cela fait 2 mois maintenant que j'ai dit à Suliko que je reprendrais son passage tout à fait pertinent sur les 2 langages différents des progressistes et des traditionalistes, (dans "moralité de la vie homosexuelle").
Je ne sais pas si je suis dans la bonne rubrique, peut-être pas. peut-être que cela regarde d'avantage la vie chrétienne ou la vie de l'Eglise.
En ouvrant ce post, je ne cherche pas à débattre et rentrer dans un stérile et sempiternel ping pong qui ne serait à nouveau qu'un pauvre rapport de force. Je cherche à mieux appréhender et comprendre nos différences. Comprendre ou se situent nos différences, et pourquoi c'est si difficile de rentrer en lien alors que nous sommes tous disciples du Christ et des Catholiques.
Mettre des mots sur notre mode de pensée , juste se comprendre pour mieux rentrer en relation et peut-être mieux s'aimer.
NE PAS CHERCHER QUI A RAISON ET QUI A TORT , enfin si possible au moins quelques pages !
J'ai comme Suliko l'impression que nous parlons un langage différent et parfois que nous venons de planètes différentes et parfois même que nous n'avons pas la même religion. A titre personnel, l'expression des Trad m'évoque l'Islam et il est clair que moi en tant que prog, j'évoque pour les trad le protestantisme.
voici le passage écrit par Suliko :
"En caricaturant un peu, dans les communautés traditionalistes ou tout simplement attachées à une certaine orthodoxie romaine, on enseigne que certains péchés, dits mortels, nous coupent de la vie de la grâce et que si on meurt dans cet état, on ira en enfer. Bien sûr, il ne faudrait pas aimer Dieu que par peur de la damnation et Sa Loi est là pour notre bonheur, mais néanmoins, la pastorale traditionnelle insiste bien sur les fins dernières, sur les conséquences du péché, sur les comptes que nous devrons rendre à Dieu lorsque nous aurons quitté cette terre. D'un autre côté, la pastorale de beaucoup de paroisses modernes met en avant le fait que les commandements divins sont là pour nous rendre heureux, qu'y obéir est la meilleure voie pour l'être, mais sans trop souligner clairement les conséquences de la désobéissance aux lois divines. Dans le cadre de cette nouvelle pastorale, on comprend bien que tous les choix ne se valent pas, que ce que propose l'Eglise est ce qu'il y a de mieux, mais on peine à prendre conscience que le péché mortel nous coupe de Dieu, qu'il mène à l'enfer. On pourrait résumer en disant que dans la pastorale traditionnelle, voire traditionaliste, l'Eglise ordonne et que le fidèle doit obéir et que s'il ne le fait pas, il sait ce qui l'attend, tandis que dans la pastorale actuelle, au contraire, l'Eglise propose, mais que le fidèle ne se sent pas vraiment obligé de se conformer à l'enseignement moral traditionnel, qui est souvent présenté comme un idéal, sans plus.
Peut-être que je caricature un peu, mais c'est vraiment ce que je ressens depuis longtemps. C'est comme si ces deux parties de l'Eglise parlaient un langage différent. Je ne dis pas que le langage moderne est forcément hérétique, mais il me semble tout de même clairement plus dangereux pour le salut des âmes, car il n'insiste pas assez sur les fins dernières et donc sur fait que se soumettre à ce que l'Eglise a toujours enseigné en matière de morale n'est pas quelque chose d'optionnel dans la vie d'un catholique."
Il y a beaucoup de choses à dire et je ne sais pas quel angle commencer. je vais juste évoquer un premier point ce soir.
ce que j'ai compris grâce au forum en lisant Suliko mais aussi Hussard et Toto sur le post "moralité de la vie homosexuelle", c'est que ce qui est charité pour les uns peut être absence de charité pour les autres et réciproquement. Et ça c'est quand même un truc énorme pour des Chrétiens !!!
Par exemple : lorsque les Trad disent à une personne que si elle partage sa vie amoureuse avec une personne du même sexe, elle ira en enfer, c'est par charité. Sur la planète trad, on pense réellement que cette vie là marque une rupture avec Dieu gravissime, que Dieu punit cette rupture et que cette personne, si elle ne change pas de vie va souffrir après sa mort pour l'éternité. Et donc si on intervient sur ce forum avec une extrême dureté, c'est pour éviter que la personne "ne se perde" et tombe dans des abîmes de souffrance éternelles. C'est donc bien, même si la forme en pâtit souvent, par charité : on tient à la personne un langage de vérité qui est la première des charités. Certes les Tradi ne sont pas censés parler tous d'une seule voix mais ils me semblent converger vers cela. Je ne sais pas dans quel langage on a été éduqué sur cette planète mais certains pourront compléter.
Sur la planète prog, on dit autre chose, on vit autre chose et on croit à autre chose. Je ne suis pas censée être le porte parole des prog, il y a aussi une pluralité des pensées mais je vais parler pour moi.
La parole des trad envers notre amoureux Giton est reçue comme abominablement dure, injuste, peu charitable, dans un manque total d'empathie, de respect, que sais-je, on a la dent dure. Mais de fait, qui croit sur cette planète qu'on puisse aller en enfer pour une histoire
de c... ? Franchement ? même pas en rêve. Et d'ailleurs qu'est ce que l'enfer ? et d'ailleurs, est ce bien le sujet ? La vie après la mort, on y est pas. Le sujet est de prendre soin de cette personne maintenant, dans ce qu'elle vit là, et la vraie charité, c'est de l'écouter avec empathie, sans jugements, sans propos blessants, de respecter sa vie privée. Et la charité ? c'est de transmettre la charité de Dieu qui accueille ses enfants tels qu'ils sont, là ou ils sont. D'être simplement là. d'être Présence.
Personnellement, j'ai été à l'école chez les religieuses, catéchisée chez elles, puis j'ai passé dans les années 90 de belles sessions à Paray le Monial, puis fait des études de théologie, cheminé en paroisse.
Pendant toutes ces années je n'ai JAMAIS entendu les expressions "péché mortel" (on ne parlait que de péché",) "se perdre", "salut des âmes". Lorsque j"ai lu ces expressions sur le forum,cela m'a rappelé des romans anciens et évoqué une Eglise d'un autre temps.
Les mots avec lesquels j'ai grandi c'est "approfondir sa foi", "cheminer avec Jésus", "se laisser aimer par Dieu".
Le salut ? ici et maintenant, être un fidèle ouvrier du seigneur et allumer le feu sur la Terre. Gagner son salut, ça ne fait pas sens. Etre artisan du salut, ça fait sens.
Il est alors bien compréhensible que les paroles des uns paraissent totalement peu charitables et peu "chrétiennes" aux yeux des autres et réciproquement.
je suis plus bavarde sur la planète prog, c'est normal, c'est la mienne ! Mais vraiment pour converger vers la rencontre avec notre jeune homosexuel : on ne vient pas du même lieu . Ce n'est pas seulement qu'on parle différemment, c'est que d'un côté, on accorde une importance primordiale à la loi, comme outil de l'amour de Dieu : obéir à la loi est preuve d'amour de Dieu, désobéir à la loi c'est se couper de Dieu.
Et que d'un autre côté, on accorde une importance prioritaire à la relation. C'est dans la relation que se nourrit et se cultive le lien d'amour à Dieu et aux autres. La loi ? la loi d'amour est l'accueil inconditionnel.
Et croyez moi, chacun peut trouver toute sorte de passage biblique et évangélique pour étayer sa position.
C'est tout pour ce soir !
bien à vous
Axou



