Dieu a-t-Il créé par excès d'amour ? Réponse à Larmorencourt

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Popeye
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Dieu a-t-Il créé par excès d'amour ? Réponse à Larmorencourt

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Dieu a-t-Il créé par excès d’amour ?


[align=justify]1/ Oui, par excès d’Amour pour Dieu.

Il n’y a pour Dieu aucune nécessité à créer. Il créé donc librement, par libre-choix. Donc Dieu est, formellement ou équivalemment, volontaire. Cependant « l’objet de la volonté, c’est la fin, c’est le bien. Or on ne saurait assigner à Dieu une fin », puisque la fin est motrice [cause finale] et Dieu Immuable.

Par contre, on doit Lui assigner la volonté d’un bien. En effet, vouloir, c’est toujours vouloir quelque chose, et toujours le vouloir parce que c’est un bien. Ainsi, si je veux le mal d’autrui, c’est que ce mal sera pour moi un bien, par exemple la satisfaction d’un honneur offensé, ou encore la délectation morbide que je tirerais à haïr. En un mot comme en cent, l’objet du vouloir est le bien en général, comme l’objet de tel vouloir sera tel ou tel bien. Par suite, la finalité du vouloir, c’est d’acquérir un bien ou de s’y reposer si on le possède. Car « la volonté appartient en nous à la partie appétitive. Celle-ci, bien qu’elle tire son nom du désir, n’a pas pour acte unique de désirer ce qu’elle n’a pas, mais aussi d’aimer ce qu’elle a et d’en jouir. Et c’est sous cet aspect que la volonté est attribuée à Dieu, car elle a toujours le bien qui est son objet, puisqu’il ne différe pas de Dieu selon son essence » ; « ainsi la joie, la délectation, est relative au bien présent et possédé ; le désir et l’espérance au bien non encore obtenu. Au contraire, l’amour a rapport au bien en général, qu’il soit possédé ou non. C’est donc l’amour qui est par nature l’acte premier de de la volonté ou de l’appétit. »

On comprend donc que l’Amour, en Dieu, est un amour de jouissance et non un amour de désir. Car Dieu est Parfait, et sa Perfection est le Bien par essence, le Souverain Bien. Et puisqu’Il l’est, Il n’a pas à y tendre, mais l’est et s’y repose. Et cette jouissance est sa Béatitude.

De plus, parce que le bien est aimable, le Souverain Bien est Souverainement Aimable, donc S’Aime Souverainement. Et c’est pourquoi Dieu s’aime nécessairement d’un Amour Infini, parce qu’Il se voit tel qu’Il est, Sublimissime de Gloire. Dieu ne peut que s’aimer Infiniment. Qui ne comprend pas ce point ne comprendra rien à l’agir divin ad extra : Dieu fait tout, absolument tout, par Amour de Lui. En effet, de ce qu’à Dieu suffit sa Bonté, et sa Volonté en est rassasiée, ne s’en suit pas qu’Il ne veut rien d’autre que Lui, mais seulement qu’Il ne veut rien que sa Bonté en voulant les autres choses. Et c’est pourquoi Dieu ne veut les créatures qu’en se voulant leur fin : c’est parce que Dieu se veut ou s’aime, qu’Il nous veut, ne nous voulant que comme ordonnés à Lui comme à notre fin dernière absolue : nous ne sommes pas voulus pour nous-mêmes, mais pour Dieu. D’où la première réponse, affirmative, à la question. Cet excès d’amour dans l’acte de création, c’est l’Amour Infini de Dieu pour Dieu.

Dieu n’agit pas en vue d’une fin, car la fin est motrice : elle meût l’agent à agir. Or être mû, fusse par une cause finale, c’est être mis en mouvement, autrement dit passer de la puissance à l’acte, ce qui est impossible en Dieu, comme on vient de le voir. Et c’est pourquoi si Dieu n’agit pas sans raisons, Il agit sans motifs. Et c’est pourquoi aussi la seule fin de l’agir ad extra est la fin de l’opéré [finis operis], ce pour quoi l’opéré (la créature) a été voulu. Mais en aucun cas la création est la fin de Dieu [finis operantis] ou la fin de son agir [finis operationis] (car l’agir de Dieu est Dieu). C’est là deux vérités d’extrême importance. En aucun cas la création est la fin de Dieu, pour deux raisons. D’une part, parce que Dieu est Acte Pur et que la fin meût à agir. D’autre part parce que la fin ayant raison de bien, si Dieu a la créature pour fin, Dieu est non seulement un Imparfait qui se perfectionne, mais encore un Imparfait dont la créature est le perfectionnement. Ce qui revient à subordonner Dieu à la créature, ce qui est discours aussi insensé qu’idolatrique. D’où la conclusion que si « Dieu nous aime » (Rm V 8), Il n’a aucun besoin de nous. D’où les affirmations du Magistère : « Ce seul vrai Dieu, par sa Bonté et sa Toute-Puissance, non pas pour augmenter sa Béatitude ni pour acquérir sa pleine Perfection, mais pour manifester celle-ci par les biens qu’Il accorde aux créatures, a, dans le plus libre des desseins, “tout ensemble, dès le commencement, créé de rien les deux sortes de créatures, les spirituelles et les corporelles …” » (Vatican I, session III, cap.1 ; Dz 3002). Si le bonheur de Dieu n’est pas en et par Lui-même, Dieu n’est pas le Bien Souverain, par défaut de Béatitude Souveraine. Si Dieu a besoin de nous, Il n’est pas Dieu. Dire que la créature est la fin du Créateur, c’est dire que l’imparfait est la fin du Parfait, donc identiquement dire que le Parfait est un imparfait que l’imparfait perfectionne. Bref, c’est dire n’importe quoi, et donner la preuve manifeste de sa perte du sens de la Grandeur de Dieu. Dieu n’a aucun besoin de nous. Nous créér ne répond pas en Lui à une nécessité. Nous ne sommes pas là pour combler un manque : « Si quelqu’un .. dit que Dieu n’a pas créé par une volonté libre de toute nécessité, mais aussi nécessairement qu’Il s’aime soi même .. qu’il soit anathème » (Vatican I, session III, can.5 du cap.1 ; Dz 3025). Dieu n’est pas déterminé à nous créér par je ne sais quel besoin : Dieu n’a aucun besoin de nous. Et que nous soyons damnés ou sauvés, cela n’affecte en rien Dieu, Acte Pur et Souveraine Béatitude : « La Sainte Église Catholique Apostolique Romaine croit et professe qu’il n’y a qu’un seul Dieu vivant et vrai, … absolument simple et immuable, … parfaitement heureux en Lui-même et par Lui-même ». (Vatican I, Constitution Dei Filius, cap.1 ; Dz 3001).

Dieu est la fin de la créature, ce pour quoi la créature a été voulue. C’est là une vérité de foi divine puisque formellement et explicitement révélée : « L’Éternel a tout fait pour Lui-même. » Pr. XVI 4. Elle est encore de foi catholique, ut tenenda : « Si quelqu’un .. nie que le monde ait été créé pour la gloire de Dieu, qu’il soit anathème ». (Vatican I, session III, can.5 du cap.1 ; Dz 3025). C’est encore une évidence rationnelle pour qui sait voir. Car le bien est-ce à quoi le vouloir tend à titre de fin. Dieu étant le Souverain Bien, Il n’y tend pas mais l’est et s’y repose. Le Bien qu’est Dieu n’ayant pas de finalité, le seul acte gratuit, c’est l’Acte Pur. L’agir ad extra, étant libre, est volition. Le bien créé est donc voulu. Or ce bien ne peut être voulu comme la fin de l’opérant ou de l’opération qu’est l’opérant, la Souveraine Perfection du Parfait s’opposant à ce que l’imparfait soit sa fin. La seule fin du terme créé est donc sa finis operis, la fin de l’opéré, ce pour quoi il a été fait. Ce qui revient à dire que le créé est un moyen en vue d’une fin. Et comme tout bien n’est qu’en dépendance du Bien, rien de bien ne sera voulu sinon en sa dépendance du Bien et pour sa dépendance au Bien, donc que pour le Bien, la dépendance du bien au Bien étant d’ordre transcendantal. Donc Dieu ne veut le créé qu’en Se voulant, cqfd. Ce qui revient à dire qu’aucune créature n’est voulue pour elle-même, mais seulement pour Dieu.

« L’Éternel a tout fait pour Lui-même. » (Pr XVI 4). « Quiconque invoque mon nom, je l’ai créé pour ma gloire, je l’ai formé et je l’ai fait. » (Is XLIII 7). « Glorifiez l’Éternel autant que vous le pourrez ; car sa gloire l’emportera encore, et admirable est sa magnificence. » (Eccli XLIII 32). « Soit que vous mangiez, soit que vous buvez, et quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. » (I Cor X 31). « Ainsi votre lumière doit-elle briller devant les hommes afin que voyant vos bonnes œuvres ils glorififient votre Père qui est dans les cieux. » (Mt V 16). « Dieu, voulant manifester sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec beaucoup de longanimité les vases de colère devenus dignes de perdition, dans le dessein de manifester la richesse de sa gloire envers les vases de miséricorde qu’Il a d’avance préparé pour la gloire » (Rm IX 22-23). « Nous savons que lors de cette manifestation nous Lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’Il est » (I Jn III 2), totus sed non totaliter. « L’Éternel sera pour toi une lumière éternelle, ton Dieu sera ta splendeur. » (Is LX 19). Et puisque la vision entraine la dilection, d’où notre béatitude surnaturelle, laquelle ne peut pas être ce pour quoi Dieu nous fait, ainsi qu’on vient de le montrer, reste que ce soit le moyen idoine par lequel Dieu soit surnaturellement atteint, vu et aimé tel qu’Il est. Raison pourquoi, « Si quelqu’un … nie que le monde ait été créé pour la Gloire de Dieu, qu’il soit anathème. » (Concile Œcuménique de Vatican I, Constitution Dei Filius, canon 5 du cap.1).

Est donc prouvé que Dieu ne veut le créé que parce qu’Il se veut.


2/ Oui, par excès d’Amour qu’est Dieu.

« Passons, dès cette heure, dans notre discours, au nom du bon, que les théologiens attribuent au-dessus de tout et avant-tout à la divinité superdivine, lorsqu’ils affirment, je crois, que la bonté constitue la subsistance thérarchique (Mt XIX 17, Mc X 18, Lc XVIII 19), et que, par cela même qu’Il est, le Bon, d’une bonté substantielle, répand la bonté sur les êtres. » [Saint Denys, Noms Divins, IV §1]. Plus sobrement : « Un objet de nature n’a pas seulement une inclination naturelle à l’égard de son propre bien, pour l’acquérir lorsqu’il lui fait défaut ou pour s’y reposer lorsqu’il le tient, mais encore pour le communiquer à d’autres autant qu’il est possible. » [Saint Thomas, Ia Q.19 a.2].

Ce qui vaut aussi pour les créatures spirituelle, pour autant qu'elles agissent selon leur nature. « C’est de la Bonté que les créatures reçoivent leur permanence, à cette Bonté qu’elles doivent la fondation, la conservation, la garde et le foyer de leurs biens ; enflammées de son désir, elles obtiennent l’être et l’être-bien, et se moulant sur ce modèle autant que possible, elles deviennent boniformes, et communiquent, ainsi l’a réglé la loi divine, au rang au-dessous du leur, les dons qui du Bon émanent jusqu’à elles. » « Osons encore avancer, conformément à la vérité, que même l’Auteur universel, en son bel et bon amour de toutes choses, grâce à un excès d’amoureuse bonté, sort de lui-même par ses providences envers les différents êtres, et se délecte dans la bonté, la charité, l’amour ; tellement que de sa sublimité absolue au dessus de tous les êtres, il s’abaisse jusqu’à tous, avec une supersubstantielle puissance, se répandant à l’extérieur sans se déplacer à l’intérieur. » [ND, IV §1]. « Aussi les divins sages le proclament-ils jaloux, parce qu’il montre un surcroît de bon amour à l’égard des êtres, de l’ardeur à convertir en jalousie leur amoureuse aspiration vers lui, et une propre jalousie, jalousie dont est digne ce qu’il désire, jalousie dont est digne ce qu’il produit. » [ND, IV §13]. La jalousie est donc l’intensité de l’amour, l’ardeur à aimer. La Jalousie sera donc mesurée d’après le bien donné. Dieu sera d’autant plus Jaloux qu’Il fait plus du bien à l’un qu’à l’autre. Sa Jalousie culminera donc dans les processions trinitaires. « Bref, l’aimable et l’amour marchent avec le beau et le bon, sont préétablis dans le beau et le bon, et existent et se développent à raison du beau et du bon. » [ND, IV §13]. « Par l’amour, duquel nous parlions, divin, angélique, intellectuel, animal, physique, entendons une force unitive et concrétive, qui meut les supérieurs à des soins providentiels à l’égard des inférieurs, les égaux à de réciproques communications, et les subalternes à la gravitation vers les chefs au-dessus d’eux. » [ND, IV §15] ; « Après celà, résumons rétrogressivement tous ces amours en l’amour un et collectif, père de tous les autres, multiplicité que nous simplifierons en réduisant d’abord à deux les vertus de ces amours, sur lesquelles règne et auxquelles préexiste absolument, au-dessus de tout, l’incompréhensible cause des amours particuliers, vers laquelle tend, d’après la nature de chaque individu, l’amour universel de tous les êtres. » [ND, IV §16] ; « Rassemblant donc ces vertus dans le un, disons que une est la vertu simple qui se meut de par l’univers, du Bon jusqu’au dernier des êtres et du dernier des êtres jusqu’au Bon, parmi tous circulant d’elle-même, par elle-même, en elle-même, révolution toujours identique. » [ND, IV §17].

Mais si le Bon, qui s’aime aussi nécessairement qu’infiniment, se diffuse nécessairement et substantiellement ad intra au Fils et à l’Esprit, ce n’est que librement et participativement qu’Il veut ceux qu’Il pose ad extra. « En effet, la Volonté divine a un rapport nécessaire avec la Bonté divine qui est son objet propre. Dieu veut donc nécessairement que sa Bonté soit… Mais les choses autres que Lui, Dieu ne les veut qu’en tant qu’elles sont ordonnées à sa Bonté comme à leur fin. Or les choses qui sont ordonnées à une fin, nous ne les voulons pas nécessairement en voulant la fin, à moins qu’elles ne soient telles que sans elles la fin ne puisse être… Aussi, puisque la Bonté de Dieu est Parfaite et peut être sans les autres choses, puisque sa Perfection ne s’accroît en rien par les autres, il s’ensuit que vouloir d’autres choses que Lui-même n’est pas pour Dieu nécessaire… » [Ia Q.19 a.3]


3/ Par excès d’Amour pour nous ?

Dieu nous aime-t-Il infiniment ? Oui, si l’on considère que cet Amour ou Vouloir est Dieu, et que Dieu est Infini. Non, si l’on considère qu’aimer c’est faire du bien. En effet, « puisque aimer c’est vouloir ce qui est bon pour quelqu’un, on peut aimer un être plus ou moins en un double sens. Tout d’abord en ce sens que l’acte même de la volonté est plus ou moins intense. De cette façon, Dieu n’aime pas certains plus que d’autres, car Il les aime tous d’un vouloir simple et toujours égal. En un autre sens, quant au bien qu’on veut pour l’aimé, et là on dit que nous aimons d’avantage celui pour qui nous voulons un bien plus grand, quand même ce ne serait pas d’une volonté plus intense. De cette façon, on doit nécessairement dire que Dieu aime certains êtres plus que d’autres. Car puisque l’Amour de Dieu [= la Volonté qu’est Dieu] est cause de la bonté des choses …, une chose ne serait pas meilleure qu’une autre, si Dieu ne voulait pas un bien plus grand pour elle que pour une autre. » [Ia Q.20 a.3]. De sorte qu’au premier sens, l’Amour qu’est Dieu est Infini, tandis qu’au second Dieu n’aime Infiniment que Lui-même, le Bien qu’Il est et aime en s’aimant ou se voulant Lui-même étant seul Infini, tandis que le bien qu’Il nous veut et qui nous constitue tel que nous sommes est un bien fini, un degré de participation, nécessairement epsilonique, au Bien Infini.

Et plus encore, « il est nécessaire, d’après ce qui précède, d’affirmer que Dieu aime d’avantage ceux qui sont meilleurs. En effet, c’est le vouloir de Dieu qui est cause que les choses soient bonnes et l’on dit que, pour Dieu, aimer quelque chose d’avantage, c’est lui vouloir un plus grand bien, d’où s’ensuit qu’Il aime d’avantage les meilleurs. » [Ia Q.20 a.4]


4/ Conclusion.

Dieu ne peut que s’aimer Infiniment. Qui ne comprend pas ce point ne comprendra rien à l’agir divin ad extra : Dieu fait tout, absolument tout, par Amour de Lui. Dieu ne nous aime donc que pour Lui. D’où la Prédestination au Ciel des seuls élus, la Réprobation négative voire positive ante prævisa demerita : Dieu a tout fait pour sa Gloire, le Ciel comme l’Enfer. Quant aux créatures, elles sont toutes aimées, mais plus ou moins, et toujours en dépendance de l’Amour de Dieu pour Dieu. Et c’est pourquoi les grands théologiens disent, commentant Pr XVI 4, que ce que Dieu vise en créant, c’est la glorification de sa Sainteté par les créatures, Sainteté qui se manifeste autant dans les œuvres de Miséricorde que de Vindicte, en confessant généralement une réprobation positive post prævisa demerita.

« Quel est le premier de tous les commandements ? Jésus répondit : “Le premier c’est : Écoute Israël, le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur. Et tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit, et de toute ta force. Le second est celui-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là.” » (Mc XII 28-31). D’abord Dieu, ensuite seulement le prochain, en dépendance de cet amour pour Dieu. [/align]
Jol
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Pour soutenir un peu ce looooong discours et expliqué que le mal n'est que le résultat de l'amour de dieu, je ne sais plus où j'avais lu ça mais l'explication était la suivante.
Pourquoi Dieu n'intervient pas sur le mal qu'il ce produit sur terre?
Car Dieu est amour et que comme l'amour d'un père sans limite il laisse ses enfants apprendre de leurs erreurs même si celà doit les conduire à des monstruosités, il se retient par amour, et sais qu'après avoir fait, une fois, deux fois la même erreur alors l'humanité ne refera plus la même erreur est aura grandit, c'est pour celà qu'il n'intervient pas car son amour est sans bornes.

Je trouve cette explication (si j'était chrétien) plutôt bien foutu.
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Popeye
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Jol a écrit : Je trouve cette explication (si j'était chrétien) plutôt bien foutue.
[merci d'argumenter ou de s'abstenir|Seb]

:roll:
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Boris
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Jol a écrit :Pour soutenir un peu ce looooong discours et expliqué que le mal n'est que le résultat de l'amour de Dieu, je ne sais plus où j'avais lu ça mais l'explication était la suivante.
Pourquoi Dieu n'intervient pas sur le mal qu'il ce produit sur terre?
Car Dieu est amour et que comme l'amour d'un père sans limite il laisse ses enfants apprendre de leurs erreurs même si celà doit les conduire à des monstruosités, il se retient par amour, et sais qu'après avoir fait, une fois, deux fois la même erreur alors l'humanité ne refera plus la même erreur est aura grandit, c'est pour celà qu'il n'intervient pas car son amour est sans bornes.

Je trouve cette explication (si j'était chrétien) plutôt bien foutu.
Vous êtes légèrement à coté de la plaque : Dieu ne nous laisse pas apprendre de snos erreurs mais il nous laisse libre !
Il n'intervient pas et n'interfère pas dans et avec Sa Création.

Mais s'Il nous laisse libres, c'est bien par Amour.

Un père qui laisse ces enfants apprendre de leurs erreurs n'est pas forcément un bon père : il faut d'abord montrer la bonne voie à ses enfants. Cela s'appelle "éduquer" ses enfants. Dieu l'a fait par la Révélation Divine. "Apprendre des ses erreurs" fait parti des enseignement à recevoir. Cela ne vient pas tout seul.
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LumendeLumine
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[align=justify]
popeye a écrit :Dieu ne peut que s’aimer Infiniment. Qui ne comprend pas ce point ne comprendra rien à l’agir divin ad extra : Dieu fait tout, absolument tout, par Amour de Lui. Dieu ne nous aime donc que pour Lui.
J'ai de la difficulté avec ce point. L'amour est ce qui porte vers l'autre, il est centré sur l'autre. Je peux fort bien comprendre que l'amour de Dieu pour Lui-même n'est pas égoïste, puisqu'en Lui-même Dieu n'est pas seul, il est trine. Mais s'il ne nous aime que pour Lui, peut-on réellement appeler cela de l'amour? L'amour ce n'est pas une boucle qui passe par l'autre pour revenir sur soi, ce n'est pas une relation de soi à soi par l'autre, cela n'a aucun sens. De plus, si Dieu n'a pas d'amour pour ce que nous sommes en nous-mêmes, pourquoi a-t-il épousé la nature humaine? N'est-ce pas le témoignage qu'il aime sa créature pour elle-même?[/align]
Charles
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LumendeLumine a écrit :Mais s'il ne nous aime que pour Lui, peut-on réellement appeler cela de l'amour? L'amour ce n'est pas une boucle qui passe par l'autre pour revenir sur soi, ce n'est pas une relation de soi à soi par l'autre, cela n'a aucun sens.
Nous devons penser l'amour humain à la mesure de l'amour divin, et même si Dieu emploie la métaphore humaine de l'amour conjugal pour nous dire son amour.

Cette boucle est l'image même de l'amour divin, procession et conversion, c'est le mouvement de la pensée augustinienne, le plan de la somme théologique de saint Thomas d'Aquin, et le sens du verset d'Isaïe "De même que la pluie et la neige descende des cieux et n'y retrournent pas sans... ainsi en est-il de la parole qui sort de ma bouche, elle ne revient pas vers moi sans effet" (Is 55, 10-13)

Voir ausssi la courte étude de Gilson "Notes sur la cohérence de la mystique cistercienne" à la fin de l'Esprit de la philosophie médiévale (Vrin) : il y a un amour de soi qui n'est pas l'égoïsme et qui est le modèle de l'amour de l'autre ("aimez votre prochain comme vous vous aimez vous-mêmes")
Jol
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Boris a écrit :
Vous êtes légèrement à coté de la plaque : Dieu ne nous laisse pas apprendre de snos erreurs mais il nous laisse libre !
Il n'intervient pas et n'interfère pas dans et avec Sa Création.

Mais s'Il nous laisse libres, c'est bien par Amour.

Un père qui laisse ces enfants apprendre de leurs erreurs n'est pas forcément un bon père : il faut d'abord montrer la bonne voie à ses enfants. Cela s'appelle "éduquer" ses enfants. Dieu l'a fait par la Révélation Divine. "Apprendre des ses erreurs" fait parti des enseignement à recevoir. Cela ne vient pas tout seul.
Il faut préciser que dieu brille quoiqu'on en dise par son abscence, alors il ne peut par définition nous eduquer, alors il faut bien expliquer son abscence dans le mal d'une manière, et aprendre de ses erreurs comme vous dites ça ne viens pas tout seul il faut faire des erreurs pour apprendre.
Et dire qu'un enfant ne grandit que par l'éducation et non par soit même c'est quant même un poil aberrant.
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Popeye
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LumendeLumine a écrit :J'ai de la difficulté avec ce point. L'amour est ce qui porte vers l'autre, il est centré sur l'autre. Je peux fort bien comprendre que l'amour de Dieu pour Lui-même n'est pas égoïste, puisqu'en Lui-même Dieu n'est pas seul, il est Trine.
Si Dieu ne s'aime pas Lui même, c'est qu'Il n'est pas Souverainement Aimable. S'Il est Souverainement Aimable, Il s'aime nécessairement, et plus encore, Souverainement, puisque cette Bonté Aimable est cet Amour qu'est Dieu, puisque Dieu et Simple.

Ce qui ne l'empèche pas par ailleurs d'aimer les autres. Mais là, il faut distinguer le Fils et l'Esprit, qui Lui sont consubstantiels, des créatures.

Quant au Fils et à l'Esprit, Ils reçoivent de Dieu le Père sa Déité, le Bien Suprême Souverainement Aimable, et le sont. Et comme le Père ne se pose qu'en s'opposant et ne s'oppose qu'en se posant, cet Amour de soi, qui est Amour de sa Personne et de sa Nature, est aussi Amour du Fils, de l'Esprit, la Personne du Père étant indissociable des Personnes procédantes qu'elle pose en se posant.
Mais s'il ne nous aime que pour Lui, peut-on réellement appeler cela de l'amour ? L'amour ce n'est pas une boucle qui passe par l'autre pour revenir sur soi, ce n'est pas une relation de soi à soi par l'autre, cela n'a aucun sens. De plus, si Dieu n'a pas d'amour pour ce que nous sommes en nous-mêmes, pourquoi a-t-il épousé la nature humaine? N'est-ce pas le témoignage qu'il aime sa créature pour elle-même?

Quant aux créatures, il ne s'agit pas de dire qu'Il ne les aime pas, mais qu'Il les aime pour Lui même.

Remarquez d'abord que cette affirmation est de foi divine : « L’Éternel a tout fait pour Lui-même. » Pr. XVI 4. Elle est encore de foi catholique, ut tenenda : « Si quelqu’un .. nie que le monde ait été créé pour la gloire de Dieu, qu’il soit anathème ». (Vatican I, session III, can.5 du cap.1 ; Dz 3025). Voilà qui devrait suffire à vous convaincre.

Elle est encore rationnellement certaine. En effet, si Dieu n'a pas voulu la créature pour Lui même, la créature a été voulue/aimée pour elle-même. Qui donc, de Dieu ou du créé, est la fin du créé ?

Tout bien n’est qu’en dépendance du Bien, la dépendance du bien au Bien étant d’ordre transcendantal, le bien étant transcendentalement ordonné au Bien auquel il participe et duquel il résulte. Par suite, vouloir ce bien, c’est vouloir l’ordonnancement transcendantal au Bien, donc le Bien auquel ce bien s’ordonne transcendentalement comme à son terme ad quem. Reste donc à savoir si cette relation transcendantale est voulue pour elle-même ou pour le Bien auquel elle s’ordonne comme à son terme. Le bien est-il voulu pour lui-même ou pour le Bien auquel il s’ordonne ? Qui, de Dieu ou du créé, est la fin du créé ? La fin à raison de bien. Or si Dieu veut le bien pour lui-même et non pour le Bien auquel il s’ordonne, c’est que ce bien à plus de bonté que le Bien, proposition aussi absurde qu'idolatrique... Donc Dieu ne veut l’ordonnancement trancendantal au Bien que pour le Bien auquel il s’ordonne. Donc Dieu ne veut le créé qu’en Se voulant Fin du créé, cqfd. Ce qui revient à dire qu’aucune créature n’est voulue pour elle-même, mais seulement pour Dieu. Dieu veut que nous soyons ce que nous sommes, et nous créé tels en conséquence, qu’en se voulant comme notre fin. Nous ne sommes donc pas voulus parce que nous sommes bons, mais nous sommes bons parce que nous sommes voulus, et nous ne sommes voulus que pour Dieu auquel nous nous ordonnons transcendentalement comme à notre Terme, extrinsèque dans l’ordre naturel, intrinsèque dans la gloire. Notre bonté n’est donc pas la raison du vouloir qui la veut, mais ce vouloir est sa raison, dont Dieu est la raison. Autrement dit, ce qui est voulu sans être la raison de ce vouloir ne pouvant être voulu pour soi-même, nous ne sommes voulus que pour Dieu.

Est donc prouvé que Dieu ne veut le créé que parce qu’Il se veut comme la fin du créé. On dit parfois des créatures spirituelles qu’elles sont voulues pour elles mêmes, mais par manière impropre de parler, pour signifier qu’elles seules sont le moyen de la fin dernière absolue de la Création, et cette fin est Dieu.[/align]


:heart:
Larmorencourt
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Popeye,

Merci pour vos longues explications. Vous semblez affirmer précedemment , si je ne me trompe, que la volition et l'intellection divine se confondent, puisque Dieu est simple, la creation (acte de créer) se confond-elle également avec l'intellection divine? Ou est-elle une opération autre qui ne modifie pas la substance divine, qui part d'un mouvement imperceptible et donc inexistant de Dieu et s'amplifie de fil en aiguille?
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Popeye
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[align=justify]
Larmorencourt a écrit :Popeye,

Merci pour vos longues explications. Vous semblez affirmer précedemment, si je ne me trompe, que la volition et l'intellection divine se confondent, puisque Dieu est simple, la creation se confond-elle également avec l'intellection divine? Ou est-elle une opération autre qui ne modifie pas la substance divine, qui part d'un mouvement imperceptible et donc inexistant de Dieu et s'amplifie de fil en aiguille?
Bonjour Larmorencourt.

I - Quant au rapport de l’intellection et de la volition à la simplicité divine :

En Dieu, Intellection et Volition se confondent, parce que Dieu est Simple. Et c'est pourquoi « en Dieu tout est un là où n'est pas l'opposition des relations ». Reste alors à savoir si intellection et volition, qui sont en Dieu de manière suréminente (infinie), y sont formellement ou équivalemment : sont-ce des perfections simples ou mixtes ? Même question, mais déclinée autrement : si intellection et volition sont formellement en Dieu, comment ne violent-elles pas la simplicité divine ? En effet, puisqu’intelliger est formellement autre que vouloir, comment intelliger et vouloir pourraient-ils être formellement en Dieu, si Dieu est Simple ? Plusieurs réponses.

1/ Dans le système scotiste :

Les attributs divins sont des perfections simples, donc sont formellement en Dieu, et se distinguent les uns des autres par une distinction actuelle explicite. Cela signifie qu'il y a une distinction objective, in re, en Dieu, entre intellection et volition, puique intelliger est formellement autre que vouloir. Cette distinction actuelle est réputée [à tort] ne pas violer la simplicité divine. Pour ce faire, les scotistes recourent à un abracadabra. Comme vous le savez, Duns Scot ne professe pas l'analogie mais l'univocité, qu'il qualifie « d'analogie d'inégalité ». Ce qui revient à dire que « l'analogue » [en fait un univoque] est réalisé univoquement en chaque « analogué » [univoqué]. Par suite, la seule différence entre Dieu et la créature sera dans les modes intrinsèques d'être cette perfection univoque. Ainsi, l'être sera formellement identique en la créature et en le Créateur, mais affecté d'un coefficient fini ou infini. D'où, en Dieu, une composition d'attribut et de mode intrinsèque à l'attribut, l'attribut et son mode se distinguant eux même d'une distinction objective, actuelle, et explicite, c'est à dire non subsumée.

2/ Dans le premier système thomiste [celui de Garrigou-Lagrange] :

Intellection et volition sont formellement distinctes, donc sont objectivement distinctes en Dieu. Il y a donc distinction actuelle, en Dieu.

Mais dans le même temps, S.Thomas ne professe pas l'univocité mais l'analogie. Ce qui revient à dire qu'en les analogués [Dieu = analogué principal, la créature = analogué secondaire] l'analogue [attribué formellement ou équivalemment aux différents analogués] et le mode intrinsèque ne composent pas, mais sont une seule et même chose. Autrement dit, que l'analogué n'est pas composé d'analogue et de mode, mais l'analogue et le mode sont deux notes conceptuelles distinctes d'une seule et même réalité, l'analogué. Et s'il y a analogie, c'est précisément parce que l'une des notes est réalisée formellement en les analogués premier et secondaires. Plus exactement, si elle est réalisée formellement en chacun des analogués, c'est qu'elle est la note d'une perfection simple. Si elle n'est qu'équivalemment en Dieu, c'est la note d'une perfection mixte. Notez encore cette ambiguïté terminologique que le mot « perfection » peut signifier soit l'analogué [d'ordre concret] soit l'analogue [d'ordre abstrait] ; on dira alors que la perfection analogue est réalisée en l'analogué.

Dans ce système, la distinction actuelle n’est qu’implicite. En effet, si l’intellection et la volition, formellement distinctes l’une de l’autre, sont réalisées formellement en Dieu, n’en reste pas moins que ces attributs d’intellection et de volition ne se distinguent pas objectivement, dans le concret [dans l’ordre des analogués premier (Dieu) ou secondaires (les créatures)], de leurs modes intrinsèques, l’univocité étant niée au profit de l’analogie. Alors que chez les scotistes le mode intrinsèque et l’attribut sont distincts in re, ils sont pour les thomistes identiques in re, et ne se distinguent que post rem, de raison raisonnée. De sorte que le discours thomiste va aboutir à la conclusion suivante que l’intellection et la volition divines sont tout à la fois objectivement distinctes et identiques in re. Objectivement distinctes, en tant qu’elles sont deux formes formellement distinctes ; objectivement identiques, en tant qu’elles sont chacune réellement identiques à leurs modes intrinsèques, tel l’infinité, et que ces modes leurs sont communs, en quoi elles fusionnent l’une l’autre. Et c’est pourquoi la distinction actuelle n’est ici qu’implicite, les différentes perfections objectivement ou actuellement distinctes à raison de forme étant confessées objectivement identiques à raison de mode, la distinction de la forme et de son mode n’étant pas actuelle (scotisme) mais de raison raisonnée (thomisme).

D’où l’absurde d’un système où les mêmes perfections sont tout à la fois distinctes et indistinctes in re. Au final la distinction actuelle des différentes perfections formellement en Dieu n’est que virtuelle, c’est-à-dire de raison raisonnée, tout l’art du sophisme consistant en ce mot, « virtuel », trait d’union entre la distinction actuelle, in re, et la distinction de raison raisonnée, post rem. Il importe d’ailleurs peu que cette distinction « virtuelle » soit dite avoir un fondement réel. En effet, de deux choses, l’une seulement. Soit elle est une distinction de raison raisonnée, post rem, de sorte que ce qui sera distingué par la raison sera autant de notes conceptuellement distinctes d’une seule et même perfection simple et suréminente, de sorte qu’alors les différents attributs [intellection et volition] que ces notes expriment, loin d’être formaliter en Dieu, n’y seront qu’équivalenter. Soit ils y sont formaliter, donc s’y distinguent actuellement et ainsi composent l’Incomposable en violant sa sursimplissimité, le « cum fundamentum in re » de la distinction tenant lors à son caractère actuel et non plus à la richesse d’une suréminence appréhendée en une multiplicité de notes, important d’ailleurs peu que cette distinction actuelle soit explicite ou implicite, les deux cas étant aberrants.

Autrement dit, la distinction virtuelle cum fundamentum in re est particulièrement vicieuse, puisque de deux choses, l’une seulement. Soit elle est une distinction de raison raisonnée, et son fondement réel est dans la suréminence de l’objet pensé en une pluralité de notes. Soit elle est une distinction actuelle, et ce fondement réel est dans la composition réelle inhérente à la distinction réelle. Tout le vice du discours consiste à passer de la distinction actuelle à la distinction de raison au nom de l’implicite prétendu de la distinction actuelle.

3/ Dans le second système thomiste [celui de Gilson et de Sertillanges] :

Ce système prend acte de la faillite du système précédent, mais cherche à maintenir la doctrine d’une pluralité de perfections « simples » [c’est-à-dire formellement en Dieu], et va chercher absurdement à un dépassement de la forme dans l’acte. Absurde, car soit l’acte pur est formellement intellection et volition, et alors intellection et volition sont formellement en Dieu, donc obligent à une distinction actuelle ; soit elles n’y sont pas formellement mais équivalemment, donc sont des perfections mixtes, ce qui signifie qu’à proprement parler Dieu n’est pas (formellement) intellection et volition, que l’intellection et la volition sont des perfections trop imparfaites [puisqu’elles composent] pour être en Dieu Simple.

4/ Autre système :

Il est vrai qu’en Dieu l’infinité de la forme est la forme même, Dieu étant Sursimplissime. Mais précisément pour cela, Dieu est une unique Perfection Simple. Si donc il y a en Dieu pluralité de perfections simples, impossibilité pour elles de fusionner en leur suréminence : une pluralité de perfections simples est introuvable en Dieu, les différentes perfections divines prétendument simples et absolues étant contradictoirement tout à la fois distinctes in re à raison de leur distinction actuelle et indistinctes in re à cause de son implicite prétendu ; l’implicite réduisant la distinction actuelle à n’être que de raison, donc post rem. Doctrine évidemment spécieuse, les différentes perfections ne pouvant s’identifier formellement à raison de quomoddité sans s’identifier formellement à raison de quiddité, l’infinité de la forme analoguée étant la forme même, celle-ci étant sursimplissime. Si donc il y a en Dieu pluralité de perfections simples, impossibilité pour elles de fusionner en leur suréminence. Donc intellection et volition ne sont que des perfections mixtes, non pas formellement et suréminemment en Dieu, mais équivalemment et suréminemment en Dieu.


II - Quant à savoir si la création est une opération autre que l’intellection et la volition divines, et son rapport à la substance divine :

La création, est une opération, comme l’intellection ou la volition. Or, ainsi que je vous l’ai déjà signifié, l’opération peut s’envisager à l’actif ou au passif. Par suite, quant à la création au sens actif, c’est la substance divine en tant que produisant les créatures. Par suite, si vous considérez que l’intellection et la volition ne sont qu’équivalemment en Dieu [perfections mixtes], vous devez conclure que la substance divine est le principium quo prochain des créatures, ce par quoi Dieu [principium quod] créé. Si au contraire vous pensez que l’intellection et la volition sont formellement en Dieu [perfections « simples »], la substance ne sera que le principum quo éloigné, le principium quo prochain étant l’intellection ET la volition divine, la créatuire étant pensée autant que voulue.

Quant au « mouvement imperceptible et donc inexistant de Dieu et s'amplifie de fil en aiguille », il ne peut être en Dieu Immuable. Il ne peut donc s’agir de la création au sens actif, mais de la création au sens passif, savoir le terme créé. Et là, deux possibilités : soit Dieu cré ex nihilo une réalité en la posant immédiatement en acte, auquel cas le terme opéré n’est pas ici d’un mouvement ou devenir ; soit Dieu produit un effet dans une réalité préalablement créée, et alors il y a une passion du patient sous l’effet de l’action de l’agent, passion qui est un mouvement, une actuation, de sorte que l’effet qu’opère l’agent pourra s’envisager à deux moments : en devenir [in fieri], achevé [in esse] ; ceci parce que le patient, patissant sous l’action de l’agent, réagit, et que l’effet achevé n’est qu’au terme de cette réaction.[/align]
Larmorencourt
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Popeye
Merci pour votre réponse, comme je réflechis plus lentement que vous écrivez, j'éprouve des difficultés à assimiler toutes ces considérations, j'y répondrais dans quelques temps.
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Popeye
Le vrai marin
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[align=justify]
Charles a écrit :Une remarque concernant ce sujet et de nombreuses autres déclarations lues sur différents forums :

l'amour que Dieu nous donne, nous enseigne et qu'il attend de nous en retour, retour aussi bien vers lui que vers nos frères, n'est pas un amour qui aurait besoin pour vivre de rejeter la vérité. Or, beaucoup écrivent comme si l'amour était au-dessus de la vérité... Ce qui est parfaitement absurde. C'est une variante d'une grosse tentation en théologie et qui est de placer la toute-puissance de Dieu au-dessus de sa sagesse. La controverse a eu lieu au XVII° et des gens comme Descartes ou Leibniz y ont participé. Il y a un balancement possible, une tentation de poser un alternative obligée entre ces deux termes, puissance de Dieu contre sagesse de Dieu. S'appuyant donc sur cette option théologique, un certain relativisme contemporain se fait le défenseur de l'amour contre la vérité... alors qu'au fond, l'amour n'est qu'un prétexte, et c'est la liberté qui est affirmée contre la vérité.

Mais pour en arriver à revendiquer la liberté contre la vérité comme si la vérité était un viol de la liberté, c'est que la nuit est tombée... L'amour chrétien n'a rien à voir avec les ténèbres et revendiquer la liberté contre la sagesse divine, c'est précisément ce qu'on appelle le péché originel. Tout chrétien sincère, d'ailleurs, sent bien que l'amour ne peut se rendre complice du mensonge.
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Je signe avec mon sang ce que vous écrivez-là.

:loveletter:
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LumendeLumine
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[align=justify]Bonjour Popeye,

Vous me direz ce que vous pensez de ceci. Je définis l'amour ainsi: aimer, c'est vouloir le bien de l'autre. Ce qui s'accorde avec l'exposé que vous m'avez fait et dont je vous remercie. En effet, pour Dieu, si nous aimer consiste à vouloir notre bien, puisque notre bien est Dieu, nous aimer consiste à se vouloir lui-même.

Vous posez la question: "Qui, de Dieu ou du créé, est la fin du créé?" C'est évidemment Dieu: le créé existe avec Dieu comme fin, de fide, bon, c'est rationnellement certain aussi.
Mais autre chose est de demander: "Qui, de Dieu ou du créé, est la fin de la création?" (Où création = acte de créer)

Maintenant, par fin de la création on peut entendre deux choses. Du moins, je l'impose à des fins méthodologiques pour l'instant. On peut vouloir dire, dans le sens où vous l'utilisez, en vue de quel bien la création s'ordonne-t-elle, ce bien est évidemment Dieu, encore une fois. Mais on peut vouloir dire aussi en vue du bien de quoi la création s'ordonne-t-elle, ce "quoi" ne pouvant être Dieu, Bien suprême auquel on ne peut rien ajouter, mais celui de la créature. En d'autres termes, cela est très bon, comme le remarque Dieu lui-même (Gn 1), que la créature existe et soit ordonnée à Dieu comme sa fin: on peut donc dire que comme la création profite à la créature, non à Dieu, c'est pour la créature que Dieu l'a créée, non en ce sens que la créature a sa fin en elle-même, mais que d'exister comme créature et donc d'avoir sa fin en Dieu, est, de soi, quelque chose de bon, que Dieu a voulu en créant.

"Dieu a créé toutes choses, explique S. Bonaventure, " non pour accroître la Gloire, mais pour manifester et communiquer cette gloire ", CEC 293. Or manifester, communiquer, ont comme terme autre que soi. C'est donc pour se donner à autrui que Dieu a créé. On peut donc dire en ce sens que la fin de la création est la création, non pas encore une fois que Dieu aurait créé un bien extérieur à lui-même pour pouvoir y tendre et le posséder, ce qui n'a aucun sens; mais que la création est la seule partie à qui profite l'acte créateur. La manifestation de la gloire de Dieu ne rend personne d'autre heureux que nous-mêmes; si Dieu manifeste sa gloire, c'est pour notre bien.[/align]
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Popeye
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[align=justify]
LumendeLumine a écrit : Maintenant, par fin de la création on peut entendre deux choses. Du moins, je l'impose à des fins méthodologiques pour l'instant. On peut vouloir dire, dans le sens où vous l'utilisez, en vue de quel bien la création s'ordonne-t-elle, ce bien est évidemment Dieu, encore une fois. Mais on peut vouloir dire aussi en vue du bien de quoi la création s'ordonne-t-elle, ce "quoi" ne pouvant être Dieu, Bien suprême auquel on ne peut rien ajouter, mais celui de la créature. En d'autres termes, cela est très bon, comme le remarque Dieu lui-même (Gn 1), que la créature existe et soit ordonnée à Dieu comme sa fin: on peut donc dire que comme la création profite à la créature, non à Dieu, c'est pour la créature que Dieu l'a créée, non en ce sens que la créature a sa fin en elle-même, mais que d'exister comme créature et donc d'avoir sa fin en Dieu, est, de soi, quelque chose de bon, que Dieu a voulu en créant.
Sauf qu'alors ce n'est pas la finis operationis mais la finis operis : la fin de l'opéré. Cette fin de l'opéré est double :

Fin dernière absolue, la Gloire extrinsèque et formelle de Dieu

Fin dernière relative, la béatitude des créatures spirituelles. Dans ce denier sens vous avez la réponse à votre question.
"Dieu a créé toutes choses, explique S. Bonaventure, " non pour accroître la Gloire, mais pour manifester et communiquer cette gloire ", CEC 293. Or manifester, communiquer, ont comme terme autre que soi. C'est donc pour se donner à autrui que Dieu a créé. On peut donc dire en ce sens que la fin de la création est la création, non pas encore une fois que Dieu aurait créé un bien extérieur à lui-même pour pouvoir y tendre et le posséder, ce qui n'a aucun sens; mais que la création est la seule partie à qui profite l'acte créateur. La manifestation de la gloire de Dieu ne rend personne d'autre heureux que nous-mêmes; si Dieu manifeste sa gloire, c'est pour notre bien.
Allez dire ça aux damnés...[/align]
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