issue est d'entrer dans le pardon qu'est venu apporter le Christ.
Charles
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Message non lu par Charles »

Le Christ dit : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés » (Lc 6, 37) et aussi : « ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix et sortiront : ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie, ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de jugement. » (Jn 5, 28-29).

Jugement est synonyme de mort, parce que selon la Loi tous sont coupables, et tous méritent la condamnation, ce que Saint Paul, citant le Psalmiste : « tous sont soumis au péché, comme il est écrit : Il n’est pas de juste, pas un seul... pas un qui recherche Dieu. Tous ils sont dévoyés, ensemble pervertis ; il n’en est pas un qui fasse le bien, non, pas un seul.» (Rm 3, 10-12 ; Ps 14, 1-3), commente ainsi : le monde entier est « reconnu coupable devant Dieu puisque personne ne sera justifié devant lui par la pratique de la Loi...» (Rm 3, 19-20).
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Christophe
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Enfer & Magistère

Message non lu par Christophe »

Bonsoir Laurent ! :)

Merci de nous donner l'occasion de réaffirmer notre foi catholique... :wub:

[align=center]PREMIERE PARTIE LA PROFESSION DE LA FOI
DEUXIÈME SECTION LA PROFESSION DE LA FOI CHRETIENNE
CHAPITRE TROISIEME JE CROIS EN L’ESPRIT SAINT
Article 12 " JE CROIS A LA VIE ETERNELLE "

IV. L’enfer[/align]

[align=justify]1033 Nous ne pouvons pas être unis à Dieu à moins de choisir librement de l’aimer. Mais nous ne pouvons pas aimer Dieu si nous péchons gravement contre Lui, contre notre prochain ou contre nous-mêmes : " Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. Quiconque hait son frère est un homicide ; or vous savez qu’aucun homicide n’a la vie éternelle demeurant en lui " (1 Jn 3, 15). Notre Seigneur nous avertit que nous serons séparés de Lui si nous omettons de rencontrer les besoins graves des pauvres et des petits qui sont ses frères (cf. Mt 25, 31-46). Mourir en péché mortel sans s’en être repenti et sans accueillir l’amour miséricordieux de Dieu, signifie demeurer séparé de Lui pour toujours par notre propre choix libre. Et c’est cet état d’auto-exclusion définitive de la communion avec Dieu et avec les bienheureux qu’on désigne par le mot " enfer ".

1034 Jésus parle souvent de la " géhenne " du " feu qui ne s’éteint pas " (cf. Mt 5, 22. 29 ; 13, 42. 50 ; Mc 9, 43-48), réservé à ceux qui refusent jusqu’à la fin de leur vie de croire et de se convertir , et où peuvent être perdus à la fois l’âme et le corps (cf. Mt 10, 28). Jésus annonce en termes graves qu’il " enverra ses anges, qui ramasseront tous les fauteurs d’iniquité (...), et les jetteront dans la fournaise ardente " (Mt 13, 41-42), et qu’il prononcera la condamnation : " Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel ! " (Mt 25, 41).

1035 L’enseignement de l’Église affirme l’existence de l’enfer et son éternité. Les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent immédiatement après la mort dans les enfers, où elles souffrent les peines de l’enfer, " le feu éternel " (cf. DS 76 ; 409 ; 411 ; 801 ; 858 ; 1002 ; 1351 ; 1575 ; SPF 12). La peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternelle d’avec Dieu en qui seul l’homme peut avoir la vie et le bonheur pour lesquels il a été crée et auxquels il aspire.

1036 Les affirmations de la Sainte Écriture et les enseignements de l’Église au sujet de l’enfer sont un appel à la responsabilité avec laquelle l’homme doit user de sa liberté en vue de son destin éternel. Elles constituent en même temps un appel pressant à la conversion : " Entrez par la porte étroite. Car large et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui le prennent ; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent " (Mt 7, 13-14) :

  • Ignorants du jour et de l’heure, il faut que, suivant l’avertissement du Seigneur, nous restions constamment vigilants pour mériter, quand s’achèvera le cours unique de notre vie terrestre, d’être admis avec lui aux noces et comptés parmi les bénis de Dieu, au lieu d’être, comme de mauvais et paresseux serviteurs, écartés par l’ordre de Dieu vers le feu éternel, vers ces ténèbres du dehors où seront les pleurs et les grincements de dents (LG 48).

1037 Dieu ne prédestine personne à aller en enfer (cf. DS 397 ; 1567) ; il faut pour cela une aversion volontaire de Dieu (un péché mortel), et y persister jusqu’à la fin.Dans la liturgie eucharistique et dans les prières quotidiennes de ses fidèles, l’Église implore la miséricorde de Dieu, qui veut " que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir " (2 P 3, 9) :

  • Voici l’offrande que nous présentons devant toi, nous, tes serviteurs, et ta famille entière : dans ta bienveillance, accepte-la. Assure toi-même la paix de notre vie, arrache-nous à la damnation et reçois-nous parmi tes élus (MR, Canon Romain 88).
[/align]
:arrow: http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P2J.HTM
Dernière modification par Christophe le mar. 27 sept. 2005, 7:33, modifié 2 fois.
bajulans
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le purgatoire existe

Message non lu par bajulans »

Chers Amis,

L'ami Capdequi est traumaitisé par la mort de son frère qui s'est suicidé, c'est ce que l'on apprend en visitant son blog.

Que l'enfer existe, c'est une des vérités, pour ne pas dire la vérité la plus difficile à "avaler", mais c'est aussi une vérité nécessaire, il faut bien qu'à un moment Dieu nous avertisse qu'au delà de cette limite votre billet n'est plus valable. Et la psychologie humaine le réclame car, si Dieu n'existe pas, tout est permis, mais si l'enfer n'existe pas, c'est la même chose, tout devient permis. Donc pour trente-six raisons l'enfer existe et il n'est malheureusement pas vide.

Un prêtre ancien m'avait expliqué à propos de cette vérité difficile qu'un auteur mineur avait écrit dans l'entre deux guerre, un livre pour dire qu'il se convertissait parce que l'enfer était un argument qui lui convenait, car il voyait trop d'injustices non punies, des hommes très méchants, abjects mourant dans leurs lits sans trace de repentir et que leur endurcissement l'invitait à penser que l'enfer existait et qu'il était convenable qu'il existe, d'où sa conversion au catholicisme.

Cependant, si je puis tenter de consoler Capdequi (s'il me le permet), c'est que si l'enfer existe le purgatoire aussi, ce qui est une vérité consolante.

Il existe l'anecdote fameuse du curé d'Ars, visité par une dame de la bonne société dont le mari s'était suicidé en se jetant d'un pont et qui ne priait pas pour lui, convaincue qu'il était damné. Le bon et saint curé, avant que la dame ait ouvert la bouche pour lui raconter quoique ce soit, lui dit : "Il est sauvé." L'abbé Vianney avait eu la vision que cet homme était sauvé, car il s'était repenti de son acte entre le pont et l'eau. Il avait besoin des prières de sa femme, car il était au purgatoire.

De même dans un livre sur les apparitions des âmes du purgatoire, il est mentionné l'existence d'une religieuse qui se vouait à prier pour les défunts qu'elle avait connus. Elle s'abstenait de le faire pour une femme qu'elle avait connue et qui était morte brusquement alors qu'elle vivait dans les plus grands désordres, elle en concluait que cette âme était en enfer. Cette âme lui était apparue pour lui demander des prières car elle avait été pourtant sauvée.

Ste Thérèse de l'Enfant Jésus dit quelque part qu'elle espère en Dieu, plus parce qu'Il est justice que parce qu'Il est miséricorde, parce qu'Il sait ce qu'Il a donné à l'homme et parfois, c'est fort peu et que donc Il ne réclamera pas au delà de ce qu'Il a donné. Or aujourd'hui on donne à lire aux adolescents ce pauvre Albert Camus qui prétendrait selon un ami qui me le racontait dimanche, que la seul question philosophique qui vaille, c'est la question du suicide, ce qui est, pour moi, une prise de position loufoque. Si l'on donne à lire des textes comme celui-là à des ados, qu'on ne s'étonne pas ensuite du résultat.

Jésus lui-même nous demande de ne pas juger (pour envoyer les gens en enfer, car nous sommes bien obligés de juger pour vivre, mais sur d'autres matières, bien sûr), donc la consolation de la religion pour notre ami Capdequi, sera de prier pour son frère et de ne pas désespérer de son salut.

Ne connaissant que très mal notre ami Capdequi, je ne sais si ces quelques lignes "tomberont juste", car les problématiques sont infiniment variées, mais ça m'a fait plaisir de lui en faire part.

Union de Prières.
Dernière modification par bajulans le mar. 27 sept. 2005, 8:16, modifié 1 fois.
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je ne suis qu'un pauvre laïc

Message non lu par bajulans »

Cher Laurent,

Merci de votre réponse, je ne suis qu'un pauvre laïc et un pauvre pécheur, donc très loin d'être un théologien. J'ai lu des catéchismes, des ouvrages de vulgarisation en français, voilà tout. Je préfère, et de loin la doctrine traditionnelle, cette religion naturelle de l'esprit humain, aux interprétations savantes et tarabiscotées, donc je n'ai pas lu et ne lirai pas la rubrique "enfer" du site jesusmarie.com, trop savant pour moi, je l'ai parcouru comme vous m'y invitiez, mais cela m'angoisse et donc j'arrête. L'enfer c'est une vérité qu'on doit méditer "ma non troppo" pour moi. Comme probablement pour vous, d'ailleurs.

Merci de prier pour moi et pour mes enfants et leur mère, le lefebvrisme nous a mis dans une drôle de situation.

J'ai une tendresse particulière pour les gens qui souffrent, les petits, les pauvres, les désespérés. Je prierai, selon mes pauvres prières (je ne suis pas un ermite, Cher Laurent, mais un laïc dans le monde) pour votre frère et pour vous, comme je vous demande de prier pour moi.

En ce qui concerne le diable, contrairement à ce que l'on pense, il ne faut ni haïr, ni maudire le diable. C'est le reproche que faisait St Benoît Labre à un de ses compagnon d'infortune (de le maudire). Il s'est maudit lui-même, mais c'est une pauvre créature comme nous, c'est un "pauvre diable", même si, bien sûr, il faut beaucoup se méfier de lui car il n'est pas très catholique, si vous voyez ce que je veux dire. Le mieux, c'est quand même de l'ignorer la plupart du temps, car là aussi, ça embrouille tout et n'est pas bon pour l'équilibre nerveux.

Dernier conseil paternel (il me semble que je pourrais être votre père, vu mon âge), allez donc consulter un prêtre sur toutes ces questions, ce sont les "spécialistes" de la théologie et de la prière. Ils sont là pour ça, en quelque sorte.

A +

Amicalement.
Loué soit Jésus-Christ
CAPDEQUI PEYRANÈRE Lauren
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Message non lu par CAPDEQUI PEYRANÈRE Lauren »

Bonjour à bajulans et merci à Notre Seigneur de me l'avoir donné pour frère et non pour père! J'ai entamé une discussion avec Charles sur Hans Urs von Balthasar. Peut-être est-il prêtre? Moi, je ne connais aucun prêtre avec qui je puisse parler de la non-existence de l'enfer. Je prierai pour que le Lefevrisme cesse ses ravages. Bien à vous: Laurent CAPDEQUI PEYRANÈRE.

Grâce soit rendue à Charles qui me permet de vous signaler http://communio-icr.com/articles/PDF/PCasarella.pdf
Peut-être m'est il encore permis de préciser que cet article ne va pas assez loin et ne reflète pas d'après moi la pensée ultime de Hans Urs von Balthasar.
Dernière modification par CAPDEQUI PEYRANÈRE Lauren le mar. 27 sept. 2005, 15:14, modifié 1 fois.
Charles
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Message non lu par Charles »

CAPDEQUI PEYRANÈRE Lauren a écrit : Je reprends un peu votre dernier message: "La négation de l'existence de l'enfer semble supposer que nous puissions être sauvés malgré nous, contre notre liberté, c'est-à-dire sans notre amour..." C'est archi-faux!
Si le Christ nous appelle à la conversion et nous exorte à choisir la porte étroite, c'est bien parce que nous sommes libres et que nous pouvons aussi choisir les chemins de perdition. Répondre librement au Christ et aller vers lui, c'est l'aimer. Si nous étions sauvés sans que nous lui répondions librement et sans aller vers lui, nous serions sauvés sans l'aimer, contre notre liberté.
CAPDEQUI PEYRANÈRE Lauren a écrit :Je pense que je n'ai pas la même conception que vous, ni de la liberté, ni de l'amour. Je dirais juste pour vous inquiéter que mon idée de la liberté humaine est inférieure à mon idée de la liberté divine. Et je pense aussi que l'amour divin et l'amour humain sont différents! Vous me citerez peut-être Jésus nous ordonnant de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés? Je répondrai que Jésus parlait de son amour humain pour nous.
L'amour est précisément ce qui en l'homme est à l'image de Dieu. Il n'y a pas dans le Christ un amour humain et un amour divin, il n'y a qu'un seul amour, d'une seule personne qui est le Fils. Quand Le christ dit qu'il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime, il égale l'amour de l'homme à celui de Dieu. Nous seulement selon l'essence de l'amour mais en plus selon sa perfection. Quand saint Paul dit qu'une seule chose au monde ne passera pas et que c'est l'amour, il dit que l'amour que nous vivons aujourd'hui et celui que nous vivrons au ciel est le même. L'amour est la seule chose dont nous soyons capable et dans laquelle Dieu ne se sente pas à l'étroit. Si l'on aime sur terre on est déjà relié au ciel et il n'y a rien d'autre que l'amour qui nous y relie.
CAPDEQUI PEYRANÈRE Lauren a écrit :"C'est donc une sorte d'accusation portée contre Dieu qui créa l'homme dans l'innocence pour qu'il soit heureux dans l'innocence." Je n'accuse pas Dieu. Je l'aime autant que je crois pouvoir.
Je ne sais pas si Dieu a créé l'homme dans l'innocence. Pour qu'il soit heureux je le crois mais sur terre, le bonheur fait bon ménage avec le malheur. Je vous laisse le soin de m'expliquer comment le péché engendre le malheur. J'espère que nos malheurs auront une fin et pas nos bonheurs. J'attends ce jour promis avec impatience et grande incompréhension. Qu'appelez-vous "retrouver l'innocence perdue"? Vous parlez sans doute de la confession?
Vous pensez donc que Dieu a créé un homme coupable ? Que le péché est naturel ? Que Dieu est un pervers qui crée l'homme coupable et en même temps le condamne ?

Nous seulement le Christ restaure l'homme dans l'état d'avant la chute mais il lui fait connaître ce qu'il ne connaissait pas.
_______________________________

Un mot sur Balthasar. Peut-être ne pas tirer de conclusions trop hâtives...

"C'est une lacune de la théologie occidentale, que de ne pas peser assez sérieusement de quoi Dieu nous a rachetés. Ce "de quoi" (...) n'est rien de moins que l'enfer, l'éternelle exclusion du lieu où est Dieu." (Hans-Urs von Balthasar, Dieu et l'homme d'aujourd'hui, DDB, p 263)
CAPDEQUI PEYRANÈRE Lauren
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Message non lu par CAPDEQUI PEYRANÈRE Lauren »

Bonjour! Si vous croyez que l'amour humain égale ou peut égaler l'amour divin, nous ne pouvons pas nous entendre. Dieu a créé par amour. L'homme est évidemment incapable de l'imiter. Pourtant, c'est bien l'amour divin qui est créateur...
Je n'ai jamais dit que Dieu avait créé l'homme coupable. Peut-être l'a-t-il créé capable de pécher? Mais je préfère ne pas trop parler du péché, vu les c. que nous avons été capables de dire à ce sujet...
Je vous ai laissé le soin de m'expliquer le lien entre le péché et le malheur mais je vous félicite de ne pas vous y être risqué!
Je ne trouve nulle part sur internet le livre que vous citez. Il doit bien dater. Je sais qu'Hans Urs von Balthasar a évolué dans sa pensée. Il s'est je pense de plus en plus approché de la vérité. Dans ce passage que vous citez, on voit clairement Urs se poser la question essentielle: de quoi? Il répond provisoirement "l'enfer", avant de réfléchir sur ce que c'est... Il a fini sa vie sur ce problème puisque son dernier livre est: "L'enfer, une question".
P.S. N'oubliez pas de me dire comment je pourrais faire passer mes idées sur la censure!
Charles
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Message non lu par Charles »

CAPDEQUI PEYRANÈRE Lauren a écrit :Bonjour! Si vous croyez que l'amour humain égale ou peut égaler l'amour divin, nous ne pouvons pas nous entendre. Dieu a créé par amour. L'homme est évidemment incapable de l'imiter. Pourtant, c'est bien l'amour divin qui est créateur...
Je n'ai pas dit que l'homme était créateur comme Dieu l'est. Dieu crée par amour mais Dieu vit déjà la plénitude de l'amour en lui-même. La création n'est pas une conséquence nécessaire de son amour et elle ne lui ajoute ni ne lui retire rien. Mais j'ai dit que l'amour dont nous sommes capables n'est pas différent de l'amour de Dieu. Il est le Créateur qui aime, l'homme est sa créature qui aime, l'amour est une relation, à deux... au moins. Trois dans le cas de la Trinité.
CAPDEQUI PEYRANÈRE Lauren a écrit :Je n'ai jamais dit que Dieu avait créé l'homme coupable.
"Je ne sais pas si Dieu a créé l'homme dans l'innocence"... pouvait le laisser penser.
CAPDEQUI PEYRANÈRE Lauren a écrit :Peut-être l'a-t-il créé capable de pécher? Mais je préfère ne pas trop parler du péché, vu les c. que nous avons été capables de dire à ce sujet...
Dans ce cas, autant ne pas parler de l'enfer...
CAPDEQUI PEYRANÈRE Lauren a écrit :Je vous ai laissé le soin de m'expliquer le lien entre le péché et le malheur mais je vous félicite de ne pas vous y être risqué!
Deux conséquences du péché sont suffisament malheureuses pour ne pas avoir à faire une longue liste : la solitude et la mort. Le péché détruit les liens d'amour et il nous fait mourir. Nier l'enfer c'est donc d'une certaine manière, prétendre que Dieu ne nous a pas créés pour l'amour et la vie, que l'innocence, l'amour et la vie ne sont pas ce que Dieu a prévu pour notre bonheur. Il faut voir comment la négation de l'enfer retentit sur la création et comment c'est une contestation de la création telle que Dieu l'a voulue. C'est dire que Dieu était insensé, qu'il manquait de sagesse, en se félicitant de sa création et de sa créature innocente.

De plus, il est impossible du point de vue chrétien d'envisager un salut qui oublie la liberté. Car dans ce cas, il oublierait l'amour.
CAPDEQUI PEYRANÈRE Lauren a écrit :Je ne trouve nulle part sur internet le livre que vous citez. Il doit bien dater. Je sais qu'Hans Urs von Balthasar a évolué dans sa pensée. Il s'est je pense de plus en plus approché de la vérité. Dans ce passage que vous citez, on voit clairement Urs se poser la question essentielle: de quoi? Il répond provisoirement "l'enfer", avant de réfléchir sur ce que c'est... Il a fini sa vie sur ce problème puisque son dernier livre est: "L'enfer, une question".!
Ce n'est pas une de ses dernières oeuvres mais on y retrouve déjà les grands thèmes "balthassariens". Vous faites un gros contresens, ici, il n'est pas question de nier que ce soit de l'enfer que nous soyons rachetés mais justement de poser que nous puissions en être rachetés. En fait, cette proposition de Balthasar irait plutôt dans votre sens... bien qu'il ne soit pas (encore?) question de contester l'existence de l'enfer. La suite du texte est une méditation sur le passage du christ à travers l'enfer (Deuxième partie, chapitre III. "Perdition", 2. "La marche à travers l'enfer")... ;-)
Dernière modification par Charles le mar. 27 sept. 2005, 18:16, modifié 1 fois.
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Hélène
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Message non lu par Hélène »

J'ai retrouvé le texte que je cherchais concernant l'absurde du refus du don qui nous est offert en Jésus-Christ et la possibilité réelle de passer à côté, càd, de refuser le don parce que trop centré sur soi-même et d'en mourir, spirituellement autant que physiquement (c'est tout le drame de l'athéisme contemporain) :
Un voyageur est perdu dans le désert. Desséché par le soleil, il voit un oasis au loin. "Ah !" pense-t-il, "un mirage essaie de m'abuser." Il s'approche de l'oasis, mais celle-ci ne disparaît pas. Il voit clairement les dattes, l'herbe et même une source. " "Rien qu'une illusion forgée par mon esprit qui divague ! Ces phantasmes viennent si facilement dans ma situation désespérée: projection ! J'entends même le chant d'une eau qui coule: hallucination auditive sans doute ! Oh, que la nature est cruelle !" Un peu plus tard, deux bédouins le trouvent mort. Le premier dit à l'autre: "C'est à n'y rien comprendre: les dattes lui tombent presque dans la bouche, et cependant il est mort de faim; l'eau de la source coule à ses côtés, et cependant, il a succombé à la soif. Comment est-ce possible ?" L'autre lui répond: "C'était un moderne: il est mort de la crainte de ses projections."
Pierre Van Breeman, Tu as du prix à mes yeux, Les Éditions Bellarmins, Montréal, 1986 (Traduits de l'ouvrage original neerlandais Certain as the dawn)
:)
"Le Père n'a dit qu'une seule Parole, c'est son Fils et, dans un éternel silence, il la prononce toujours". (Saint Jean de la Croix)
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Message non lu par CAPDEQUI PEYRANÈRE Lauren »

Bonjour,
je tiens à vous saluer. Je viens de passer 9 mois dans un hôpital psychiatrique. Je suis prêt à reprendre le combat. Mes idées ont-elles évolué?
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