> Concernant la messe en latin (qu'elle soit de rit ordinaire ou extraordinaire), pas besoin d'un bac en poche : d'une, la traduction des prières est fournie ou se trouve dans un bon missel, et finalement se retient assez vite, et puis ça n'est pas du latin classique de Virgile. :-)
(enfin, bon, je dis peut-être ça parce que je suis habitué, mais j'ai déjà croisé pas mal de personnes très diverses qui aimaient beaucoup ces messes, et toutes n'étaient pas forcément des thésards en disciplines littéraires...
> Concernant les animaux, il y a une différence entre aimer toute créature, aimer la création, et vouloir transformer la théologie pour dire que les animaux ont une âme au sens de l'âme humaine.
Souvent, quand on apprend à apprécier, connaître et aimer la création et les animaux, on en vient à ne pas apprécier l'affirmation qu'ils n'ont pas d'âme, et, voyant ce qu'ils sont, on voudrait leur accorder cette reconnaissance, car la leur nier nous apparaît alors comme les ravaler au rang de simples automates ou de machines biologiques, comme le faisait cet imbécile de Descartes. (qui n'a je crois raconté quasiment que des bêtises, en tout cas Maritain et Jean Daujat lui reprochent également des erreurs d'appréciation au sujet de la nature de la connaissance et de l'intelligence) (enfin, passons).
À mon sens, c'est tomber en quelque sorte dans l'erreur dualiste :
comme si la création et les créatures étaient "de la matière" au sens le plus matérialiste qu'il soit, molécules et réactions chimiques, et que l'âme vienne, en l'Homme, habiter un corps de matière.
Mais c'est pas tout à fait comme ça, enfin il me semble.
* attention, ce qui suit est ma façon de comprendre et d'expliquer les choses, certes à partir de lectures de plus grands que moi en parfaite conformité avec la théologie catholique, mais ce que j'en tire est à prendre avec prudence, je peux aussi mal me faire comprendre et m'exprimer de travers, ça demandera éclaircissement*.
Les animaux n'ont pas d'âme, n'ont pas la liberté de choisir entre le bien et le mal, de choisir de refuser ou d'aimer leur créateur. De ce fait d'ailleurs ils n'aiment pas. Pas au sens humain. Ni divin. Ils ne sont pas créés à l'image de Dieu.
Il n'empêche qu'ils sont créés par Dieu.
Ne pas être créé à l'image de Dieu et ne pas avoir d'âme ne signifie pas ne pas être en lien avec son créateur (quoique ce lien sûrement fut perturbé par la faute originelle, Adam et Eve ayant en responsabilité et dépôt la création entière, leur refus de Dieu engage la création entière, et par leur faute ils donnent peut-être à Satan un pouvoir sur la création que sans eux il ne pouvait pas avoir, enfin là je dis ça j'en sais rien).
D'ailleurs, l'expression "avoir" une âme est trompeuse : nous "n'avons" pas une âme, nous SOMMES une âme ET un corps. Non pas une âme dans un corps, mais corps et âme liés. La vraie expression serait : nous sommes corps-et-âme. Un Homme c'est un corps-et-âme.
L'animal est un corps. Bon, ben ça ne veut pas dire "un subtil automate de chair".
ça veut dire : un corps.
Reconnaître que l'animal n'est pas corps-et-âme n'entraîne donc en rien qu'on le méprise, ni qu'on lui nie tout lien à son créateur.
L'animal n'est pas Homme de même que nous ne sommes pas anges.
Disons que :
- les choses sont (non, pas les chaussons). Tout chose est. Et cet être, ce fait d'être, leur vient de Dieu.
- les choses vivantes, en plus d'être, et bien vivent (jusque là, c'est logique). Et cette vie, ce fait de vivre, leur vient de Dieu.
- les Hommes (et les anges quoique différemment), en plus d'être et de vivre, ont l'intelligence (au sens non pas courant de "analyse et compréhension de son milieu et des êtres qui s'y trouvent", puisqu'en ce sens il y A une intelligence animale, mais dans le sens de chercher et de comprendre le SENS des choses, et de la création), et ils aiment. Cette intelligence, ce fait de comprendre, et cet amour, leur viennent de Dieu.
Donc, l'animal A un lien à son créateur. Mais pas d'âme.