Faut-il attendre d'être libéré du péché pour se confesser

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Griffon
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Faut-il attendre d'être libéré du péché pour se confesser

Message non lu par Griffon » mer. 20 juil. 2011, 18:47

Bonjour à tous,

Tout catholique sait parfaitement qu'il est inutile d'aller à confesse si le pécheur ne compte pas abandonner son péché.
Mais il y a des situations où le pécheur voudrait bien... mais ne peut point.

A mon sens, c'est très souvent le cas.
Dans ce fil <clic>, PaxetBonum me demande un exemple.
Je préfère ouvrir un nouveau fil.

Hier soir, j'ai pris mon magnificat pour la prière des laudes.
Voici la lecture, comme par hasard, tout à fait appropriée.
1 Jean 3,17-18 a écrit :Celui qui a de quoi vivre en ce monde,s'il voit son frère dans le besoin sans se laisser attendrir,comment l'amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ?
Mes enfants,nous devons aimer, non pas avec des paroles et des discours,mais par des actes et en vérité.


Des frères dans le besoin, j'en rencontre tous les jours.
Je vis en ville, et cela ne manque pas de mendiants de toute sorte.
Je donne de temps en temps une petite pièce, sûrement pas de quoi les aider vraiment.
Je peux me construire plein de belles théories pour justifier mon comportement, mais la parole du Seigneur est limpide, nette et tranchante. Et j'avoue ne pas les aimer en actes et en vérité.

Je considère ce péché très grave, car il touche à la charité. Et l'apôtre le dit : " Comment Dieu pourrait-il demeurer en moi ?"
St François par exemple, reprend vertement l'un de ses frères qui avait garder son manteau alors qu'un pauvre n'en avait pas. Il n'était pas tolérable pour lui d'avoir plus. Ce plus devait être donné.

Puis-je dans ces conditions me présenter pour le sacrement de réconciliation ?
A écouter certains, sans corriger mon comportement, je n'aurais pas droit au sacrement.
Pourtant, je voudrais vraiment que Jésus me dise quel comportement serait juste, ce que je dois faire.
En effet, ouvrir ma maison, mes biens,... serait sacrifier ma famille. En ai-je le droit ? Et pourquoi ?
Mais, ne rien faire, c'est clairement rester en porte-à-faux avec la Parole de Dieu.

Ma position.
Je résume ici l'argumentation donnée dans le fil sus-indiqué (à propos de la contraception) :
1) Laisser resplendir la Vérité
Et surtout pas minimiser la portée de la Parole.
Ne pas la dénoncer comme irréalisable. (il en est ainsi de tout l'évangile)

2) accepter la situation présente comme temporaire
La solution proposée me semble irréalisable.
Mais j'accepte ne pas être parfait ; je ne suis pas une mère Teresa, ni une soeur Emmanuelle, ni... un saint.

3) mais je viens me confesser
et avec le psaume 50, je le dis, je suis tout entier pécheur dès le sein de ma mère
et je viens vers Dieu dans ce sacrement en reconnaissant ma faiblesse et mon péché
et je supplie le Seigneur de m'éclairer et de faire de moi le saint qu'Il voudrait que je sois

Et je le redis : " ne pas aller à confesse revient à se priver de la seule force qui peut me sauver "
Et j'ajoute que je n'ai jamais vu un confesseur me priver du sacrement sous prétexte que je refuserais de me corriger.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Griffon.
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Re: Faut-il attendre d'être libéré du péché pour se confesse

Message non lu par Antoine Marie » mer. 20 juil. 2011, 19:21

Tout à fait d'accord car c'est mon expérience : http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 95#p175495
On se fait plus de mal à se croire condamné qu'à demander encore et toujours la grâce de changer au Seigneur, même si l'on sait que la situation se reproduira quasiment sûrement.
Le chemin se fait pas à pas...
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stephlorant
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Re: Faut-il attendre d'être libéré du péché pour se confesse

Message non lu par stephlorant » mer. 20 juil. 2011, 19:25

Griffon a écrit : Et je le redis : " ne pas aller à confesse revient à se priver de la seule force qui peut me sauver "
Et j'ajoute que je n'ai jamais vu un confesseur me priver du sacrement sous prétexte que je refuserais de me corriger.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Griffon.[/color]
Je suis assez d'accord avec vous. Évidemment, si je comptais toutes les fois où l'on est venu me demander "une pièce pour prendre le bus" (dont l'arrêt est juste en face), autant fermer boutique, la faillite est proche ! Mais, plus profondément, si nous pouvions nous voir tel que nous sommes vus, nous tomberions sur le sol, saisis d'épouvante... C'est le cas d'un saint qui avait écrit qu'il se confessait en disant... non pas d'abord ses fautes, mais les grâces reçues, et ensuite il disait: maintenant, voici le petit homme en noir... et il se noircissait lui-même. (Je plains les confesseurs quand ils ont à faire à des âmes pareilles...) !
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http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)

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Re: Faut-il attendre d'être libéré du péché pour se confesse

Message non lu par PaxetBonum » mer. 20 juil. 2011, 21:35

Le cas que vous exposez est le sentiment d'insuffisance dans la charité fraternelle
Mais cette charité fraternelle est liée à la vocation propre
Le franciscain, appartenant à un ordre mendiant, doit tout donner et tout recevoir
L'homme marié doit assurer la subsistance de sa famille
Si le Boulanger donne tout son pain, il lui reste à entrer chez les franciscains
Si ce boulanger a charge de famille, il n'a pas le droit d'affamer sa famille

Ce qui est péché pour l'un ne l'est pas pour l'autre

Pour répondre directement à votre question : 'Faut-il attendre d'être libéré du péché pour se confesser ?'
La réponse est simple : La confession n'exige pas la perfection, elle est une marche pour l'atteindre
La confession exige le regret de la faute, le ferme propos de ne plus y retomber, l'intention de réparer.
Celui qui se confesse en voulant de toute façon perdurer dans son péché, ne peut recevoir l'absolution car clairement il n'en a même pas la contrition imparfaite.
Pax et Bonum !
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Griffon
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Re: Faut-il attendre d'être libéré du péché pour se confesse

Message non lu par Griffon » jeu. 21 juil. 2011, 9:39

Cher PaxetBonum,

Si vous lisez bien le texte de St Jean, vous constaterez qu'il parle d'abord de "se laisser attendrir".
Et une fois attendris, alors nous trouvons en nous l'énergie nécessaire pour "aimer en actes et en vérité".

L'apôtre démontre une grande sagesse car c'est bien ainsi que cela se passe.

En conséquence on peut dire que, si on ne se laisse pas attendrir, on n'arrivera jamais à aimer en actes et en vérité.
Et comment font les hommes pour ne pas se laisser attendrir.
C'est facile, il étouffe la voix de leur coeur et remplisse leur cerveau d'explications intellectuelles.
Et c'est exactement ce que vous me proposez.

Donc, ce n'est pas que ce vous dites est faux.
C'est que ces discours étouffent la voix du coeur, là où Dieu me parle.

Heureusement, aucun de mes confesseurs ne tient plus ce genre de discours.
Même si beaucoup sont prêts à minimiser le péché.
Comme le remarque Ste Thérèse, avec beaucoup d'entre eux, les péchés mortels deviennent véniels et les péchés véniels n'en sont pas.

Et tant que j'y suis,... une autre de vos remarques m'étonne.
PaxeteBonum a écrit :La confession n'exige pas la perfection, elle est une marche pour l'atteindre


C'est précisément ce que je défends dans ce fil <clic>, et que vous rejetiez.
Est-ce parce que la sexualité serait à vos yeux plus importante que la charité ? :siffle:
(bon, c'est vrai, je provoque un peu là,... mais pourquoi 2 réactions différentes à 2 situations identiques ?) :mal:

Cordialement,

Griffon.
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Re: Faut-il attendre d'être libéré du péché pour se confesse

Message non lu par ti'hamo » jeu. 21 juil. 2011, 10:02

Sans vouloir offenser, votre exemple ne va pas du tout à l'encontre de ce que disait PaxetBonum : vous ne décrivez pas du tout une situation de péché que vous refuseriez de quitter. Vous décrivez le sentiment d'insuffisance de la charité dans nos vie : or, c'est très précisément le constat de ce manque de charité dans nos vie qui fait que nous devons et voulons nous confesser.

D'autre part, la charité intègre le devoir d'état : pour celui qui a charge de famille, il n'est pas censé abandonner sa charge pour faire œuvre de charité : pour prendre un exemple, celui qui laisserait tomber femme et enfants pour partir sur les routes en vivant pauvrement et en donnant tout aux pauvres ne serait pas un saint, ou aurait en tout cas mal compris l'exigence de charité.
Chacun sa vocation.

Celui qui pourrait se voir refuser l'absolution ou pour qui en tout cas elle pourrait n'avoir pas d'effet, c'est celui qui, en son âme et conscience, se contenterait de cette situation, et refuserait de vouloir faire mieux. (cf le pharisien de la parabole : si on n'a pas conscience de manquer, on ne peut pas recvoir).


Mais l'exemple que vous donnez ici n'est pas du tout ce que vous annonciez, à savoir une situation dans laquelle les seuls choix possibles sont péchés : insuffisance et limites ne sont pas péchés, c'est là l'erreur de votre raisonnement. Le péché suppose un acte volontaire - par exemple, avoir volontairement refusé de donner à une personne dans le besoin ce qu'on pouvait lui donner (ce qu'on pouvait réellement lui donner, pas ce qu'on aurait voulu dans une autre vie lui donner, ou ce qu'on rêverait de lui donner), là c'est un péché à confesser.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
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Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.
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PaxetBonum
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Re: Faut-il attendre d'être libéré du péché pour se confesse

Message non lu par PaxetBonum » jeu. 21 juil. 2011, 10:24

ti'hamo a écrit :Sans vouloir offenser, votre exemple ne va pas du tout à l'encontre de ce que disait PaxetBonum : vous ne décrivez pas du tout une situation de péché que vous refuseriez de quitter. Vous décrivez le sentiment d'insuffisance de la charité dans nos vie : or, c'est très précisément le constat de ce manque de charité dans nos vie qui fait que nous devons et voulons nous confesser.
C'est précisément ce que j'ai voulu dire, certainement plus maladroitement, merci Ti'hamo
C'est pour cela que je dis : "La confession n'exige pas la perfection, elle est une marche pour l'atteindre"
Il ne faut pas être parfait pour se confesser, et là vous vous contristez d'une insuffisance de charité pas d'une absence totale de charité
Certes vous pouvez vous accuser de ce manquement mais ce n'est pas en soit un péché

Mais que se soit pour la charité ou la sexualité pour reprendre votre exemple, la règle est la même : on ne peut obtenir l'absolution d'une faute dont on ne veut pas se corriger à l'avenir.
Donc je ne peut être absout de mon manque de charité si je dis 'je manque de charité, mais je n'ai nulle intention d'aider mon prochain de toute façon' ou 'je manque de charité, mais je n'aiderais mon prochain que quand je serais millionnaire'

La nature du péché ne change rien : si je n'ai pas la ferme résolution de changer hic et nunc, ce n'est pas le sacrement de confession qu'il me faut mais parler avec mon directeur spirituel
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Re: Faut-il attendre d'être libéré du péché pour se confesse

Message non lu par salésienne05 » jeu. 21 juil. 2011, 11:03

@ Griffon : je vous suis parfaitement.

On peut citer d'autres exemples ! La sexualité est un domaine où le péché est très facilement identifiable. Par ailleurs (et je vais encore passer pour une irréductible féministe), ce sont essentiellement des hommes qui sont à l'origine de la théologie de la sexualité (même si cela commence à changer, Dieu merci !). Or, la tempérance, la chasteté, sont des vertus bien plus difficiles à tenir pour un homme que pour une femme. La sexualité chez l'homme est, par nature, une sexualité "conquérante", et ses désirs ne sont pas de même nature que ceux de la femme (bien que ceux de la femme puissent être tout aussi désordonnés mais ils sont souvent moins prégnants).

Un exemple me touche beaucoup : je me confesse très fréquemment de la colère et des paroles humiliantes que j'ai à l'encontre des mes enfants. Cela me paraît être un péché capital, bien plus mortel et mortifère que tous les péchés reliés à la sexualité. Bien sûr, je voudrais ne plus recommencer, bien sûr j'en ai le désir, mais voilà, une mauvaise nuit de sommeil, un enfant qui vient de me repeindre le canapé neuf avec des feutres indélébiles ou qui me répond plus qu'il ne le devrait et, le fauve qui est en moi se déchaîne. Heureusement que j'ai la confession et que je demande pardon à mes enfants ! S'il fallait que j'attende d'être sûre de ne pas recommencer...

L'exemple de la charité est très bien choisi par Griffon également : à partir de quelle situation matérielle jugeons-nous que nous sommes assez riches pour nous délester du superflu. A quel moment pense-t-on que nous lésons notre famille ? Cela est laissé à l'appréciation personnelle, or, l'Evangile est bien plus strict en matière de richesses qu'en matière de sexualité. Il nous demande pas seulement de nous délester du superflu !

En tous points, nous avons tous le désir de devenir Saints. Le Sacrement de Réconciliation permet de mettre le doigt sur nos fautes, d'implorer le pardon et la grâce de Dieu pour nous améliorer, et nous permet aussi de communier fréquemment, ce qui ne peut que renforcer notre volonté de suivre le Christ. "Sans moi, vous en pouvez rien faire". Ce n'est pas "vous ne pouvez pas faire grand chose", c'est "RIEN". Même les quelques beautés et vertus que nous avons en nous viennent de Lui, alors, continuons humblement notre route et laissons le Seigneur s'occuper des péchés et des vertus des autres.

Amicalement, en Jésus et par Marie.

Cécile

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Re: Faut-il attendre d'être libéré du péché pour se confesse

Message non lu par PaxetBonum » jeu. 21 juil. 2011, 11:31

salésienne05 a écrit : Un exemple me touche beaucoup : je me confesse très fréquemment de la colère et des paroles humiliantes que j'ai à l'encontre des mes enfants. Cela me paraît être un péché capital, bien plus mortel et mortifère que tous les péchés reliés à la sexualité. Bien sûr, je voudrais ne plus recommencer, bien sûr j'en ai le désir, mais voilà, une mauvaise nuit de sommeil, un enfant qui vient de me repeindre le canapé neuf avec des feutres indélébiles ou qui me répond plus qu'il ne le devrait et, le fauve qui est en moi se déchaîne. Heureusement que j'ai la confession et que je demande pardon à mes enfants ! S'il fallait que j'attende d'être sûre de ne pas recommencer...
Non, ce n'est pas là notre propos
J'ai dit et je redis : il ne faut pas attendre la perfection pour se confesser !
Il faut le ferme propos de ne pas recommencer, cela semble être votre cas
Si vous alliez vous confesser en disant 'je me suis énervé après mes enfants, mais j'ai pas l'intention de me calmer tant qu'ils ne seront pas sages'… là il n'est pas possible d'obtenir l'absolution
Se confesser implique de prendre la résolution ferme de se corriger à l'avenir. Mais cela n'est pas une garantie de ne pas retomber.

Le péché mortel ne dépend pas seulement de sa nature mais aussi de la préconscience que l'on a du péché et de l'accomplir quand même.
Toute matière de péché peut devenir mortelle pour l'âme
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Re: Faut-il attendre d'être libéré du péché pour se confesse

Message non lu par Antoine Marie » jeu. 21 juil. 2011, 12:03

Prenons un exemple simple : Jésus a dit que regarder une femme avec concupiscence c'est déjà commettre l'adultère.
Alors vous regardez les femmes dans la rue et vous vous dites que ce n'est pas bien et vous souhaitez ne plus le faire.
Vous allez vous confesser dans cet état d'esprit. Pourtant vous savez pertinemment que vous regarderez très sûrement les femmes dans la rue dès que vous serez sorti !!

Lors de la confession, tout en sachant ça, vous demandez donc la grâce au Seigneur de progresser même si vous savez que vous allez rechuter.

Cet exemple est très simple mais est valable dans énormément de cas.
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Re: Faut-il attendre d'être libéré du péché pour se confesse

Message non lu par Griffon » jeu. 21 juil. 2011, 13:01

Cher PaxetBonum,
Cher Ti'hamo,

Y a-t-il une réelle base de discussion ?

A vous lire, pas plus que moi vous en faites la différence entre ces 2 cas :

1) un couple constate son incapacité à vivre les méthodes naturelles tout en sachant que c'est ce que préconise l'Eglise.
Mais il est aussi conscient de sa responsabilité lié à sa fécondité.
Il accepte donc son état de pécheur et recourt au sacrement pour y trouver la force.

2) un homme constate son incapacité à aimer en actes et en vérité les plus pauvres qu'il rencontre.
Mais il est aussi conscient de sa responsabilité vis-à-vis de sa famille.
Il accepte donc son état de pécheur et recourt au sacrement pour y trouver la force.

CQFD,

Griffon.
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Re: Faut-il attendre d'être libéré du péché pour se confesse

Message non lu par Rodolfo » jeu. 21 juil. 2011, 13:13

TANT VA LA CRUCHE A L'EAU QU'A LA FIN ELLE SE BRISE :
il est donc préférable d'aller se confesser pendant qu'il en est encore temps.

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Re: Faut-il attendre d'être libéré du péché pour se confesse

Message non lu par PaxetBonum » jeu. 21 juil. 2011, 13:34

Griffon a écrit :Cher PaxetBonum,
Cher Ti'hamo,

Y a-t-il une réelle base de discussion ?

A vous lire, pas plus que moi vous en faites la différence entre ces 2 cas :
Bien examinons ces deux cas particuliers
Et je puis vous dire qu'il y a une différence majeur et essentielle

Griffon a écrit :1) un couple constate son incapacité à vivre les méthodes naturelles tout en sachant que c'est ce que préconise l'Eglise.
Mais il est aussi conscient de sa responsabilité lié à sa fécondité.
Il accepte donc son état de pécheur et recourt au sacrement pour y trouver la force.
Ce couple constate son incapacité à vivre les méthodes naturelles
Ce qui m'interpelle c'est le verbe "découvrir"
Soit, ils en prennent conscience. Je dirais qu'il est temps car ce n'est pas fortuitement qu'ils ont utilisés une méthode non naturelle, non ?
Mais une fois ce choix fait de s'opposer aux recommandations de l'Eglise, ils se mettent en état de péché.
Comment voulez-vous qu'ils obtiennent l'absolution si ils disent : 'j'utilise une méthode condamnée par le magistère mais je ne peux pas faire autrement, absolvez-moi…". Même si ils disent : " 'j'utilise une méthode condamnée par le magistère mais je ne peux pas faire autrement pour l'instant car c'est trop difficile pour moi, absolvez-moi…". Dans le second exercice ils montrent de la bonne volonté mais ne vont pas au-delà, la faute reste mais un espoir est ouvert. Ce qu'il leur faut ce n'est pas la confession (dont ils ne peuvent obtenir absolution) mais la prière et discussion avec un prêtre pour obtenir les grâces pour changer cet état peccamineux.
Griffon a écrit :2) un homme constate son incapacité à aimer en actes et en vérité les plus pauvres qu'il rencontre.
Mais il est aussi conscient de sa responsabilité vis-à-vis de sa famille.
Il accepte donc son état de pécheur et recourt au sacrement pour y trouver la force.
Cet homme ne fait-il aucun geste de charité ou pas assez selon lui ?
Si l'on reprend votre exemple plus haut : il se reproche de ne pas en faire assez
Vous connaissez la phrase de St Vincent de Paul : " j'ai été lâche souvent… il aurait fallu faire davantage assurément"
C'est le constat de tout homme : nous ne parviendrons jamais à l'absolu charité car nous sommes limité
Cet homme n'est pas pécheur de cela, pas plus que St Vincent de Paul ne l'était !
Pas de péché pas de besoin d'absolution. Mais besoin de prier Dieu pour obtenir force, sagesse et courage pour en faire plus en respectant son devoir d'état. Sinon on peut tomber dans une ruse du démon comme celle qui poussait le St Curé d'Ars à vouloir se faire moine pour pouvoir prier davantage et ne pas risquer d'attirer plus les foules à lui qu'à Dieu (détournement de son devoir d'état par un pieux sentiment).


Voilà, vos deux cas sont très éloignés
L'un nécessite pénitence et absolution mais refuse de se conformer aux prérequis : la ferme volonté de cesser de pécher hic et nunc
L'autre n'a pas besoin d'absolution car il croit pécher car il n'en fait pas assez mais risque au contraire de péché si il en fait plus en s'opposant à son devoir d'état. Celui-là est dans la tentation, l'autre a cédé et ne veut pas changer.
Pax et Bonum !
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Re: Faut-il attendre d'être libéré du péché pour se confesse

Message non lu par Antoine Marie » jeu. 21 juil. 2011, 13:42

PaxetBonum a écrit :la ferme volonté de cesser de pécher hic et nunc
Soit. On peut avoir la ferme volonté et pas la force face à la tentation : un saint pèche sept fois par jour, dit-on.
Donc on sait qu'on va retomber.
Le sacrement du pardon peut nous apporter cette force avec la grâce de Dieu.
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Re: Faut-il attendre d'être libéré du péché pour se confesse

Message non lu par PaxetBonum » jeu. 21 juil. 2011, 13:54

Antoine Marie a écrit :
PaxetBonum a écrit :la ferme volonté de cesser de pécher hic et nunc
Soit. On peut avoir la ferme volonté et pas la force face à la tentation : un saint pèche sept fois par jour, dit-on.
Donc on sait qu'on va retomber.
Le sacrement du pardon peut nous apporter cette force avec la grâce de Dieu.
Bien d'accord : je n'ai jamais dit le contraire
Je dois très mal m'exprimer pour ne pas me faire comprendre, excusez-moi

Mon propos est le suivant : on ne peut obtenir l'absolution que si on a la volonté ferme au moment où l'on se confesse de ne pas recommencer.
Cela ne veut pas dire que l'on ne retombera pas !
Donc il ne faut pas attendre d'être libéré du péché pour se confesser, mais avoir la ferme intention de s'en libérer dés maintenant.
Celui qui va se confesser en n'ayant pas l'intention de changer sa vie (seulement l'intention sincère) dés maintenant, celui-là n'a aucune contrition et n'est pas en état de recevoir le pardon.

Reprenons votre exemple précédent : la personne qui contemple trop empressement les femmes.
Il le regrette sincèrement, veut cesser, s'en accuse, obtient le pardon. Il sort et recommence illico.
Il n' a plus qu'à retourner au confessionnal en ajoutant à sa faute : je n'ai pas pris les moyens de ne pas retomber
Son confesseur lui demandera de regarder par terre en marchant pendant 24h afin d'apprendre à contrôler son regard
Il retombera peut-être après 24h mais aura essayé de changer

Celui qui se confesse sans avoir aucune intention de quitter sa faute, n'est pas en état de recevoir l'absolution, il a besoin de la prière pour comprendre la nécessité qu'il a de changer de vie.
Celui qui se confesse, essaye de changer mais retombe à chaque fois, si il a pris des moyens concrets pour changer, celui-là a besoin de la confession et de la prière pour progresser.
Pax et Bonum !
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