par johanaj » sam. 04 oct. 2014, 23:58
Merci pour vos réponses claires et éclairantes.
Je suis circonspecte et ne sais pas trop quelle solution adopter.
Je vais m'acheter des livres d'art. Ainsi, j'aurais un prétexte pour avoir des images saintes chez moi, ni vu, ni connu...
Aujourd'hui, ce ne serait plus le cas. Mais à l'époque, j'en bavais tant de n'intéresser personne, que je me suis dit "ça fait dix ans que j'ai prié, jeuné, etc. J'ai payé plus de 5000 euros de frais auprès d'intermédiaires pour être présentée à des célibataires. Maintenant, ou bien je me suicide ou bien je trouve quelqu'un, quitte à me mettre en infraction." Je me suis donc offerte sur le marché de la sexualité...sans que personne ne veuille bien de moi pendant deux ans, même pour une nuit. (vexant et presque inquiétant! Pourtant, je me classe dans au moins la catégorie de "belle")
Quand j'ai enfin trouvé preneur, je m'étais dit: "J'en ai tant bavé, tant galéré, que je ne peux pas me permettre de ne pas accepter ses exigences pour me mettre en couple avec lui. Ce serait refuser ma seule opportunité de ma vie.".
Aujourd'hui, je vois que je me suis consciemment mise dans une impasse. Pourtant, au moment du choix, je ne vois pas ce que j'étais capable de faire d'autre sinon me suicider.
Aujourd'hui, je me sens très mal, mais je n'éprouve plus ce besoin suicidaire, cette sensation d'être dans une pièce noire sans issue.
Non, décidément, je ne trouve pas de solution magique, ni de mantra!
Je crois en la communion des Saints. Je fait donc tout ce que je peux faire de manière cachée.
Je ne fais l'objet d'aucune restriction religieuse, sinon celles convenues dans le "contrat moral" qui conditionne notre couple.
Je sais qu'au jour du jugement, la Miséricorde divine prendra en compte tous les éléments de mon dossier. Ce n'est pas de la présomption. Tel un cancre, je présenterai ma copie en disant: "j'ai fait au moins mal.".
J'ai honte d'avoir été dans un état de désespérance totale pendant toutes ces années de célibat, alors que d'autre ont de "vrais" motifs de désespérance: handicap, violence subies,... Si je n'avais pas été désespérée, je n'aurais pas pris cette voie. Mais voilà, comment aurais-je dû faire pour ne pas désespérer?
Il y a parfois des mystères de vie qui nous dépassent.
Et pour ce qui est du "contrat moral" qui conditionne notre relation, il est arrivé ainsi: j'ai vite compris que sans certains renoncements de ma part, je n'arriverais pas à amorcer un lien. Et si mon mari avait cette attente, c'est que depuis tout petit, il a été éduqué avec cette idée que tel ou tel camp spirituel est le meilleur.
Aujourd'hui, dans mon entourage, il y a des gens très embarrassés par ma nouvelle situation.
Ils prient pour moi intensément. Ils ne comprennent pas que j'ai l'impression que c'est trop tard, que le soutien, il fallait l'apporter quand j'étais encore dans le droit chemin, mais que j'étais très mal. Mais comme j'étais dans le droit chemin, j'étais acquise. Il n'y avait donc pas lieu de réellement me soutenir, puisque c'était acquis: j'avais toujours fait le bien docilement, et je continuerai ainsi toujours, peu importe le poids de ma croix. Personne ne prenait au sérieux mes appels au secours, puisque j'étais une gentille fille.
En même temps, les mêmes personnes usaient de charité, et même d'encouragements (fourniture de contraceptifs sous le manteau, d'hébergement, voire financements réitérés de chambres d'hôtel) à l'égard d'autres couples illégitimes/ à l'égard de personnes qui avaient des aventures, etc. Ils voulaient montrer qu'ils aimaient tout le monde, quel que soit l'état de vie ou les choix de vie. Qu'ils ne jetaient la pierre à personne.
Pour ma part, je n'ai jamais eu droit au financement de ma chambre d'hôtel quand je partais seule en vacances... Ni même pour des pèlerinages,...
Aujourd'hui, ces mêmes personnes sont complètement désarçonnées par mon revirement.
Cela dit, je regrette le tourment que je leur inflige. Et j'assume également ma part de responsabilité, même si le contexte était décourageant.
Ma réalité est laide, vraiment laide. Ce que j'aimerais que vous reteniez de mon témoignage, c'est qu'aucun fidèle n'est jamais acquis, et qu'il ne faut pas trop "pousser sur le bouchon" quand on a face à soit un saint, une âme pieuse, un pilier d'Eglise.
Ces gens aussi ont des besoins affectif, matériels, intellectuels,...
C'est clair que je me sens en péché mortel. Et si l'on n'est pas digne de boire à la coupe, on ne le doit pas. Je ne veux pas tâcher la coupe de mon péché. Peut-être qu'un jour la situation changera, et alors je deviendrais digne de cela.
Le jour où j'en deviens digne, je peux vous promettre que plus jamais je ne jugerai qui que ce soit. (chose que je faisais beaucoup avant).
Je vais prier le chapelet dans les transports. C'est la seule chose que je n'arrivais pas à faire avant (alors que je faisais messe, pèlerinage, confession, jeune, obole,...).
Merci pour vos conseils et vos témoignages, beaux petits cailloux sur mon chemin.
Merci pour vos réponses claires et éclairantes.
Je suis circonspecte et ne sais pas trop quelle solution adopter.
Je vais m'acheter des livres d'art. Ainsi, j'aurais un prétexte pour avoir des images saintes chez moi, ni vu, ni connu...
Aujourd'hui, ce ne serait plus le cas. Mais à l'époque, j'en bavais tant de n'intéresser personne, que je me suis dit "ça fait dix ans que j'ai prié, jeuné, etc. J'ai payé plus de 5000 euros de frais auprès d'intermédiaires pour être présentée à des célibataires. Maintenant, ou bien je me suicide ou bien je trouve quelqu'un, quitte à me mettre en infraction." Je me suis donc offerte sur le marché de la sexualité...sans que personne ne veuille bien de moi pendant deux ans, même pour une nuit. (vexant et presque inquiétant! Pourtant, je me classe dans au moins la catégorie de "belle")
Quand j'ai enfin trouvé preneur, je m'étais dit: "J'en ai tant bavé, tant galéré, que je ne peux pas me permettre de ne pas accepter ses exigences pour me mettre en couple avec lui. Ce serait refuser ma seule opportunité de ma vie.".
Aujourd'hui, je vois que je me suis consciemment mise dans une impasse. Pourtant, au moment du choix, je ne vois pas ce que j'étais capable de faire d'autre sinon me suicider.
Aujourd'hui, je me sens très mal, mais je n'éprouve plus ce besoin suicidaire, cette sensation d'être dans une pièce noire sans issue.
Non, décidément, je ne trouve pas de solution magique, ni de mantra!
Je crois en la communion des Saints. Je fait donc tout ce que je peux faire de manière cachée.
Je ne fais l'objet d'aucune restriction religieuse, sinon celles convenues dans le "contrat moral" qui conditionne notre couple.
Je sais qu'au jour du jugement, la Miséricorde divine prendra en compte tous les éléments de mon dossier. Ce n'est pas de la présomption. Tel un cancre, je présenterai ma copie en disant: "j'ai fait au moins mal.".
J'ai [b]honte d'avoir été dans un état de désespérance totale pendant toutes ces années de célibat, alors que d'autre ont de "vrais" motifs de désespérance: handicap, violence subies,... [/b]Si je n'avais pas été désespérée, je n'aurais pas pris cette voie. Mais voilà, comment aurais-je dû faire pour ne pas désespérer?
Il y a parfois des mystères de vie qui nous dépassent.
Et pour ce qui est du "contrat moral" qui conditionne notre relation, il est arrivé ainsi: j'ai vite compris que sans certains renoncements de ma part, je n'arriverais pas à amorcer un lien. Et si mon mari avait cette attente, c'est que depuis tout petit, il a été éduqué avec cette idée que tel ou tel camp spirituel est le meilleur.
Aujourd'hui, dans mon entourage, il y a des gens très embarrassés par ma nouvelle situation.
Ils prient pour moi intensément. Ils ne comprennent pas que j'ai l'impression que c'est trop tard, que le soutien, il fallait l'apporter quand j'étais encore dans le droit chemin, mais que j'étais très mal. Mais comme j'étais dans le droit chemin, j'étais acquise. Il n'y avait donc pas lieu de réellement me soutenir, puisque c'était acquis: j'avais toujours fait le bien docilement, et je continuerai ainsi toujours, peu importe le poids de ma croix. Personne ne prenait au sérieux mes appels au secours, puisque j'étais une gentille fille.
En même temps, les mêmes personnes usaient de charité, et même d'encouragements (fourniture de contraceptifs sous le manteau, d'hébergement, voire financements réitérés de chambres d'hôtel) à l'égard d'autres couples illégitimes/ à l'égard de personnes qui avaient des aventures, etc. Ils voulaient montrer qu'ils aimaient tout le monde, quel que soit l'état de vie ou les choix de vie. Qu'ils ne jetaient la pierre à personne.
Pour ma part, je n'ai jamais eu droit au financement de ma chambre d'hôtel quand je partais seule en vacances... Ni même pour des pèlerinages,...
Aujourd'hui, ces mêmes personnes sont complètement désarçonnées par mon revirement.
Cela dit, je regrette le tourment que je leur inflige. Et j'assume également ma part de responsabilité, même si le contexte était décourageant.
Ma réalité est laide, vraiment laide. Ce que j'aimerais que vous reteniez de mon témoignage, c'est qu'aucun fidèle n'est jamais acquis, et qu'il ne faut pas trop "pousser sur le bouchon" quand on a face à soit un saint, une âme pieuse, un pilier d'Eglise.
Ces gens aussi ont des besoins affectif, matériels, intellectuels,...
C'est clair que je me sens en péché mortel. Et si l'on n'est pas digne de boire à la coupe, on ne le doit pas. Je ne veux pas tâcher la coupe de mon péché. Peut-être qu'un jour la situation changera, et alors je deviendrais digne de cela.
Le jour où j'en deviens digne, je peux vous promettre que plus jamais je ne jugerai qui que ce soit. (chose que je faisais beaucoup avant).
Je vais prier le chapelet dans les transports. C'est la seule chose que je n'arrivais pas à faire avant (alors que je faisais messe, pèlerinage, confession, jeune, obole,...).
Merci pour vos conseils et vos témoignages, beaux petits cailloux sur mon chemin.