@Salésienne
Pourquoi faut-il toujours penser que les désirs humains sont contraires aux désirs de Dieu ? Pourquoi penser que dès que l'on prend une décision "humaine", elle est forcément suspecte ? A voir le péché partout, on finit pas compliquer une chose qui, par nature et par grâce est tout de même très simple et belle.
Il semble qu'il y ait en effet confusion sur les termes et que nous ne nous comprenions pas bien :
. si quelqu'un dit "je ne désire pas plus de 3 enfants" AVANT d'en avoir eu, alors je ne considère pas ceci comme une décision fondée, justement.
Donc, non, il ne s'agit pas de "voir le péché partout", mais de distinguer entre le "désir", l'émotion et l'envie subjectives, d'une part, et d'autre part la décision responsable d'avoir ou de ne pas avoir à nouveau un enfant.
Lorsque vous évoquiez le fait de déclarer "je ne désire pas plus de 3 enfants", en toute logique je comprends, là, qu'on parle de subordonner l'accueil de ses enfants à ses propres désirs, planifiés à l'avance.
Par contre, votre situation personnelle telle que vous la décrivez n'a rien à voir avec cela : il s'agit bien de ce dont je parlais plus haut : décider, considérer, reconnaître, à un moment donné, qu'on ne peut pas se permettre d'accueillir plus d'enfants.
Cela n'a donc rien à voir avec le fait de décider à l'avance du nombre d'enfants qu'on désire. Or, il y avait une grosse ambiguïté sur ce point dans votre façon de présenter les choses, d'où ma première façon de le comprendre.
Telle que vous décrivez maintenant la situation, je ne vois pas, dans la décision de ne pas accueillir plus d'enfants, ce qui entre en opposition avec le discours de l'Église : on est au contraire en plein dans ce que Paul VI appelle la "paternité responsable" (qui concerne les deux parents) dans son encyclique "Humanae Vitae", lorsqu'il dit que la responsabilité de cette décision, espacer les naissances ou les suspendre pour un temps indéfini, revient aux parents, en âme et conscience.
Nous sommes donc parfaitement d'accord sur ce point, et l'Église ne dit pas le contraire.
. Je ne vois pas comment vous arrivez à comprendre "
il faut donner naissance tant que vous le pouvez " lorsque vous lisez "
il ne faut pas refuser l'enfant à naître" :
l'enfant à naître, c'est l'enfant qui est "déjà en cours", si je puis dire, qui est en train de se former : ne pas refuser l'enfant à naître, c'est donc refuser l'avortement. Mais ça ne signifie pas qu'il faut "faire le plus d'enfants possible" !
L'enfant qui n'est pas encore conçu n'est pas un "enfant à naître".
Remarquez, en un sens, oui, l'Église dit qu'il faut donner naissance "tant que vous le pouvez", mais dans le bon sens du terme : à vous revient de reconnaître ce qu'est "tant que vous pouvez" : on en revient à ce que nous venons de dire : les parents prennent légitimement et librement la décision justifiée de reporter toute naissance pour un temps indéfini (donc potentiellement pour le reste de leur vie) : parce qu'ils reconnaissent ne pas pouvoir accueillir d'autres enfants. Donc, oui, en un sens ils ont eu "le plus d'enfants qu'ils pouvaient".
. La légitimité du choix d'arrêter d'accueillir des enfants au sein de sa famille est par contre une question distincte des moyens dont il convient d'user pour éviter et/ou reporter une naissance.