Pourquoi le dogme dit que la souffrance purifie

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ChristianK
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Pourquoi le dogme dit que la souffrance purifie

Message non lu par ChristianK »

Pourquoi dit on que la souffrance purifie?

On risque de ne pas comprendre si une telle position dogmatique n’est pas explicitée et trop vue sous l’angle de la justice vindicative (dette) plutôt que sous son aspect médicinal.

D’abord, certaines souffrances sont excellentes en elles-mêmes car elles font fuir tous maux de toute sorte, le feu, la maladie (mal-adie) , le péché, le mal moral. Il est donc moralement excellent de souffrir de commettre des crimes, cela relève du jugement de conscience et de L’excellence de la culpabilité qui va avec. L’homme sans culpabilité est inférieur et monstrueux.

.
Somme :



I II Q52
En sens contraire, le Philosophe dit que “ le plaisir est l’action connaturelle non empêchée ”.
Réponse : Nous avons vu plus haut que deux choses sont requises pour le plaisir : l’obtention du bien qui convient,
et la connaissance de cette obtention.
Or ces deux choses consistent en une certaine action, car la connaissance en
acte est une action ; de même, c’est par une action que nous atteignons le bien qui nous convient. De plus, l’action
appropriée est elle-même un certain bien qui convient. Il faut donc que tout plaisir provienne d’une action.
...
Réponse : Le plaisir vient de la présence du bien qui convient, selon qu’elle est perçue par le sens ou autrement. Or
une chose nous est présente de deux façons : d’une façon, par la connaissance, en tant que la chose connue est dans
le connaissant selon sa ressemblance ; d’une autre façon, par son être même, en tant qu’elle nous est unie dans la
réalité, en acte ou en puissance, de quelque manière que ce soit.
...
Il faut donc dire que certains plaisirs sont bons, et d’autres mauvais. Le plaisir, en effet, est le repos de la puissance
appétitive dans un bien aimé
, et il est consécutif à une opération. De sorte que nous pouvons donner deux motifs de
cette assertion.
1° L’un d’eux découle du bien dans lequel on se repose avec plaisir. Car le bien et le mal, en morale, se déterminent
par convenance ou désaccord avec la raison, nous l’avons dit plus haut ; c’est ainsi que, dans le monde de la nature,
une chose est dite naturelle du fait qu’elle est conforme à la nature, et non naturelle quand elle est en désaccord avec
elle….: ainsi, en morale, il y a un plaisir qui est bon du fait que l’appétit supérieur ou inférieur se
repose en ce qui convient à la raison ; et un plaisir mauvais, du fait qu’il est en désaccord avec la raison et avec la loi
de Dieu.

2° On peut tirer un autre motif des actions dont certaines sont bonnes et les autres mauvaises. Or les plaisirs ont plus
d’affinité avec les actions puisqu’ils les accompagnent, que les désirs, qui les précèdent dans le temps. Aussi,
puisque les désirs des bonnes actions sont bons, et ceux des mauvaises actions, mauvais, à plus forte raison les
plaisirs des bonnes actions seront-ils bons, et ceux des mauvaises actions seront-ils mauvais.
...
Ainsi, nous l’avons dit plus haut, la cause de
la douleur ou de la tristesse est le mal conjoint. La cause, par manière de principe à l’origine d’un tel mouvement,
est l’inclination intérieure de l’appétit. Celui-ci est incliné premièrement vers le bien, et, par voie de conséquence, à
répudier le mal contraire. C’est pourquoi le premier principe de ce mouvement de l’appétit est l’amour, qui est la
première inclination de l’appétit à poursuivre le bien; le second principe est la haine, qui est la première inclination
de l’appétit à fuir le mal.
...
Réponse : Dans le sens où la tristesse est un bien, elle peut être un bien honnête. Nous avons dit, en effet, que la
tristesse est un bien en tant que connaissance et refus du mal. Ces deux choses, dans la douleur corporelle, attestent
la bonté de la nature ; c’est à cause d’elle que le sens perçoit et que la nature fuit l’objet qui la blesse, cause de
douleur. Quant à la tristesse intérieure, la connaissance du mal s’y trouve quelquefois par un jugement droit de la
raison, et son refus par une volonté bien disposée et détestant le mal. Or tout bien honnête procède de ces deux
principes : la rectitude de la raison et celle de la volonté. Il est donc manifeste que la tristesse peut avoir raison de
bien honnête.

...
2. De même que la tristesse du mal procède d’une volonté et d’une raison droites qui détestent le mal, ainsi la
tristesse du bien vient à une raison et d’une volonté perverses qui détestent le bien. C’est pour cela qu’une telle
tristesse supprime la louange ou le mérite du bien honnête, par exemple quand on fait l’aumône avec tristesse
.

La purification fonctionne par association d’un mal de faute (péché) avec un mal de peine, car ce mal de peine détruit par opposition la tendance au plaisir dans le mal qu’accompagnait la faute passée. En effet, plus on veut un mal vraiment, plus on aura de plaisir-joie quand on l’atteint, c’est un signe du volontaire. Cette tendance va rester même si on s’abstient du mal, et on y a renoncé par la contrition, c’est comme un reste de joie potentielle par le mal imprimée dans l’âme. Pour chasser, annuler cette joie mauvaise, une peine doit être associée au mal, souffrance qui va lentement prendre la place de la joie à faire le mal et donc atteindre la pleine vertu : avoir plaisir à faire le bien et chagrin à faire le mal.

Ca s’assimile à un nettoyage. C’est pourquoi c’est médicinal d’abord.
Mais il y a aussi un aspect dette,plus facile à comprendre : la joie pour le mal est un mal, donc un vol de prérogative divine impliqué par la désobéissance. Il faudra donc remboursement. Mais cet aspect semble moins central que l’autre.
Skog
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Re: Pourquoi le dogme dit que la souffrance purifie

Message non lu par Skog »

Bonjour,

je suis nouveau sur le forum et je suis tombé un peu par hasard sur votre message.

Votre réflexion est très fouillée, mais je m’interroge sur la manière dont nous comprenons saint Thomas, que vous citez longuement. L’Aquinate écrit bien que « la tristesse peut être un bien honnête », mais il précise aussitôt que la douleur n’est jamais un bien par nature : elle n’est dite bonne que par accident, lorsqu’elle détourne du mal et ramène l’âme à l’ordre du bien. Autrement dit, il ne parle jamais d’une « excellence » de la souffrance en elle-même.

Quand vous affirmez que « certaines souffrances sont excellentes en elles-mêmes » ou que « l’homme sans culpabilité est monstrueux », est-ce dans ce sens purement relatif, ou voyez-vous réellement une valeur propre de la douleur ?
Il me semble que, pour Thomas, la cause première du mouvement de l’âme reste l’amour, et que la contrition n’est qu’un passage vers la paix de la charité.

Je serais heureux de connaître votre lecture de ces distinctions thomistes : comment articulez-vous votre propos avec l’idée que la peine n’est bonne que par accident, et jamais comme une excellence en soi ?
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Fée Violine
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Re: Pourquoi le dogme dit que la souffrance purifie

Message non lu par Fée Violine »

Malheureusement, Skog (bienvenue à vous sur le forum ! :) ), ChristianK ne fréquente plus la Cité Catholique. Sans doute était-il las de se faire censurer par la modération pour des propos excessifs...
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