par Boris » mer. 23 janv. 2008, 18:06
Théophane a écrit :Merci Boris pour ces précisions.
Par contre, je voudrais réagir à ce qu'a écrit Jean. Je ne trouve pas que la communion quotidienne soit excessive, du moment qu'on est en état de grâce, c'est-à-dire en ayant recours à la confession chaque semaine.
Communier quotidiennement est encouragé par l'Église (c'est du moins ce que l'on fait dans l'Opus Dei et dans d'autres mouvements catholiques). Et si nous sommes si faibles que nous retombons souvent dans nos erreurs, nous pouvons très bien nous confesser deux fois par semaines.
Absolument !
La communion ne peut aller qu'avec la confession.
Communier
trop souvent est un péché : c'est signé son "arrêt de mort", cela sous-entend l'absence de confession.
Mais communier tous les jours et se confesser presque aussi souvent n'est pas communier TROP souvent.
In Ecclesia de Eucharistia, Jean-Paul II, 2003, a écrit :CHAPITRE IV
L'EUCHARISTIE ET LA COMMUNION ECCLÉSIALE
35. Toutefois, la célébration de l'Eucharistie ne peut pas être le point de départ de la communion, qu'elle présuppose comme existante, pour ensuite la consolider et la porter à sa perfection.
Le Sacrement exprime ce lien de communion d'une part dans sa dimension invisible qui, dans le Christ, par l'action de l'Esprit Saint, nous lie au Père et entre nous, d'autre part dans sa dimension visible qui implique la communion dans la doctrine des Apôtres, dans les sacrements et dans l'ordre hiérarchique. Le rapport étroit qui existe entre les éléments invisibles et les éléments visibles de la communion ecclésiale est constitutif de l'Église comme Sacrement du salut.71 C'est seulement dans ce contexte qu'il y a la célébration légitime de l'Eucharistie et la véritable participation à ce Sacrement. Il en résulte une exigence intrinsèque à l'Eucharistie: qu'elle soit célébrée dans la communion et, concrètement,
dans l'intégrité des conditions requises.
36.
La communion invisible, tout en étant par nature toujours en croissance,
suppose la vie de la grâce, par laquelle nous sommes rendus « participants de la nature divine » (2 P 1, 4), et la pratique des vertus de foi, d'espérance et de charité. En effet, c'est seulement ainsi que s'établit une vraie communion avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit. La foi ne suffit pas; il convient aussi de persévérer dans la grâce sanctifiante et dans la charité, en demeurant au sein de l'Église « de corps » et « de cœur »; 72 il faut donc, pour le dire avec les paroles de saint Paul, « la foi opérant par la charité » (Ga 5, 6).
Le respect de la totalité des liens invisibles est un devoir moral strict pour le chrétien qui veut participer pleinement à l'Eucharistie en communiant au corps et au sang du Christ. Le même Apôtre rappelle ce devoir au fidèle par l'avertissement: « Que chacun, donc, s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de cette coupe » (1 Co 11, 28). Avec toute la force de son éloquence, saint Jean Chrysostome exhortait les fidèles: « Moi aussi, j'élève la voix, je supplie, je prie et je vous supplie de ne pas vous approcher de cette table sainte avec une conscience souillée et corrompue. Une telle attitude en effet ne s'appellera jamais communion, même si nous recevions mille fois le corps du Seigneur, mais plutôt condamnation, tourment et accroissement des châtiments ».73
Dans cette même perspective, l
e Catéchisme de l'Église catholique établit à juste titre: « Celui qui est conscient d'un péché grave doit recevoir le sacrement de la Réconciliation avant d'accéder à la communion ».74
Je désire donc redire que demeure et demeurera toujours valable dans l'Église
la norme par laquelle le Concile de Trente a appliqué concrètement la sévère admonition de l'Apôtre Paul, en affirmant que, pour une digne réception de l'Eucharistie,
« si quelqu'un est conscient d'être en état de péché mortel, il doit, auparavant, confesser ses péchés ».75
37.
L'Eucharistie et la Pénitence sont deux sacrements intimement liés. Si l'Eucharistie rend présent le Sacrifice rédempteur de la Croix, le perpétuant sacramentellement, cela signifie que, de ce Sacrement, découle une exigence continuelle de conversion, de réponse personnelle à l'exhortation adressée par saint Paul aux chrétiens de Corinthe: « Au nom du Christ, nous vous le demandons: laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20).
Si le chrétien a sur la conscience le poids d'un péché grave, l'itinéraire de pénitence, à travers le sacrement de la Réconciliation, devient le passage obligé pour accéder à la pleine participation au Sacrifice eucharistique.
Évidemment, le jugement sur l'état de grâce appartient au seul intéressé, puisqu'il s'agit d'un jugement de conscience. Toutefois, en cas de comportement extérieur gravement, manifestement et durablement contraire à la norme morale, l'Église, dans son souci pastoral du bon ordre communautaire et par respect pour le Sacrement, ne peut pas ne pas sentir concernée. Cette situation de contradiction morale manifeste est traitée par la norme du Code de Droit canonique sur la non-admission à la communion eucharistique de ceux qui « persistent avec obstination dans un péché grave et manifeste ».76
[quote="Théophane"]Merci Boris pour ces précisions.
Par contre, je voudrais réagir à ce qu'a écrit Jean. Je ne trouve pas que la communion quotidienne soit excessive, du moment qu'on est en état de grâce, c'est-à-dire en ayant recours à la confession chaque semaine.
Communier quotidiennement est encouragé par l'Église (c'est du moins ce que l'on fait dans l'Opus Dei et dans d'autres mouvements catholiques). Et si nous sommes si faibles que nous retombons souvent dans nos erreurs, nous pouvons très bien nous confesser deux fois par semaines.[/quote]
Absolument !
La communion ne peut aller qu'avec la confession.
Communier [b]trop [/b]souvent est un péché : c'est signé son "arrêt de mort", cela sous-entend l'absence de confession.
Mais communier tous les jours et se confesser presque aussi souvent n'est pas communier TROP souvent.
[quote="In Ecclesia de Eucharistia, Jean-Paul II, 2003, "][centrer]CHAPITRE IV
[b]L'EUCHARISTIE ET LA COMMUNION ECCLÉSIALE[/b][/centrer]
35. Toutefois, la célébration de l'Eucharistie ne peut pas être le point de départ de la communion, qu'elle présuppose comme existante, pour ensuite la consolider et la porter à sa perfection. [u]Le Sacrement exprime ce lien de communion d'une part dans sa dimension invisible qui, dans le Christ, par l'action de l'Esprit Saint, nous lie au Père et entre nous, d'autre part dans sa dimension visible qui implique la communion dans la doctrine des Apôtres, dans les sacrements et dans l'ordre hiérarchique.[/u] Le rapport étroit qui existe entre les éléments invisibles et les éléments visibles de la communion ecclésiale est constitutif de l'Église comme Sacrement du salut.71 C'est seulement dans ce contexte qu'il y a la célébration légitime de l'Eucharistie et la véritable participation à ce Sacrement. Il en résulte une exigence intrinsèque à l'Eucharistie: qu'elle soit célébrée dans la communion et, concrètement, [u]dans l'intégrité des conditions requises.[/u]
36. [u]La communion invisible[/u], tout en étant par nature toujours en croissance, [u]suppose la vie de la grâce[/u], par laquelle nous sommes rendus « participants de la nature divine » (2 P 1, 4), et la pratique des vertus de foi, d'espérance et de charité. En effet, c'est seulement ainsi que s'établit une vraie communion avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit. La foi ne suffit pas; il convient aussi de persévérer dans la grâce sanctifiante et dans la charité, en demeurant au sein de l'Église « de corps » et « de cœur »; 72 il faut donc, pour le dire avec les paroles de saint Paul, « la foi opérant par la charité » (Ga 5, 6).
Le respect de la totalité des liens invisibles est un devoir moral strict pour le chrétien qui veut participer pleinement à l'Eucharistie en communiant au corps et au sang du Christ. Le même Apôtre rappelle ce devoir au fidèle par l'avertissement: « Que chacun, donc, s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de cette coupe » (1 Co 11, 28). Avec toute la force de son éloquence, saint Jean Chrysostome exhortait les fidèles: « Moi aussi, j'élève la voix, je supplie, je prie et je vous supplie de ne pas vous approcher de cette table sainte avec une conscience souillée et corrompue. Une telle attitude en effet ne s'appellera jamais communion, même si nous recevions mille fois le corps du Seigneur, mais plutôt condamnation, tourment et accroissement des châtiments ».73
Dans cette même perspective, l[u]e Catéchisme de l'Église catholique établit à juste titre: « Celui qui est conscient d'un péché grave doit recevoir le sacrement de la Réconciliation avant d'accéder à la communion ».[/u]74 [u]Je désire donc redire[/u] que demeure et demeurera toujours valable dans l'Église [u]la norme par laquelle le Concile de Trente[/u] a appliqué concrètement la sévère admonition de l'Apôtre Paul, en affirmant que, pour une digne réception de l'Eucharistie, [u]« si quelqu'un est conscient d'être en état de péché mortel, il doit, auparavant, confesser ses péchés »[/u].75
37. [u]L'Eucharistie et la Pénitence sont deux sacrements intimement liés.[/u] Si l'Eucharistie rend présent le Sacrifice rédempteur de la Croix, le perpétuant sacramentellement, cela signifie que, de ce Sacrement, découle une exigence continuelle de conversion, de réponse personnelle à l'exhortation adressée par saint Paul aux chrétiens de Corinthe: « Au nom du Christ, nous vous le demandons: laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20). [u]Si le chrétien a sur la conscience le poids d'un péché grave, l'itinéraire de pénitence, à travers le sacrement de la Réconciliation, devient le passage obligé pour accéder à la pleine participation au Sacrifice eucharistique.[/u]
Évidemment, le jugement sur l'état de grâce appartient au seul intéressé, puisqu'il s'agit d'un jugement de conscience. Toutefois, en cas de comportement extérieur gravement, manifestement et durablement contraire à la norme morale, l'Église, dans son souci pastoral du bon ordre communautaire et par respect pour le Sacrement, ne peut pas ne pas sentir concernée. Cette situation de contradiction morale manifeste est traitée par la norme du Code de Droit canonique sur la non-admission à la communion eucharistique de ceux qui « persistent avec obstination dans un péché grave et manifeste ».76[/quote]