AdoramusTe a écrit :Bonjour,
L'émission "La foi prise au mot", hier soir sur KTO, était consacrée au pontificat de Paul VI.
Pour en parler étaient invités Christophe Geffroy (La Nef) et Gérard Leclerc (France Catholique).
Il a bien entendu été question de liturgie.
A revoir ici :
http://www.ktotv.com/videos-chretiennes ... i/00055884
Merci pour cette vidéo.
J'ai appris des choses, comme le qualificatif de "Hamlet" que Jean XXIII donnait au futur Paul VI, ou (plus significatif) le rôle essentiel du Card. Wojtyla dans Humanae Vitae.
J'ai quand même du mal à avaler les dégâts que Paul VI a fait concernant "l’action sacrée par excellence" (Sacrosanctum Concilium), la liturgie: pas seulement le nouveau missel, mis en place avec la ferme intention de mettre fin à la célébration de l'existant, mais aussi le charcutage et le remplacement de TOUS les rituels, la suppression des ordres mineurs, la façon dont la tradition du latin a été "sacrifiée pour un plus grand bien", là où le Concile avait demandé qu'elle soit maintenue nonobstant l'autorisation d'une certaine dose de vernaculaire, etc...
Je vois un point commun à tous ces changements: un manque de respect pour la tradition de l'Eglise, qui aurait dû pousser à reculer devant des changements d'une telle ampleur. Le Pape est le gardien et le serviteur de la Tradition, comme l'avait rappelé le Concile Vatican I, pas un monarque absolu. Un patriarche ne défait pas impunément le travail commun de tous ses prédécesseurs. Pie IX, le Pape de Vatican I, un des papes réputés les plus autoritaires de l'histoire, avait pourtant refusé d'introduire simplement la mention de St Joseph dans le Canon romain parce qu'il considérait qu'il n'était "que" Pape... la conscience qu'il n'avait pas de pouvoir sur ces choses-là était manifestement encore forte à ce moment.
A peine quelques décennies plus tard, la liturgie était entrée dans une phase de révolution permanente, et il faut bien dire à la décharge de Paul VI qu'il avait de mauvais exemples devant les yeux: la réforme du bréviaire de Saint Pie X, la réforme de la Semaine Sainte sous Pie XII avec ses innombrables changements sous prétexte de remettre (fort justement) la veillée pascale à l'honneur, les réformes du missel de 1962 (je commence à en découvrir beaucoup: Saint Joseph, mais aussi des tas de modifications rubricales... pas franchement pratiques d'après ceux qui doivent les appliquer...), etc... Les réformes de Paul VI n'ont été que l'aboutissement tragique de cette démarche.
Le paradoxe que je relève, c'est que les réformes liturgiques de Paul VI ont été le summum de ce que j'appellerais l'"esprit de Vatican I" (esprit bien différent des textes tout comme son successeur l'"esprit de Vatican II"), l'esprit d'un Pape conçu en tant que monarque absolu qui doit décider de tout dans l'Eglise, et qu'à la fin de son pontificat, l'autorité papale s'est trouvée extrêmement diminuée. Cet esprit absolutiste a sans doute mis une charge et un pouvoir excessifs sur un homme pas forcément préparé...
Maintenant, Paul VI a aussi clairement été le Porte-Parole de la Chaire de Pierre, n'en déplaise aux sédévacantistes... l'encyclique prophétique Humanae Vitae, ou le Credo du Peuple de Dieu sont vraiment des actes par lesquels le Pape a rappelé à l'Eglise universelle ce qui est contenu dans le dépôt de la Foi... ce qu'on attend avant tout d'un Pape.
In Xto,
archi.