La création et le choix originel des anges
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Alors je crois aussi qu'ils ont le libre arbitre mais ils ne peuvent plus en abuser comme des hommes.James a écrit :L'Ange, vous avez oublié le fait que les anges ont le libre arbitre aussi tout comme les hommes, sans quoi, la rebellion de satan n'aurait pas de sens et n'aurait pu se produire...
Paix
Avant la chute de Lucifer et des autres anges révoltés ils le pouvaient faire mais après
la rébellion le Dieu a fait quelque chose avec les anges restés fidèles ainsi qu'ils ne peuvent plus 'tomber'.
La même chose sera fait avec les âmes des hommes sauvés.
Cela c'est aussi de Saint Thomas d'Aquin mais je ne me rappelle pas où justement ça a été écrit.
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La création et le choix originel des anges
Il chute !leiazel a écrit :Quelle(s) sanction(s) pour un ange qui ne suit pas les "ordres", sa mission?
Ca veut dire qu'il devient de facto un démon : un démon n'est rien de plus qu'un ange qui a refusé de servir Dieu. Et comme un ange est toujours en parfaite cohérence avec lui-même, c'est l'être raisonnable par excellence, l'orientation qu'il prend il la prend pour l'éternité.
Ainsi en est-il de Satan qui, comme vous le décrivez dans votre projet, a tellement voulu aider l'homme qu'il a oublié que c'était pour servir Dieu. Il a fait chuter l'homme et il a chuté avec lui. Pas parce que Dieu est méchant ! Parce que Dieu est la finalité dernière et qui si on oublie ça, on se détourne soi-même de la vérité, et on s'exclue de fait de son Amour.
Aujourd'hui Satan continue pour l'éternité de servir l'homme déchu (c'est-à-dire de l'entretenir dans sa condition déchue) au lieu de servir Dieu en guidant l'homme vers son salut. Merci d'avoir voulu nous aider !!!
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
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Re: Une question sur les anges
Une chose me gêne encore dans cette affirmation... D'une part, j'ai l'impression de lire Dieu savait que l'homme chuterait et c'est ainsi qu'il a envoyé le démon au Paradis terrestre non pas pour que l'homme soit tenté, mais pour que l'homme soit tenté et tombe. D'autre part, en lisant ces deux lignes, j'ai l'impression que lui aussi est omniscient... C'est peut-être la formulation de ces deux phrases qui a besoin d'éclaircissements...La Chartreuse a écrit :Par son omniscience Dieu savait que l'homme chuterait et que le Rédempteur viendrait.
Voilà pourquoi, le démon était au travail dans le Paradis terrestre.
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Re: Une question sur les anges déchus
En fait les Pères de l'Eglise comme Irénée de Lyon avait développé une théorie de la jalousie des démons à l'égard de l'homme, St Bernard suivra en approfondissant ce thème. Saint Thomas et les scolastiques, grâce aux progrès des connaissances théologiques spéculatives, développerons l'objet du péché d'orgueil de l'ange comme une tentative de vouloir être "comme Dieu" :boisvert a écrit :J'ai lu ceci : "Les anges déchus l'ont été pour avoir refusés le mystère de l'Incarnation", et je voudrais bien savoir si cette affirmation est théologiquement correcte. Merci pour vos éclaircissements !
Bibliographie : S-Th BONINO, o. p., "Quel péché ?" dans Les anges et les démons, Bibliothèque de la revue thomiste, 2007, Paris, Parole et Silence, p. 206-212.BONINO, p. 210 a écrit :Non pas être semblable à Dieu en tant qu'il ne dépend de rien purement et simplement, car l'ange sait bien qu'il ne peut exister qu'en recevant l'être de [Dieu]. Mais il a voulu être semblable à Dieu en tant que Dieu est à lui-même, par nature, sa propre fin.
PS édit du 15/06/2010 : La nature du péché angélique pour la tradition chrétienne
Dernière modification par Olivier C le mar. 15 juin 2010, 1:13, modifié 1 fois.
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Re: Une question sur les anges déchus
PS : références de la Somme Théologique de St Thomas : Ia, q. 63, a. 2.
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Re: Une question sur les anges
Tiens la Chartreuse ! Cela faisait longtemps ! Justement je suis revenu sur ce site pour reprendre cette conversation là où nous l'avions laissé sur "Dieu sans idée du mal".La Chartreuse a écrit :Par son omniscience Dieu savait que l'homme chuterait et que le Rédempteur viendrait.
Et donc pour résumer le P. Garrigues, en développant une intuition de St Thomas (titre de son livre), n'était pas d'accords avec votre affirmation que j'encadre. Si vous avez le temps (en fait c'est moi qui en manque !) j'aimerais reprendre cette conversation là où nous l'avions laissé : c'était sur un topic à propos de l'enfer ailleurs sur ce forum...
Bien à vous
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Re: Une question sur les anges déchus
Par rapport à toutes les questions soulevées ici je met en ligne sur mon site un article du dominicain, le P. Bonino, sur l'objet du péché des anges :
Quel est l'objet du péché des anges ?
Je pense que celui-ci est à même de répondre à certaines interrogations soulevées ici, il a en tout cas matière pour approfondir la réflexion.
Bien à vous
Quel est l'objet du péché des anges ?
Je pense que celui-ci est à même de répondre à certaines interrogations soulevées ici, il a en tout cas matière pour approfondir la réflexion.
Bien à vous
Dernière modification par Olivier C le mar. 15 juin 2010, 1:14, modifié 1 fois.
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Re: Une question sur les anges déchus
Dieu étant omniscient, Il sait tout, passé, présent et avenir. Dieu sait ainsi lesquels d'entre nous seront damnés, ça ne veut pas dire qu'Il le souhaite.Boisvert a écrit :D'une part, j'ai l'impression de lire Dieu savait que l'homme chuterait et c'est ainsi qu'il a envoyé le démon au Paradis terrestre non pas pour que l'homme soit tenté, mais pour que l'homme soit tenté et tombe.
Les anges ne savent que ce que Dieu leur permet de savoir. Dieu a donc pu permettre aux anges de connaître le mystère de l'Incarnation, d'où la révolte de certains anges scandalisés que Dieu prenne chair d'une créature inférieure, outrés à la vision de Marie reine du Ciel, cette créature si humble trônant plus haut que les anges.Boisvert a écrit :D'autre part, en lisant ces deux lignes, j'ai l'impression que lui aussi est omniscient...
Catholic encyclopedia a écrit :Although nothing definite can be known as to the precise nature of the probation of the angels and the manner in which many of them fell, many theologians have conjectured, with some show of probability, that the mystery of the Divine Incarnation was revealed to them, that they saw that a nature lower than their own was to be hypostatically united to the Person of God the Son, and that all the hierarchy of heaven must bow in adoration before the majesty of the Incarnate Word; and this, it is supposed, was the occasion of the pride of Lucifer (cf. Suarez, De Angelis, lib. VII, xiii). As might be expected, the advocates of this view seek support in certain passages of Scripture, notably in the words of the Psalmist as they are cited in the Epistle to the Hebrews: "And again, when he bringeth in the first-begotten into the world, he saith: And let all the angels of God adore Him" (Hebrews 1:6; Psalm 96:7). And if the twelfth chapter of the Apocalypse may be taken to refer, at least in a secondary sense, to the original fall of the angels, it may seem somewhat significant that it opens with the vision of the Woman and her Child. But this interpretation is by no means certain, for the text in Hebrews 1, may be referred to the second coming of Christ, and much the same may be said of the passage in the Apocalypse.
Première Epitre à Timothée 3, 16 a écrit :Et sans contredit, grand est le mystère de la piété, le mystère de celui qui a été manifesté en chair, a été justifié par l’Esprit, a été vu des anges, a été prêché chez les Gentils, a été cru dans le monde, a été ravi dans la gloire.
Somme Théologique, Ia, 57.5 a écrit :1. On peut parler du mystère de l'Incarnation de deux façons. En un sens général, il a été révélé à tous les anges dès le principe de leur béatitude; car ce mystère est le principe général auquel tous leurs offices sont ordonnés, comme le dit S. Paul (He 1, 14): "Tous sont des esprits en service, envoyés comme serviteurs pour le bien de ceux qui doivent recevoir l'héritage du salut." Or, ce salut s'opère par le mystère de l'Incarnation: il fallait donc que tous les anges en fussent instruits d'une manière générale dès le début.
Nous pouvons aussi considérer les conditions spéciales de la réalisation des mystères. En ce sens, il n'est pas vrai que tous les anges aient été instruits de tout dès le début; et même les anges supérieurs ont par la suite appris certaines choses à ce sujet
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Le choix originel des anges
J'avais pensé qu'avoir des sentiments d'amour envers Satan parce qu'il n'a pas pu être convaincu par la Vie pouvaient peut-être contrarier ses tendances anti-Vie. Je parle bien du personnage, pas du mal! (Ce serait un peu comme avoir de l'amour pour un pécheur). A moins que Satan ne soit pas un personnage, mais le mal "personnifié" - Ce n'est peut-être pas très clair pour moi, d'où ma question. Dans cette idée, j'avais imaginé qu'il pourrait être comme nous, c'est à dire une créature qui n'a pas pu s'empêcher de faire des choix de néant...
Puis je me pose d'autres questions. Par exemple, pourquoi Satan, s'il est bien un personnage, aurait-il choisi de ne pas aller vers la Vie? On pourrait imaginer que ne pas aller vers la Vie, c'est manquer de connaissances (enfin, c'est souvent comme ça que je le ressens) mais en même temps, il semble que ce personnage ou cette entité soit présenté comme un être qui ne manque pas de connaissances (au contraire, on l'appelle aussi Lucifer, porteur de lumière ou d'intelligence). Par contre, Adam et Eve ne l'avaient pas cette connaissance, puisqu'ils se l'ont vue proposer par Satan justement, d'après ce que j'ai lu. Et pourquoi Dieu aurait-il créé des créatures ne disposant pas de l'éclairage nécessaire pour faire un choix... éclairé justement? A moins que ne pas avoir la connaissance et juste de la confiance était LA voie? Mais alors pourquoi avoir un cerveau? Est-ce que nos capacités de réflexion sont une conséquence du mal? Pourquoi marine-t-on dans l'inconnaissance?
Bref, mes questions partent un peu dans tous les sens mais elles pourraient presque se résumer de la façon suivante: à quoi rime tout ça? Ça parait incompréhensible!
Je suis aussi intéressée par les avis des membres du forum se définissant comme athées.
Puis je me pose d'autres questions. Par exemple, pourquoi Satan, s'il est bien un personnage, aurait-il choisi de ne pas aller vers la Vie? On pourrait imaginer que ne pas aller vers la Vie, c'est manquer de connaissances (enfin, c'est souvent comme ça que je le ressens) mais en même temps, il semble que ce personnage ou cette entité soit présenté comme un être qui ne manque pas de connaissances (au contraire, on l'appelle aussi Lucifer, porteur de lumière ou d'intelligence). Par contre, Adam et Eve ne l'avaient pas cette connaissance, puisqu'ils se l'ont vue proposer par Satan justement, d'après ce que j'ai lu. Et pourquoi Dieu aurait-il créé des créatures ne disposant pas de l'éclairage nécessaire pour faire un choix... éclairé justement? A moins que ne pas avoir la connaissance et juste de la confiance était LA voie? Mais alors pourquoi avoir un cerveau? Est-ce que nos capacités de réflexion sont une conséquence du mal? Pourquoi marine-t-on dans l'inconnaissance?
Bref, mes questions partent un peu dans tous les sens mais elles pourraient presque se résumer de la façon suivante: à quoi rime tout ça? Ça parait incompréhensible!
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Re: Satan et la connaissance
Peut-être trouverez-vous des éléments de réponses dans ces fils de discussion...
Faut-il aimer les démons et Satan ?
D'où ça vient, le mal ?
Enfer, Satan, Lucifer, Malin...
Faut-il aimer les démons et Satan ?
D'où ça vient, le mal ?
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"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…".
2 Co 4, 8-10
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…".
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Re: Satan et la connaissance
A moins que ne pas avoir la connaissance et juste de la confiance était LA voie?
C'est une remarque fort judicieuse. Si on regarde bien le récit de la Genèse, même en ne prenant pas la description de chaque élément au pied de la lettre, on voit que ce que Dieu demande à l'homme et à la femme c'est d'abord un acte de confiance - donc un acte de foi, au vrai sens du terme : la foi ça n'est pas "croire que Dieu existe", c'est choisir de tourner sa vie et ses actes vers Dieu, avec confiance.
Un acte de confiance malgré une connaissance limitée, donc. C'est à dire, choisir de suivre Dieu parce qu'on lui fait confiance, qu'on a confiance en son amour, sans exiger de preuves "mathématiques".
Ceci, cependant, ne veut pas dire qu'on soit dans l'ignorance totale : si les conséquences de l'acte de désobéissance d'Adam et Eve furent si lourdes, c'est bien que leur responsabilité était lourde, et si leur responsabilité était lourde, c'est bien parce qu'ils avaient les moyens de voir et de comprendre où était le bon choix. Il ne s'agissait pas d'une simple erreur de perspective ou d'inattention, mais bien d'un choix réellement libre - or, un choix, pour être libre, suppose bien une certaine connaissance de l'acte posé et de ses conséquences.
La confiance, donc, n'implique pas l'ignorance : la foi, ce n'est pas se lancer au hasard. Mais, la confiance (l'amour) dépasse la connaissance purement intellectuelle. La confiance va au-delà de ce que l'on peut prévoir et prouver.
Une bonne illustration de ceci est la relation d'amour entre l'homme et la femme (dont on remarquera qu'elle est souvent, dans la Bible, utilisée comme image de la relation entre Dieu et les Hommes, ou entre Dieu et son peuple) :
si je crois fermement à l'amour de mon épouse :
. ce n'est pas une croyance fondée sur l'ignorance, je ne crois pas cela aveuglément, en l'absence de tout élément probant : j'ai à ma disposition une foule de faits, de paroles, de gestes, d'actes, plus son affirmation directe, qui tous tendent à montrer, exprimer, illustrer cet amour ;
. cependant, je n'ai pas de preuve mathématique, intellectuelle, de cet amour ; si je voulais douter, je le pourrais toujours : je pourrais toujours me dire que "si ça se trouve" elle ment, ou qu'elle se trompe, ou me trompe, ou que ses affirmations ne sont que de façade, ou qu'il y a autre chose, un autre but, d'autres motivations no avouées, etc...
Je le peux toujours : car toute cette partie de son être, le cœur même de son être, échappe à ma connaissance directe, intellectuelle. Pour connaître le cœur même de son être, je suis obligé de faire acte de confiance dans ce qu'elle même m'en dit et m'en montre (ce qu'elle m'en dit non seulement de vive voix, mais également spontanément par ses actes).
Mais il n'y a pas de preuve d'amour au sens de la preuve mathématique qui force l'adhésion - si je vois sous mes yeux une démonstration mathématique et que je le comprenne, je ne peux absolument pas refuser le résultat, même s'il ne me plaît pas ; mais en amour, les preuves d'amour ne sont des preuves d'amour que dans la mesure où on est déjà prêt à croire à l'amour de cette personne : il n'y a pas de preuve qui force mon adhésion, il faut à un moment donné un acte libre, entièrement libre de ma part et non déterminé, qui consiste à se tourner vers cet autre, à m'ouvrir à lui, et à croire à son amour.
La relation de confiance que Dieu demande à l'Homme est de la même sorte :
Dieu dit, en quelque sorte : "tu as largement de quoi te montrer mon amour (Adam et Eve avait toute la création sous les yeux, ils en étaient établis gérants, une création même pas encore brisée par le péché, tout de même), et maintenant, fais moi confiance".
Arrive Satan qui fait remarquer : "mais, tu peux toujours te dire que, si ça se trouve, Dieu a d'autres intentions secrètes, qu'il essaye de te tromper" (relisez le récit de la tentation dans la Genèse : c'est justement cela que suggère le serpent). Et l'Homme, acceptant de considérer ce point et de supposer en Dieu de mauvaises intentions, brise et rejette la relation de confiance.
C'est une remarque fort judicieuse. Si on regarde bien le récit de la Genèse, même en ne prenant pas la description de chaque élément au pied de la lettre, on voit que ce que Dieu demande à l'homme et à la femme c'est d'abord un acte de confiance - donc un acte de foi, au vrai sens du terme : la foi ça n'est pas "croire que Dieu existe", c'est choisir de tourner sa vie et ses actes vers Dieu, avec confiance.
Un acte de confiance malgré une connaissance limitée, donc. C'est à dire, choisir de suivre Dieu parce qu'on lui fait confiance, qu'on a confiance en son amour, sans exiger de preuves "mathématiques".
Ceci, cependant, ne veut pas dire qu'on soit dans l'ignorance totale : si les conséquences de l'acte de désobéissance d'Adam et Eve furent si lourdes, c'est bien que leur responsabilité était lourde, et si leur responsabilité était lourde, c'est bien parce qu'ils avaient les moyens de voir et de comprendre où était le bon choix. Il ne s'agissait pas d'une simple erreur de perspective ou d'inattention, mais bien d'un choix réellement libre - or, un choix, pour être libre, suppose bien une certaine connaissance de l'acte posé et de ses conséquences.
La confiance, donc, n'implique pas l'ignorance : la foi, ce n'est pas se lancer au hasard. Mais, la confiance (l'amour) dépasse la connaissance purement intellectuelle. La confiance va au-delà de ce que l'on peut prévoir et prouver.
Une bonne illustration de ceci est la relation d'amour entre l'homme et la femme (dont on remarquera qu'elle est souvent, dans la Bible, utilisée comme image de la relation entre Dieu et les Hommes, ou entre Dieu et son peuple) :
si je crois fermement à l'amour de mon épouse :
. ce n'est pas une croyance fondée sur l'ignorance, je ne crois pas cela aveuglément, en l'absence de tout élément probant : j'ai à ma disposition une foule de faits, de paroles, de gestes, d'actes, plus son affirmation directe, qui tous tendent à montrer, exprimer, illustrer cet amour ;
. cependant, je n'ai pas de preuve mathématique, intellectuelle, de cet amour ; si je voulais douter, je le pourrais toujours : je pourrais toujours me dire que "si ça se trouve" elle ment, ou qu'elle se trompe, ou me trompe, ou que ses affirmations ne sont que de façade, ou qu'il y a autre chose, un autre but, d'autres motivations no avouées, etc...
Je le peux toujours : car toute cette partie de son être, le cœur même de son être, échappe à ma connaissance directe, intellectuelle. Pour connaître le cœur même de son être, je suis obligé de faire acte de confiance dans ce qu'elle même m'en dit et m'en montre (ce qu'elle m'en dit non seulement de vive voix, mais également spontanément par ses actes).
Mais il n'y a pas de preuve d'amour au sens de la preuve mathématique qui force l'adhésion - si je vois sous mes yeux une démonstration mathématique et que je le comprenne, je ne peux absolument pas refuser le résultat, même s'il ne me plaît pas ; mais en amour, les preuves d'amour ne sont des preuves d'amour que dans la mesure où on est déjà prêt à croire à l'amour de cette personne : il n'y a pas de preuve qui force mon adhésion, il faut à un moment donné un acte libre, entièrement libre de ma part et non déterminé, qui consiste à se tourner vers cet autre, à m'ouvrir à lui, et à croire à son amour.
La relation de confiance que Dieu demande à l'Homme est de la même sorte :
Dieu dit, en quelque sorte : "tu as largement de quoi te montrer mon amour (Adam et Eve avait toute la création sous les yeux, ils en étaient établis gérants, une création même pas encore brisée par le péché, tout de même), et maintenant, fais moi confiance".
Arrive Satan qui fait remarquer : "mais, tu peux toujours te dire que, si ça se trouve, Dieu a d'autres intentions secrètes, qu'il essaye de te tromper" (relisez le récit de la tentation dans la Genèse : c'est justement cela que suggère le serpent). Et l'Homme, acceptant de considérer ce point et de supposer en Dieu de mauvaises intentions, brise et rejette la relation de confiance.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
Re: Satan et la connaissance
Quant à Satan lui-même : selon certaines interprétations, plein de sa grande connaissance, justement, il refuserait cette relation d'amour qui exige de dépasser ses propres capacités, d'aller au-delà de ce que notre intelligence peut prévoir, calculer et maîtriser.
C'est l'illustration qu'en donne C.S.Lewis dans "Tactiques du Démon" (où on voit un démon qui ne comprend pas l'amour de Dieu, qui ne veut pas le comprendre, et qui suppose une autre intention derrière l'amour, toute de calculs et d'intellect), ou Fabrice Hadjadj dans "la foi des démons" (lectures fort conseillées en réponse à vos questions).
S'agissant d'une intelligence immédiate, cependant, ses choix seraient définitifs puisqu'il considère tout, sans voile, au moment de son choix, sans qu'il y ait "essai et erreur". Aussi il lui serait impossible, par nature, de se repentir et de revenir sur son choix.
Il vaut mieux s'en tenir éloigné et ne pas trop se poser la question de l'aimer : laissez donc à Dieu cette question. Ce que nous pouvons faire, par contre, c'est considérer et voir que même Satan n'est pas "le ma absolu", qu'il n'existe pas quelque chose qui serait "le mal absolu" : en Satan ce qui vient de Dieu est bon : son être, son existence qu'il tire de Dieu, son intelligence... simplement, il en use de façon mauvaise.
C'est l'illustration qu'en donne C.S.Lewis dans "Tactiques du Démon" (où on voit un démon qui ne comprend pas l'amour de Dieu, qui ne veut pas le comprendre, et qui suppose une autre intention derrière l'amour, toute de calculs et d'intellect), ou Fabrice Hadjadj dans "la foi des démons" (lectures fort conseillées en réponse à vos questions).
S'agissant d'une intelligence immédiate, cependant, ses choix seraient définitifs puisqu'il considère tout, sans voile, au moment de son choix, sans qu'il y ait "essai et erreur". Aussi il lui serait impossible, par nature, de se repentir et de revenir sur son choix.
Il vaut mieux s'en tenir éloigné et ne pas trop se poser la question de l'aimer : laissez donc à Dieu cette question. Ce que nous pouvons faire, par contre, c'est considérer et voir que même Satan n'est pas "le ma absolu", qu'il n'existe pas quelque chose qui serait "le mal absolu" : en Satan ce qui vient de Dieu est bon : son être, son existence qu'il tire de Dieu, son intelligence... simplement, il en use de façon mauvaise.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
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[Konrad Lorenz]
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Re: Satan et la connaissance
C'est justement ce qui fait que Satan ne pourra jamais être pardonné : il sait très bien ce qu'il fait et donc ne demandera jamais pardon.Théo d'Or a écrit :Par exemple, pourquoi Satan, s'il est bien un personnage, aurait-il choisi de ne pas aller vers la Vie? On pourrait imaginer que ne pas aller vers la Vie, c'est manquer de connaissances (enfin, c'est souvent comme ça que je le ressens) mais en même temps, il semble que ce personnage ou cette entité soit présenté comme un être qui ne manque pas de connaissances (au contraire, on l'appelle aussi Lucifer, porteur de lumière ou d'intelligence).
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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