Le Communautarisme

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FMD
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Le Communautarisme

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Christophe a écrit :A ma connaissance, le communautarisme n'est pas intrinséquement en opposition avec la doctrine sociale de l'Eglise. As-tu des élèments à ce sujet ?
Tout dépend de ce que l'on met derrière ce terme qui est, je le reconnais, assez vague. Dans le cas présent je faisais bien évidemment allusion à l'emprise grandissante de l'idéologie véhiculée par la communauté gay au sein de l'UMP à travers les tristes sieurs de Gay Lib, à la création du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) et au rapport Machelon. Pour répondre plus précisément à ta question, je sais que le CEF a publié en début d'année un bulletin entièrement consacré à la question qui dénonce assez fermement le communautarisme au sens commun du terme – c'est à dire le « communautarisme d'enfermement » - car il morcelle la société, induit de forts risques de conflits et crée des situations d'hétéronomie. Il va cependant de soi que le CEF prend soin de distinguer le communautarisme d'enfermement de la vie communautaire, notamment chrétienne mais pas seulement, qui est une véritable richesse pour l'ensemble de la société. De manière plus générale, il me paraît assez difficile d'être fidèle au Saint Concile de Vatican II et à d'autres documents fondateurs tels que Christifideles Laici tout en promouvant un communautarisme qui se voudrait catholique. Le communautarisme n'est pas un objectif politique louable qu'il convient d'atteindre à tout prix mais un constat d'échec et de renoncement. Le communautarisme est à la vie politique ce que l'ésotérisme est à la vie spirituelle: une réponse inappropriée à un désir réel de communion et de dépassement de l'échange purement matériel et impersonnel. Je constate sur ce plan que Nicolas Sarkozy est un piètre américanophile pour vouloir importer en France les éléments les plus mauvais du système américain tout en rejetant de manière claire ses éléments bénéfiques.
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Christophe
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Communautarisme et DSE

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Salut Franck
Franck a écrit :Tout dépend de ce que l'on met derrière ce terme qui est, je le reconnais, assez vague. Dans le cas présent je faisais bien évidemment allusion à l'emprise grandissante de l'idéologie véhiculée par la communauté gay au sein de l'UMP à travers les tristes sieurs de Gay Lib, à la création du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) et au rapport Machelon. Pour répondre plus précisément à ta question, je sais que le CEF a publié en début d'année un bulletin entièrement consacré à la question qui dénonce assez fermement le communautarisme au sens commun du terme – c'est à dire le « communautarisme d'enfermement » - car il morcelle la société, induit de forts risques de conflits et crée des situations d'hétéronomie. Il va cependant de soi que le CEF prend soin de distinguer le communautarisme d'enfermement de la vie communautaire, notamment chrétienne mais pas seulement, qui est une véritable richesse pour l'ensemble de la société. De manière plus générale, il me paraît assez difficile d'être fidèle au Saint Concile de Vatican II et à d'autres documents fondateurs tels que Christifideles Laici tout en promouvant un communautarisme qui se voudrait catholique. Le communautarisme n'est pas un objectif politique louable qu'il convient d'atteindre à tout prix mais un constat d'échec et de renoncement. Le communautarisme est à la vie politique ce que l'ésotérisme est à la vie spirituelle: une réponse inappropriée à un désir réel de communion et de dépassement de l'échange purement matériel et impersonnel. Je constate sur ce plan que Nicolas Sarkozy est un piètre américanophile pour vouloir importer en France les éléments les plus mauvais du système américain tout en rejetant de manière claire ses éléments bénéfiques.
Ce dont Sarkosy se rend coupable est donc d'avantage du clientèlisme (sacrifice du bien commun sur l'autel d'intérêts catégoriels, en vue d'obtenir les suffrages de cette catégorie). Mais il est vrai qu'une proposition telle que la "discrimination positive" ("positive" pour certains seulements - le mot exact de la langue française étant "privilège") est proprement "communautariste" puisqu'elle vise à créer des droits - et donc un statut juridique - en fonction de critères communautaristes : l'appartenance ethnique ou religieuse. Dans son principe, une telle discrimination ("négative", pour tous ceux qui ne sont pas éligibles à ce privilège) est odieuse. Mais il existe une forme de communautarisme conforme à la DSE (à défaut d'être recommandé). Par exemple le communautarisme que présente Christian dans ses interventions, ou celui qui régissait la vie politique des minorités religieuses sous l'Ancien Régime, avec quelques nuances...

Le "multi-culturalisme" est aujourd'hui un fait indéniable, et je ne vois pas tellement d'autre issue que le communautarisme pour une coexistence pacifique et pérenne de ces différentes communautés sur un même territoire, sauf à vouloir les nier - ce qui est déjà leur faire violence. Le "communautarisme d'enfermement", comme tu l'écris n'est rien d'autre que le nationalisme d'une nation sans Etat. Comme toute réalité qui tente de s'affirmer, elle le fait par ses extrêmes : mais le communautarisme n'est que la revendication de la reconnaissance d'une communauté culturelle. (Quand je parle de communauté, je ne parle pas de groupes d'intérêts ou de pression, tels que les lobbys homosexuels ou les conducteurs de bus).

Pour ma part, plutôt qu'un Etat multi-culturaliste - c'est-à-dire laïc, sans histoire, sans valeurs... bref relativiste - je préfèrerai pouvoir vivre dans un Etat qui assume fièrement la culture et l'identité de son peuple, et qui en soit le reflet. S'agit-il d'un "constat d'échec et de renoncement" ? Oui. Le constat de l'échec d'avoir su maintenir l'homogénéité nationale, le renoncement à imposer à une minorité grandissante le diktat de la majorité en déclin et le rejet d'une solution "démocratique" de compromis fondée sur l'accomodement à un rapport de force.

Cela mériterait un fil propre.

Pax
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Boris
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Christophe a écrit :Le "multi-culturalisme" est aujourd'hui un fait indéniable, et je ne vois pas tellement d'autre issue que le communautarisme pour une coexistence pacifique et pérenne de ces différentes communautés sur un même territoire, sauf à vouloir les nier - ce qui est déjà leur faire violence. Le "communautarisme d'enfermement", comme tu l'écris n'est rien d'autre que le nationalisme d'une nation sans Etat. Comme toute réalité qui tente de s'affirmer, elle le fait par ses extrêmes : mais le communautarisme n'est que la revendication de la reconnaissance d'une communauté culturelle. (Quand je parle de communauté, je ne parle pas de groupes d'intérêts ou de pression, tels que les lobbys homosexuels ou les conducteurs de bus)
Christophe je crois que vous faites une contradiction en affirmant d'un coté que pour vire en paix dans une société multi-culturelle il faut le communautarisme et d'un autre coté quand faisant violence à une partie du peuple alors il s'enferme dans le communautarisme.

Je crois que le multi-culturalisme n'impose pas le communautarisme.
Par contre ce dernier nait et se développe à cause de la négation ou de la violence à l'encontre des communautés.
Si on prend la loi sur le voile qui interdit tout signe ou symbole religieux dans les écoles publiques. On voit bien comment cette loi est discriminante envers tous ceux qui croit en un Dieu. Ainsi pour se libérer de ce carcan étroit et raciste, les croyants vont aller dans les écoles privées ou même fonder des écoles confessionnelles. Là nait le communautarisme.

Il y a presque 10 ans, Famille Chrétienne proposer un dossier sur les musulmans qui mettaient leurs enfants dans les écoles catholiques : et oui, ils étaient obligés de fuire le racisme des écoles publiques, racisme inexistant dans le milieu catho.

Mais il faut faire la part des choses : si on prend le lobby homosexuel, on voit bien comment eux demandent à avoir des lois qui ne concernent qu'eux-même. Il s'agit là d'un communautarisme malsain qui nait de lui-même.

Il faut dénoncer le communautarisme et ses causes. Pour les écoles privées : le fait d'aller dans une école privée ne dois pas se justifier pour une raison de liberté. Il faut donc supprimer la loi contre le voile.
Pour les homosexuels, une entrave aux bonnes moeurs (qui était passible d'amende et de prison jusqu'il y a peu) ne peut justifier une situation communautaire. il faut donc laisser les lois comme elles sont sans en foire une spéciale pour un groupuscule. Sinon cela s'appelle une Loi privée ou privilège (de lege = Loi)
UdP,
Boris
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Christophe
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Bonsoir Boris
Boris a écrit :
Christophe a écrit :Le "multi-culturalisme" est aujourd'hui un fait indéniable, et je ne vois pas tellement d'autre issue que le communautarisme pour une coexistence pacifique et pérenne de ces différentes communautés sur un même territoire, sauf à vouloir les nier - ce qui est déjà leur faire violence. Le "communautarisme d'enfermement", comme tu l'écris n'est rien d'autre que le nationalisme d'une nation sans Etat. Comme toute réalité qui tente de s'affirmer, elle le fait par ses extrêmes : mais le communautarisme n'est que la revendication de la reconnaissance d'une communauté culturelle. (Quand je parle de communauté, je ne parle pas de groupes d'intérêts ou de pression, tels que les lobbys homosexuels ou les conducteurs de bus)
Christophe je crois que vous faites une contradiction en affirmant d'un coté que pour vire en paix dans une société multi-culturelle il faut le communautarisme et d'un autre coté quand faisant violence à une partie du peuple alors il s'enferme dans le communautarisme.
Je ne crois pas commettre de contradiction, puisque le communautarisme est selon moi le seul mode pacifique de coexistence de communautés culturelles multiples - coexistence (pas toujours pacifique, comme l'ont montrées les émeutes de 2005) qui est aujourd'hui un fait. La négation des communautés culturelles est une forme de violence qui leur est faite, et qui nourrit en réaction l'affirmation - par tous les moyens mêmes légaux, dirait Maurras - de ces mêmes communautés. Le "communautarisme d'enfermement" me semble une expression purement rhétorique utilisée par les opposants du communautarisme pour nier toute légitimité aux demandes de reconnaissance de la réalité communautaire. Effectivement, le "communautarisme" (toujours présenté par ses détracteurs comme un "repli") est un rejet de l'universalisme des lumières qui caractérise - d'après certains - le "génie français".
Je crois que le multi-culturalisme n'impose pas le communautarisme.
Par contre ce dernier nait et se développe à cause de la négation ou de la violence à l'encontre des communautés.
Soit les communautés sont reconnues, et l'on est en droit de parler de régime communautaire ; soit les communautés sont niées et - selon vous - cela nourrit le communautarisme. Je vous retourne donc le soupçon d'incohérence.
Si on prend la loi sur le voile qui interdit tout signe ou symbole religieux dans les écoles publiques. On voit bien comment cette loi est discriminante envers tous ceux qui croit en un Dieu. Ainsi pour se libérer de ce carcan étroit et raciste, les croyants vont aller dans les écoles privées ou même fonder des écoles confessionnelles. Là nait le communautarisme.
Il n'existe pas de loi sur le voile, mais une loi sur les signes religieux. Alors que les français souhaitaient une loi sur le voile, le législateur a fait une loi sur les signes religieux. Je vous parlais de "solution démocratique de compromis fondée sur l'accomodement à un rapport de force", en voilà un exemple frappant. Que nous importe que les élèves affirment par leur apparence extérieure leur appartenance religieuse ? N'est-ce pas l'un des "droits" proclamé par la DUDH ? Ce qui gène, ce n'est même pas le cas de ces filles qui sont contraintes par leur entourage de porter le voile. Ce qui gène, c'est l'affirmation identitaire d'une communauté étrangère (musulmane) sur le territoire de la déesse République Une et Indivisible. Et pour ne pas "stigmatiser" la communauté musulmane, la France a fait une loi laïciste... Ce n'est pas la loi qui a crée le communautarisme, elle souhaitait le combattre. Mais le combat est perdu d'avance... et c'est pourquoi le phénomène communautaire trouve d'autres voies pour s'affirmer, lorsqu'on lui interdit certains modes d'expression.
Mais il faut faire la part des choses : si on prend le lobby homosexuel, on voit bien comment eux demandent à avoir des lois qui ne concernent qu'eux-même. Il s'agit là d'un communautarisme malsain qui nait de lui-même.
Les homosexuels ne forment pas une communauté, sauf - à l'extrême - dans le Marais (et encore). C'est un lobby, rien de plus.
Il faut dénoncer le communautarisme et ses causes. Pour les écoles privées : le fait d'aller dans une école privée ne dois pas se justifier pour une raison de liberté. Il faut donc supprimer la loi contre le voile.
Le port du voile n'est pas toujours une liberté, il est parfois un esclavage. Il y a des écoles privées qui autorisent le port du voile, et d'autres qui le proscrivent.

En union de prières
Christophe
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Bonjour Christophe,
Christophe a écrit :Ce dont Sarkosy se rend coupable est donc d'avantage du clientèlisme (sacrifice du bien commun sur l'autel d'intérêts catégoriels, en vue d'obtenir les suffrages de cette catégorie). Mais il est vrai qu'une proposition telle que la "discrimination positive" ("positive" pour certains seulements - le mot exact de la langue française étant "privilège") est proprement "communautariste" puisqu'elle vise à créer des droits - et donc un statut juridique - en fonction de critères communautaristes : l'appartenance ethnique ou religieuse.

La discrimination positive proposée par Nicolas Sarkozy ne repose pas sur des critères ethniques ou religieux, elle serait de fait anticonstitutionnelle, mais sur des critères géographiques recoupant bien évidemment des données sociales telles que l'ethnie et la religion bien que je doute là encore du caractère constitutionnel d'une telle décision. L'exemple américain devrait pourtant conduire le ministre de l'Intérieur à adopter une démarche plus prudente sur cette question: de nombreuses études sociologiques américaines ont montré que l'Affirmative Action ne profitait pas aux couches les plus déshéritées de la population noire mais aux classes moyennes déjà bien installées dans la société. On assiste ces derniers temps à un fort recul de la discrimination positive sur l'autre rive de l'Atlantique qui semble correspondre à une réelle attente populaire. Ainsi l'État du Michigan vient d'adopter par référendum une disposition prohibant l'Affirmative Action au sein des instances étatiques, écoles et universités comprises, emboîtant le pas aux États de Californie et de Washington.
Le "multi-culturalisme" est aujourd'hui un fait indéniable, et je ne vois pas tellement d'autre issue que le communautarisme pour une coexistence pacifique et pérenne de ces différentes communautés sur un même territoire, sauf à vouloir les nier - ce qui est déjà leur faire violence. Le "communautarisme d'enfermement", comme tu l'écris n'est rien d'autre que le nationalisme d'une nation sans Etat. Comme toute réalité qui tente de s'affirmer, elle le fait par ses extrêmes : mais le communautarisme n'est que la revendication de la reconnaissance d'une communauté culturelle. (Quand je parle de communauté, je ne parle pas de groupes d'intérêts ou de pression, tels que les lobbys homosexuels ou les conducteurs de bus).

Il est préférable de s'engager dans un processus de division territoriale aboutissant à la création de plusieurs États-Nations indépendants plutôt que de s'engager dans un processus communautariste qui ne manquera pas de dégénérer tôt ou tard en affrontement général entre les différentes factions. La guerre civile est le pire des maux écrivait Pascal et je ne suis certainement pas de ceux qui l'espèrent, à ce titre je préfère donc une France réduite géographiquement mais revitalisée sur tous les plans à une France se rapprochant des « modèles » libanais ou balkaniques, c'est à dire perpétuellement au bord du chaos. Bien sûr je décris là un scénario alarmiste qui est heureusement loin d'être certain. Il n'est pas encore trop tard pour réactiver le processus d'assimilation qui fonctionnait de manière relativement satisfaisante et qui permit d'assimiler des millions d'immigrés jusqu'au début des années 70.

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Franck
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Nanimo
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Bonjour,
Franck a écrit :
Il est préférable de s'engager dans un processus de division territoriale aboutissant à la création de plusieurs États-Nations indépendants plutôt que de s'engager dans un processus communautariste qui ne manquera pas de dégénérer tôt ou tard en affrontement général entre les différentes factions.
Une division territoriale? Inutile, car il y aura assimilation pour la plupart. Je ne crois pas que le communautarisme survivra réellement. Les populations historiques européennes assimilent, vous le savez, et, si elles sont un peu perdues pour le moment – plusieurs millions d’immigrants non Européens en à peine une génération, ce n’est pas banal – elles recommenceront à assimiler dès qu’elles auront repris du poil de la bête (elles le font déjà d’ailleurs, mais les résultats apparaîtront avec le temps). L’immigration non européenne a été un autre changement rapide dont on aurait pu se passer. Peut-être qu’un jour les pays qui sèment leurs populations à tous les vents comprendront enfin que c’est leur seule vraie ressource qu’ils dilapident.

Les pays d’immigration (l’Amérique du nord, etc.) n’assimilent pas vraiment, comme vous le savez, et favorisent la formation des communautés pour que l’arrivant « s’adapte » plus rapidement. Jusqu’à récemment, cela fonctionnait suffisamment. Ce n’est plus vraiment le cas.
Dernière modification par Nanimo le mar. 28 juin 2011, 0:15, modifié 2 fois.
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Christian
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Cher Christophe,
il existe une forme de communautarisme conforme à la DSE (à défaut d'être recommandé). Par exemple le communautarisme que présente Christian dans ses interventions, ou celui qui régissait la vie politique des minorités religieuses sous l'Ancien Régime, avec quelques nuances...

Le "multi-culturalisme" est aujourd'hui un fait indéniable, et je ne vois pas tellement d'autre issue que le communautarisme pour une coexistence pacifique et pérenne de ces différentes communautés sur un même territoire, sauf à vouloir les nier - ce qui est déjà leur faire violence.

Pour ma part, plutôt qu'un Etat multi-culturaliste - c'est-à-dire laïc, sans histoire, sans valeurs... bref relativiste - je préfèrerai pouvoir vivre dans un Etat qui assume fièrement la culture et l'identité de son peuple, et qui en soit le reflet. S'agit-il d'un "constat d'échec et de renoncement" ? Oui.
Acceptons joyeusement le ‘constat d’échec’. Un Etat représentant un peuple homogène sur un territoire historique est un projet fou. Sans même le pousser à l’extrême, il nous donne la formule des nationaux-socialistes : Ein Reich, ein Volk, ein Führer. Or il n’a jamais existé de peuple homogène depuis que les premiers homo sapiens ont prohibé l’inceste. Le territoire n’est plus qu’un concept touristique. Quant à l’Etat, sa faillite financière et institutionnelle est patente.

Vous avez raison, Christophe. Le communautarisme est notre avenir. J’ai donné les raisons de mon espoir sur d’autres fils. Les voici à nouveau résumées :

:arrow: L’Etat-nation est une création récente, essentiellement du 19ème siècle. Il n’est plus à l’échelle des problèmes posés aux individus. Trop loin d’eux pour répondre à leurs besoins personnels, insécurité, culture, vie urbaine, soins médicaux…, il est trop petit par nature pour faire face aux problèmes désormais transnationaux : environnement, mondialisation, terrorisme, pandémies…

:arrow: La mondialisation économique rend obsolète le concept de firmes et de marchés nationaux. En fait, nombre d’Etats parmi les plus prospères ou qui bénéficient de la croissance la plus forte sont minuscules : Monaco, Luxembourg, Singapour, Hong-Kong, Estonie, Botswana… On peut donc parfaitement imaginer la viabilité de souverainetés comme la Corse, le Pays Basque ou la Savoie (pour ne prendre que des exemples ‘français’).

:arrow: L’Etat républicain, surtout sous sa forme sociale-démocrate, a délégitimé tous les corps intérimaires qui constituaient la richesse de la vie sociale et une authentique solidarité : mutuelles, associations d’entraide et de voisinage, syndicats, églises… Les hommes de l’Etat veulent des administrés nus, atomisés, dépendant entièrement d’eux. Ce vide de l’espace social, que la creuse citoyenneté ne parvient pas à remplir, est source d’angoisses, génératrices à leur tour de violences.

:arrow: L’exercice même de la démocratie consiste à additionner mécaniquement des votes comme des mètres carrés, sans voir que certains correspondent à des cercles, d’autres à des triangles, ou toutes sortes de figures originales. L’activité démocratique ne satisfait pas le besoin de reconnaissance des personnes. En conséquence, elles cherchent ailleurs à créer du lien. Elles revendiquent des identités sociales intégratrices dans une communauté (locale, mais surtout ethnique, culturelle, religieuse, sexuelle, professionnelle… l’une n’excluant pas d’autres).

:arrow: La proximité géographique n’est plus la condition d’une pratique communautaire — problème supplémentaire pour l’Etat-nation. Exemple perso : Je ne me sens aucune solidarité avec les paysans français ou les pêcheurs bretons, leur sort m’indiffère autant que celui des riziculteurs laotiens ou des planteurs guatémaltèques. Mais je suis proche émotionnellement et culturellement des urbains vaguement intellos, généralement chrétiens, financièrement indépendants, cosmopolites, francophones ou anglophones. Voilà ma communauté (j’aurais dit : voilà ma patrie, si le mot avait encore un sens en dehors du Mondial de foot).

:arrow: La légitimité de l’Etat-nation est donc attaquée sur deux fronts : ‘en-dessous’, par des revendications de communautés, souvent très petites, qui l’obligent à renier le principe fondateur de « la loi égale pour tous » (discriminations positives, statuts territoriaux, etc.) ; ‘au-dessus’, par la production de normes qui s’imposent aux parlements élus (technologies, monnaie, commerce international, régulation de l’économie…).

:arrow: Ces deux fronts sont déjà enfoncés. L’Etat-nation ne repoussera pas le double assaut. En plus, les social-démocraties sont partout banqueroutières, ce qui obère leur capacité d’acheter cash la paix sociale. On s’achemine donc vers une liquidation des Etats-nations (comme il y eut celle des empires). Je l’imagine sous deux formes :

• transfert vers les communautés (denses, chaudes vivantes, solidaires) de la justice, de l’éducation, de la culture, et de tout ce qui relève de l’assistanat aux plus démunis (insolvables)

• reprise par le secteur marchand (mutuelles, coopératives) des assurances-maladie, des retraites, etc. des personnes solvables ; des transports ; des voiries ; de la police de proximité, de la recherche…

• extension du domaine de la production de normes par les agences non-étatiques : droits de l’homme, éthique, environnement, ‘codes de bonne conduite’ et ‘gouvernance’, technologies, monnaies (BCE), Interpol, Tribunal Pénal International, etc.

Voilà mon scénario pour le futur et les raisons de mon optimisme. :)

A bientôt là-bas.

Christian





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Notes sur mon article ci-dessus

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Notes sur mon article ci-dessus :

Une communauté est la mieux à même de rendre la justice parmi les siens, et je ne vois pas de problème avec l’application de la charia à ceux (et seulement ceux-là) qui l’ont réclamée pour eux-mêmes, je m’en suis déjà expliqué sur ce forum.

Différents régimes juridiques peuvent parfaitement coexister sur un même territoire. Ce fut le cas en France entre les 5ème et 11ème siècles, comme l’ont montré Montesquieu, Foucault et al. Après tout, différents régimes juridiques existent sur le territoire européen et sur la planète. Ils n’empêchent pas le commerce, le tourisme, les relations transfrontalières.

Les conflits entre membres de deux communautés peuvent être tranchés comme ils le sont actuellement (dans le commerce international, notamment) par voie d’arbitrage. Mais on peut anticiper l’extension d’Interpol, du Tribunal Pénal International, de la Commission des Droits de l’Homme, etc.

Les Etats-nations se trouvent constamment en situation de conflits d’intérêts. Défendre l’environnement ou maintenir l’emploi ? Protéger nos agriculteurs ou favoriser le développement des plus pauvres du Tiers-Monde ? Appliquer le Droit et la loi ou faire des exceptions pour éviter des troubles ? Une agence transnationale dédiée poursuit un but unique. Son efficacité est donc plus grande ; son intégrité est gage de sa légitimité.

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Bonsoir Christian,

Votre logique m'interloque dans la mesure où il m'est difficile de la restituer dans un quelconque contexte catholique. Que faites-vous des lois éternelles de Dieu et notamment du Décalogue dont le quatrième Commandement nous engage à honorer notre père et notre mère? Or qu'est-ce que la patrie si ce n'est l'héritage de nos pères? L'amour de la patrie n'est pas une option mais un devoir et une vertu pour les chrétiens. Le cosmopolitisme que vous appelez de vos voeux semble hélas faire fi de la patrie qui demeure une « réalité irremplaçable » au même titre que la famille pour reprendre l'enseignement de Jean-Paul II et de l'Église catholique. Le patriotisme n'est de surcroît pas incompatible avec la prise en compte des intérêts des autres nations dans la mesure où il implique de reconnaître aux autres nations les droits et prérogatives que l'on reconnaît à la sienne. Le concept de nation ne relève pas non plus d'un hypothétique pacte d'association, d'une convention sociale en somme, mais d'une réalité naturelle toute aussi irremplaçable que le concept de patrie reposant sur une certaine proximité géographique – le territoire – mais également sur une proximité culturelle découlant notamment d'une histoire et d'une foi commune. Il me semble par ailleurs important de souligner qu'au sein d'un État-nation ce ne sont pas les institutions sociales qui sont à l'origine de la nation mais bel et bien le contraire. Il est ainsi erroné de confondre État et nation afin de faire rejaillir sur cette dernière une critique concernant exclusivement l'État.

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Bonjour Karol W.
Christian :
En fait, nombre d’Etats parmi les plus prospères ou qui bénéficient de la croissance la plus forte sont minuscules : Monaco, Luxembourg, Singapour, Hong-Kong, Estonie, Botswana…

Karol W :

Que faites-vous de la Russie? De l'Inde? De la Chine? De la Pologne?
Je ne conclus pas à la nécessité d’être petit pour être prospère ; mon propos est de montrer que la petite taille n’est pas un obstacle à cette prospérité.
Karol W.
La mondialisation est une machine à fabriquer du crétin, votre énoncé le dit bien. Les 10% de la population qui en profitent choisissent de se couper du "pays réel" pour mener une vie "cosmopolite": ce sont des idiots finis qui vivent dans leur bulle virtuelle! (et je sais de quoi je parle!) Et ne parlons pas des 90% restants et du ressentiment qu'ils vont développer...
Je ne sais pas si ‘la machine’ a fait de moi un crétin. A vous de juger. :P Je veux montrer que des notions comme la ‘solidarité nationale’ n’ont plus d’ancrage dans la réalité. Et vous le confirmez. Car si 10% de la population vivent dans ‘leur bulle’, je doute que les paysans manifestent une grande solidarité envers eux, pas plus que les fonctionnaires, avec leur garantie d’emploi à vie et leurs autres avantages, ne sont solidaires des précaires et des chômeurs, ou les ouvriers des paysans, etc. Aucun jugement de valeur ici, c’est un simple constat. Les affinités ne se lient plus selon le tracé des frontières. Elles sont transnationales, comme les entreprises, comme la toile, comme les religions, comme la musique qui est la manifestation culturelle la plus prisée des jeunes…

En d’autres termes, il n’existe plus de pays réel. Celui-ci existe bien sur le papier, se survit à lui-même, mais comme les monarchies européennes, avec de moins en moins de pertinence. La réalité s’est installée ailleurs.

Christian



Pour vous faire plaisir, cher Karol W., je reformule ce vieux slogan anarchiste

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Bonjour Franck,
Votre logique m'interloque dans la mesure où il m'est difficile de la restituer dans un quelconque contexte catholique. Que faites-vous des lois éternelles de Dieu et notamment du Décalogue dont le quatrième Commandement nous engage à honorer notre père et notre mère? Or qu'est-ce que la patrie si ce n'est l'héritage de nos pères? L'amour de la patrie n'est pas une option mais un devoir et une vertu pour les chrétiens. Le cosmopolitisme que vous appelez de vos voeux semble hélas faire fi de la patrie qui demeure une « réalité irremplaçable » au même titre que la famille pour reprendre l'enseignement de Jean-Paul II et de l'Église catholique. Le patriotisme n'est de surcroît pas incompatible avec la prise en compte des intérêts des autres nations dans la mesure où il implique de reconnaître aux autres nations les droits et prérogatives que l'on reconnaît à la sienne. Le concept de nation ne relève pas non plus d'un hypothétique pacte d'association, d'une convention sociale en somme, mais d'une réalité naturelle toute aussi irremplaçable que le concept de patrie reposant sur une certaine proximité géographique – le territoire – mais également sur une proximité culturelle découlant notamment d'une histoire et d'une foi commune. Il me semble par ailleurs important de souligner qu'au sein d'un État-nation ce ne sont pas les institutions sociales qui sont à l'origine de la nation mais bel et bien le contraire. Il est ainsi erroné de confondre État et nation afin de faire rejaillir sur cette dernière une critique concernant exclusivement l'État.
Je cite intégralement votre intervention, car nos points de vue sont peut-être moins éloignés que vous ne le pensez.

Je suis profondément, viscéralement, attaché à la culture française. J’ai vécu, dès après mon adolescence hors de France, sans y jamais retourner autrement que pour des visites ; je parle d’autres langues, mais c’est la culture française, et plus exactement parisienne, qui me constitue (lorsqu’on me demande ma nationalité, je réponds ‘Parisien’). Cet amour de la langue française, de sa littérature, de mon ‘héritage’, comme vous dites, et comment celui-ci s’est constitué au cours des siècles, n’est donc pas une ‘option’. C’est dans mon être.

Mais un héritage commun n’est pas suffisant pour ‘faire société’. Pourquoi le fait de parler la même langue me rendrait nécessairement solidaire des paysans parasites, des fonctionnaires dysfonctionnels et de quelques 60M de titulaires de la nationalité française ? C’est un lien purement abstrait, une construction artificielle. D’autres qui ne sont pas des nationaux partagent notre culture… et nous savons que bien de nos nationaux la rejettent (écoutez les témoignages venus des banlieues). Mon authentique prochain, c’est d’une part, celui ou celle que je rencontre, physiquement, comme dans la parabole : ma famille, bien sûr, mes nombreux amis, les gens dont je partage les activités et les soucis. Et puis ce peut être des lointains, mais avec qui j’ai tissé des liens : je suis plus proche d’une micro-église chrétienne au Pakistan que j’essaie d’aider que de tous ces Corréziens, Foréziens et Picards, dont pas un seul ne figure dans mon carnet d’adresses.

Soyons vrais. Reconnaissons le fait que les frontières sont déplacées. L’héritage que nous appelons la ‘France’ ne s’arrête pas au Rhin et à Calais, et Aulnay-sous-Bois n’est plus la France. Voilà la réalité. Et précisément, si nous ne voulons pas que ce don de ‘la France’ que nous avons reçu soit perdu, il faut le défendre là où il est, là où il a une chance de survivre, non pas géographiquement, non pas politiquement, mais dans les esprits.

Ce qui réclame une prise de conscience de cette réalité nouvelle. Ce qui réclame de ‘faire société’ autrement. Au sein d’authentiques et vivantes communautés.

Christian
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"paysans parasites", "fonctionnaires dysfonctionnels" ?

Qu'est-ce que c'est ?
Christian
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"paysans parasites", "fonctionnaires dysfonctionnels" ?

Qu'est-ce que c'est ?
C’est de la bonne vieille provoc’. :P

Nous avons eu de jubilatoires discussions sur ce forum à propos du libéralisme et autres projets de transformer le monde. Les anciens se rappellent que je suis un opposant convaincu aux subventions agricoles, tout autant qu’à la « fonction publique ».

(Bien sûr, c’est la fonction publique qui dysfonctionne, pas nécessairement ceux qui en ont fait leur gagne-pain.)

Christian
MB
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Christian a écrit :
Je suis profondément, viscéralement, attaché à la culture française. J’ai vécu, dès après mon adolescence hors de France, sans y jamais retourner autrement que pour des visites ; je parle d’autres langues, mais c’est la culture française, et plus exactement parisienne, qui me constitue (lorsqu’on me demande ma nationalité, je réponds ‘Parisien’). Cet amour de la langue française, de sa littérature, de mon ‘héritage’, comme vous dites, et comment celui-ci s’est constitué au cours des siècles, n’est donc pas une ‘option’. C’est dans mon être.

Mais un héritage commun n’est pas suffisant pour ‘faire société’. Pourquoi le fait de parler la même langue me rendrait nécessairement solidaire des paysans parasites, des fonctionnaires dysfonctionnels et de quelques 60M de titulaires de la nationalité française ? C’est un lien purement abstrait, une construction artificielle.

Christian
Salut Christian !

Je reprends la phrase en gras : il faut la préciser. Une construction artificielle n'est pas forcément fausse... et cela me paraît un point important, qu'il faudrait rediscuter...

A bientôt
MB
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Bonsoir Christian,
Christian a écrit :Mais un héritage commun n’est pas suffisant pour ‘faire société’. Pourquoi le fait de parler la même langue me rendrait nécessairement solidaire des paysans parasites, des fonctionnaires dysfonctionnels et de quelques 60M de titulaires de la nationalité française ? C’est un lien purement abstrait, une construction artificielle. D’autres qui ne sont pas des nationaux partagent notre culture… et nous savons que bien de nos nationaux la rejettent (écoutez les témoignages venus des banlieues). Mon authentique prochain, c’est d’une part, celui ou celle que je rencontre, physiquement, comme dans la parabole : ma famille, bien sûr, mes nombreux amis, les gens dont je partage les activités et les soucis. Et puis ce peut être des lointains, mais avec qui j’ai tissé des liens : je suis plus proche d’une micro-église chrétienne au Pakistan que j’essaie d’aider que de tous ces Corréziens, Foréziens et Picards, dont pas un seul ne figure dans mon carnet d’adresses.

Je vous mentirais si je prétendais ne pas partager vos impressions sur ce sujet, cependant je crois sincèrement que nous faisons erreur du fait d'une construction qui est pour le coup purement « artificielle » et inhérente à la modernité, à savoir l'autonomie et son corollaire individualiste qui ont profondément ébranlé notre perception des sociétés naturelles. Ce n'est pas parce que l'individualisme nous a été inculqué depuis notre plus tendre enfance et qu'il tend à devenir hélas dominant en France depuis déjà plusieurs décennies qu'il ne contredit pas gravement l'ordre naturel notamment au sujet de la cohésion nationale. Cette attitude est d'autant plus paradoxale qu'elle prétend malgré tout intégrer l'héritage de nos pères, mais comment pourrions-nous donc assurer assurer la perpétuation de notre culture sans un vecteur concret tel que la communauté nationale?

L'histoire, qui se trouve être plus que jamais une discipline d'avenir, nous montre que les peuples capables de préserver leurs liens nationaux peuvent surmonter toutes les épreuves et toutes les difficultés. Songeons ainsi au peuple d'Israël qui dut attendre près de deux millénaires pour être de nouveau réuni sur son territoire. Ce peuple a certes changé structurellement au cours des deux derniers millénaires du fait des conversions et des différents métissages qu'il opéra avec d'autres peuples, toutefois la culture juive survécut car le lien national unissant les Juifs ne s'est jamais distendu. J'ai choisi cet exemple qui n'est au demeurant pas nécessairement le plus simple du fait d'autres données telles que le facteur religieux mais j'aurais pu en prendre de nombreux autres.

J'ai ainsi été frappé durant mes périples au Liban et en Syrie de rencontrer des personnes ignorant tout de nos beaux principes individualistes au point de me considérer comme l'un des leurs, de m'inviter à dîner chez eux et de me présenter leurs familles et amis alors qu'ils ne me connaissaient quasiment pas. Pourquoi agissaient-ils ainsi? Tout simplement parce qu'ils savaient que je descendais de la même nation qu'eux et qu'en somme, un même sang coulait dans nos veines. Notre incapacité à assimiler d'autres groupes ethniques et culturels découle directement de l'oubli de cette réalité. Les immigrés sont tiraillés entre la culture française et leur culture d'origine, or la culture française n'a strictement aucune chance de l'emporter sur une culture d'origine généralement holiste à moins de renoncer à l'individualisme. Benoît XVI ne dit pas autre chose; il n'existe pas à proprement parler de choc des civilisations mais plutôt un risque réel de déséquilibre global du fait de la perte de tout repère identitaire en Occident. C'est avant tout de nos faiblesses que se nourrissent les islamistes à l'échelle mondiale et les communautaristes à l'échelle nationale.

PaX
Franck
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