L'Église en Algérie
Publié : mer. 29 mars 2006, 8:32
L'Église en Algérie
Je vais essayer de vous parler, dans cette contribution, de l’Eglise en Algérie.
Parce que pieds noirs et très proche des algériens et des chrétiens algériens ce sujet me tient particulièrement à cœur.
Je ne saurais commencer ce message sans évoquer mes martyrs d’Algérie : Surtout ces sept moines de Tibhirine, morts il y a tout juste dix ans à cause de leur foi en Christ, notre Seigneur.
Que Dieu les bénisse !
Je ne saurais, aussi, ne pas évoquer mon ami catéchumène Hamid assassiné il y a quelques semaines.
Que Dieu te bénisse !
Parler de l’Eglise d’Algérie c’est parler d’une Eglise en milieu musulman. Je vais donc commencer par évoquer le contexte humain et historique dans lequel vit l’Eglise d’Algérie.
La mentalité musulmane
Comme vous savez, musulman veut dire « fidèle » ou « croyant ».
Qui n’est pas musulman est donc un « infidèle » ou un « incroyant ».
Et tout est dit ! Et tout le monde le sait sauf les aveugles et les sourds !
Le reste ce sont des paraphrases.
Pour un musulman, contrairement à un occidental, l’Islam est la mesure de sa vie.
Je suis toujours étonné de l’incompréhension complète de nombreux occidentaux et, surtout, de journalistes et d’écrivains sur la façon de penser d’une bonne majorité des musulmans.
Alors ils sont étonnés de voir les pays musulmans de plus en plus « musulmans » : vote de la Turquie aux élections locales puis nationales, votes du l’Iran, vote du Hamas, vote en Egypte … comme a écrit un professeur d’université musulman : « Si les élections étaient libres tous les pays musulmans deviendraient islamistes ».
Ce qui étonne, aussi, les occidentaux c’est la gentillesse et l’hospitalité des musulmans.
Personnellement j’ai de nombreux amis musulmans avec lesquels je m’entends très bien et qui respectent totalement ma foi et même l’admire, même si j’ai été l’objet de tentatives amusantes de prosélytisme.
Mais il ne faut jamais oublier qu’un chrétien est un « infidèle ».
Je comprends tout à fait que les musulmans essayent de se démarquer des influences occidentales, qu’ils fassent du prosélytisme partout dans le monde et avancent systématiquement leurs pions.
Ce devrait être la même chose pour nous chrétiens.
Objectivement les musulmans sont nos adversaires mais on peut très bien vivre, être ami et dialoguer utilement avec des adversaires.
La conquête de l’Algérie
J’essaye de me représenter la façon dont les algériens de cette époque ont ressenti la conquête de l’Algérie.
Pour la majorité d’entre eux, organisés en partie en tribus, l’Algérie ne représentait rien. La puissance dominante était la Turquie. Maintenant c’était la France. Au moins elle apportait une paix que les luttes perpétuelles entre tribus empêchaient.
Les minorités y trouvaient leur compte que ce soient les berbères et, surtout les juifs, qui étaient considérés comme des habitants de seconde ordre, persécutés par intermittence.
Mais, avant tout, la conquête d’Algérie a dû être ressentie par la population musulmane comme une croisade des chrétiens.
La guerre d’Algérie
Je ne vais pas l’analyser mais simplement souligner le caractère, en partie, religieux de cette guerre. J’en ai un certain nombre de témoignages directs.
C’est un sujet qui a été systématiquement occulté par notre Etat laïc et par l’Eglise.
Il faut donc voir l’épuration ethnique qui a suivi notre défaite comme la volonté de mettre les roumis infidèles à la mer et d’expurger cette terre d’Islam des incroyants.
Je sais, je sais, tout ceci n’est pas « politiquement correct » !
Le concordat qui a suivi la guerre d’Algérie : L’Eglise de la défaite
Représentante d’une nation défaite et sans fidèles en Algérie l’Eglise d’Algérie est allée à Canossa.
Elle a signé un concordat léonin avec l’Etat algérien, état musulman.
Je ne sais ce qui fait partie de l’écrit dans ce concordat et ce qui fait partie des accords oraux. Mais, en pratique, il s’agit de l’acceptation par l’Eglise de la position traditionnelle des états musulmans : Restez entre vous et pas question du moindre prosélytisme.
En retour de quoi, si j’ai compris, on vous finance.
Bien sûr, durant cette période, cela a beaucoup tangué dans l’Eglise d’Algérie. De nombreux prêtres ont considéré que l’Eglise les avait trahis au nom de la « real-politik ».
En même temps s’est développée toute une rhétorique bien huilée à base de « dialogue inter-religieux »et de condamnation du « prosélytisme ». C’était condamner le Christ et Saint Paul une seconde fois mais les « nécessités du moment » …
Ne pas s’en faire car de moins en moins de personnes croient à tout cela, sauf, encore, les aveugles et les sourds. Disons que tout le monde joue le jeu. Il faut être poli et, s’il le faut, obéissant.
Les statistiques : L’Eglise des apparences
Quand on lit les statistiques concernant l’Algérie on croit rêver.
Au total, pour les trois diocèses de Oran, Constantine et Alger il y aurait 1.100 catholiques, trois évêques, 80 prêtres et une bonne centaine de sœurs. Le nombre de paroisses doit être d’une vingtaine.
Bien sûr ces chiffres indiquent bien qu’il y a comme un hic. En vérité ces statistiques officielles sont parfaitement et volontairement fausses. Regardez les statistiques officielles sur la Chine. Même chose : Un prêtre pour 100 ou 200 fidèles. Le luxe je vous dis ! Alors, quel est le vrai chiffre ? Moi je dirai, presque au doigt mouillé, que le nombre de catholiques en Algérie est de 3.000 à 5 .000, au plus.
Le nombre de protestants doit se situer entre 50.000 et 100.000. Allez savoir !
La situation actuelle de l’Eglise : L’Eglise de la peur
C’est ce qui m’a le plus frappé. La peur est constante à fleur de peau même si on en parle presque pas.
S’il n’y avait aucun site internet sur l’Eglise d’Algérie c’était à cause de cela. Et encore maintenant ils se comptent sur les doigts d’une main. J’avais écrit, avec un ami, de nombreux textes sur l’histoire des chrétiens et des juifs d’Algérie, sur la situation des communautés chrétiennes en Algérie, sur nos voyages en Algérie. Le site a été piraté par un islamiste, remplacé par des paroles « militantes » et par un super virus !
Quand on reproche vivement à monseigneur Teissier, l’archevêque d’Alger, son attitude envers les catholiques algériens, à bout d’arguments, il dit : « Nous avons eu suffisamment de martyrs ».
Quand on s’étonne qu’en dix ans aucune nouvelle communauté ne se soit vraiment installée à Tibhirine on vous parle de sécurité.
Les agressions contre les chrétiens continuent quoique à un rythme très faible.
A Alger le local des protestants ressemble à un fort.
Il est difficile de vivre et d’évangéliser dans ces conditions.
La seconde chose qui m’a frappée c’est le caractère exclusivement français de cette Eglise. Malgré les proclamations du genre : « Nous ne sommes pas une église EN Algérie mais l’Eglise D’Algérie » je n’ai vu et entendu parler que français. Mais je suis très loin de tout connaître.
Il me semble qu’aucun prêtre algérien n’ait été ordonné depuis l’indépendance. Un ami algérien a demandé de devenir diacre. Très poliment ceci lui a été plusieurs fois refusé. Il est devenu protestant.
Trois populations constituent les fidèles de l’Eglise d’Algérie.
D’abord les pieds noirs ou assimilés : Bien sûr ils se sentent en confiance avec cette Eglise faite pour eux.
Ensuite les catholiques algériens : Comme toujours je suis loin de tout connaître mais cela se passe plutôt mal. On a l’impression que l’Eglise se passerait bien de ces fidèles. Elle s’ingénie à retarder le baptême de ceux qui le demandent. Les fidèles passent leur temps à être mécontents et à considérer qu’ils sont mis de côté.
Enfin, et c’est nouveau, les étudiants africains en Algérie. Une partie d’entre eux est catholique. Je présume que les musulmans doivent faire preuve à leur égard d’un grand prosélytisme. L’Eglise d’Algérie essayent de les réunir et de limiter la casse. C’est une très bonne chose.
Les relations entre l’Eglise catholique en Algérie et les protestants me semblent bonnes mais un peu ambigües.
D’une façon générale il y a une réelle coopération. Je connais un cas où le clergé catholique a prêté une chapelle pour le culte. Je connais un cas où les protestants vont, de temps en temps, aux messes et même communient tant ils sont proches des catholiques.
Personnellement je milite très très fort pour une coopération la plus totale possible.
Les relations avec la population musulmane sont excellentes et les sœurs sont très appréciées dans leurs actions humanitaires.
L’Evangélisation en Algérie : Les églises de l’espoir
Cela a été pour moi la découverte de ces dernières années. On m’avait tellement dit que les musulmans ne pouvaient être convertis que j’ai été stupéfié de voir que les protestants convertissaient en assez grand nombre en Algérie.
Bien sûr, prudence, aucun chiffe n’est disponible.
Mais je connais des pasteurs algériens protestants, des séminaristes protestants.
Les églises protestantes d’Europe aident, de leur mieux, leurs frères algériens.
Tout se fait dans des conditions difficiles et dans une relative clandestinité. Il n’y a quasiment pas d’église protestante et tout se passe, plus ou moins facilement, chez des particuliers ou à l’arrière des cafés.
La conversion pose bien des problèmes à ces nouveaux chrétiens. Le risque de se couper de leurs familles est grand. Le risque de persécution « douce » est toujours là. Le risque d’un subit raidissement de l’Etat algérien poussé par les islamistes est constant.
Je parle de risque parce que la situation de tous les jours est moins difficile qu’il n’en paraît.
Dans certaines régions de Kabylie les chrétiens sont assez nombreux pour compter. Un nombre important de musulmans s’arrête à des simples regrets et considère que chacun a le droit de suivre sa voie.
La foi qui les anime me fait penser aux premiers chrétiens.
L’avenir
Nous ne pouvons qu’être pessimiste ou très pessimiste pour ce qui est de l’Eglise d’Algérie.
Elle va vivoter, perdre sa mémoire, perdre sa substance.
Je ne vois pas de réel espoir.
Il faudrait pour cela qu’elle fasse preuve de courage et d’imagination. Il faudrait qu’elle devienne une Eglise pour les algériens. A la limite qu’elle parte de ses basiliques de marbre et qu’elle se confonde avec le peuple algérien pour l’évangéliser.
A un moment j’avais proposé en vain que les catholiques algériens s’unissent sous le contrôle de l’Eglise.
L’espoir, l’Espoir, il est, malheureusement pour les catholiques, dans ces églises protestantes pleines d’allant. Ne pas se faire trop d’illusions. L’état algérien et les musulmans algériens veillent au grain. Les chrétiens seront, de plus en plus inquiétés, et ils devront continuer à vivre leur foi dans une semi-clandestinité.
Il me semble que nous devons être solidaires des chrétiens d’Algérie, les aider du mieux possible qu’ils soient catholiques ou protestants, nous devons les inciter à être le plus unis possible et à ne pas se chamailler.
J’ai écrit cet article en mémoire de Hamid, mon frère en le Christ, baptisé dans le sang de Notre Seigneur !
Je vais essayer de vous parler, dans cette contribution, de l’Eglise en Algérie.
Parce que pieds noirs et très proche des algériens et des chrétiens algériens ce sujet me tient particulièrement à cœur.
Je ne saurais commencer ce message sans évoquer mes martyrs d’Algérie : Surtout ces sept moines de Tibhirine, morts il y a tout juste dix ans à cause de leur foi en Christ, notre Seigneur.
Que Dieu les bénisse !
Je ne saurais, aussi, ne pas évoquer mon ami catéchumène Hamid assassiné il y a quelques semaines.
Que Dieu te bénisse !
Parler de l’Eglise d’Algérie c’est parler d’une Eglise en milieu musulman. Je vais donc commencer par évoquer le contexte humain et historique dans lequel vit l’Eglise d’Algérie.
La mentalité musulmane
Comme vous savez, musulman veut dire « fidèle » ou « croyant ».
Qui n’est pas musulman est donc un « infidèle » ou un « incroyant ».
Et tout est dit ! Et tout le monde le sait sauf les aveugles et les sourds !
Le reste ce sont des paraphrases.
Pour un musulman, contrairement à un occidental, l’Islam est la mesure de sa vie.
Je suis toujours étonné de l’incompréhension complète de nombreux occidentaux et, surtout, de journalistes et d’écrivains sur la façon de penser d’une bonne majorité des musulmans.
Alors ils sont étonnés de voir les pays musulmans de plus en plus « musulmans » : vote de la Turquie aux élections locales puis nationales, votes du l’Iran, vote du Hamas, vote en Egypte … comme a écrit un professeur d’université musulman : « Si les élections étaient libres tous les pays musulmans deviendraient islamistes ».
Ce qui étonne, aussi, les occidentaux c’est la gentillesse et l’hospitalité des musulmans.
Personnellement j’ai de nombreux amis musulmans avec lesquels je m’entends très bien et qui respectent totalement ma foi et même l’admire, même si j’ai été l’objet de tentatives amusantes de prosélytisme.
Mais il ne faut jamais oublier qu’un chrétien est un « infidèle ».
Je comprends tout à fait que les musulmans essayent de se démarquer des influences occidentales, qu’ils fassent du prosélytisme partout dans le monde et avancent systématiquement leurs pions.
Ce devrait être la même chose pour nous chrétiens.
Objectivement les musulmans sont nos adversaires mais on peut très bien vivre, être ami et dialoguer utilement avec des adversaires.
La conquête de l’Algérie
J’essaye de me représenter la façon dont les algériens de cette époque ont ressenti la conquête de l’Algérie.
Pour la majorité d’entre eux, organisés en partie en tribus, l’Algérie ne représentait rien. La puissance dominante était la Turquie. Maintenant c’était la France. Au moins elle apportait une paix que les luttes perpétuelles entre tribus empêchaient.
Les minorités y trouvaient leur compte que ce soient les berbères et, surtout les juifs, qui étaient considérés comme des habitants de seconde ordre, persécutés par intermittence.
Mais, avant tout, la conquête d’Algérie a dû être ressentie par la population musulmane comme une croisade des chrétiens.
La guerre d’Algérie
Je ne vais pas l’analyser mais simplement souligner le caractère, en partie, religieux de cette guerre. J’en ai un certain nombre de témoignages directs.
C’est un sujet qui a été systématiquement occulté par notre Etat laïc et par l’Eglise.
Il faut donc voir l’épuration ethnique qui a suivi notre défaite comme la volonté de mettre les roumis infidèles à la mer et d’expurger cette terre d’Islam des incroyants.
Je sais, je sais, tout ceci n’est pas « politiquement correct » !
Le concordat qui a suivi la guerre d’Algérie : L’Eglise de la défaite
Représentante d’une nation défaite et sans fidèles en Algérie l’Eglise d’Algérie est allée à Canossa.
Elle a signé un concordat léonin avec l’Etat algérien, état musulman.
Je ne sais ce qui fait partie de l’écrit dans ce concordat et ce qui fait partie des accords oraux. Mais, en pratique, il s’agit de l’acceptation par l’Eglise de la position traditionnelle des états musulmans : Restez entre vous et pas question du moindre prosélytisme.
En retour de quoi, si j’ai compris, on vous finance.
Bien sûr, durant cette période, cela a beaucoup tangué dans l’Eglise d’Algérie. De nombreux prêtres ont considéré que l’Eglise les avait trahis au nom de la « real-politik ».
En même temps s’est développée toute une rhétorique bien huilée à base de « dialogue inter-religieux »et de condamnation du « prosélytisme ». C’était condamner le Christ et Saint Paul une seconde fois mais les « nécessités du moment » …
Ne pas s’en faire car de moins en moins de personnes croient à tout cela, sauf, encore, les aveugles et les sourds. Disons que tout le monde joue le jeu. Il faut être poli et, s’il le faut, obéissant.
Les statistiques : L’Eglise des apparences
Quand on lit les statistiques concernant l’Algérie on croit rêver.
Au total, pour les trois diocèses de Oran, Constantine et Alger il y aurait 1.100 catholiques, trois évêques, 80 prêtres et une bonne centaine de sœurs. Le nombre de paroisses doit être d’une vingtaine.
Bien sûr ces chiffres indiquent bien qu’il y a comme un hic. En vérité ces statistiques officielles sont parfaitement et volontairement fausses. Regardez les statistiques officielles sur la Chine. Même chose : Un prêtre pour 100 ou 200 fidèles. Le luxe je vous dis ! Alors, quel est le vrai chiffre ? Moi je dirai, presque au doigt mouillé, que le nombre de catholiques en Algérie est de 3.000 à 5 .000, au plus.
Le nombre de protestants doit se situer entre 50.000 et 100.000. Allez savoir !
La situation actuelle de l’Eglise : L’Eglise de la peur
C’est ce qui m’a le plus frappé. La peur est constante à fleur de peau même si on en parle presque pas.
S’il n’y avait aucun site internet sur l’Eglise d’Algérie c’était à cause de cela. Et encore maintenant ils se comptent sur les doigts d’une main. J’avais écrit, avec un ami, de nombreux textes sur l’histoire des chrétiens et des juifs d’Algérie, sur la situation des communautés chrétiennes en Algérie, sur nos voyages en Algérie. Le site a été piraté par un islamiste, remplacé par des paroles « militantes » et par un super virus !
Quand on reproche vivement à monseigneur Teissier, l’archevêque d’Alger, son attitude envers les catholiques algériens, à bout d’arguments, il dit : « Nous avons eu suffisamment de martyrs ».
Quand on s’étonne qu’en dix ans aucune nouvelle communauté ne se soit vraiment installée à Tibhirine on vous parle de sécurité.
Les agressions contre les chrétiens continuent quoique à un rythme très faible.
A Alger le local des protestants ressemble à un fort.
Il est difficile de vivre et d’évangéliser dans ces conditions.
La seconde chose qui m’a frappée c’est le caractère exclusivement français de cette Eglise. Malgré les proclamations du genre : « Nous ne sommes pas une église EN Algérie mais l’Eglise D’Algérie » je n’ai vu et entendu parler que français. Mais je suis très loin de tout connaître.
Il me semble qu’aucun prêtre algérien n’ait été ordonné depuis l’indépendance. Un ami algérien a demandé de devenir diacre. Très poliment ceci lui a été plusieurs fois refusé. Il est devenu protestant.
Trois populations constituent les fidèles de l’Eglise d’Algérie.
D’abord les pieds noirs ou assimilés : Bien sûr ils se sentent en confiance avec cette Eglise faite pour eux.
Ensuite les catholiques algériens : Comme toujours je suis loin de tout connaître mais cela se passe plutôt mal. On a l’impression que l’Eglise se passerait bien de ces fidèles. Elle s’ingénie à retarder le baptême de ceux qui le demandent. Les fidèles passent leur temps à être mécontents et à considérer qu’ils sont mis de côté.
Enfin, et c’est nouveau, les étudiants africains en Algérie. Une partie d’entre eux est catholique. Je présume que les musulmans doivent faire preuve à leur égard d’un grand prosélytisme. L’Eglise d’Algérie essayent de les réunir et de limiter la casse. C’est une très bonne chose.
Les relations entre l’Eglise catholique en Algérie et les protestants me semblent bonnes mais un peu ambigües.
D’une façon générale il y a une réelle coopération. Je connais un cas où le clergé catholique a prêté une chapelle pour le culte. Je connais un cas où les protestants vont, de temps en temps, aux messes et même communient tant ils sont proches des catholiques.
Personnellement je milite très très fort pour une coopération la plus totale possible.
Les relations avec la population musulmane sont excellentes et les sœurs sont très appréciées dans leurs actions humanitaires.
L’Evangélisation en Algérie : Les églises de l’espoir
Cela a été pour moi la découverte de ces dernières années. On m’avait tellement dit que les musulmans ne pouvaient être convertis que j’ai été stupéfié de voir que les protestants convertissaient en assez grand nombre en Algérie.
Bien sûr, prudence, aucun chiffe n’est disponible.
Mais je connais des pasteurs algériens protestants, des séminaristes protestants.
Les églises protestantes d’Europe aident, de leur mieux, leurs frères algériens.
Tout se fait dans des conditions difficiles et dans une relative clandestinité. Il n’y a quasiment pas d’église protestante et tout se passe, plus ou moins facilement, chez des particuliers ou à l’arrière des cafés.
La conversion pose bien des problèmes à ces nouveaux chrétiens. Le risque de se couper de leurs familles est grand. Le risque de persécution « douce » est toujours là. Le risque d’un subit raidissement de l’Etat algérien poussé par les islamistes est constant.
Je parle de risque parce que la situation de tous les jours est moins difficile qu’il n’en paraît.
Dans certaines régions de Kabylie les chrétiens sont assez nombreux pour compter. Un nombre important de musulmans s’arrête à des simples regrets et considère que chacun a le droit de suivre sa voie.
La foi qui les anime me fait penser aux premiers chrétiens.
L’avenir
Nous ne pouvons qu’être pessimiste ou très pessimiste pour ce qui est de l’Eglise d’Algérie.
Elle va vivoter, perdre sa mémoire, perdre sa substance.
Je ne vois pas de réel espoir.
Il faudrait pour cela qu’elle fasse preuve de courage et d’imagination. Il faudrait qu’elle devienne une Eglise pour les algériens. A la limite qu’elle parte de ses basiliques de marbre et qu’elle se confonde avec le peuple algérien pour l’évangéliser.
A un moment j’avais proposé en vain que les catholiques algériens s’unissent sous le contrôle de l’Eglise.
L’espoir, l’Espoir, il est, malheureusement pour les catholiques, dans ces églises protestantes pleines d’allant. Ne pas se faire trop d’illusions. L’état algérien et les musulmans algériens veillent au grain. Les chrétiens seront, de plus en plus inquiétés, et ils devront continuer à vivre leur foi dans une semi-clandestinité.
Il me semble que nous devons être solidaires des chrétiens d’Algérie, les aider du mieux possible qu’ils soient catholiques ou protestants, nous devons les inciter à être le plus unis possible et à ne pas se chamailler.
J’ai écrit cet article en mémoire de Hamid, mon frère en le Christ, baptisé dans le sang de Notre Seigneur !