pierrot2 a écrit : ↑sam. 16 mai 2020, 21:29
Au contraire, le mauvais larron espère encore peut-être sauver les apparences, et son sort, en inféodant Jésus, non pas au mensonge, mais à la vision si commune alors du messie fort, et revêtu de gloire humaine.
Le mauvais larron essaie d'inféoder Jésus au prince du monde, tandis que le bon cesse de s'inféoder au prince du monde
Vous touchez à un sujet qui me laisse perplexe : donnerait-il raison à l'interprétation officielle du texte, à savoir que certains ne se convertissent pas alors qu'ils en ressentent vraiment le besoin et l'envie, parce que tout simplement dans leur univers, il faut savoir être "dur" pour tenir le choc et se refuser à toute faiblesse... Ils briment même leur nature pour y arriver parce qu'il n'ont jamais connu la puissance de la douceur et de la tendresse.
Il faudrait leur faire découvrir l'efficacité du Tai Chi ! Encore qu'ils pourraient le détourner et en faire une autre forme de violence (ce qui fut un peu le cas à l'origine de cet art, car le papa Yang obligeant son fiston Yang à pratiquer contre son goût, ce dernier devint aigri et cela porta longtemps ombrage à toute la philosophie du truc dans la transmission qui en découla...)
J'aurais pourtant tendance moi à les excuser et à me dire que Dieu qui voit au fond de leur coeur, sait mieux cela que moi et trouvera pour eux une mesure plus clémente,
sinon il faut se désespérer car les conditions défavorables et le contexte auraient raison de nos chances de salut éternel !
Revenons à notre extrait de Marc...
Carolus a écrit : ↑sam. 16 mai 2020, 19:50
Is 6, 9-10 Il me dit : « Va dire à ce peuple : Écoutez bien, mais sans comprendre ; regardez bien, mais sans reconnaître. Alourdis le cœur de ce peuple, rends-le dur d’oreille, aveugle ses yeux, de peur que ses yeux ne voient, que ses oreilles n’entendent, que son cœur ne comprenne, qu’il ne se convertisse et ne soit guéri. »
Il s’agit d’un peuple au cœur endurci.
il semble que je ne fasse pas le poids face à Isaïe, que tous ces traducteurs chevronnés devaient connaître et cachaient dans leur dos comme une arme fatale.... (petit, j'aimais bien Henri Salvator et "mimi" sa petite souris...)
Il me faut bien reconnaître que la ressemblance (merci de m'avoir évité d'aller la rechercher) est troublante.
J'ai quand même un soubresaut : aucune traduction n'a conservé le "peut--être".
Il est vrai que d'écrire : "de peur que peut-être il se convertissent" atténue sérieusement le sens de ce risque...
Or Libremax vous écrivez :
Libremax a écrit : ↑sam. 16 mai 2020, 16:22
La locution traduite isolément par "que peut-être" sous-entend une relation qui ne peut pas être saisie au 1er degré.
Voilà bien aussi le genre de choses que je me demandais comme possible... et qui me remet à terre !
Mais, est-ce à dire qu'il faille en supprimer le sens littéral ? Bien que nous somme en présence d'un sens et de son contre sens, il me semble qu'ils ne sont pas si opposés...
Si, quand nous prêchons ou "apostolons"
nous devrions nous dire que de toute façon ils ne comprendront rien parce que c'est exprès et bien comme cela,
que ferions-nous !?
Ne préférons-nous pas nous stimuler en nous disant "qu'il en restera toujours quelque chose" quelles que soient les apparences. Mais quel quelque chose ?
Nous faudrait-il agir à l'envers de notre souhait pour que sa réalisation nous rende encore plus heureux ? Avec une "bonne conscience" améliorée ? Cela ne plaide pas pour la transparence et la sincérité...
Car cela suppose que notre souhait soit mauvais ! Ou s'il est bon d'agir en vu d'un mal...
L'Eglise pourtant nous a toujours répété que jusqu'au dernier moment la conversion du pire salaud est toujours possible, et que nous devions tout faire pour y parvenir. Ce qui laisse un peu perplexe, ce qui est un peu facétieux mais surtout décourageant : après tout le mal qu'il aura fait, pas seulement à nous, il pourrait être sauvé !!
Et pour la plus grande gloire de Dieu !
Et nous devons nous en réjouir au lieu de nous sentir frustrés de notre vengeance, frustrés dans notre sens de la justice...!
Certes, il faut prier pour ses ennemis, mais cela reste théorique (pour être praticable, il faut parfois laisser de côté ses sentiments, un peu comme on se bouche le nez pour avancer en lieu contaminé d'odeurs troubles...) et puis,
mine de rien, c'est aussi "amasser des charbons ardents au-dessus de leur tête" !
Donc la version officielle de cet extrait
tendrait à nous redonner un peu d'espoir...
Mais elle le fait d'une façon un peu dégoûtée qui ne me semble pas être de très bon aloi, mais comme fermentée ou faisandée..
Cher Libremax,
(j'insiste !) n'y a-t-il pas un second degré à considérer que le fait de ne pas comprendre puisse leur permettre de se convertir ?!!!
