par etienne lorant » lun. 27 déc. 2010, 12:29
La veille de Noël, Bernadette-Marie, la sacristine, qu'on a "élue" aussi catéchiste (ce qu'elle voulait être dès le début) mais n'avait pas les bonnes relations, puis organiste (elle a appris à force de passer des nuits), est demeurée à prier chez ma tante, en compagnie de deux ou trois autres personnes. Au moment de reprendre son vélo pour rentrer en ville, où elle occupe un minuscule deux-pièces, ma tante à proposé de la loger, mais elle ne pouvait pas: elle devait jouer à l'église de Jollain le jour de Noël, et pour cela, prendre son vélo vers 4 heures, car la route est d'autant plus longue que tout était gelé. Or, simplement en descendant la rue, elle s'est retrouvée dans le fossé, avec l'arcade sourcilière en sang et un bras que l'on a cru cassé (elle a été hospitalisée, mais renvoyée chez elle le soir-même). Nous l'avons crue en congé de maladie, mais non: le responsable de la paroisse de Jollain est venu la chercher et elle a joué de la son instrument avec seulement un bras, les jambes et sa (très belle) voix. Son congé de maladie a seulement commencé ce matin - à l'âge de 55 ans, les entorses doivent être traitées plus prudemment qu'à 20 ans, on s'en doute.
Cette histoire, je la rapporte parce qu'elle m'a donné du courage. Je sens bien que non seulement l'Église (visible) est en proie aux tourments du doute et de la tentation du repli sur soi, mais aussi ses "pierres vivantes". De nouveau malade au plus mauvais moment, j'ai tout de même eu accès à la messe du lendemain de Noël, en prenant des risques que je ne voulais pas prendre, mais à présent çà m'est égal: je veux aller au bout, et j'irai. Le monde n'est plus grand chose à mes yeux: dans quelle bêtise il trempe à tout moment !
La veille de Noël, Bernadette-Marie, la sacristine, qu'on a "élue" aussi catéchiste (ce qu'elle voulait être dès le début) mais n'avait pas les bonnes relations, puis organiste (elle a appris à force de passer des nuits), est demeurée à prier chez ma tante, en compagnie de deux ou trois autres personnes. Au moment de reprendre son vélo pour rentrer en ville, où elle occupe un minuscule deux-pièces, ma tante à proposé de la loger, mais elle ne pouvait pas: elle devait jouer à l'église de Jollain le jour de Noël, et pour cela, prendre son vélo vers 4 heures, car la route est d'autant plus longue que tout était gelé. Or, simplement en descendant la rue, elle s'est retrouvée dans le fossé, avec l'arcade sourcilière en sang et un bras que l'on a cru cassé (elle a été hospitalisée, mais renvoyée chez elle le soir-même). Nous l'avons crue en congé de maladie, mais non: le responsable de la paroisse de Jollain est venu la chercher et elle a joué de la son instrument avec seulement un bras, les jambes et sa (très belle) voix. Son congé de maladie a seulement commencé ce matin - à l'âge de 55 ans, les entorses doivent être traitées plus prudemment qu'à 20 ans, on s'en doute.
Cette histoire, je la rapporte parce qu'elle m'a donné du courage. Je sens bien que non seulement l'Église (visible) est en proie aux tourments du doute et de la tentation du repli sur soi, mais aussi ses "pierres vivantes". De nouveau malade au plus mauvais moment, j'ai tout de même eu accès à la messe du lendemain de Noël, en prenant des risques que je ne voulais pas prendre, mais à présent çà m'est égal: je veux aller au bout, et j'irai. Le monde n'est plus grand chose à mes yeux: dans quelle bêtise il trempe à tout moment !