Les dimensions du pardon

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Re: Oublier ou pardonner ?

par La Chartreuse » jeu. 03 déc. 2009, 17:06

Bonjour.

On dit souvent : "Je pardonne mais je n'oublie pas." Si vous avez bonne mémoire, qui peut vous en faire grief ? C'est dans la volonté que l'oubli doit se produire. Votre volonté doit vous porter à agir comme si la mémoire avait oublié. Si Notre-Seigneur, après nous avoir pardonné nos fautes, cessait de nous prévenir de ses grâces, s'il nous boudait, s'il refusait de venir à nous en disant : " Mon enfant, je t'ai bien tout pardonné, mais je ne puis oublier tes offenses ! elles m'ont blessé au cœur !" que nous serions à plaindre ! Malgré nos indélicatesses continuelles à son égard, malgré nos résistances à ses inspirations, malgré nos froideurs, nos ingratitudes et nos rechutes dans le péché, il nous supporte avec une patience touchante, il nous reçoit avec bonté chaque fois que nous nous présentons à lui, il nous comble de ses dons naturels et surnaturels ! Après cela, il a bien le droit de nous dire : " Pardonnez à vos ennemis jusqu’à septante fois sept fois", c'est-à-dire toujours !

Pour imiter parfaitement un si beau Modèle, il faut aller jusqu'à rendre le bien pour le mal. C'est là le couronnement de la charité, un signe authentique d'union intime à Dieu et une marque de spéciale prédestination. Quand Dieu a sur une âme des desseins particuliers de sanctification et d'apostolat, il lui fournit des occasions de pratiquer jusqu'à ce degré la charité fraternelle, en lui accordant l'insigne honneur d'être en butte , comme son divin Fils, à des persécutions ouvertes ou sournoises, à des préventions injustes, à des malveillances déclarées. Oh! comme le cœur souffre alors ! Mais ces âmes ne se plaignent pas, elles ne se vengent pas. Elles prient pour ceux qui sont les instruments de leur martyre, comme on prie pour ses plus grands bienfaiteurs et, l'occasion venue, elles rendent le bienfait pour l'injure.

Re: Oublier ou pardonner ?

par Fée Violine » dim. 29 nov. 2009, 0:41

Virgile a écrit :
antioche a écrit :si l'autre n'est pas en situation de reconnaitre le mal qu'il a fait (...) et si, de fait, il n'y a plus aucun échange (...), ne reste-il pas qu' à """essayer""" d'oublier (...) mais quoi d'autre ?
Quoi d'autre?
La prière, tout simplement...
Et j'ajouterais : il reste la vie. Vivez! Vivez quand même, malgré la souffrance. Allez de l'avant. C'est la meilleure façon d'annuler ou au moins de diminuer le mal qui vous est fait.

Re: Oublier ou pardonner ?

par etienne lorant » sam. 28 nov. 2009, 18:05

Oublier devient possible après avoir pardonner. Evidemment, si l'on a une bonne mémoire, on n'oublie jamais rien ! Mais le fait de se rémémorer les événements n'est plus douloureux - et c'est cela qui est formidable dans le pardon. J'ai pardonné et reçu le pardon d'une proche parente il y a une semaine à peine et c'est comme si nous ne nous étions jamais éloignés, nous prenons beaucoup plus de précautions qu'autrefois, nous ne cherchons plus à "maintenir une position" - cerise sur le gâteau: nous nous rendons des services de nouveau.

Re: Oublier ou pardonner ?

par Xavi » sam. 28 nov. 2009, 15:51

Oublier est toujours involontaire, alors il n’est guère utile de se poser la question de savoir si on veut oublier.

Pardonner ce n’est pas oublier (ce n’est pas possible volontairement), ni changer d’avis sur ce qui a fait souffrir, ni le trouver soudainement moins grave, ni effacer le mal commis ou la souffrance causé.

Beaucoup confondent le pardon avec une atténuation (souvent insupportable) de la faute commise.

Le pardon n’est pas une attitude tournée vers l’intérieur de soi-même, pour analyser et chercher à modifier les états d’âme de celui qui pardonne ou veut pardonner.

Pardonner, cela me semble tout simplement un acte : c’est « donner » quelque chose « par dessus » ce qui a fait souffrir. C’est continuer à faire du bien à celui qui agit ou a agi à notre égard comme un ennemi, à chercher son bien. Ni plus, ni moins qu’à l’égard des autres. C’est continuer à avancer avec l’autre. Accepter de ne pas réduire un autre à un acte ou une attitude.

Un acte de par-don est toujours possible même lorsque le cœur brûle.

La paix revient souvent comme fruit de cette attitude.

Re: Oublier ou pardonner ?

par Ora pro nobis » jeu. 26 nov. 2009, 17:45

Il y a aussi la possibilité que la difficulté du pardon vienne de nous.

Quelque soit l'offense, il arrive parfois que notre coeur ressente l'amertume.

Que faire? Je pense qu'il faut multiplier les gestes de bonté

Re: Oublier ou pardonner ?

par etienne lorant » jeu. 26 nov. 2009, 16:20

papillon a écrit :"Pardonner, c'est porter avec l'autre le mal qui est en lui et qui est en moi aussi.Demain, c'est lui qui devra me pardonner. Ensemble, nous sortirons du mal qui est en nous.Pardonner, c'est vivre et faire vivre avec un coeur nouveau.
Pardonner, c'est aimer deux fois."
Pardonner, c'est aimer deux fois, je trouve ça très vrai, très spirituel. D'une certaine façon, lorsqu'une personne que nous aimons refuse de reconnaître qu'elle a eu tort et refuse que nous lui pardonnions, nous nous retrouvons tout à fait dans l'exemple du Christ. Et ce sont comme des épines entourant le coeur, c'est difficile à porter, c'est vraiment pénible ! Mais que cela nous arrive et que nous puissions aimer l'autre malgré tout, malgré lui et malgré moi, béni soit Dieu, car nous demeurons en Lui !

Re: Oublier ou pardonner ?

par antioche » jeu. 26 nov. 2009, 15:27

Virgile

Merci et d'accord pour ce que vous écrivez.
La prière est là depuis plus d'un an et plusieurs fois par jour. Mais le Seigneur nous a enseigné la persévérance dans la prière, alors je continue.
Je vais essayer de changer mon regard. D'autant qu'oublier m'est impossible !!

Re: Oublier ou pardonner ?

par Virgile » jeu. 26 nov. 2009, 10:12

antioche a écrit :Je suis d'accord, Papillon, mais voici le problème :
si l'autre n'est pas en situation de reconnaitre le mal qu'il a fait (parce que, pour lui, c'est pas du mal, dit-il !) et si, de fait, il n'y a plus aucun échange, parce qu'un blocage enpêche tout rapprochement, ne reste-il pas qu' à """essayer""" d'oublier (la souffrance reste malgré tout) mais quoi d'autre ?
Quoi d'autre?

Ne rien oublier, parce que l'oubli c'est vraiment la mort, et que Dieu lui-même n'oublie rien... mais trouver aux fautes de son prochain, même de son pire ennemi, des circonstances atténuantes. Si une action semble inexcusable, comprendre qu'elle n'est que le fait d'une ignorance, d'une hâte excessive, d'une formation inachevée, d'un entourage malfaisant ou tout simplement du passé de celui qui la commet. Penser que les fautes des autres sont identiques aux nôtres, qu'ils sont eux-mêmes remplis de la même confusion qui nous habite, que cette faute qu'ils viennent de commettre à notre égard n'est peut-être qu'une défaite provisoire après un long combat pour se corriger de leurs travers. La charité trouve toujours quelque chose en la matière...

Penser que celui qui nous offense "ne sait pas ce qu'il fait" et se retenir de le juger ou de le condamner pour ne pas être jugé et condamné à son tour. Mais ne rien oublier, surtout.

Car ceux qui se savent si bien se soustrairent au jugement, quand bien même auraient-ils l'assurance du pardon demandé par le Christ pour les hommes qui "ne savent ce qu'il font", auront tout de même à répondre non pas de cette ignorance, mais de tous leurs refus.
Et c'est bien pour cette raison qu'il ne faut rien oublier: comment prier en effet pour la conversion, la contrition et le salut de nos ennemis, de tous ceux qui nous veulent du mal et de tous ceux qui nous ont offensé, si nous commençons par les oublier, ou par oublier ce qu'ils ont fait?

Quoi d'autre?
La prière, tout simplement.

Amicalement.
Virgile.

Re: Oublier ou pardonner ?

par antioche » jeu. 26 nov. 2009, 8:43

papillon a écrit :Je crois aussi qu'il est important pour soi-même de pardonner, peu importe que l'autre soit réceptif ou non à notre pardon, reconnaisse ou non nous avoir offensé. Il faut pardonner comme on doit aimer, sans rien attendre en retour.
Je suis d'accord, Papillon, mais voici le problème :

si l'autre n'est pas en situation de reconnaitre le mal qu'il a fait (parce que, pour lui, c'est pas du mal, dit-il !) et si, de fait, il n'y a plus aucun échange, parce qu'un blocage enpêche tout rapprochement, ne reste-il pas qu' à """essayer""" d'oublier (la souffrance reste malgré tout) mais quoi d'autre ?

Re: Oublier ou pardonner ?

par papillon » jeu. 26 nov. 2009, 8:18

antioche a écrit :
etienne lorant a écrit :Il est des pardons excessivement difficiles à donner, car l'on voudrait pardonner, mais l'autre ne veut rien entendre du pardon et ne s'estime coupable de rien. Ainsi l'obstacle peut demeurer très longtemps et que faire ?


C'est là que je pense à l'oubli.
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous Antioche. Je crois qu'on n'oublie jamais rien, surtout pas quelque chose qu'on n'a pas pu pardonner. Nous sommes des éponges recouvrant un "système enregistreur" extrêmement raffiné. Tout ce qu'on vit nous pénètre et s'imprime en nous.

"L'oubli" auquel vous faites allusion correspond probablement au fait qu'une chose ou un événement ne nous perturbe plus, ne nous fait plus souffrir quand on y pense, et qu'enfin on n'y pense plus. Mais cela s'obtient beaucoup plus facilement quand on a pardonné. (ça rejoint la dernière phrase d'Etienne: "avec le pardon, l'oubli de l'offense vient assez vite")
En ce sens il n'est pas plus facile d'oublier que de pardonner, mais plus facile d'oublier quand on a pardonné.

Je crois aussi qu'il est important pour soi-même de pardonner, peu importe que l'autre soit réceptif ou non à notre pardon, reconnaisse ou non nous avoir offensé. Il faut pardonner comme on doit aimer, sans rien attendre en retour.

"Pardonner, c'est porter avec l'autre le mal qui est en lui et qui est en moi aussi.
Demain, c'est lui qui devra me pardonner. Ensemble, nous sortirons du mal qui est en nous.
Pardonner, c'est vivre et faire vivre avec un coeur nouveau.
Pardonner, c'est aimer deux fois."

Re: Oublier ou pardonner ?

par antioche » mer. 25 nov. 2009, 21:58

etienne lorant a écrit :Il est des pardons excessivement difficiles à donner, car l'on voudrait pardonner, mais l'autre ne veut rien entendre du pardon et ne s'estime coupable de rien. Ainsi l'obstacle peut demeurer très longtemps et que faire ?


C'est là que je pense à l'oubli.
etienne lorant a écrit :on découvre que le pardon vrai doit aussi être demandé et on l'obtient.
Pas toujours, cher Etienne, pas toujours.

Re: Oublier ou pardonner ?

par etienne lorant » mer. 25 nov. 2009, 17:26

Selon moi, oublier un préjudice... en fait ça dépend de la gravité du préjudice. Mais de toute manière, le bon usage du préjudice devrait être de nous entraîner au pardon. Il est des pardons excessivement difficiles à donner, car l'on voudrait pardonner, mais l'autre ne veut rien entendre du pardon et ne s'estime coupable de rien. Ainsi l'obstacle peut demeurer très longtemps et que faire ? Continuer à aimer et porter cette souffrance en prière... finalement, on découvre que le pardon vrai doit aussi être demandé et on l'obtient. Je crois aussi qu'avec le pardon, l'oubli de l'offense vient assez vite...

Oublier ou pardonner ?

par antioche » lun. 23 nov. 2009, 22:53

Bonjour,

Je ne voudrais pas ré-ouvrir un débat sur le pardon (cela a déja été fait ici-même). Simplement j'ai besoin que vous m'aidiez, si vous le voulez-bien, à approfondir cette récente méditation que j'ai eue.

Pensez-vous, comme moi, qu'il est plus facile d'oublier un préjudice ou un dommage causé plutôt que de pardonner l'offenseur ?

A mon avis, même si c'est fréquent, c'est moins "courageux" et sûrement moins "chrétien" !

Re: Comment pardonner ?

par MichAel » mar. 16 juin 2009, 16:39

:arrow: Pardonner ne veut pas dire Oublier.

Souvent les gens disent : "Allez, trace un trait, tourne la page, dans peu de temps tu ne t'en souviendras plus. Ce n'est pas si important. Laisse tomber.". Les professionnels de la psychothérapie savent combien on n'oublie jamais. Les blessures dites "oubliées" ont été enfouies dans l'inconscient et elles continuent de travailler les personnes. On est obligé de les faire émerger à nouveau pour être capable de les traiter. Le pardon ne veut pas dire oublier, mais notre mémoire émotionnelle va se cicatriser avec le temps si l'on ferme la porte de la vengeance. On va se souvenir de l'événement mais le ressentiment intérieur va s'atténuer avec la prière.

Re: Comment pardonner ?

par MichAel » mar. 09 juin 2009, 14:53

La confession individuelle et intégrale suivie de l'absolution demeure le seul mode ordinaire par lequel les fidèles se réconcilient avec Dieu et l'église, sauf si une impossibilité physique ou morale dispense d'une telle confession" (OP 31). Ceci n'est pas sans raisons profondes. Le Christ agit en chacun des sacrements. Il s'adresse personnellement à chacun des pécheurs : "Mon enfant, tes péchés sont remis" (Mc 2, 5) ; il est le médecin qui se penche sur chacun des malades qui ont besoin de lui (cf. Mc 2, 17) pour les guérir ; il les relève et les réintègre dans la communion fraternelle. La confession personnelle est donc la forme la plus significative de la réconciliation avec Dieu et avec l'église.
Catéchisme de l'Eglise Catholique, 2ème partie, 2ème section, chapitre 2ème, article 4.

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