par cmoi » dim. 09 mars 2025, 7:30
Bonjour Ombiace,
je vais vous réponde globalement car cela me semble plus pertinent.
Je pense que pour bien les comprendre il faut remonter à l'origine de leur mouvement.
Ils étaient jusqu'alors clairsemés dans des courants marginaux et divers mais inscrits au coeur même de l'Eglise et qui se caractérisaient notamment par la nostalgie d'un passé glorieux, un certain élitisme, une radicalité évangélique se souciant davantage de perfection formelle que de charité. Mais attention: cela ne veut pas dire que tous ceux-ci deviendront traditionalistes au sens d'aujourd'hui.
A l'origine donc, il y a eu le refus du changement de rite, englobant le changement d'orientation, la disparition du latin, la communion debout et si l'on voulait dans la main sans patène tenue par un servant de messe, moins de servants, plus de laïcs adultes intervenants dans le choeur, le "ne nous soumets pas à la tentation" au lieu du " ne nous laisse pas succomber à la tentation", un offertoire grandement diminué ainsi que les prières au bas de l'autel du début (joli psaume), le canon à haute voix, une messe à "options", le "je confesse à Dieu" en commun avec le prêtre et rabougri, la disparition du dernier Evangile (prologue de Jean) et de divers "chichis" qui leur convenait bien au nombre desquels souvent se comptait plusieurs sacramentaux ("'asperges me", encens, eau bénite, etc.)
Outre le refus du changement de quelque chose qui leur allait très bien, leur sentiment était de la disparition du sens du sacré, et à travers ce changement ils ont ressenti se coaliser tous les motifs qui jusqu'alors leur faisait craindre une "invasion de l'Eglise par un mélange de différentes bêtes noires ( le modernisme, les francs maçons, les progressistes) qui leur semblèrent s'être coalisés et avoir pris le pouvoir au sein de l'Eglise de France, laquelle est à l'origine de ce mouvement ayant plusieurs attachements "de droite (royalistes, Algérie Française, aristocratique...)
Plusieurs se sont immédiatement demandé si cette nouvelle messe était valide, espérant la faire disparaitre.
A défaut d'y parvenir et la situation se prolongeant; si d'autres abandonnèrent leur pratique, quelques-uns trouvèrent quelques prêtres qui acceptèrent de dire pour eux une messe selon l'ancien rite, au risque d'être excommuniés. C'était interdit, sauf pour les prêtres handicapés ou âgés. Cela avait lieu en cachette par exemple par des aûmoniers dans des chapelles d'écoles privées en externat, ou par des prêtres bénéficiant d'un soutien politique ou "médiatique".
A ce stade, tous les ingrédients sont réunis qui feront du mal à l'Eglise : ces messes déclenchaient une rupture (les autres étaient convaincus que leurs membres dissidents "reviendraient", et ils firent pour cela une détection et des visites "de porte à porte"), non seulement de ce que cela deviendra mais au sein des paroisses l'harmonie et le peuple étaient scindés, concrètement divisés), manifestaient une désobéissance ferme et sûre de son bon droit - autrement dit, non, ils n'étaient pas ceux qui avaient la Loi mais qui faisaient un acte de foi non sans présomption ni certitude de se savoir "bien" agir, or ils étaient les mieux placés pour le savoir dans une sorte d'ordalie intime), répondant surtout à un sentiment spontané sans encore de grandes assises doctrinales, sinon intuitives ou très ciblées (le notre père) pour se conforter.
Mais la vraie distinction ne se faisait pas là, elle se tenait dans tout ce dont ils faisaient fi, faisant passer le rite (une apparence) avant la foi, avant l'obéissance, avant l'entraide et la solidarité (car la rupture se consomma et s'étendit au sein des associations chrétiennes et des oeuvres de miséricorde, elle déborda totalement du seul rite et manifesta des désaccords anciens et plus profonds qui jusqu'alors n'avaient pas entrainé de rupture mais des désagréments individuels ou sociétaux, d'un seul coup toutes leurs revendications trouvaient un terrain uni pour les porter au fur et à mesure qu'ils s'orgzanisaient et "recrutaient" dans les rangs de toutes les déceptions/frustrations, etc.)
Cela touchait aussi bien à l'éducation des enfants, le vouvoiement des parents (très représenté en leur sein), la politique, etc.
Les chrétiens qui avaient quitté l'Eglise mais se disaient toujours chrétiens sans plus aucune pratique que privée et solitaire leur ressemblaient comme 2 gouttes d 'eau, sauf que eux leur prière "privée" reprenait une pratique "publique" mais sans aucun aval, sans aucune tradition apostolique (car un "copié collé" cela n'en fait pas une !) sinon celle de leur culture et de leurs idéaux, sans aucune ou presque représentativité (elle était fort ténue et reposait sur des personnalités atypiques (abbé Coache, ou Gaston Roussel, dont certaines s'avérèrent fort perturbées psychologiquement comme l'abbé Georges de Nantes).
Monseigneur Lefébvre était loin d 'être un fer de lance, seulement même si timoré en comparaison il était plutôt de leur côté et le seul monseigneur accessible, ce qui explique qu'il fut sollicité et qu'ils eurent pour lui le courage qu'il lui fallait (et les ressources financières) pour assurer une pérennité à ce qui aurait pu n'en avoir aucune et qui n'a trouvé sa justification que dans les débordements "progressistes" de l'époque dont la presse faisait ses choux gras.
Ne croyez pas que derrière ce "ils" il y ait de nombreuses personnes, ni de saintes personnes, mais des personnes certes à forte conviction et personnalité, à l'expérience éprouvée par des guerres et d'autres pratiques qui n'avaient rien de religieuses, même si cela profita bien (ces messes comme autant de hâvres de paix) à d'autres fidèles à la foi plus profonde et que scandalisaient bien des excès de l'époque.
Bon, je pense que cela suffira pour aujourd'hui. J'ignore si un tel descriptif vous servira et à quoi... Mais théoriser comme cela se fait trop aujourd'hui, non seulement de la part d'extérieurs comme vous mais surtout d'eux-mêmes, ils en raffolent car cela leur donne une existence et les conforte, or n'est-ce pas un leurre ?
Bonjour Ombiace,
je vais vous réponde globalement car cela me semble plus pertinent.
Je pense que pour bien les comprendre il faut remonter à l'origine de leur mouvement.
Ils étaient jusqu'alors clairsemés dans des courants marginaux et divers mais inscrits au coeur même de l'Eglise et qui se caractérisaient notamment par la nostalgie d'un passé glorieux, un certain élitisme, une radicalité évangélique se souciant davantage de perfection formelle que de charité. Mais attention: cela ne veut pas dire que tous ceux-ci deviendront traditionalistes au sens d'aujourd'hui.
A l'origine donc, il y a eu le refus du changement de rite, englobant le changement d'orientation, la disparition du latin, la communion debout et si l'on voulait dans la main sans patène tenue par un servant de messe, moins de servants, plus de laïcs adultes intervenants dans le choeur, le "ne nous soumets pas à la tentation" au lieu du " ne nous laisse pas succomber à la tentation", un offertoire grandement diminué ainsi que les prières au bas de l'autel du début (joli psaume), le canon à haute voix, une messe à "options", le "je confesse à Dieu" en commun avec le prêtre et rabougri, la disparition du dernier Evangile (prologue de Jean) et de divers "chichis" qui leur convenait bien au nombre desquels souvent se comptait plusieurs sacramentaux ("'asperges me", encens, eau bénite, etc.)
Outre le refus du changement de quelque chose qui leur allait très bien, leur sentiment était de la disparition du sens du sacré, et à travers ce changement ils ont ressenti se coaliser tous les motifs qui jusqu'alors leur faisait craindre une "invasion de l'Eglise par un mélange de différentes bêtes noires ( le modernisme, les francs maçons, les progressistes) qui leur semblèrent s'être coalisés et avoir pris le pouvoir au sein de l'Eglise de France, laquelle est à l'origine de ce mouvement ayant plusieurs attachements "de droite (royalistes, Algérie Française, aristocratique...)
Plusieurs se sont immédiatement demandé si cette nouvelle messe était valide, espérant la faire disparaitre.
A défaut d'y parvenir et la situation se prolongeant; si d'autres abandonnèrent leur pratique, quelques-uns trouvèrent quelques prêtres qui acceptèrent de dire pour eux une messe selon l'ancien rite, au risque d'être excommuniés. C'était interdit, sauf pour les prêtres handicapés ou âgés. Cela avait lieu en cachette par exemple par des aûmoniers dans des chapelles d'écoles privées en externat, ou par des prêtres bénéficiant d'un soutien politique ou "médiatique".
A ce stade, tous les ingrédients sont réunis qui feront du mal à l'Eglise : ces messes déclenchaient une rupture (les autres étaient convaincus que leurs membres dissidents "reviendraient", et ils firent pour cela une détection et des visites "de porte à porte"), non seulement de ce que cela deviendra mais au sein des paroisses l'harmonie et le peuple étaient scindés, concrètement divisés), manifestaient une désobéissance ferme et sûre de son bon droit - autrement dit, non, ils n'étaient pas ceux qui avaient la Loi mais qui faisaient un acte de foi non sans présomption ni certitude de se savoir "bien" agir, or ils étaient les mieux placés pour le savoir dans une sorte d'ordalie intime), répondant surtout à un sentiment spontané sans encore de grandes assises doctrinales, sinon intuitives ou très ciblées (le notre père) pour se conforter.
Mais la vraie distinction ne se faisait pas là, elle se tenait dans tout ce dont ils faisaient fi, faisant passer le rite (une apparence) avant la foi, avant l'obéissance, avant l'entraide et la solidarité (car la rupture se consomma et s'étendit au sein des associations chrétiennes et des oeuvres de miséricorde, elle déborda totalement du seul rite et manifesta des désaccords anciens et plus profonds qui jusqu'alors n'avaient pas entrainé de rupture mais des désagréments individuels ou sociétaux, d'un seul coup toutes leurs revendications trouvaient un terrain uni pour les porter au fur et à mesure qu'ils s'orgzanisaient et "recrutaient" dans les rangs de toutes les déceptions/frustrations, etc.)
Cela touchait aussi bien à l'éducation des enfants, le vouvoiement des parents (très représenté en leur sein), la politique, etc.
Les chrétiens qui avaient quitté l'Eglise mais se disaient toujours chrétiens sans plus aucune pratique que privée et solitaire leur ressemblaient comme 2 gouttes d 'eau, sauf que eux leur prière "privée" reprenait une pratique "publique" mais sans aucun aval, sans aucune tradition apostolique (car un "copié collé" cela n'en fait pas une !) sinon celle de leur culture et de leurs idéaux, sans aucune ou presque représentativité (elle était fort ténue et reposait sur des personnalités atypiques (abbé Coache, ou Gaston Roussel, dont certaines s'avérèrent fort perturbées psychologiquement comme l'abbé Georges de Nantes).
Monseigneur Lefébvre était loin d 'être un fer de lance, seulement même si timoré en comparaison il était plutôt de leur côté et le seul monseigneur accessible, ce qui explique qu'il fut sollicité et qu'ils eurent pour lui le courage qu'il lui fallait (et les ressources financières) pour assurer une pérennité à ce qui aurait pu n'en avoir aucune et qui n'a trouvé sa justification que dans les débordements "progressistes" de l'époque dont la presse faisait ses choux gras.
Ne croyez pas que derrière ce "ils" il y ait de nombreuses personnes, ni de saintes personnes, mais des personnes certes à forte conviction et personnalité, à l'expérience éprouvée par des guerres et d'autres pratiques qui n'avaient rien de religieuses, même si cela profita bien (ces messes comme autant de hâvres de paix) à d'autres fidèles à la foi plus profonde et que scandalisaient bien des excès de l'époque.
Bon, je pense que cela suffira pour aujourd'hui. J'ignore si un tel descriptif vous servira et à quoi... Mais théoriser comme cela se fait trop aujourd'hui, non seulement de la part d'extérieurs comme vous mais surtout d'eux-mêmes, ils en raffolent car cela leur donne une existence et les conforte, or n'est-ce pas un leurre ?