Situation politique en Iran après l'élection présidentielle
Re: Le passé de Moussavi
Avé
Il semble effectivement que Moussavi ait été un sacré apparatchik... de toute façon, vu le système de présélection des candidats, il ne faut pas trop rêver.
En attendant, j'aimerais avoir l'avis de Franck sur l'élection actuelle, ses éléments composants, enjeux ; y a-t-il fraude ? le soutien d'une grande manifestation à Téhéran est-il représentatif ? Où en est-on en fait ?
J'attends de savoir tout cela avec impatience !
MB
Il semble effectivement que Moussavi ait été un sacré apparatchik... de toute façon, vu le système de présélection des candidats, il ne faut pas trop rêver.
En attendant, j'aimerais avoir l'avis de Franck sur l'élection actuelle, ses éléments composants, enjeux ; y a-t-il fraude ? le soutien d'une grande manifestation à Téhéran est-il représentatif ? Où en est-on en fait ?
J'attends de savoir tout cela avec impatience !
MB
Re: Le passé de Moussavi
Bonjour,
J'avoue avoir été au premier abord surpris par l'ampleur de la victoire du président sortant. Son bilan économique pour le moins déplorable, son populisme grossier et les innombrables petites contrariétés introduites dans la vie quotidienne des Iraniens au cours de ces dernières années devaient le mener à une défaite cinglante. Il n'en a rien été mais je ne crois pas, après réflexion, à un trucage massif des élections. Je ne peux bien évidemment ni exclure ni confirmer l'existence de fraudes mais plusieurs facteurs me poussent à ne pas exagérer l'importance de ce phénomène :
Il apparaît tout d'abord que les institutions de la République islamique d'Iran sont protéiformes et souvent dédoublées et que les pouvoirs du président sont de fait limités (1) sur des questions telles que la politique étrangère ou certaines questions sociales sensibles. L'accession de Moussavi à la présidence ne représentait aucun danger dans la mesure où les candidats sont effectivement présélectionnes et où Moussavi peut se targuer de posséder un passé d'authentique révolutionnaire, comme l'a rappelé Charles. À quoi bon dès lors prendre le risque de truquer les élections et de nourrir la colère populaire si les deux candidats assurent la pérennité du régime islamique ?
Les manifestants que l'on voit dans les rues de Téhéran sont certes déterminés et résolument hostiles à Ahmadinejad, mais qui sont-ils réellement ? Leurs habits trahissent leur sociologie : il s'agit tout au plus de jeunes Téhéranais issus de milieux bourgeois. Ce sont des individus respectables et l'Iran gagnerait à les suivre, toutefois ils sont loin d'être majoritaires. Ils peuvent encore faire illusion dans des villes telles que Téhéran, Ispahan ou encore Shiraz mais on ne saurait négliger les campagnes iraniennes et leurs dizaines de millions d'habitants, a priori acquis au président sortant du fait de ses largesses et de ses multiples égards. Ceci étant, nous n'en sommes même pas encore là, les autres grandes villes sont relativement calmes.
Il y a enfin un facteur discriminant qui est peu abordé par les médias occidentaux, celui de l'ethnie des deux candidats. Moussavi n'est pas un Perse mais un Turc azéri, autant dire un candidat issu des minorités. Si cela lui a permis de réaliser de bons scores dans l'Azerbaïdjan iranien et même de l'emporter dans l'Azerbaïdjan occidental (2), cela a pu tout aussi bien le pénaliser dans de nombreuses régions à majorité persane. On pourra cependant toujours me faire remarquer que le Guide suprême a un père azéri...
Mon intuition est que l'ordre d'arrivée des candidats est le bon mais qu'un second tour, plus incertain, aurait sans doute été nécessaire. Nous ne connaîtrons cependant jamais les véritables chiffres et ces conjectures ne pourront donc pas être vérifiées.
J’espère surtout que l'Occident saura rester en dehors du processus de contestation interne. Les déclarations tonitruantes des Sarkozy (3), Biden et autres Kouchner sont autant de clous plantés dans le cercueil d'une contestation existante mais encore minoritaire car elles justifient d'éventuelles représailles de la part des autorités. J'espère également que les dirigeants occidentaux ne planifient pas, à moyen terme, une intervention militaire aérienne contre l'Iran. Ils restaureraient ainsi le climat de terreur, favorable au régime, qui sévissait durant la guerre contre l'Irak. La situation actuelle va enfin pousser l'Iran à nouer des alliances stratégiques pour résister aux pressions occidentales. Le renforcement de la coopération entre l'Iran et l'OTSC annoncé en avril dernier devrait être pris comme un premier avertissement. Il y a bien un pays qui cherche à s'implanter durablement en Iran, malgré la méfiance légitime du régime, et qui n'attend pour cela qu'un faux pas de l'Occident.
En Christ,
Franck
(1) C'est l'un des atouts majeurs du régime. Si la contestation dure, il sera toujours possible de la mater en cédant sur la forme, c'est-à-dire en lâchant Ahmadinejad, sans rien céder sur le fond, sur les structures du pouvoir réel.
(2) Sa défaite dans la région de Tabriz (Azerbaïdjan oriental) est plus surprenante, il faut le reconnaître. C'est l'un des résultats les plus problématiques.
(3) Mention spéciale pour ce dernier, qui se préoccupe de l'état de la démocratie en Iran alors même qu'il se trouve à Libreville pour rendre un dernier hommage à Omar Bongo. J'ai certes cité Biden mais il faut également reconnaître que la réaction américaine est pour l'instant bien plus constructive que la réaction française.
J'avoue avoir été au premier abord surpris par l'ampleur de la victoire du président sortant. Son bilan économique pour le moins déplorable, son populisme grossier et les innombrables petites contrariétés introduites dans la vie quotidienne des Iraniens au cours de ces dernières années devaient le mener à une défaite cinglante. Il n'en a rien été mais je ne crois pas, après réflexion, à un trucage massif des élections. Je ne peux bien évidemment ni exclure ni confirmer l'existence de fraudes mais plusieurs facteurs me poussent à ne pas exagérer l'importance de ce phénomène :
Mon intuition est que l'ordre d'arrivée des candidats est le bon mais qu'un second tour, plus incertain, aurait sans doute été nécessaire. Nous ne connaîtrons cependant jamais les véritables chiffres et ces conjectures ne pourront donc pas être vérifiées.
J’espère surtout que l'Occident saura rester en dehors du processus de contestation interne. Les déclarations tonitruantes des Sarkozy (3), Biden et autres Kouchner sont autant de clous plantés dans le cercueil d'une contestation existante mais encore minoritaire car elles justifient d'éventuelles représailles de la part des autorités. J'espère également que les dirigeants occidentaux ne planifient pas, à moyen terme, une intervention militaire aérienne contre l'Iran. Ils restaureraient ainsi le climat de terreur, favorable au régime, qui sévissait durant la guerre contre l'Irak. La situation actuelle va enfin pousser l'Iran à nouer des alliances stratégiques pour résister aux pressions occidentales. Le renforcement de la coopération entre l'Iran et l'OTSC annoncé en avril dernier devrait être pris comme un premier avertissement. Il y a bien un pays qui cherche à s'implanter durablement en Iran, malgré la méfiance légitime du régime, et qui n'attend pour cela qu'un faux pas de l'Occident.
En Christ,
Franck
(1) C'est l'un des atouts majeurs du régime. Si la contestation dure, il sera toujours possible de la mater en cédant sur la forme, c'est-à-dire en lâchant Ahmadinejad, sans rien céder sur le fond, sur les structures du pouvoir réel.
(2) Sa défaite dans la région de Tabriz (Azerbaïdjan oriental) est plus surprenante, il faut le reconnaître. C'est l'un des résultats les plus problématiques.
(3) Mention spéciale pour ce dernier, qui se préoccupe de l'état de la démocratie en Iran alors même qu'il se trouve à Libreville pour rendre un dernier hommage à Omar Bongo. J'ai certes cité Biden mais il faut également reconnaître que la réaction américaine est pour l'instant bien plus constructive que la réaction française.
Re: Situation politique en Iran après l'élection présidentielle
Voir également cette étude assez complète commanditée par l'ONG Terror Free Tomorrow et le think tank New America Foundation, qui a notamment été relayée par le Washington Post et qui prévoyait une large victoire du président sortant : http://www.terrorfreetomorrow.org/upima ... 200609.pdf.
Cette étude comporte par ailleurs de nombreuses autres données intéressantes sur l'opinion des Iraniens au sujet de l'état de l'économie nationale, des relations avec l'Occident, de la démocratie, du rôle du Guide suprême et même des chrétiens : à en croire cette étude, 60 % des Iraniens ont une image favorable des chrétiens et 11 % seulement en ont une image défavorable. À comparer avec les chiffres avancés dans le fil concernant la Turquie "laïque".
Cette étude comporte par ailleurs de nombreuses autres données intéressantes sur l'opinion des Iraniens au sujet de l'état de l'économie nationale, des relations avec l'Occident, de la démocratie, du rôle du Guide suprême et même des chrétiens : à en croire cette étude, 60 % des Iraniens ont une image favorable des chrétiens et 11 % seulement en ont une image défavorable. À comparer avec les chiffres avancés dans le fil concernant la Turquie "laïque".
Re: Situation politique en Iran après l'élection présidentielle
Bon un dirigeant français qui se réveille. Peut pas en dire autant des propos de Lepen. Merci à Sarkozy, pas toujours aux américains de prendre les devants.
Les verts de Moussavi travaillent pour le régime et il y a un vrai mouvement de contestation que le régime veut cacher. Le peuple veut faire tomber le régime. Ça scande mort au dictateur, mort à Khamenei et mort à la république Islamique!
http://www.iran-resist.org/

Les verts de Moussavi travaillent pour le régime et il y a un vrai mouvement de contestation que le régime veut cacher. Le peuple veut faire tomber le régime. Ça scande mort au dictateur, mort à Khamenei et mort à la république Islamique!
http://www.iran-resist.org/
L'occident montre une haine envers lui-même, qui paraît étrange et peut être considérée uniquement comme un phénomène pathologique. L'occident ne s'aime plus, dans son histoire il voit uniquement ce qui est blâmable et destructif, il n'est plus capable de reconnaître ce qui est grand et pur.
(Benoit XVI)
(Benoit XVI)
Re: Situation politique en Iran après l'élection présidentielle
Nous verrons bien, il faut rester prudent. Je ne sais pas ce que nous pouvons souhaiter de mieux dans l'intérêt de l'Iran et des Iraniens. Se contenter d'un Ahmadinejad affaibli ? Espérer la victoire d'un candidat qui risque, une fois encore, de créer des désillusions énormes ? Tabler sur la chute d'un régime, certes inique, mais sans aucune assurance quant à la nature du régime susceptible de lui succéder ? Il faut bien saisir que si on met de côté de brefs intermèdes, à l'image de la Révolution constitutionnelle de 1905, l'Iran n'a connu que des despotes au cours de son histoire. Je crains également qu'un changement brutal ne provoque un éclatement du pays. Cela arrangerait bien la plupart des voisins de l'Iran mais il n’est pas certain que cela concourt à améliorer la vie des Iraniens. La République islamique est (peut-être) un moindre mal, en attendant mieux. Je me méfie instinctivement des révolutions et je crois que les Iraniens ne devraient pas s'en remettre à des solutions purement politiques s'ils ne souhaitent pas être, une fois encore, déçus. Ceci étant, la révolution n'est pas pour demain. Le bain de sang, peut-être...
Re: Situation politique en Iran après l'élection présidentielle
Nous avons quand même devant nous un début de révolution, en gros pacifique. Manque juste que l’Occident se tienne debout et au moins les appuis verbalement. Comme Sarko a fait, ce qui a déplut à certains minables. Merkel aussi a parlé, mais semble avoir une fixation, comme les médias, sur un recomptage avec Mousavi ami du régime et ses verts.
Ça ne semble pas manifester fort en France pour aider un peuple opprimé qui vivait mieux sous le Shah. Pourtant, votre sport national est la grève et manifestations, soutenue sans doute par des socialistes, raison pourquoi calmes présentement.
Obama commence à se raidir, sous pressions du congrès et républicains (d’habitude plus le contraire comme en Angola).
Est-ce si dure d’appuyer la population en parole, ça me semble la moindre des choses.
Ça ne semble pas manifester fort en France pour aider un peuple opprimé qui vivait mieux sous le Shah. Pourtant, votre sport national est la grève et manifestations, soutenue sans doute par des socialistes, raison pourquoi calmes présentement.
Obama commence à se raidir, sous pressions du congrès et républicains (d’habitude plus le contraire comme en Angola).
Est-ce si dure d’appuyer la population en parole, ça me semble la moindre des choses.
L'occident montre une haine envers lui-même, qui paraît étrange et peut être considérée uniquement comme un phénomène pathologique. L'occident ne s'aime plus, dans son histoire il voit uniquement ce qui est blâmable et destructif, il n'est plus capable de reconnaître ce qui est grand et pur.
(Benoit XVI)
(Benoit XVI)
Re: Situation politique en Iran après l'élection présidentielle
@Charles
Il est tout de même exagéré, pour ne pas dire indécent, de comparer les manifestations anti-Ahmadinejad avec les manifestations anti-Sarkozy. La police française n'a pas assassiné de sang froid certains manifestants, ce qui constitue une différence fondamentale. On peut se désoler, à juste titre de la voie empruntée par la France, mais on ne peut mettre sur le même plan le régime français et le régime iranien. S'il est juste de s'indigner du traitement réservé à Julien Coupat, il faut pousser le parallélisme jusqu'à son terme et s'interroger sur le traitement qu'il aurait reçu dans le cadre d'un régime employant des méthodes similaires à celles du régime iranien. À titre personnel, je table sur la potence.
@Wistiti
Je me méfie de ceux qui prétendent parler au nom d'un peuple, a fortiori lorsque ce n'est pas le leur. La République islamique tombera un jour ou l'autre, c’est une certitude, mais il n'est pas dit que le nouveau régime iranien sera plus conciliant avec les dirigeants occidentaux (1). Ces derniers, à commencer par les Britanniques et les Américains, ont toujours trahi les aspirations de l'Iran. Je ne prétends pas connaître la pensée de tous les Iraniens mais, pour avoir eu l'occasion de fréquenter un certain nombre d'Iraniens hostiles à la République islamique (2), je n'ai jamais constaté la moindre trace d'américanophilie chez ces derniers. Ils n'apprécient pas davantage Sarkozy d'ailleurs. Il me semble d'autre part présomptueux de déclarer que l'on vivait mieux à l'époque du Shah. C'était sans doute vrai pour les classes moyennes, en revanche les plus défavorisés vivaient dans une misère profonde. La République islamique n'a pas fondamentalement changé leur situation mais leur a tout de même permis quelques évolutions. Les enfants et parents proches de "martyrs" de la guerre contre l’Irak bénéficient ainsi de nombreux privilèges. Le régime actuel est pour l'instant loin d'être coupé de toute base populaire, à la différence du Shah.
(1) Il ne s'agit là encore que de wishful thinking mais je rêve d'un Iran gouverné par d'authentiques patriotes persans, naturellement portés vers un partage de l'Azerbaïdjan.
(2) Des Iraniens vivant aujourd'hui encore en Iran, naturellement. La parole des exilés importe hélas peu.
Il est tout de même exagéré, pour ne pas dire indécent, de comparer les manifestations anti-Ahmadinejad avec les manifestations anti-Sarkozy. La police française n'a pas assassiné de sang froid certains manifestants, ce qui constitue une différence fondamentale. On peut se désoler, à juste titre de la voie empruntée par la France, mais on ne peut mettre sur le même plan le régime français et le régime iranien. S'il est juste de s'indigner du traitement réservé à Julien Coupat, il faut pousser le parallélisme jusqu'à son terme et s'interroger sur le traitement qu'il aurait reçu dans le cadre d'un régime employant des méthodes similaires à celles du régime iranien. À titre personnel, je table sur la potence.
@Wistiti
Je me méfie de ceux qui prétendent parler au nom d'un peuple, a fortiori lorsque ce n'est pas le leur. La République islamique tombera un jour ou l'autre, c’est une certitude, mais il n'est pas dit que le nouveau régime iranien sera plus conciliant avec les dirigeants occidentaux (1). Ces derniers, à commencer par les Britanniques et les Américains, ont toujours trahi les aspirations de l'Iran. Je ne prétends pas connaître la pensée de tous les Iraniens mais, pour avoir eu l'occasion de fréquenter un certain nombre d'Iraniens hostiles à la République islamique (2), je n'ai jamais constaté la moindre trace d'américanophilie chez ces derniers. Ils n'apprécient pas davantage Sarkozy d'ailleurs. Il me semble d'autre part présomptueux de déclarer que l'on vivait mieux à l'époque du Shah. C'était sans doute vrai pour les classes moyennes, en revanche les plus défavorisés vivaient dans une misère profonde. La République islamique n'a pas fondamentalement changé leur situation mais leur a tout de même permis quelques évolutions. Les enfants et parents proches de "martyrs" de la guerre contre l’Irak bénéficient ainsi de nombreux privilèges. Le régime actuel est pour l'instant loin d'être coupé de toute base populaire, à la différence du Shah.
(1) Il ne s'agit là encore que de wishful thinking mais je rêve d'un Iran gouverné par d'authentiques patriotes persans, naturellement portés vers un partage de l'Azerbaïdjan.
(2) Des Iraniens vivant aujourd'hui encore en Iran, naturellement. La parole des exilés importe hélas peu.
- Columbanus
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Re: Situation politique en Iran après l'élection présidentie
Je cite : "Le président américain a dénoncé "les menaces, les coups et arrestations de ces derniers jours": "je condamne fermement ces actions injustes", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche.
"J'ai clairement dit que les États-Unis respectent la souveraineté de la République islamique d'Iran et n'interfèrent pas dans les affaires iraniennes", a-t-il ajouté. "Mais nous devons aussi témoigner du courage et de la dignité du peuple iranien et d'une ouverture remarquable au sein de la société iranienne. Et nous déplorons la violence contre des civils innocents où qu'elle ait lieu"."
Alors sois crédible et fais passer une loi fédérale interdisant l'avortement ou go home et lâche nous!!
"J'ai clairement dit que les États-Unis respectent la souveraineté de la République islamique d'Iran et n'interfèrent pas dans les affaires iraniennes", a-t-il ajouté. "Mais nous devons aussi témoigner du courage et de la dignité du peuple iranien et d'une ouverture remarquable au sein de la société iranienne. Et nous déplorons la violence contre des civils innocents où qu'elle ait lieu"."
Alors sois crédible et fais passer une loi fédérale interdisant l'avortement ou go home et lâche nous!!
Dernière modification par Columbanus le sam. 03 juil. 2010, 23:24, modifié 1 fois.
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue... »
Re: Situation politique en Iran après l'élection présidentielle
Bonjour Charles,
J'ai beau chercher, je ne vois pas le rapport entre les événements qui se déroulent actuellement en Iran et ces exemples français. Les quelques similitudes avec Mai 68 sont annihilées par le recours aux armes des milices de la République islamique. C'est une différence fondamentale, susceptible de préjuger de l'issue (lointaine) du conflit. De nombreux Iraniens, y compris parmi les millions d'électeurs de Mahmoud Ahmadinejad, ne pardonneront en effet pas ces assassinats. Nous ne sommes plus dans le contexte de terreur qui prévalait lors des années 80. Je ne vois pas non plus le rapport entre Mai 68 et la féroce "répression de l'UMP" contre les "manifestations populaires anti-sarkozy". Tout cela concourt tout au plus à une tentative de relativisation de la situation iranienne. Si j'étais de mauvaise foi, j'y verrais la marque d'un certain agacement devant le risque de voir vaciller l'une des coqueluches de la lutte contre l'axe impérialiste Washington-Bruxelles-Jérusalem. Qu'on ne se trompe toutefois pas sur mes intentions : je n'apprécie pas non plus cet axe, cependant je ne me fais aucune illusion sur les États prétendant le combattre, à commencer par l'Iran et la Russie. Je peux faire preuve de mansuétude à l'égard de ces derniers tant que leurs intérêts s'accordent aux miens mais je ne peux me permettre d'oublier qu'à terme, toute puissance est hélas animée par des pulsions impérialistes et expansionnistes. Je réserve mon admiration pour les petits pays qui, à l'image de la Suisse ou de l'Autriche, défendent tant bien que mal leur indépendance.
En Christ,
Franck
J'ai beau chercher, je ne vois pas le rapport entre les événements qui se déroulent actuellement en Iran et ces exemples français. Les quelques similitudes avec Mai 68 sont annihilées par le recours aux armes des milices de la République islamique. C'est une différence fondamentale, susceptible de préjuger de l'issue (lointaine) du conflit. De nombreux Iraniens, y compris parmi les millions d'électeurs de Mahmoud Ahmadinejad, ne pardonneront en effet pas ces assassinats. Nous ne sommes plus dans le contexte de terreur qui prévalait lors des années 80. Je ne vois pas non plus le rapport entre Mai 68 et la féroce "répression de l'UMP" contre les "manifestations populaires anti-sarkozy". Tout cela concourt tout au plus à une tentative de relativisation de la situation iranienne. Si j'étais de mauvaise foi, j'y verrais la marque d'un certain agacement devant le risque de voir vaciller l'une des coqueluches de la lutte contre l'axe impérialiste Washington-Bruxelles-Jérusalem. Qu'on ne se trompe toutefois pas sur mes intentions : je n'apprécie pas non plus cet axe, cependant je ne me fais aucune illusion sur les États prétendant le combattre, à commencer par l'Iran et la Russie. Je peux faire preuve de mansuétude à l'égard de ces derniers tant que leurs intérêts s'accordent aux miens mais je ne peux me permettre d'oublier qu'à terme, toute puissance est hélas animée par des pulsions impérialistes et expansionnistes. Je réserve mon admiration pour les petits pays qui, à l'image de la Suisse ou de l'Autriche, défendent tant bien que mal leur indépendance.
En Christ,
Franck
-
l'Ecossais
- Quæstor

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- Inscription : ven. 17 avr. 2009, 18:07
Re: Situation politique en Iran après l'élection présidentielle
Bonjour Charles!
Vous êtes le roi de l'amalgame et du relativisme!.....vous voyez!....on se retrouve...mais pas sur les mêmes sujets!
Par contre il vous est toujours loisible de vous laisser pousser la barbe et d'aller en Iran pour poursuivre les femmes dévoilées qui ne sont pas à genoux devant leur mari!....à moins que vous confondiez les femmes qui avaient jeté leur soutien-gorge aux orties avec celles qui veulent se libérer de l'oppression qui les entoure!
Vous êtes le roi de l'amalgame et du relativisme!.....vous voyez!....on se retrouve...mais pas sur les mêmes sujets!
Par contre il vous est toujours loisible de vous laisser pousser la barbe et d'aller en Iran pour poursuivre les femmes dévoilées qui ne sont pas à genoux devant leur mari!....à moins que vous confondiez les femmes qui avaient jeté leur soutien-gorge aux orties avec celles qui veulent se libérer de l'oppression qui les entoure!
Re: Situation politique en Iran après l'élection présidentielle
Bonjour Charles,
Je partage pleinement ton analyse concernant aussi bien les intentions que les actes des puissances occidentales. Je ne peux en revanche te suivre au sujet de l'Iran et de la Russie. Ce n'est pas parce que ces pays disposent d'une puissance effective moindre, qui ne leur permet pas d'accomplir l'intégralité de leurs objectifs stratégiques, qu'ils ne possèdent pas la même volonté de puissance que les impérialismes occidentaux. Sans même remonter à l'époque de la deuxième phase de la guerre entre l'Iran et l'Irak, les intérêts iraniens se manifestent de manière régulière en Palestine, au Liban, en Syrie, à Bahreïn ou encore en Irak et ces manifestations sont loin d'être toujours pacifiques, à l'image des récents bombardements opérés par l'armée iranienne contre les Kurdes d'Irak. Le cas de la Russie est plus flagrant encore dans la mesure où le pouvoir russe combine désormais soft power -voir les crises récentes avec la Biélorussie et le Turkménistan- et hard power -une seconde offensive contre la Géorgie est sans doute inéluctable, la 102ème base militaire russe ne restera pas éternellement isolée. Ces manoeuvres ne me révoltent pas (1) dans la mesure où elles concourent à réaliser des projets qui me paraissent être bénéfiques (2) mais il s'agit indubitablement de manoeuvres impérialistes.
En Christ,
Franck
(1) Elles ne me réjouissent pas davantage. On parle de guerres, de bombardements, d'attentats, de massacres et autres réjouissances menés au nom d'un désir de domination absurde. C'est pourquoi j'admire la sagesse de ces pays qui parviennent à conserver une certaine neutralité. Encore faut-il en avoir les moyens...
(2) Et ce n'est pas l'actuelle visite de Peres à Bakou qui va me faire changer d'avis. Je ne verse pas dans les délires "antisionistes" mais je pleurerais pas une éventuelle disparition de l'État d'Israël.
Je partage pleinement ton analyse concernant aussi bien les intentions que les actes des puissances occidentales. Je ne peux en revanche te suivre au sujet de l'Iran et de la Russie. Ce n'est pas parce que ces pays disposent d'une puissance effective moindre, qui ne leur permet pas d'accomplir l'intégralité de leurs objectifs stratégiques, qu'ils ne possèdent pas la même volonté de puissance que les impérialismes occidentaux. Sans même remonter à l'époque de la deuxième phase de la guerre entre l'Iran et l'Irak, les intérêts iraniens se manifestent de manière régulière en Palestine, au Liban, en Syrie, à Bahreïn ou encore en Irak et ces manifestations sont loin d'être toujours pacifiques, à l'image des récents bombardements opérés par l'armée iranienne contre les Kurdes d'Irak. Le cas de la Russie est plus flagrant encore dans la mesure où le pouvoir russe combine désormais soft power -voir les crises récentes avec la Biélorussie et le Turkménistan- et hard power -une seconde offensive contre la Géorgie est sans doute inéluctable, la 102ème base militaire russe ne restera pas éternellement isolée. Ces manoeuvres ne me révoltent pas (1) dans la mesure où elles concourent à réaliser des projets qui me paraissent être bénéfiques (2) mais il s'agit indubitablement de manoeuvres impérialistes.
En Christ,
Franck
(1) Elles ne me réjouissent pas davantage. On parle de guerres, de bombardements, d'attentats, de massacres et autres réjouissances menés au nom d'un désir de domination absurde. C'est pourquoi j'admire la sagesse de ces pays qui parviennent à conserver une certaine neutralité. Encore faut-il en avoir les moyens...
(2) Et ce n'est pas l'actuelle visite de Peres à Bakou qui va me faire changer d'avis. Je ne verse pas dans les délires "antisionistes" mais je pleurerais pas une éventuelle disparition de l'État d'Israël.
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