De la difficulté d’éliminer une croyance insuffisamment fondée.
"Il faut savoir qu’une fois bien installée, une croyance ou une rumeur est TRÈS difficile à éliminer. Pire, une fois qu’une personne devient méfiante vis à vis d’un sujet (vaccin, complot, OGM, …), celle-ci aura tendance à accumuler de plus en plus d’informations confirmant son a priori (biais de confirmation). A part les scientifiques (et encore…), la plupart des gens ne prennent pas le temps de vérifier la fiabilité de leurs sources (contenu, provenance, références, …). La clef est de faire du forcing pour réussir à implanter la graine du doute. Une fois fait, vous avez gagné et pour longtemps!
Un exemple frappant est la croyance entre un lien de cause à effet vaccin ROR – autisme. Même après que Wakefield ait été confondu pour fraude, la croyance resta longtemps bien ancrée dans la tête de beaucoup de gens et sévit même encore aujourd’hui. Cette croyance a eu et a donc des conséquences néfastes. La seule parade contre les nouvelles croyances et les rumeurs reste la prévention. S’il est trop tard, les tentatives de désamorçage tomberont souvent dans le piège de l’effet backfire. En fait, pour combattre une croyance, il faut plutôt utiliser la méthode KISS. Mais trop peu de gens la connaissent et elle est difficile à mettre en œuvre.
Une première technique pour propager efficacement une théorie fallacieuse ou une croyance part du principe que démêler des mensonges, demi-vérités et arguments épouvantails prend un temps infiniment plus long que de les créer. Ainsi, le Gish-Gallop (ou spreading), consiste à balancer de fausses affirmations (ou très douteuses) le plus rapidement possible. Du bourrage de crâne en somme. A l’écrit, cette technique se traduit souvent par des listes intitulées « 100 raisons qui prouvent que le changement climatique est naturel » ou « 50 preuves du pouvoir de l’esprit sur la matière ». Le Gish-Gallop se nomme ainsi en l’honneur du créationniste Duane Gish, inventeur de cette merveilleuse machine de guerre. C’est typiquement bourrin et donc très agréable à utiliser. Aucune subtilité. Moi, je suis fan, pas vous? Pour finir de vous convaincre de l’utilité de cette tactique, sachez qu’elle a été utilisée par Romney pendant le campagne présidentielle américaine de 2012.
Une deuxième technique est, non pas balancer une myriade d’arguments, mais de répéter un grand nombre de fois le même argument. C’est aussi du bourrage de crâne. Cela s’appelle PRATT ou Point Refuted A Thousand Times. Bien que l’argument ait été débunké (= démystifié) à de nombreuses reprises, le jeu consiste à le répandre encore et encore. Une information répétée dans plusieurs sources semble plus plausible pour beaucoup de gens. D’autre part, on suppose que l’adversaire, désabusé par tant de crédulité et de non vérification des sources, finira par abandonner. Quand un argument a été réfuté à de multiples reprises, comment les gens font pour ne pas trouver cette info. Hé bien, c’est simple, ils se limitent à une source ou un type de source en particulier (biais de confirmation). Souvent, ils lisent l’article principal (presse, blogs, …) mais pas les commentaires. Les rapides d’esprit auront sans doute compris que cette technique peut également être utilisée pour décrédibiliser une affirmation vraie avec une contre argumentation. La fausse contre-argumentation étant rabâchée encore et encore."
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De la difficulté d’éliminer une croyance insuffisamment fondée
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