Sur la dette et la crise

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Brindille
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Sur la dette et la crise

Message non lu par Brindille »

Bonjour à tous :)

@ Christophe,
Votre lien forum-eco ne fonctionne pas . Dommage !

Je suis à la recherche d'un expert financier à l'honnêteté indiscutable qui pourrait analyser la courte vidéo ci-dessous.

Elle circule de plus en plus sur le net, et j'ignore quel crédit on peut lui accorder...
Elle est très bien faite, très pédagogique et séduisante.
Après l'avoir vue, je me suis sentie moins bête... C'est tout dire ! :clap:
Cependant je me méfie :
D 'où vient elle? du FN ?
Ce qu'elle explique est il exact?

Si vous avez des réponses, d'avance merci de votre aide

Fraternellement.

"Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse !" Luc XXII, 42
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Griffon
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Re: Nouveau forum d'économie

Message non lu par Griffon »

Bonjour Brindille,

Cette video est largement erronnée.

Déjà facile à comprendre :
- la dette publique ne se justifie par le besoin de contrôle de la quantité de monnaie
(autrement dit, la dette n'était pas nécessaire au fonctionnement de l'économie)
Exemple rééel :
Entre 1990 et 2008, la Belgique a baissé sa dette de 130% à 80% du produit intérieur brut.
Pendant ce temps, pas de déflation (malgré la baisse de la dette), et une économie tout aussi florissante.

- la banque centrale exerce un contrôle (strict) sur la quantité de monnaie
elle augmente ou diminue son taux d'intérêt directeur.

Aux yeux de mon fils (économiste), ce genre de vidéo est si fausse qu'elle ne mérite pas un coup d'oeil.

Cordialement,

Griffon.
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Mon bonheur est de vivre,
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Brindille
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Re: Nouveau forum d'économie

Message non lu par Brindille »

Merci mon cher Griffon, de votre réponse...
Autant j'ai tendance à vous croire ainsi que votre fils, sur la validité de la démonstration de cette vidéo, autant je reste sur ma faim ...
- la dette publique ne se justifie par le besoin de contrôle de la quantité de monnaie
(autrement dit, la dette n'était pas nécessaire au fonctionnement de l'économie)
Cela revient à dire que les prêts rémunérés (à 2,5% pour la France par exemple) auprès des banques privées "ne sont pas nécessaires"...Pas nécessaires, certainement...! et pourtant conformes aux lois en vigueur !! :mal:

Puisque ces dettes colossales des États ne sont composées que du montant des intérêts de prêts consentis par les banques commerciales, (alimentées elles-même par les banques centrales.) Cela je pense est exact...
Dois-je comprendre que vous abondez, Griffon ainsi que votre fils dans le sens de cette vidéo ?
Grosso modo, les banques privées se sucrent-elles sur le dos des États sur-endettés et au bord de la faillite ?
Aux yeux de mon fils (économiste), ce genre de vidéo est si fausse qu'elle ne mérite pas un coup d'oeil.
Si je comprend votre fils, pour qui tout cela est bidon...
je regrette qu'il ne donne pas son avis car ces vidéos diffusent sans aucun obstacle des mensonges idéologiques...
Perso je n'ai qu'un peu de bon sens, et je lutte contre les mensonges et manipulations.
J'aimerai avoir des arguments solides pour, sinon démonter une habile intox, sinon relativiser le contenu de ces vidéos!

Si ces théories ne méritent pas qu'un spécialiste s'y intéresse, il faut qu'il sache que ce sont les thèses abondement diffusées au plus large public, je les vois sur tous les fora politiques, les gens sont invités à les diffuser le plus possible... et ils le font !! Personne ne conteste la validité de ces démonstrations !..

Cela frise une campagne magistrale de désinformation et qu'on ne s'étonne pas après, que les français ne comprennent rien à la finance et à l'économie,
et se laissent berner par le premier parti d'opposition venu !
:mal:
Griffon a écrit :Bonjour Brindille,
Cette video est largement erronnée.
Déjà facile à comprendre :
- la dette publique ne se justifie par le besoin de contrôle de la quantité de monnaie
(autrement dit, la dette n'était pas nécessaire au fonctionnement de l'économie)
Exemple rééel :
Entre 1990 et 2008, la Belgique a baissé sa dette de 130% à 80% du produit intérieur brut.
Pendant ce temps, pas de déflation (malgré la baisse de la dette), et une économie tout aussi florissante.
- la banque centrale exerce un contrôle (strict) sur la quantité de monnaie
elle augmente ou diminue son taux d'intérêt directeur.
Aux yeux de mon fils (économiste), ce genre de vidéo est si fausse qu'elle ne mérite pas un coup d'oeil.
Cordialement,
Griffon.
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Griffon
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Re: Nouveau forum d'économie

Message non lu par Griffon »

Brindille a écrit :
- la dette publique ne se justifie par le besoin de contrôle de la quantité de monnaie
(autrement dit, la dette n'était pas nécessaire au fonctionnement de l'économie)
Cela revient à dire que les prêts rémunérés (à 2,5% pour la France par exemple) auprès des banques privées "ne sont pas nécessaires"...Pas nécessaires, certainement...! et pourtant conformes aux lois en vigueur !! :mal:
Vous en voulez plus...
D'accord.

Tout état a des vues de grandeurs, qui croissent naturellement proportionnellement à la puissance économique.
Avant l'euro, la France avait recours à la planche à billet qui impliquait des dévaluations successives.
Avec l'avènement du nouveau franc, un nouveau franc valait 10 francs belges, au moment de la rentrée dans l'euro, il ne valait plus que 6 francs belges.
Or la Belgique n'est pas encore le meilleur exemple qui soit et sa monnaie avait perdu la moitié de sa valeur par rapport au franc suisse.

Sur le long terme, cette solution a montré et démontré son inanité, son injustice, et l'impasse économique.

En entrant dans l'euro, tous les membres se sont engagés à ne plus avoir recours à cette solution.
Evidemment, l'exemple repris est frappant : le montant de la dette serait le montant des intérêts.
Mais, cela prouve-t-il qqch ?
Quelqu'un aurait-il forcer les états de s'endetter ? Au contraire.
Et cette égalité ne vaut pas pour tous les pays. Il y en a même qui n'ont pas de dettes !

Alors... ?
Il n'y a rien de plus difficile de passer son temps à prouver qu'il n'y a aucun lien,
à des gens qui ont décidé qu'il y avait un lien.

Désolé,

Griffon.
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Théo d'Or
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Re: Nouveau forum d'économie

Message non lu par Théo d'Or »

Je n'y comprends rien.

Déjà, pourquoi avoir fait couler un deuxième robinet (faire appel à une banque privée ou lieu de la banque centrale publique)? Je suppose et je crois comprendre que c'était pour éviter certaines dérives de l'Etat (genre introduire un tiers, comme on sépare les pouvoirs).
Mais à ce niveau-là, je suis déjà perdue. Comment en est-on arrivé à ce fonctionnement basé sur la dette? Et surtout, comment fait-on pour renverser la machine? Si la dette n'est pas nécessaire, quelle est l'alternative? Il manque visiblement un élément dans cette vidéo. Et surtout, pour le citoyen lambda dans mon genre, il ne reste que la sombre impression de se faire royalement entuber! (Mais par qui et par quoi?)

On peut imaginer que ce système nous fait vivre au-dessus de nos moyens. Certes, c'est bien possible. C'est sûrement le cas. Mais je remarque surtout que les besoins ne cessent d'augmenter. Pour survivre on doit satisfaire de plus en plus de besoins, la plupart probablement créés de toute pièce. Et ce n'est pas parce qu'ils sont socialement créés qu'ils ne sont pas réels, ces besoins. Il suffit d'imaginer un sans domicile fixe, quelqu'un qui n'a rien, d'imaginer toutes les démarches qu'il a à faire, les objets et l'énergie qu'il doit acquérir pour s'intégrer (un ordi, internet, la voiture éventuellement, pour être compétitif, ...)

On en est arrivé à un point où on a créé le besoin (très réel) et où la cour des grands veut couper les moyens d'y faire face de peur de se faire déborder eux-mêmes (on peut comprendre qu'ils veulent protéger leurs arrières)! Bref, on n'a plus que deux choses à faire: s'entraîner à être pauvres et essayer de convaincre les politiques de s'atteler à un vrai partage des richesses (dont beaucoup sont factices, on est mal barrés). A part ça, soyons heureux: nous sommes nombreux à être petit à petit en train de rejoindre la partie pauvre du monde. Il fallait bien qu'un jour l'Afrique, l'Amérique latine et l'Asie ne soient plus les seuls à crier misère.

Paupérisés par nos nouveaux besoins, c'est totalement saugrenu! Il va falloir trouver des solutions inventives pour éviter une dépression mondiale (ou simplement occidentale?)

Cordialement,

Théo d'Or
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Christophe
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Re: Nouveau forum d'économie

Message non lu par Christophe »

Bonjour Brindille

J'ai visionné votre vidéo. Dans les grandes lignes, les mécanismes décrits sont parfaitement exacts (réserves fractionnaires, système de l'argent-dette, création monétaire par les banques à charte, interdiction de financement de la dette publique par la banque centrale).

Il y a néanmoins quelques imprécisions et confusions. Voici celles que j'ai relevé :
* Les banques centrales sont décrites comme étant « généralement publiques ». C'est de moins en moins le cas. LA FED américaine est privée, et la BCE européenne est de statut mixte. Les banques centrales sont de plus en plus des conglomérats de banques à charte (banques privées autorisées à créer la monnaie).
* Il y a dans le documentaire une confusion entre le financement auprès des banques de crédit, et auprès des marchés financiers. C'est pourtant deux modes de financement différent. Le crédit bancaire crée de la monnaie, mais pas l'emprunt sur les marchés financiers. Aujourd'hui, états comme entreprises se tournent massivement vers les marchés financiers pour leurs financements, et de moins en moins vers le crédit bancaire. Cela ne signifie pas que les banques ne participent pas aux marchés financiers, mais que lorsqu'elles le font, elles ne créent pas de monnaie.
* L'inflation est désignée par beaucoup comme « le mal absolu ». Mais Keynes la qualifiait « d'euthanasie des riches »… et il serait peut-être intéressant d'y revenir… dans la situation actuelle.
* Le documentaire semble mêler deux sujets distincts : création monétaire et financement de la dette. Les deux sujets sont bien évidemment liés, mais comme on le voit, les états sont surendettés alors qu'ils se financent auprès de marchés financiers sans que ceux-ci ne créent la monnaie. Les deux sujets sont donc distincts, et c'est bien l'interdiction pour les états européens de se financer auprès de leur banque centrale qui est le nœud du problème de la dette.

Bien à vous
Christophe

PS : Vous pouvez trouver facilement sur Internet un autre documentaire sur le même sujet : l'argent-dette de Paul Grignon.
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Brindille
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Re: Nouveau forum d'économie

Message non lu par Brindille »

Bonjour à tous !

Merci Théo d'Or pour vos remarques que je partage :(

Merci beaucoup Christophe pour votre expertise. C'est affreusement complexe...

J'ai l'impression d'un gigantesque jeu de Monopoly ;)
je prends un cachet d'aspirine et pars lire "l'argent-dette de Paul Grignon" que vous conseillez . :)

J'ai trouvé aussi cette vidéo:
Dernière modification par Anne le lun. 14 nov. 2011, 6:00, modifié 1 fois.
Raison : Suppression du contenu du message précédent inséré dans la réponse.
Fraternellement.

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Re: Nouveau forum d'économie

Message non lu par gerardh »

_______

Bonjour,

Le capitalisme est comme la démocratie : c'est la pire des choses, mais on n'a pas trouvé mieux.



_________
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Christophe
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Re: Nouveau forum d'économie

Message non lu par Christophe »

gerardh a écrit :Le capitalisme est comme la démocratie : c'est la pire des choses, mais on n'a pas trouvé mieux.
Et ?

Vous raisonnez comme si le capitalisme contemporain était un « package » : comme si on devait soit l'accepter en bloc, soit le rejeter en bloc. Comme si on devait soit rejeter la propriété privée et les libertés économiques, soit accepter tous les excès de la financiarisation de l'économie. Et bien non, c'est absurde. On peut ne pas être hostile à l'économie libre, mais souhaiter une séparation des activités de marché et de crédit des établissements bancaires, un changement dans les modes de financement des dettes publiques, une restauration de la création monétaire par les seules banques centrales, un retour à une inflation modérée, etc.

Bien à vous.
Christophe
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Re: Sur la dette et la crise

Message non lu par gerardh »

_______

Bonjour Christophe,

Je suis bien d'accord avec vous. Nous ne sommes ni dans un monde pûr et parfait, ni dans une économie pûre et parfaite. Il existe par exemple des défaillances du marché, qui doivent entrâiner une certaine régulation de l'Etat, afin de corriger ces défaillances. Donc je pense qu'il faut un dosage adéquat entre initiatives individuelles décentralisées et interventions de l'Etat.

Le problème réside dans la détermination de ce dosage adéquat. La gauche pencherait plutôt pour les interventions de l'Etat et la droite pour l'initiative individuelle. Mais chacun sait sagement faire des exceptions, notamment en cas de crise : ainsi la gauche ne rejette plus en général l'économie de marché et la droite a su intervenir récemment pour résoudre le moins mal possible la crise mondiale.



___________
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Brindille
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Re: Sur la dette et la crise

Message non lu par Brindille »

@Christophe :
Je précise que j'ai posé ma question sur plusieurs fora que je fréquente (dont le mien). Ces vidéos inondant la toile et le sujet étant si complexe, je multiplie les opportunités d'avoir des avis les plus fiables possible.

Voici une réponse intéressante je trouve, et que je me permets de vous transmettre
* L'inflation est désignée par beaucoup comme « le mal absolu ». Mais Keynes la qualifiait « d'euthanasie des riches »… et il serait peut-être intéressant d'y revenir… dans la situation actuelle.
Bonjour,
je lis de temps en temps le forum, je souhaiterais faire plusieurs remarques à ce qui a été dit:
-La citation est fausse, Keynes parlait d'euthanasie des *rentiers*, pas des "riches".. Avec ces ces sinistres principes keynesiens, un type qui a économisé toute sa vie pour ses vieux jours, ou un agriculteur qui a mis de l'argent de côté pour acheter un tracteur, voit ses économies réduites à néant lorsque l'Etat décide de faire marcher la planche à billet pour financer ses dettes.
-Le film "L'argent dette" comporte beaucoup d'âneries, sur l'étalon-or (critiqué avec des arguments absurdes et faux), ou sur l'idée d'un paiement en heures de travail... No comment.
-Le premier documentaire cité sur ce fil présente correctement le système de réserve fractionnaire, cependant, il préconise le recours à la banque centrale pour payer ses dépenses (sur le modèle du quantitative easing de la FED), ce qui est catastrophique à la longue, tout le monde s'accordant à dire que le dollar va s'écrouler dans les années à venir. Il semble que la BCE va suivre le même modèle puisque Mario Draghi vient de baisser les taux directeurs.
-L'idée que la dette publique vient du montant des intérêts est faux: la France paye des intérêts à 2 ou 3%, ce qui est largement payable si l'Etat était bien géré. Le taux d'intérêt n'est pas du tout abusif (c'est pas non plus gratuit, hein, les banques ne sont pas des organismes de charité). Les intérêts sont élevés parce que les dépenses déficitaires sont élevées. Il ne faut pas confondre cause et conséquence. Donc le problème de la dette ne vient pas des méchants banquiers, mais des Etats-nounous qui dépensent de l'argent qu'ils n'ont pas en empruntant au banques.
(...)
Si vous cherchez de la vulgarisation économique fiable, il y a EconomieNet, "Le rêve américain" sur Youtube, ou le site Contrepoints.org.
Sur le point ci-dessous en tout cas, je partage avec cet internaute, le fond de ma pensée, plus logique et pragma que bien informée :
-L'idée que la dette publique vient du montant des intérêts est faux: la France paye des intérêts à 2 ou 3%, ce qui est largement payable si l’État était bien géré. Le taux d'intérêt n'est pas du tout abusif (c'est pas non plus gratuit, hein, les banques ne sont pas des organismes de charité). Les intérêts sont élevés parce que les dépenses déficitaires sont élevées. Il ne faut pas confondre cause et conséquence. Donc le problème de la dette ne vient pas des méchants banquiers, mais des Etats-nounous qui dépensent de l'argent qu'ils n'ont pas en empruntant au banques.

Mon petit "bémol" :
Il reste que les banques conservent une énorme part de responsabilité:
Si elles avaient été aussi prudentes (voir frileuses) avec les États, qu'elles le sont pour accorder des prêts aux particuliers, nous n'en serions pas là !!
C'est bien l’appât du gain des organismes financiers qui met l'économie mondiale en péril, non?

Qu'en pensez-vous ?
En attendant, bon dimanche à tous ! :)
Fraternellement.

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Griffon
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Re: Sur la dette et la crise

Message non lu par Griffon »

Brindille a écrit :
-L'idée que la dette publique vient du montant des intérêts est faux: la France paye des intérêts à 2 ou 3%, ce qui est largement payable si l’État était bien géré. Le taux d'intérêt n'est pas du tout abusif (c'est pas non plus gratuit, hein, les banques ne sont pas des organismes de charité). Les intérêts sont élevés parce que les dépenses déficitaires sont élevées. Il ne faut pas confondre cause et conséquence. Donc le problème de la dette ne vient pas des méchants banquiers, mais des Etats-nounous qui dépensent de l'argent qu'ils n'ont pas en empruntant au banques.

Mon petit "bémol" :
Il reste que les banques conservent une énorme part de responsabilité:
Si elles avaient été aussi prudentes (voir frileuses) avec les États, qu'elles le sont pour accorder des prêts aux particuliers, nous n'en serions pas là !!
C'est bien l’appât du gain des organismes financiers qui met l'économie mondiale en péril, non?
Ca Brindille,
c'est assez énorme.
Voilà ce que je pense.

Les états veulent dépenser plus que ce dont ils disposent.
Ils empruntent et les responsables des déficits seraient.... les prêteurs !
Ils font leur travail et... vous accusez leur appâts du gain !

Comme je vous l'ai déjà dit, il y a des états avec un déficit raisonnable, et même certains sans déficit.
Les banques ne s'en plaignent pas.
Et l'inflation est dans la marge prévue par l'Europe : 2%.
Au delà, on détruit l'économie.

Cordialement,

Griffon.
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Christophe
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Re: Sur la dette et la crise

Message non lu par Christophe »

Bonjour Brindille

Je reviens avec quelques jours de retard sur votre message, et celui de votre interlocuteur.
La citation est fausse, Keynes parlait d'euthanasie des *rentiers*, pas des "riches".. Avec ces ces sinistres principes keynésiens, un type qui a économisé toute sa vie pour ses vieux jours, ou un agriculteur qui a mis de l'argent de côté pour acheter un tracteur, voit ses économies réduites à néant lorsque l'Etat décide de faire marcher la planche à billet pour financer ses dettes.
Effectivement, j'ai cité de mémoire et c'est bien d'euthanasie des rentiers dont Keynes parlait. Mais l'argument selon lequel l'inflation pénaliserait l'agriculteur qui a épargné pour acheter un tracteur ne tient pas : les investissements productifs sont essentiellement financés par l'emprunt. Je connais beaucoup d'agriculteurs sur-endettés, et aucun qui ait payé cash son matériel. L'agriculteur, et plus généralement tous les acteurs de l'économie réelle, ont tout à gagner d'une inflation modérée. Enfin, j'ai écrit qu'il fallait être un peu plus flexible sur l'inflation… mais pas non plus qu'il fallait abuser de la planche à billets.
Les économistes considèrent généralement que croissance économique et inflation vont de pair… La politique monétaire de la FED américaine étant sur ce point bien plus souple que celle de la BCE européenne. Donc, lorsque l'on fait de la lutte contre l'inflation la priorité économique absolue, on sacrifie la croissance économique à l'intérêt particuliers des rentiers… C'est ce qui se passe dans la zone euro, caractérisé par une croissance médiocre comparativement aux autres économies développées…
Le premier documentaire cité sur ce fil présente correctement le système de réserve fractionnaire, cependant, il préconise le recours à la banque centrale pour payer ses dépenses (sur le modèle du quantitative easing de la FED), ce qui est catastrophique à la longue, tout le monde s'accordant à dire que le dollar va s'écrouler dans les années à venir. Il semble que la BCE va suivre le même modèle puisque Mario Draghi vient de baisser les taux directeurs.
Dans l'immédiat, l'euro et la croissance européenne semblent (encore) plus menacés que le dollar et la croissance américaine… Quant au quantitative easing des USA ils n'a pas servi à financer la dette publique américaine (le gouvernement empruntant toujours auprès du secteur privé), mais essentiellement son déficit commercial abyssal… La remise en cause du leadership américain (avec la montée de puissances émergentes, et de la Chine en premier lieu) remet en cause la place du dollar comme monnaie d'échange international. L'euro ne s'étant pas imposé comme monnaie d'échange international (par exemple en obtenant une cotation du brent en euros), ce type de politique ne peut pas être appliquée pur l'UE.
L'idée présentée dans le documentaire est de supprimer le système des réserves fractionnaires afin de rendre à la banque centrale le monopole de l’émission de monnaie, les banques privées empruntant alors auprès de la banque centrale. Les états pourraient, dans ce scénario, emprunter auprès de la banque centrale à des taux nuls. Cela ne signifie pas que le principal de la dette ne doit ou ne devra pas être remboursé et les capacités d'emprunt de l'État resteront conditionnées à sa solvabilité !!!
L'idée que la dette publique vient du montant des intérêts est faux: la France paye des intérêts à 2 ou 3%, ce qui est largement payable si l’État était bien géré. Le taux d'intérêt n'est pas du tout abusif (c'est pas non plus gratuit, hein, les banques ne sont pas des organismes de charité). Les intérêts sont élevés parce que les dépenses déficitaires sont élevées. Il ne faut pas confondre cause et conséquence. Donc le problème de la dette ne vient pas des méchants banquiers, mais des Etats-nounous qui dépensent de l'argent qu'ils n'ont pas en empruntant au banques.
La France, sans le montant des intérêts, serait à l'équilibre budgétaire. Je ne dis pas que les taux d'intérêt sont abusifs, mais simplement qu'il existe d'autres moyens de financement moins coûteux et plus fiables pour financer la dette publique. En tant que contribuable, je préférerai que mon impôt sur le revenu serve à entretenir et construire des hôpitaux et des écoles, à fournir des services publics… plutôt que de payer des banquiers et des investisseurs privés pour un service que la banque centrale pourrait fournir gratuitement ! Quant aux marchés financiers, nous voyons bien l'instabilité qu'ils génèrent… une simple attaque spéculative sur l'euro pouvant faire grimper les taux obligataires de l'Italie à plus de 7%… on est alors très loin de taux d'intérêts raisonnables !

Bien à vous
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Re: Sur la dette et la crise

Message non lu par Griffon »

Christophe a écrit :Bonjour Brindille

Je reviens avec quelques jours de retard sur votre message, et celui de votre interlocuteur.
La citation est fausse, Keynes parlait d'euthanasie des *rentiers*, pas des "riches".. Avec ces ces sinistres principes keynésiens, un type qui a économisé toute sa vie pour ses vieux jours, ou un agriculteur qui a mis de l'argent de côté pour acheter un tracteur, voit ses économies réduites à néant lorsque l'Etat décide de faire marcher la planche à billet pour financer ses dettes.
Effectivement, j'ai cité de mémoire et c'est bien d'euthanasie des rentiers dont Keynes parlait. Mais l'argument selon lequel l'inflation pénaliserait l'agriculteur qui a épargné pour acheter un tracteur ne tient pas : les investissements productifs sont essentiellement financés par l'emprunt. Je connais beaucoup d'agriculteurs sur-endettés, et aucun qui ait payé cash son matériel. L'agriculteur, et plus généralement tous les acteurs de l'économie réelle, ont tout à gagner d'une inflation modérée.
Bonjour Christophe,

Bon ! L'interlocuteur, c'est moi, je suppose. Et je m'appelle Griffon.

Je n'ai vraiment pas envie de poursuivre cette discussion.
Je dois pourtant vous dire que c'est votre argument qui ne tient pas.
Pour une raison assez évidente : si inflation il y a, il est intégré dans les taux d'intérêts, et on se retrouve avec des taux de prêts du plus de 10%, comme dans les années 80 !
Merci !
On a déjà donné.

Sans compter que la monnaie perd tout de suite de sa valeur (ce qui est mécanique, et le b.a. ba de l'économie).
Et toutes les importations, et notamment le pétrole, devient hors de prix.
Merci !
On a déjà donné.

Cordialement,

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Re: Sur la dette et la crise

Message non lu par Anonymus »

Les économistes considèrent généralement que croissance économique et inflation vont de pair… La politique monétaire de la FED américaine étant sur ce point bien plus souple que celle de la BCE européenne. Donc, lorsque l'on fait de la lutte contre l'inflation la priorité économique absolue, on sacrifie la croissance économique à l'intérêt particuliers des rentiers… C'est ce qui se passe dans la zone euro, caractérisé par une croissance médiocre comparativement aux autres économies développées…
Juste pour remettre les choses dans leur contexte, il ne faut pas oublier que l'Allemagne a une influence majeure sur la BCE, et que ce pays a été traumatisé par des périodes d'hyperinflation après chaque guerre mondiale.
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