Le bon Samaritain. L'attention : regard d'amour créateur
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Le bon Samaritain. L'attention : regard d'amour créateur
Lc10,33 Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié
Je voudrais partager avec tous une découverte que la lecture d'un texte Simone Weil m'a permis de faire.
Le Samaritain qui prend soin de l'homme laissé pour mort sur le chemin ne devient bon qu'à partir du moment où "il vit et fut saisi de pitié". C'est exactement le même regard qu'a Jésus partout où Il va et il n'est guère étonnant de retrouver la même expression en Luc : "En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas. » (Lc7,13), ainsi qu'en Matthieu - par exemple: "En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de pitié envers eux et guérit les infirmes (Mt14,14)".
La compassion, la miséricorde, la pitié sont entièrement contenues dans le regard et c'est cette attention d'Amour qui entraîne avec elle la prière, l'enseignement, les guérisons, mais aussi la résurrection de plusieurs.
Bref, sans cette attention, écrit Simone Weil, il ne se passerait rien. Voici ce passage, tel que je l'extrais de "Attente de Dieu" (Livre de Vie 129, Fayard):
"La charité du prochain, étant constituée par l'attention créatrice est analogue au génie. L'attention créatrice consiste à faire réellement attention à ce qui n'existe pas. L'humanité n'existe pas dans la chair anonyme inerte au bord de la route. Le Samaritain qui s'arrête et regarde fait pourtant attention à cette humanité absente, et les actes qui suivent témoignent que cette attention est bien réelle.
La foi, dit saint Paul, est la vue des choses invisibles. Dans ce moment d'attention, la foi est présente aussi bien que l'amour."
Dans le même ordre d'idée, il est remarquable de noter qu'un homme entièrement livré à la discrétion d'un autre n'a pas non plus d'existence réelle:
"Un esclave n'existe pas, ni aux yeux du maître, ni à ses propres yeux. Les esclaves noirs d'Amérique, quand ils se blessaient par accident le pied ou la main, disaient : "Cela ne fait rien, c'est le pied du maître, c'est la main du maître". Une chanson populaire espagnole dit en mots d'une merveilleuse vérité: "Si quelqu'un veut se faire invisible, il n'a pas de moyen plus sûr que de devenir pauvre"...
Cependant, l'Amour voit ce qui est invisible. Et pour terminer, je voudrais revenir à cet autre passage de l'Evangile qui justifie, d'après ce regard d'attention, toute la mission de Jésus:
Matthieu 9,36 Voyant les foules, il eut pitié d'elles parce qu'elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger.
Je voudrais partager avec tous une découverte que la lecture d'un texte Simone Weil m'a permis de faire.
Le Samaritain qui prend soin de l'homme laissé pour mort sur le chemin ne devient bon qu'à partir du moment où "il vit et fut saisi de pitié". C'est exactement le même regard qu'a Jésus partout où Il va et il n'est guère étonnant de retrouver la même expression en Luc : "En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas. » (Lc7,13), ainsi qu'en Matthieu - par exemple: "En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de pitié envers eux et guérit les infirmes (Mt14,14)".
La compassion, la miséricorde, la pitié sont entièrement contenues dans le regard et c'est cette attention d'Amour qui entraîne avec elle la prière, l'enseignement, les guérisons, mais aussi la résurrection de plusieurs.
Bref, sans cette attention, écrit Simone Weil, il ne se passerait rien. Voici ce passage, tel que je l'extrais de "Attente de Dieu" (Livre de Vie 129, Fayard):
"La charité du prochain, étant constituée par l'attention créatrice est analogue au génie. L'attention créatrice consiste à faire réellement attention à ce qui n'existe pas. L'humanité n'existe pas dans la chair anonyme inerte au bord de la route. Le Samaritain qui s'arrête et regarde fait pourtant attention à cette humanité absente, et les actes qui suivent témoignent que cette attention est bien réelle.
La foi, dit saint Paul, est la vue des choses invisibles. Dans ce moment d'attention, la foi est présente aussi bien que l'amour."
Dans le même ordre d'idée, il est remarquable de noter qu'un homme entièrement livré à la discrétion d'un autre n'a pas non plus d'existence réelle:
"Un esclave n'existe pas, ni aux yeux du maître, ni à ses propres yeux. Les esclaves noirs d'Amérique, quand ils se blessaient par accident le pied ou la main, disaient : "Cela ne fait rien, c'est le pied du maître, c'est la main du maître". Une chanson populaire espagnole dit en mots d'une merveilleuse vérité: "Si quelqu'un veut se faire invisible, il n'a pas de moyen plus sûr que de devenir pauvre"...
Cependant, l'Amour voit ce qui est invisible. Et pour terminer, je voudrais revenir à cet autre passage de l'Evangile qui justifie, d'après ce regard d'attention, toute la mission de Jésus:
Matthieu 9,36 Voyant les foules, il eut pitié d'elles parce qu'elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger.
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Le regard sur autrui
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 10, 25-37)
25 Pour mettre Jésus à l'épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? »
26 Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Que lis-tu ? »
27 L'autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. »
28 Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. »
29 Mais lui, voulant montrer qu'il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? »
30 Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l'avoir dépouillé, roué de coups, s'en allèrent en le laissant à moitié mort.
31 Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l'autre côté.
32 De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l'autre côté.
33 Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié.
34 Il s'approcha, pansa ses plaies en y versant de l'huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
35 Le lendemain, il sortit deux pièces d'argent, et les donna à l'aubergiste, en lui disant : 'Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.'
36 Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme qui était tombé entre les mains des bandits ? »
37 Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi fais de même. »
Simone Weil, à propos du second commandement qui concerne le prochain (le second, mais pas le moins important, puisqu'il vérifie l'amour de Dieu) en avait tiré cette conclusion particulière: "Aimer un étranger comme soi-même a pour contrepartie : s'aimer soi-même comme un étranger". Le peu que je connais de l'existence très sévère, mais aussi très engagée de la convertie, me permet de dire qu'elle s'est appliqué cette règle à elle-même : en effet, à la fin de sa courte vie, atteinte de tuberculose, elle a refusé de bénéficier des soins spécialisés que sa notoriété lui aurait permis.
A sa suite, je me suis efforcé de m'aimer à distance de moi-même, comme si j'étais justement cet étranger dont il faut prendre soin - mais ni plus ni moins (ce qui veut dire: combattre l'auto-apitoiement, m'estimer moins, devenir plus humble,etc. ) J'avoue que c'est difficile, il faut se secouer beaucoup. En réalité, reprendre de la distance à l'égard de l'ego est tout aussi difficile que de franchir le pas pour considérer autrui comme soi-même : c'est qu'en fait, l'un ne va sans l'autre, et les deux ne sont possibles que dans l'amour de Dieu.
Or, si nous pouvions nous efforcer, à la suite de sainte Faustine, de veiller à accomplir un acte de miséricorde chaque jour (par le geste ou la parole, la prière - ou simplement un regard), nous sortirions d'une pratique le plus souvent formelle, pour entrer directement dans la Vie !
Car c'est bien ce dont il est question ici: de ce qu'il faut faire pour avoir part à la vie éternelle.
25 Pour mettre Jésus à l'épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? »
26 Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Que lis-tu ? »
27 L'autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. »
28 Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. »
29 Mais lui, voulant montrer qu'il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? »
30 Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l'avoir dépouillé, roué de coups, s'en allèrent en le laissant à moitié mort.
31 Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l'autre côté.
32 De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l'autre côté.
33 Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié.
34 Il s'approcha, pansa ses plaies en y versant de l'huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
35 Le lendemain, il sortit deux pièces d'argent, et les donna à l'aubergiste, en lui disant : 'Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.'
36 Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme qui était tombé entre les mains des bandits ? »
37 Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi fais de même. »
Simone Weil, à propos du second commandement qui concerne le prochain (le second, mais pas le moins important, puisqu'il vérifie l'amour de Dieu) en avait tiré cette conclusion particulière: "Aimer un étranger comme soi-même a pour contrepartie : s'aimer soi-même comme un étranger". Le peu que je connais de l'existence très sévère, mais aussi très engagée de la convertie, me permet de dire qu'elle s'est appliqué cette règle à elle-même : en effet, à la fin de sa courte vie, atteinte de tuberculose, elle a refusé de bénéficier des soins spécialisés que sa notoriété lui aurait permis.
A sa suite, je me suis efforcé de m'aimer à distance de moi-même, comme si j'étais justement cet étranger dont il faut prendre soin - mais ni plus ni moins (ce qui veut dire: combattre l'auto-apitoiement, m'estimer moins, devenir plus humble,etc. ) J'avoue que c'est difficile, il faut se secouer beaucoup. En réalité, reprendre de la distance à l'égard de l'ego est tout aussi difficile que de franchir le pas pour considérer autrui comme soi-même : c'est qu'en fait, l'un ne va sans l'autre, et les deux ne sont possibles que dans l'amour de Dieu.
Or, si nous pouvions nous efforcer, à la suite de sainte Faustine, de veiller à accomplir un acte de miséricorde chaque jour (par le geste ou la parole, la prière - ou simplement un regard), nous sortirions d'une pratique le plus souvent formelle, pour entrer directement dans la Vie !
Car c'est bien ce dont il est question ici: de ce qu'il faut faire pour avoir part à la vie éternelle.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Le regard sur autrui
Il y a véritablement comme un exercice d'équilibre dans notre conscience, par lequel "autrui" devrait acquérir autant de poids que mon "moi-même". Et si nous parvenions à accorder à l'autre la même attention protectrice et affectueuse que nous nous portons à nous-mêmes, nous aurions franchi un grand pas, non seulement vers la sainteté, mais aussi vers une société plus humaine...
Pour Simone Weil, le surnaturel n'est ni une fuite, ni échappatoire au social... En effet, la Grâce va venir imprégner le social d'une certaine qualité de vie et lui donner valeur et sens. La Grâce n'est pas simplement une expérience personnelle, elle ne s'arrête pas dans le pur champ de la conscience individuelle. Elle se répercute en obligations, en engagements, en pratiques dans l'existence concrète de chacun. L'amour de Dieu ne peut être séparé de l'amour du prochain.
Dans l'allégorie de la caverne, la contemplation du soleil n'est que l'avant-dernier stade. Le dernier stade, c’est le moment où l’homme retourne dans la caverne pour en faire sortir les autres. De même, ceux qui ont été décréés (verbe employé par Simone Weil pour signifier le renoncement et l'abandon total en Dieu) doivent retourner dans le monde, et l'aimer de l'amour même de Dieu, exactement comme le Christ l'a fait. Il n'y a pas de «fuite mystique» loin du monde. Ce retour vers le monde, Simone Weil l'a vécu tout au long de sa vie.
Peut-on aimer son prochain sans l'intervention de la Grâce ? Non, répond Simone Weil, car «la sympathie du fort pour le faible est contre nature». «La pitié descend jusqu'à un certain niveau, et non au-dessous. Comment la charité fait-elle donc pour descendre plus bas encore ?» C’est que la charité contrairement à la pitié est un acte de renoncement, de lutte conte la Pesanteur, un fruit de la Grâce. Dès que nous créons un vide dans notre âme, «Dieu se précipite en elle pour pouvoir à travers elle regarder, écouter les malheureux». «Dans l'amour vrai, ce n'est pas nous qui aimons les malheureux en Dieu, c'est Dieu en nous qui aime les malheureux».
Dans un acte de charité, «l'homme accepte une diminution en se concentrant sur une dépense d'énergie qui n'étendra pas son pouvoir, qui fera seulement exister un être autre que lui, indépendant de lui». C'est une imitation de l'Incarnation et de la Passion. «C'est se transporter dans l'autre, c'est consentir soi-même au malheur, c'est à dire à la destruction de soi-même. C'est se nier soi-même. En se niant soi même, on devient capable après Dieu d'affirmer un autre par une affirmation créatrice. On se donne en rançon pour l'autre. C'est un acte rédempteur». Toute charité qui n'est pas renoncement, qui n'est pas fruit de la Grâce, est mépris du faible et du pauvre. «L'aumône, quand elle n'est pas surnaturelle, est semblable à une opération d'achat. Elle achète le malheureux» puisqu'elle nous a permis d'augmenter notre pouvoir ou d'améliorer l'image que nous avons ou donnons de nous même.
avoir autant de poids que mon "moi-même". Et si nous parvenions à accorder à l'autre la même attention protectrice et affectueuse que nous nous portons à nous-mêmes, nous aurions franchi un grand pas, non seulement vers la sainteté, mais aussi vers une société plus humaine...
Pour Simone Weil, le surnaturel n'est ni une fuite, ni échappatoire au social... En effet, la Grâce va venir imprégner le social d'une certaine qualité de vie et lui donner valeur et sens. La Grâce n'est pas simplement une expérience personnelle, elle ne s'arrête pas dans le pur champ de la conscience individuelle. Elle se répercute en obligations, en engagements, en pratiques dans l'existence concrète de chacun. L'amour de Dieu ne peut être séparé de l'amour du prochain.
Dans l'allégorie de la caverne, la contemplation du soleil n'est que l'avant-dernier stade. Le dernier stade, c’est le moment où l’homme retourne dans la caverne pour en faire sortir les autres. De même, ceux qui ont été décréés (verbe employé par Simone Weil pour signifier le renoncement et l'abandon total en Dieu) doivent retourner dans le monde, et l'aimer de l'amour même de Dieu, exactement comme le Christ l'a fait. Il n'y a pas de «fuite mystique» loin du monde.
Peut-on aimer son prochain sans l'intervention de la Grâce ? Non, répond Simone Weil, car «la sympathie du fort pour le faible est contre nature». «La pitié descend jusqu'à un certain niveau, et non au-dessous. Comment la charité fait-elle donc pour descendre plus bas encore ?» C’est que la charité contrairement à la pitié est un acte de renoncement, de lutte conte la Pesanteur, un fruit de la Grâce. Dès que nous créons un vide dans notre âme, «Dieu se précipite en elle pour pouvoir à travers elle regarder, écouter les malheureux». «Dans l'amour vrai, ce n'est pas nous qui aimons les malheureux en Dieu, c'est Dieu en nous qui aime les malheureux». Dans un acte de charité, «l'homme accepte une diminution en se concentrant sur une dépense d'énergie qui n'étendra pas son pouvoir, qui fera seulement exister un être autre que lui, indépendant de lui». C'est une imitation de l'Incarnation et de la Passion. «C'est se transporter dans l'autre, c'est consentir soi-même au malheur, c'est à dire à la destruction de soi-même. C'est se nier soi-même. En se niant soi même, on devient capable après Dieu d'affirmer un autre par une affirmation créatrice. On se donne en rançon pour l'autre. C'est un acte rédempteur».
Toute charité qui n'est pas renoncement, qui n'est pas fruit de la Grâce, est mépris du faible et du pauvre. «L'aumône, quand elle n'est pas surnaturelle, est semblable à une opération d'achat. Elle achète le malheureux» puisqu'elle nous a permis d'augmenter notre pouvoir ou d'améliorer l'image que nous avons ou donnons de nous même.
Pour Simone Weil, le surnaturel n'est ni une fuite, ni échappatoire au social... En effet, la Grâce va venir imprégner le social d'une certaine qualité de vie et lui donner valeur et sens. La Grâce n'est pas simplement une expérience personnelle, elle ne s'arrête pas dans le pur champ de la conscience individuelle. Elle se répercute en obligations, en engagements, en pratiques dans l'existence concrète de chacun. L'amour de Dieu ne peut être séparé de l'amour du prochain.
Dans l'allégorie de la caverne, la contemplation du soleil n'est que l'avant-dernier stade. Le dernier stade, c’est le moment où l’homme retourne dans la caverne pour en faire sortir les autres. De même, ceux qui ont été décréés (verbe employé par Simone Weil pour signifier le renoncement et l'abandon total en Dieu) doivent retourner dans le monde, et l'aimer de l'amour même de Dieu, exactement comme le Christ l'a fait. Il n'y a pas de «fuite mystique» loin du monde. Ce retour vers le monde, Simone Weil l'a vécu tout au long de sa vie.
Peut-on aimer son prochain sans l'intervention de la Grâce ? Non, répond Simone Weil, car «la sympathie du fort pour le faible est contre nature». «La pitié descend jusqu'à un certain niveau, et non au-dessous. Comment la charité fait-elle donc pour descendre plus bas encore ?» C’est que la charité contrairement à la pitié est un acte de renoncement, de lutte conte la Pesanteur, un fruit de la Grâce. Dès que nous créons un vide dans notre âme, «Dieu se précipite en elle pour pouvoir à travers elle regarder, écouter les malheureux». «Dans l'amour vrai, ce n'est pas nous qui aimons les malheureux en Dieu, c'est Dieu en nous qui aime les malheureux».
Dans un acte de charité, «l'homme accepte une diminution en se concentrant sur une dépense d'énergie qui n'étendra pas son pouvoir, qui fera seulement exister un être autre que lui, indépendant de lui». C'est une imitation de l'Incarnation et de la Passion. «C'est se transporter dans l'autre, c'est consentir soi-même au malheur, c'est à dire à la destruction de soi-même. C'est se nier soi-même. En se niant soi même, on devient capable après Dieu d'affirmer un autre par une affirmation créatrice. On se donne en rançon pour l'autre. C'est un acte rédempteur». Toute charité qui n'est pas renoncement, qui n'est pas fruit de la Grâce, est mépris du faible et du pauvre. «L'aumône, quand elle n'est pas surnaturelle, est semblable à une opération d'achat. Elle achète le malheureux» puisqu'elle nous a permis d'augmenter notre pouvoir ou d'améliorer l'image que nous avons ou donnons de nous même.
avoir autant de poids que mon "moi-même". Et si nous parvenions à accorder à l'autre la même attention protectrice et affectueuse que nous nous portons à nous-mêmes, nous aurions franchi un grand pas, non seulement vers la sainteté, mais aussi vers une société plus humaine...
Pour Simone Weil, le surnaturel n'est ni une fuite, ni échappatoire au social... En effet, la Grâce va venir imprégner le social d'une certaine qualité de vie et lui donner valeur et sens. La Grâce n'est pas simplement une expérience personnelle, elle ne s'arrête pas dans le pur champ de la conscience individuelle. Elle se répercute en obligations, en engagements, en pratiques dans l'existence concrète de chacun. L'amour de Dieu ne peut être séparé de l'amour du prochain.
Dans l'allégorie de la caverne, la contemplation du soleil n'est que l'avant-dernier stade. Le dernier stade, c’est le moment où l’homme retourne dans la caverne pour en faire sortir les autres. De même, ceux qui ont été décréés (verbe employé par Simone Weil pour signifier le renoncement et l'abandon total en Dieu) doivent retourner dans le monde, et l'aimer de l'amour même de Dieu, exactement comme le Christ l'a fait. Il n'y a pas de «fuite mystique» loin du monde.
Peut-on aimer son prochain sans l'intervention de la Grâce ? Non, répond Simone Weil, car «la sympathie du fort pour le faible est contre nature». «La pitié descend jusqu'à un certain niveau, et non au-dessous. Comment la charité fait-elle donc pour descendre plus bas encore ?» C’est que la charité contrairement à la pitié est un acte de renoncement, de lutte conte la Pesanteur, un fruit de la Grâce. Dès que nous créons un vide dans notre âme, «Dieu se précipite en elle pour pouvoir à travers elle regarder, écouter les malheureux». «Dans l'amour vrai, ce n'est pas nous qui aimons les malheureux en Dieu, c'est Dieu en nous qui aime les malheureux». Dans un acte de charité, «l'homme accepte une diminution en se concentrant sur une dépense d'énergie qui n'étendra pas son pouvoir, qui fera seulement exister un être autre que lui, indépendant de lui». C'est une imitation de l'Incarnation et de la Passion. «C'est se transporter dans l'autre, c'est consentir soi-même au malheur, c'est à dire à la destruction de soi-même. C'est se nier soi-même. En se niant soi même, on devient capable après Dieu d'affirmer un autre par une affirmation créatrice. On se donne en rançon pour l'autre. C'est un acte rédempteur».
Toute charité qui n'est pas renoncement, qui n'est pas fruit de la Grâce, est mépris du faible et du pauvre. «L'aumône, quand elle n'est pas surnaturelle, est semblable à une opération d'achat. Elle achète le malheureux» puisqu'elle nous a permis d'augmenter notre pouvoir ou d'améliorer l'image que nous avons ou donnons de nous même.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- Fée Violine
- Consul

- Messages : 13039
- Inscription : mer. 24 sept. 2008, 14:13
- Conviction : Catholique ordinaire. Laïque dominicaine
- Localisation : France
- Contact :
Re: Le regard sur autrui
en effet, l'un ne va pas sans l'autre, ce sont les deux faces d'une même chose.etienne lorant a écrit :A sa suite, je me suis efforcé de m'aimer à distance de moi-même, comme si j'étais justement cet étranger dont il faut prendre soin - mais ni plus ni moins (ce qui veut dire: combattre l'auto-apitoiement, m'estimer moins, devenir plus humble,etc. ) J'avoue que c'est difficile, il faut se secouer beaucoup. En réalité, reprendre de la distance à l'égard de l'ego est tout aussi difficile que de franchir le pas pour considérer autrui comme soi-même : c'est qu'en fait, l'un ne va sans l'autre, et les deux ne sont possibles que dans l'amour de Dieu.
Cette réflexion me fait penser aux dernières lignes du "Journal d'un curé de campagne" de Bernanos (je cite de mémoire):
"Il est plus facile qu'on ne croit de se haïr. Mais la véritable humilité, la grâce des grâces, serait de s'aimer humblement soi-même, comme n'importe lequel des membres souffrants de Jésus-Christ".
Peut-être que si Simone Weil avait été encore plus humble, elle aurait accepté qu'on la soigne, comme elle aurait fait pour une autre personne ?
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etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Le regard sur autrui
Cette volonté qu'elle a eu, étant en Angleterre (elle avait sollicité de De Gaulle, de rentrer en France et de servir dans la résistance. Devant son refus, se sentant de plus en plus malade et se sentant impuissante, elle a préféré aller jusqu'au bout de ses forces,et ne voulant s'accorder plus qu'aurait pu s'offrir un ouvrier français atteint de la même maladie, elle est entrée au sanatorium d'Ashford, où elle décédée le 24 août 1943. Elle avait 34 ans.Peut-être que si Simone Weil avait été encore plus humble, elle aurait accepté qu'on la soigne, comme elle aurait fait pour une autre personne ?
Je dois dire que je me demande souvent comment certains êtres, touchés un jour par la grâce, deviennent instantanément comme ces fusées qui brûlent en quelques instants la majeure partie de leur carburant pour franchir l'atmosphère terrestre... Je suis ébloui, mais je ne me reconnais pas en eux, car en dépit de mes propres malheurs, j'aime tellement la vie !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- Olivier JC
- Tribunus plebis

- Messages : 1352
- Inscription : mer. 16 avr. 2008, 23:57
- Localisation : Bordeaux
Re: Le regard sur autrui
Peut-être l'aimaient-ils encore plus que vous ne l'aimez, tout simplement...etienne lorant a écrit :Je dois dire que je me demande souvent comment certains êtres, touchés un jour par la grâce, deviennent instantanément comme ces fusées qui brûlent en quelques instants la majeure partie de leur carburant pour franchir l'atmosphère terrestre... Je suis ébloui, mais je ne me reconnais pas en eux, car en dépit de mes propres malheurs, j'aime tellement la vie !
"Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie".
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MOTUS IN FINE VELOCITOR
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etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Le regard sur autrui
Peut-être l'aimaient-ils encore plus que vous ne l'aimez, tout simplement...
Bonjour Olivier,
Oui, je crois que vous avez raison et je dois admettre que je ne me comprends pas bien moi-même. Vingt-trois après ma conversion, je m'étonne de cet attachement à l'existence (et dire que je travaille dans un local qui n'est même pas chauffé l'hiver !) - car en 1985, dans l'excès de ma joie d'avoir rencontré le Christ, je lui ai dit: "Laisse-moi mourir tout de suite, Seigneur. Car une telle joie, je sais très bien que je risque de la perdre à demeurer en ce monde. Mais il n'était pas question: il fallait bien que je témoigne un peu de la grâce reçue.
Peut-être que cette joie est devenue vitalité sur la durée et peut-être que je suis encore utile à quelque chose ?
Bon, je m'arrête ici, car chaque année à la chute des feuilles, j'ai des pensées quelque peu "erratiques"...
Etienne
Bonjour Olivier,
Oui, je crois que vous avez raison et je dois admettre que je ne me comprends pas bien moi-même. Vingt-trois après ma conversion, je m'étonne de cet attachement à l'existence (et dire que je travaille dans un local qui n'est même pas chauffé l'hiver !) - car en 1985, dans l'excès de ma joie d'avoir rencontré le Christ, je lui ai dit: "Laisse-moi mourir tout de suite, Seigneur. Car une telle joie, je sais très bien que je risque de la perdre à demeurer en ce monde. Mais il n'était pas question: il fallait bien que je témoigne un peu de la grâce reçue.
Peut-être que cette joie est devenue vitalité sur la durée et peut-être que je suis encore utile à quelque chose ?
Bon, je m'arrête ici, car chaque année à la chute des feuilles, j'ai des pensées quelque peu "erratiques"...
Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Retour sur S. Weil, l'attention et la charité
Luc 10,33 : Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié
Je voudrais partager (de nouveau ?) avec tous une découverte que la lecture d'un texte Simone Weil m'a permis de faire.
Le Samaritain qui prend soin de l'homme laissé pour mort sur le chemin ne devient bon qu'à partir du moment où "il vit et fut saisi de pitié". C'est exactement le même regard qu'a Jésus partout où Il va et il n'est guère étonnant de retrouver la même expression en Luc : "En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas. » (Lc7,13), ainsi qu'en Matthieu - par exemple: "En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de pitié envers eux et guérit les infirmes (Mt14,14)".
La compassion, la miséricorde, la pitié sont entièrement contenues dans le regard et c'est cette attention d'Amour qui entraîne avec elle la prière, l'enseignement, les guérisons, mais aussi la résurrection de plusieurs.
Bref, sans cette attention, écrit Simone Weil, il ne se passerait rien. Voici ce passage, tel que je l'extrais de "Attente de Dieu" (Livre de Vie 129, Fayard):
"La charité du prochain, étant constituée par l'attention créatrice est analogue au génie. L'attention créatrice consiste à faire réellement attention à ce qui n'existe pas. L'humanité n'existe pas dans la chair anonyme inerte au bord de la route. Le Samaritain qui s'arrête et regarde fait pourtant attention à cette humanité absente, et les actes qui suivent témoignent que cette attention est bien réelle. La foi, dit saint Paul, est la vue des choses invisibles. Dans ce moment d'attention, la foi est présente aussi bien que l'amour."
Dans le même ordre d'idée, il est remarquable de noter qu'un homme entièrement livré à la discrétion d'un autre n'a pas non plus d'existence réelle:
"Un esclave n'existe pas, ni aux yeux du maître, ni à ses propres yeux. Les esclaves noirs d'Amérique, quand ils se blessaient par accident le pied ou la main, disaient : "Cela ne fait rien, c'est le pied du maître, c'est la main du maître". Une chanson populaire espagnole dit en mots d'une merveilleuse vérité: "Si quelqu'un veut se faire invisible, il n'a pas de moyen plus sûr que de devenir pauvre"...
Cependant, l'Amour voit ce qui est invisible. Et pour terminer, je voudrais revenir à cet autre passage de l'Evangile qui justifie, d'après ce regard d'attention, toute la mission de Jésus:
Matthieu 9,36 Voyant les foules, il eut pitié d'elles parce qu'elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger.
Je voudrais partager (de nouveau ?) avec tous une découverte que la lecture d'un texte Simone Weil m'a permis de faire.
Le Samaritain qui prend soin de l'homme laissé pour mort sur le chemin ne devient bon qu'à partir du moment où "il vit et fut saisi de pitié". C'est exactement le même regard qu'a Jésus partout où Il va et il n'est guère étonnant de retrouver la même expression en Luc : "En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas. » (Lc7,13), ainsi qu'en Matthieu - par exemple: "En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de pitié envers eux et guérit les infirmes (Mt14,14)".
La compassion, la miséricorde, la pitié sont entièrement contenues dans le regard et c'est cette attention d'Amour qui entraîne avec elle la prière, l'enseignement, les guérisons, mais aussi la résurrection de plusieurs.
Bref, sans cette attention, écrit Simone Weil, il ne se passerait rien. Voici ce passage, tel que je l'extrais de "Attente de Dieu" (Livre de Vie 129, Fayard):
"La charité du prochain, étant constituée par l'attention créatrice est analogue au génie. L'attention créatrice consiste à faire réellement attention à ce qui n'existe pas. L'humanité n'existe pas dans la chair anonyme inerte au bord de la route. Le Samaritain qui s'arrête et regarde fait pourtant attention à cette humanité absente, et les actes qui suivent témoignent que cette attention est bien réelle. La foi, dit saint Paul, est la vue des choses invisibles. Dans ce moment d'attention, la foi est présente aussi bien que l'amour."
Dans le même ordre d'idée, il est remarquable de noter qu'un homme entièrement livré à la discrétion d'un autre n'a pas non plus d'existence réelle:
"Un esclave n'existe pas, ni aux yeux du maître, ni à ses propres yeux. Les esclaves noirs d'Amérique, quand ils se blessaient par accident le pied ou la main, disaient : "Cela ne fait rien, c'est le pied du maître, c'est la main du maître". Une chanson populaire espagnole dit en mots d'une merveilleuse vérité: "Si quelqu'un veut se faire invisible, il n'a pas de moyen plus sûr que de devenir pauvre"...
Cependant, l'Amour voit ce qui est invisible. Et pour terminer, je voudrais revenir à cet autre passage de l'Evangile qui justifie, d'après ce regard d'attention, toute la mission de Jésus:
Matthieu 9,36 Voyant les foules, il eut pitié d'elles parce qu'elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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une méditation pour ce lundi 5 octobre 2009
Une méditation pour aujourd'hui lundi 5 octobre 2009
L’amour, c’est la compassion sans frontière
Saint Luc 10, 25-37
Pour mettre Jésus à l’épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Que lis-tu ? » L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. » Mais lui, voulant montrer qu’il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? » Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé, roué de coups, s’en allèrent en le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté. Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié. Il s’approcha, pansa ses plaies en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : ’Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.’ Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme qui était tombé entre les mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi fais de même. »
Prière d’introduction Aujourd’hui, Seigneur, tu me demandes d’élargir mon cœur, de le magnifier. Je crois que tu peux faire cela pour moi. En unissant mon cœur au tien, mon cœur grandira. J’ai confiance en ta fidélité. Tu m’aimes, bien que je sois pécheur et il n’y a rien que tu ne fasses pour moi. Aujourd’hui, je voudrais aimer davantage en manifestant plus de compassion envers celui qui aurait besoin de moi. Je veux agrandir le champ de ce que je considère - de ce que nous considérons - comme le prochain.
Demande Seigneur, rends mon cœur capable de surmonter tout obstacle à l’amour.
Points de réflexion
1. Dans une coquille de noix Ce ne sont pas tous les scribes qui, mieux que cet homme venu auprès de Jésus, soient capables de résumer de façon aussi concise, en une seule phrase, ce qui est nécessaire au salut : « aimer Dieu et son prochain » et voilà ! Mais il y a quelque chose qui doit être ajouté. Cet amour ne doit pas être partiel, mais total : aimer Dieu de tout son cœur, de tout son esprit et de toutes ses forces et aimer son prochain comme soi-même. Pour faire grandir cet amour, il faut désirer aimer davantage et demander à Dieu d’augmenter notre capacité d’aimer.
2. A la recherche d’une « porte de sortie » Le scribe commence à craindre que le résumé qu’il vient de faire soit trop exigeant. Il cherche une « porte de sortie » et voudrait que Jésus lui dise que le « prochain » ne comprend que ses amis, sa famille, ses compatriotes. Jésus, alors, lui raconte l’histoire d’un homme, un étranger, ennemi de son peuple, un Samaritain, qui trouve un Juif, blessé, et qui s’en préoccupe comme d’un frère. Cela fait contraste avec le comportement d’un prêtre et d’un lévite, pourtant religieux, qui, comme le blessé, sont Juifs. Si je considère celui qui est mon prochain avec un esprit trop étroit, je ne me soucierai pas de ceux que je devrais regarder comme mon prochain.
3. Compassion sans frontière Le mot compassion signifie « souffrir avec ». Le Samaritain voit cet homme à demi-mort et ressent sa souffrance, non d’une façon banale, disant : « Je comprends ta souffrance », mais en venant concrètement, humainement à son secours, comme il voudrait qu’on le fit à lui-même en pareille situation. Et il le manifeste par diverses attentions. Il s’arrête, prend le temps, panse ses blessures, le monte sur son âne, le conduit à une auberge, s’assure qu’on s’occupera de lui et assure qu’à son retour il règlera les frais. Pour m’apercevoir des besoins de mon prochain, je dois m’arrêter moi aussi, même s’il ne s’agit pas de quelqu’un de ma famille ou de mon cercle d’amis. Je dois laisser parler et agir mon cœur, veillant à soulager les besoins d’un autre avec le meilleur de ma connaissance, de mes possibilités et en ne fermant surtout pas les yeux.
Dialogue avec le Christ Jésus, je suis si souvent comme le prêtre et le lévite. Je vois bien des gens dans le besoin, mais je suis pressé et je me dis que peut-être quelqu’un d’autre va s’en occuper. Je sais que je dois voir tous et chacun comme mon prochain, même ceux qui souffrent de la guerre, de la famine ou de la pauvreté de l’autre côté du monde.
Résolution Que ce soit au travail, à l’école ou à la maison, je ferai plus attention aux gens qui m’entourent, à mon prochain et pas seulement à ce que j’ai à faire. Aujourd’hui, je donnerai une attention particulière à quelqu’un qui est dans le besoin.
L’amour, c’est la compassion sans frontière
Saint Luc 10, 25-37
Pour mettre Jésus à l’épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Que lis-tu ? » L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. » Mais lui, voulant montrer qu’il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? » Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé, roué de coups, s’en allèrent en le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté. Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié. Il s’approcha, pansa ses plaies en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : ’Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.’ Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme qui était tombé entre les mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi fais de même. »
Prière d’introduction Aujourd’hui, Seigneur, tu me demandes d’élargir mon cœur, de le magnifier. Je crois que tu peux faire cela pour moi. En unissant mon cœur au tien, mon cœur grandira. J’ai confiance en ta fidélité. Tu m’aimes, bien que je sois pécheur et il n’y a rien que tu ne fasses pour moi. Aujourd’hui, je voudrais aimer davantage en manifestant plus de compassion envers celui qui aurait besoin de moi. Je veux agrandir le champ de ce que je considère - de ce que nous considérons - comme le prochain.
Demande Seigneur, rends mon cœur capable de surmonter tout obstacle à l’amour.
Points de réflexion
1. Dans une coquille de noix Ce ne sont pas tous les scribes qui, mieux que cet homme venu auprès de Jésus, soient capables de résumer de façon aussi concise, en une seule phrase, ce qui est nécessaire au salut : « aimer Dieu et son prochain » et voilà ! Mais il y a quelque chose qui doit être ajouté. Cet amour ne doit pas être partiel, mais total : aimer Dieu de tout son cœur, de tout son esprit et de toutes ses forces et aimer son prochain comme soi-même. Pour faire grandir cet amour, il faut désirer aimer davantage et demander à Dieu d’augmenter notre capacité d’aimer.
2. A la recherche d’une « porte de sortie » Le scribe commence à craindre que le résumé qu’il vient de faire soit trop exigeant. Il cherche une « porte de sortie » et voudrait que Jésus lui dise que le « prochain » ne comprend que ses amis, sa famille, ses compatriotes. Jésus, alors, lui raconte l’histoire d’un homme, un étranger, ennemi de son peuple, un Samaritain, qui trouve un Juif, blessé, et qui s’en préoccupe comme d’un frère. Cela fait contraste avec le comportement d’un prêtre et d’un lévite, pourtant religieux, qui, comme le blessé, sont Juifs. Si je considère celui qui est mon prochain avec un esprit trop étroit, je ne me soucierai pas de ceux que je devrais regarder comme mon prochain.
3. Compassion sans frontière Le mot compassion signifie « souffrir avec ». Le Samaritain voit cet homme à demi-mort et ressent sa souffrance, non d’une façon banale, disant : « Je comprends ta souffrance », mais en venant concrètement, humainement à son secours, comme il voudrait qu’on le fit à lui-même en pareille situation. Et il le manifeste par diverses attentions. Il s’arrête, prend le temps, panse ses blessures, le monte sur son âne, le conduit à une auberge, s’assure qu’on s’occupera de lui et assure qu’à son retour il règlera les frais. Pour m’apercevoir des besoins de mon prochain, je dois m’arrêter moi aussi, même s’il ne s’agit pas de quelqu’un de ma famille ou de mon cercle d’amis. Je dois laisser parler et agir mon cœur, veillant à soulager les besoins d’un autre avec le meilleur de ma connaissance, de mes possibilités et en ne fermant surtout pas les yeux.
Dialogue avec le Christ Jésus, je suis si souvent comme le prêtre et le lévite. Je vois bien des gens dans le besoin, mais je suis pressé et je me dis que peut-être quelqu’un d’autre va s’en occuper. Je sais que je dois voir tous et chacun comme mon prochain, même ceux qui souffrent de la guerre, de la famine ou de la pauvreté de l’autre côté du monde.
Résolution Que ce soit au travail, à l’école ou à la maison, je ferai plus attention aux gens qui m’entourent, à mon prochain et pas seulement à ce que j’ai à faire. Aujourd’hui, je donnerai une attention particulière à quelqu’un qui est dans le besoin.
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etienne lorant
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Sainte Faustine, le Samaritain, la Miséricorde
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,25-37.
Pour mettre Jésus à l'épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? »
Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Que lis-tu ? »
L'autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. »
Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. »
Mais lui, voulant montrer qu'il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? »
Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l'avoir dépouillé, roué de coups, s'en allèrent en le laissant à moitié mort.
Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l'autre côté.
De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l'autre côté.
Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié.
Il s'approcha, pansa ses plaies en y versant de l'huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
Le lendemain, il sortit deux pièces d'argent, et les donna à l'aubergiste, en lui disant : 'Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai. '
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme qui était tombé entre les mains des bandits ? »
Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi fais de même. »
En ce jour où l'Eglise fête sainte Faustine, l'histoire du bon Samaritain nous montre bien comment l'amour du prochain découle de la véritable dévotion à Dieu. Le premier attribut de Dieu, qui surpasse justice et sainteté, c'est l'Amour miséricordieux - et donc, la meilleure manière d'adorer Dieu, c'est de chercher L'imiter dans sa miséricorde. Le Samaritain fait cela de façon admirable. Du temps de Jésus, les Samaritains étaient détestés des Juifs, qui les considéraient comme des "hérétiques" en quelque sorte (*) et il n'est guère étonnant que Jésus ait choisi ce personnage en particulier, car lui-même était rejeté, mais aussi afin de montrer que la miséricorde divine ne fait pas de distinction entre les hommes.
Ailleurs, Jésus déclare: "C'est Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes." Et c'est même ainsi que l'amour de Dieu atteint sa perfection chez le croyant : "Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »
(Matt. 5, 43-48)
C'est donc pour chaque fidèle un vrai défi. Il faut, par un mouvement de foi, parvenir à aimer Dieu assez que pour manifester Sa miséricorde envers quiconque en a besoin. J'écris les choses dans ce sens-là, car à mes yeux, il est évident qu'imiter ce que fait le Samaritain dans ce passage n'est possible qu'à partir d'un "mobile" qui est de loin supérieur à la sympathie ! En effet, ce voyageur qui est tombé dans une embuscade, n'est plus rien aux yeux des passants. La situation est typique et peut facilement être transposée: quel est donc l'homme d'affaire qui voyant une voiture garée sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute, avec les feux clignotants, qui va s'arrêter d'office pour voir s'il peut apporter son aide ?
Eh bien, aimer Dieu, c'est se distraire de toute autre préoccupation afin de venir en aide à quiconque est dans le besoin, même si ce "quiconque" est un étranger ou un ennemi.
Je suis bien convaincu que c'est en songeant à cela que Jésus dira à la compatriote du Samaritain: ''Crois-moi, femme, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut provient des Juifs. Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. 24 Dieu est esprit et c'est pourquoi ceux qui l'adorent doivent adorer en esprit et en vérité.'' Il faut adorer Dieu en esprit - et c'est la pratique des sacrements; et il faut adorer Dieu en vérité: par la pratique concrète (par la parole, le geste et la prière), de la Miséricorde dans le quotidien de nos vies.
Question: s'il est difficile de convaincre un chrétien d'agir et de vivre en bon Samaritain, qu'en sera-t-il d'un athée ?
(*) J'ai découvert le document qui suit sur les Samaritains d'hier et d'aujourd'hui, et je voudrais en faire cadeau à Anne T, notre célèbre enseignante catholique - en signe de reconnaissance et d'engouragement.
http://www.interbible.org/interBible/ca ... 70302.html
Pour mettre Jésus à l'épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? »
Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Que lis-tu ? »
L'autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. »
Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. »
Mais lui, voulant montrer qu'il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? »
Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l'avoir dépouillé, roué de coups, s'en allèrent en le laissant à moitié mort.
Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l'autre côté.
De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l'autre côté.
Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié.
Il s'approcha, pansa ses plaies en y versant de l'huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
Le lendemain, il sortit deux pièces d'argent, et les donna à l'aubergiste, en lui disant : 'Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai. '
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme qui était tombé entre les mains des bandits ? »
Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi fais de même. »
En ce jour où l'Eglise fête sainte Faustine, l'histoire du bon Samaritain nous montre bien comment l'amour du prochain découle de la véritable dévotion à Dieu. Le premier attribut de Dieu, qui surpasse justice et sainteté, c'est l'Amour miséricordieux - et donc, la meilleure manière d'adorer Dieu, c'est de chercher L'imiter dans sa miséricorde. Le Samaritain fait cela de façon admirable. Du temps de Jésus, les Samaritains étaient détestés des Juifs, qui les considéraient comme des "hérétiques" en quelque sorte (*) et il n'est guère étonnant que Jésus ait choisi ce personnage en particulier, car lui-même était rejeté, mais aussi afin de montrer que la miséricorde divine ne fait pas de distinction entre les hommes.
Ailleurs, Jésus déclare: "C'est Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes." Et c'est même ainsi que l'amour de Dieu atteint sa perfection chez le croyant : "Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »
(Matt. 5, 43-48)
C'est donc pour chaque fidèle un vrai défi. Il faut, par un mouvement de foi, parvenir à aimer Dieu assez que pour manifester Sa miséricorde envers quiconque en a besoin. J'écris les choses dans ce sens-là, car à mes yeux, il est évident qu'imiter ce que fait le Samaritain dans ce passage n'est possible qu'à partir d'un "mobile" qui est de loin supérieur à la sympathie ! En effet, ce voyageur qui est tombé dans une embuscade, n'est plus rien aux yeux des passants. La situation est typique et peut facilement être transposée: quel est donc l'homme d'affaire qui voyant une voiture garée sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute, avec les feux clignotants, qui va s'arrêter d'office pour voir s'il peut apporter son aide ?
Eh bien, aimer Dieu, c'est se distraire de toute autre préoccupation afin de venir en aide à quiconque est dans le besoin, même si ce "quiconque" est un étranger ou un ennemi.
Je suis bien convaincu que c'est en songeant à cela que Jésus dira à la compatriote du Samaritain: ''Crois-moi, femme, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut provient des Juifs. Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. 24 Dieu est esprit et c'est pourquoi ceux qui l'adorent doivent adorer en esprit et en vérité.'' Il faut adorer Dieu en esprit - et c'est la pratique des sacrements; et il faut adorer Dieu en vérité: par la pratique concrète (par la parole, le geste et la prière), de la Miséricorde dans le quotidien de nos vies.
Question: s'il est difficile de convaincre un chrétien d'agir et de vivre en bon Samaritain, qu'en sera-t-il d'un athée ?
(*) J'ai découvert le document qui suit sur les Samaritains d'hier et d'aujourd'hui, et je voudrais en faire cadeau à Anne T, notre célèbre enseignante catholique - en signe de reconnaissance et d'engouragement.
http://www.interbible.org/interBible/ca ... 70302.html
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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papillon
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Re: Sainte Faustine, le Samaritain, la Miséricorde
Je me suis procuré il y a quelques mois un livre bouleversant et fascinant , suite à un documentaire vu à la tété. Je crois que ce sujet illustre parfaitement la citation plus haut.etienne lorant a écrit :Eh bien, aimer Dieu, c'est se distraire de toute autre préoccupation afin de venir en aide à quiconque est dans le besoin, même si ce "quiconque" est un étranger ou un ennemi.
Le titre de ce livre est Ne tirez pas! .
Je vous en écris le résumé:
"Le 27 décembre 1944, la corvette canadienne St Thomas effectue un grenadage contre le sous-marin allemand U-877 et le contraint à faire surface. Passant outre aux lois de la guerre suggérant aux attaquants d'abandonner les marins ennemis en perdition dans les flots, le commandant en second Stanislas Déry décide de les recueillir à son bord.
Une scène inouïe de fraternité se joue alors dans les eaux glaciales de l'Atlantique Nord. En quelques minutes, le destin de ces soldats va changer de cours...Stanislas Déry et son homologue allemand , l'Oberleutnant zur See Peter Heisig, noueront un lien exceptionnel durant plus d'un demi-siècle.
Nourri par le témoignage des survivants et la correspondance des officiers, Ne tirez pas! est le récit d'une amitié improbable , mais aussi celui de l'incroyable bataille qui opposa les "Loups gris" de la Kriegsmarine aux navires alliés dans l'ultime phase du second conflit mondial."
Je suis toujours bouleversée par l'épouvantable atrocité des guerres. Bien sûr il fallait arrêter la monstruosité d'Hitler et je rend hommage à tous les hommes et les femmes courageux qui nous ont libérés de cette horreur au prix de leur vie. Mais comme ce doit être déchirant pour un homme de coeur de se retrouver face à l'ennemi! Certains soldats, paraît-il, 's'habituent' à la guerre. D'autres en reviennent psychologiquement malades, et il est possible que leur souffrance soit à la mesure de leur compassion.
Je prie Dieu de venir en aide à tous nos soldats, qu'on soit d'accord ou non avec la décision politique qui les a envoyés au front. Qu'ils n'oublient jamais leur humanité et leur compassion, dussent-ils en souffrir doublement.
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Re: Sainte Faustine, le Samaritain, la Miséricorde
Etienne, quel merveilleux passage de l'Evangile, felicitation pour ce choix qui montre avec force la solidarité qui devrait exister dans ce bas-monde. Ce qui m'a attiré vers le christianisme, c'est la bonté, la solidarité et l'amour du prochain, et cela même dans les moments de misère. L'AMOUR est la base du catholicisme, que se soir l'amour conjugal, l'amour envers son prochain, et évidemment, l'amour de Dieu.
A quien Dios quiere hacer muy santo, lo hace muy devoto de la Virgen María.
San Luis de Monfort
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lundi 8 octobre 2012
27 eme ordinaire
(en année paire Galates 1,6-12 ps 110) (année impaire Jonas 1,1 à 2,1.11 Cantique Jonas 2) LUC 10,25-37
Pour mettre Jésus à l'épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Que lis-tu ? »L'autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. » Mais lui, voulant montrer qu'il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? » Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ;ceux-ci, après l'avoir dépouillé, roué de coups, s'en allèrent en le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l'autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l'autre côté. Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié. Il s'approcha, pansa ses plaies en y versant de l'huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d'argent, et les donna à l'aubergiste, en lui disant : 'Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.' Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme qui était tombé entre les mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi fais de même. »
Tout homme est notre frère et mérite tout de nous,pour être a égalité, comme Dieu a droit a tout notre cœur(car nous sommes poussière sur le terre et la terre dans l'univers et Dieu est au-delà de tout,seul infini et AMOUR).Paul.
27 eme ordinaire
(en année paire Galates 1,6-12 ps 110) (année impaire Jonas 1,1 à 2,1.11 Cantique Jonas 2) LUC 10,25-37
Pour mettre Jésus à l'épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Que lis-tu ? »L'autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. » Mais lui, voulant montrer qu'il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? » Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ;ceux-ci, après l'avoir dépouillé, roué de coups, s'en allèrent en le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l'autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l'autre côté. Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié. Il s'approcha, pansa ses plaies en y versant de l'huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d'argent, et les donna à l'aubergiste, en lui disant : 'Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.' Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme qui était tombé entre les mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi fais de même. »
Tout homme est notre frère et mérite tout de nous,pour être a égalité, comme Dieu a droit a tout notre cœur(car nous sommes poussière sur le terre et la terre dans l'univers et Dieu est au-delà de tout,seul infini et AMOUR).Paul.
Jésus est infiniment misericordieux.
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etienne lorant
- Pater civitatis

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Qui est mon prochain ?
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,25-37.
Pour mettre Jésus à l'épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Que lis-tu ? »
L'autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. »
Mais lui, voulant montrer qu'il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? »
Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l'avoir dépouillé, roué de coups, s'en allèrent en le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l'autre côté.
De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l'autre côté. Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié. Il s'approcha, pansa ses plaies en y versant de l'huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d'argent, et les donna à l'aubergiste, en lui disant : 'Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai. ' Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme qui était tombé entre les mains des bandits ? »
Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi fais de même. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Pauvre docteur de la Loi, qui cherche à mettre à l'épreuve Celui dont elle est issue ! Car la réponse finale qu'il obtient va l'obliger de remettre en question tout de ce à quoi il aura pu réduire tout à la fois Dieu et le prochain dont parle la Loi. Car pour les juifs, afin d'avoir part à la vie éternelle, il suffit de connaître et d'appliquer la Loi.
Or, dans la Parabole, ce n'est pas le commandement exprimé dans la Loi que Jésus met en valeur, mais l'amour. Est-ce en sacrifiant des animaux sur un autel qu'on exprime à Dieu qu'on l'aime ? Et qu'en est-il du prochain ? Le prêtre et le lévite qui croisent en chemin l'homme blessé qu'on a laissé pour mort sur le bord du chemin, obéissent bel et bien à la Loi en l'évitant, car toucher du sang humain leur est interdit dans le cadre de leur sacerdoce; pratiquement, il leur faudrait reporter une célébration pour s'en purifier.
Mais le samaritain, qui est aux yeux des juifs une sorte de "mécréant", c'est lui qui est "saisi de pitié" comme l'est Jésus si souvent devant la misère, le manque et le malheur des hommes. Lui ne va pas hésiter à toucher le malade et à lui porter tout le secours possible. Et le docteur est ainsi confondu : le prochain de l'homme qui était tombé aux mains des bandits, c'est bien celui qui a fait preuve de bonté envers lui. Et donc, on ne peut aimer Dieu parfaitement qu'en faisant - aussi - preuve de bonté envers tout homme, quel qu'il soit, qui se trouve dans le besoin.
Je veux noter encore que, dans cet Évangile, il est bien fait mention du fait d'être "saisi de pitié" par le sort du prochain, sans que le Samaritain accomplisse un miracle pour sauver le voyageur blessé. Il fait ce qu'il peut et cela suffira pour lui valoir d'entrer dans la vie éternelle. C'est important pour moi car, comme membre de cette congrégation de la miséricorde divine, ils sont rares les cas où je parviens à intervenir directement lorsque je constate des situations pitoyables - il y en a de plus en plus. L'autre jour, j'ai mentionné un jeune sans abri qui nourrissait son chien - son chien avant lui-même ... le détail m'a frappé et j'ai prié pour cet homme en constatant que lui-même, dans le besoin, a d'abord pensé à nourrir son chien. Ainsi, la miséricorde a de multiples "objets" à son action. Il est impossible pour un homme de venir en aide à tous, mais c'est déjà possible en ayant recours à Dieu par la prière.
[center]***[/center]
Post Scriptum anecdotique: Qui est "le prochain" de l'homme blessé ? Le Samaritain. Donc, aimer son prochain comme soi-même, c'est aimer celui qui manifeste la miséricorde divine.
Pour mettre Jésus à l'épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Que lis-tu ? »
L'autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. »
Mais lui, voulant montrer qu'il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? »
Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l'avoir dépouillé, roué de coups, s'en allèrent en le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l'autre côté.
De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l'autre côté. Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié. Il s'approcha, pansa ses plaies en y versant de l'huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d'argent, et les donna à l'aubergiste, en lui disant : 'Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai. ' Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme qui était tombé entre les mains des bandits ? »
Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi fais de même. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Pauvre docteur de la Loi, qui cherche à mettre à l'épreuve Celui dont elle est issue ! Car la réponse finale qu'il obtient va l'obliger de remettre en question tout de ce à quoi il aura pu réduire tout à la fois Dieu et le prochain dont parle la Loi. Car pour les juifs, afin d'avoir part à la vie éternelle, il suffit de connaître et d'appliquer la Loi.
Or, dans la Parabole, ce n'est pas le commandement exprimé dans la Loi que Jésus met en valeur, mais l'amour. Est-ce en sacrifiant des animaux sur un autel qu'on exprime à Dieu qu'on l'aime ? Et qu'en est-il du prochain ? Le prêtre et le lévite qui croisent en chemin l'homme blessé qu'on a laissé pour mort sur le bord du chemin, obéissent bel et bien à la Loi en l'évitant, car toucher du sang humain leur est interdit dans le cadre de leur sacerdoce; pratiquement, il leur faudrait reporter une célébration pour s'en purifier.
Mais le samaritain, qui est aux yeux des juifs une sorte de "mécréant", c'est lui qui est "saisi de pitié" comme l'est Jésus si souvent devant la misère, le manque et le malheur des hommes. Lui ne va pas hésiter à toucher le malade et à lui porter tout le secours possible. Et le docteur est ainsi confondu : le prochain de l'homme qui était tombé aux mains des bandits, c'est bien celui qui a fait preuve de bonté envers lui. Et donc, on ne peut aimer Dieu parfaitement qu'en faisant - aussi - preuve de bonté envers tout homme, quel qu'il soit, qui se trouve dans le besoin.
Je veux noter encore que, dans cet Évangile, il est bien fait mention du fait d'être "saisi de pitié" par le sort du prochain, sans que le Samaritain accomplisse un miracle pour sauver le voyageur blessé. Il fait ce qu'il peut et cela suffira pour lui valoir d'entrer dans la vie éternelle. C'est important pour moi car, comme membre de cette congrégation de la miséricorde divine, ils sont rares les cas où je parviens à intervenir directement lorsque je constate des situations pitoyables - il y en a de plus en plus. L'autre jour, j'ai mentionné un jeune sans abri qui nourrissait son chien - son chien avant lui-même ... le détail m'a frappé et j'ai prié pour cet homme en constatant que lui-même, dans le besoin, a d'abord pensé à nourrir son chien. Ainsi, la miséricorde a de multiples "objets" à son action. Il est impossible pour un homme de venir en aide à tous, mais c'est déjà possible en ayant recours à Dieu par la prière.
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Post Scriptum anecdotique: Qui est "le prochain" de l'homme blessé ? Le Samaritain. Donc, aimer son prochain comme soi-même, c'est aimer celui qui manifeste la miséricorde divine.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: Qui est mon prochain ?
Oui, mon prochain est celui qui me vient en aide, pas des bandits qui me volent et me font violence. Je donne ma vie pour mes amis.
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