Vérité, Relativisme et Liberté de conscience

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wanderer
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Vérité, Relativisme et Liberté de conscience

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Charles a écrit :Mais ce n'est pas parce qu'il est illicite de faire subir des violences à ceux qui pensent différemment qu'on doive en arriver à inclure dans ces violences, la réfutation et la revendication de la vérité. Ce qui aboutirait d'ailleurs à une restriction inadmissible de la liberté de pensée et d'expression.
La réfutation et la revendication de la vérité ne sont pas des violences. Obliger quelqu'un à réfuter ou à dire la vérité s'il ne ne le veut pas est une violence amorale et ignoble.

[Les premiers messages de ce fil sont issus du fil "Que pensez-vous de la FSSPX ?" dans le forum "Vie de l'Eglise". | Christophe]
wanderer
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Nous sommes d'accord. toutes les positions se valent, sauf celle qui répond à l'exigence de vérité. Voilà le monde dans lequel on vit.
MB
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Charles a écrit :
wanderer a écrit :La réfutation et la revendication de la vérité ne sont pas des violences. Obliger quelqu'un à réfuter ou à dire la vérité s'il ne ne le veut pas est une violence amorale et ignoble.
Tout à fait d'accord mais la question la plus d'actualité est d'assimiler la simple réfutation et revendication de la vérité à une violence faite aux autres opinions qui elles ne se revendiquent ni de la vérité ni de l'épreuve du dialogue (ces opinions sont plus dogmatiques que n'importe quelle vérité car elle ne risquent jamais la réfutation, étant donné le parti pris d'irrationnalité selon lequel "c'est mon opinion, il faut la tolérer"... qui ne signifie plus depuis longtemps "ne me persécutez pas à cause d'elle" mais désormais "ne me dites pas et ne me prouvez pas que je suis dans l'erreur ou la vérité, ça ne m'intéresse pas et vous êtes un dangereux fasciste").
Tout à fait d'accord avec vous. La réaction que vous dénoncez ("vous n'avez pas le droit de me critiquer, sinon...") est très enfantine et nous avons du mal, aujourd'hui, à en sortir.
Je crois que c'est ainsi en raison d'un certain manque de confiance réciproque. Si vous ne pensez pas comme moi, je sais a priori que vous ne me persécuterez pas ; or beaucoup de gens, aujourd'hui, font comme s'ils n'avaient pas cet a priori ; ils ont peur que leur contradicteur utilise tous ses moyens pour les réduire au silence. Donc ils agissent sur d'autres plans, comme pour prévenir cette "persécution" potentielle (ils utilisent alors le terrorisme intellectuel et d'autres beautés de ce genre, et contribuent ainsi à réduire cette même liberté d'expression qu'ils voulaient se garantir).
L'autre chose qui joue, à mon avis, dans ces comportements, est liée à un problème d'instruction ; le langage contemporain est beaucoup plus pauvre qu'il y a quelques décennies (à plus forte raison chez ceux qui n'ont pour tout horizon que la culture TV, mais aussi pour les autres, moi compris). Pour exprimer nos opinions, nous avons donc moins de moyens, alors nous choisissons souvent une sorte de passage en force (manifs, communication, etc.) ; et dans ce genre de cas, nous paniquons à la simple idée de devoir débattre avec quelqu'un qui fait des phrases concises, bien senties ; tout simplement, nous n'avons plus les moyens linguistiques de lui répondre, alors nous coupons court à toute discussion en menaçant notre contradicteur de le traiter de fasciste.
Peut-être y voyez-vous autre chose ?

Bien à vous
MB
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Bonjour Charles

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur tous ces sujets... aussi je ne sais pas très bien par où commencer.
Je vous cite :
J'ai l'impression que c'est effectivement un problème d'éducation mais autre que celui que vous soulevez. Le relativisme est en effet enseigné dans les écoles comme doctrine officieuse et sous couvert de tolérance. L'amalgame est fait entre tolérance (respect de la personne) et relativisme (intellectuel) comme si l'abaissement de toute prétention légitime de l'intelligence à chercher et trouver la vérité était incompatible avec la paix sociale. Ca commence dès l'école primaire par la vulgate scientiste selon laquelle on ne peut répondre qu'au "comment" et pas au "pourquoi" et ça dure ainsi pendant toutes les études... pour aboutir à un endoctrinement relativiste qui fait dire à 99,99% des Français qu'il n'y a pas de vérité, que c'est le questionnement qui compte et pas les réponses, que les certitudes sont dogmatiques, que mon opinion est respectable, et vaut n'importe qu'elle autre opinion au seul motif que c'est la mienne, etc.
Oui, je vois ce que vous voulez dire, mais cet état d'esprit est diffus et peu formulé en tant que tel ; il faudrait qu'on apporte des témoignages. Pour ma part, je n'ai pas vécu dans un climat d'endoctrinement relativiste, comme vous dites, et encore moins à l'école primaire. En toute simplicité, je n'ai vu personne me dire explicitement toutes ces choses-là (ou alors je rate une chose grosse comme une maison, mais donnez-moi des exemples). Il y a des philosophes qui lancent des opinions proches de celle que vous dénoncez (les post-modernes, etc.), mais c'est souvent plus fin que cela. Cela dit, on se rejoint encore sur l'amalgame tolérance - relativisme ; pour être tolérant, il faut être capable de penser quelque chose. Je songe d'ailleurs à vous poser une question à ce sujet : que pensez-vous de Karl Popper ? Il me semble qu'il fournit de bons outils de compréhension.

Je vous cite encore : Et le "monde" de s'affliger de la "perte du sens" et tentant de "retrouver du sens"... comme si le sens pouvait être ailleurs que dans la rencontre de l'intelligence et de l'intelligible, c'est-à-dire dans l'universel, dans ce commun et cette objectivité qui accompagnent l'intelligence quand elle mord dans le réel (je disais à mes élèves d'être des tigres avec les textes et sujets de philosophie qui leur étaient proposés, je leur demandais de trouver en eux des crocs, des griffes et une faim dévorante pour le réel ; je leur disais aussi que l'intelligence doit être comme un ciseau de sculpteur, fait dans un acier spécial qui puisse mordre dans la pierre la plus dure). Comment les hommes ne perdraient-ils pas confiance les uns dans les autres et comment le langage ne s'appauvrirait-il pas si de toute façon nous n'avons rien à dire qui renvoie au réel ?
Est-ce que vous pourriez préciser ? je crois comprendre mais, par exemple, "renvoyer au réel", je ne suis pas très bien ; j'ai moins l'habitude de suivre des raisonnements philosophiques... :oops:

Bien à vous
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