par Sokrates » dim. 09 août 2009, 11:33
Bonjour,
Bon, je vois que mes dernières interrogations n'ont pas beaucoup de succès... Tant pis, je vais poursuivre mon questionnement en les supposant résolues... Je me demandais donc si le Dieu créateur personnel et bienveillant de la Foi était rationnellement démontrable, ou si notre humaine nature n'était qu'en mesure de conjecturer l'existence d'une sorte d'Absolu transcendant soutenant les étants dans leur être... Parménide, Platon, Aristote, et plus près de nous, Spinoza et les déistes, qui n'avaient pas la Foi chrétienne, ont chacun, à leur manière, spéculé sur l'Absolu. Ces gens étaient loin d'être des idiots. Au mieux, tout ce qu'ils ont réussi à appuyer, c'est l'existence d'un "Dieu" pour le moins abstrait, impersonnel, identifié, selon les uns, à un principe immanent d'organisation de l'univers, selon les autres, à une Idée suprême siégeant, impassible, dans un paradis platonicien. Tenons donc pour acquis que l'humaine raison, poussée jusqu'à ces derniers retranchements, ne peut pas faire mieux que cela ; et qu'encore, consciente de sa faiblesse, elle ne puisse que supposer - avec humilité - qu'une telle théologie rationnelle n'est que plausible, et en aucun cas certaine (la certitude complète venant de la Foi).
Mon questionnement est alors le suivant :
Examinons les conséquences pratiques et éthiques d'une telle quête. Il me semble qu'elles sont pour le moins faibles. Le déiste et le panthéiste, pour peu qu'ils soient, qui plus est, mitigés d'une dose d'agnosticisme de bon aloi, étant donné que leurs conclusions ne sont issues que de leur raisonnement propre, ont un "Dieu" qui ne paraît guère contraignant, qui n'exige, du reste, aucun culte, et qui n'intervient pas dans les affaires humaines. Comme leur ami l'athée, il me semble que leur vie morale devrait se satisfaire plus ou moins d'une sorte d'athéisme pratique. Certes, cela ne signifie nullement une vie tournée vers le vice. Aristote, qui n'était pas chrétien, est l'auteur d'une des principale théorie éthique de l'histoire. Cependant, on voit mal quelles raisons ils auraient de s'imposer une stricte observance d'interdits et d'obligations que ne viennent fonder ni un souci d'égalité en droit entre les hommes ni la recherche d'un bien humainement reconnaissable : acquisition de vertus, bonheur terrestre, plaisir...
Seul le fidèle chrétien, par sa confiance dans le message de son Dieu, pourra savoir que le respect de ces interdits et obligations est nécessaire à son Salut, ou tout au moins bon pour son âme spirituelle, métaphysiquement bon, à défaut de l'être physiquement (au sens large de ce terme, incluant la corporéité, mais aussi le psychisme et le mental) ; bon pour la vie après la mort, à défaut de l'être pour la vie avant la mort.
Seul le fidèle chrétien pourra donc savoir tout ça. Mais pourra-t-il le comprendre ? Pourra-t-il comprendre en quoi respecter ces prescriptions est bon ? Pourra-t-il saisir le mécanisme par lequel une infraction à une de ces règles va entraîner des répercussions négatives sur son âme spirituelle ou celle d'autres personnes éventuellement ? Même question pour les répercussions positives lorsque ces règles sont respectées ? Je me permets d'être sceptique.
Mais autre chose encore me questionne.
La vie dans l'Eternité m'a l'air, selon ce tableau, beaucoup plus compliquée et astreignante que la vie terrestre. Dieu ne pouvait-il pas faire en sorte qu'elle soit plus simple et plus souple ? Pourquoi la conduite nécessaire à la visée du Bonheur céleste ne se ramène-t-elle pas à celle nécessaire à la visée du Bonheur terrestre, et surtout pourquoi entrent-elles en contradiction ? Pour ma part, je verrais bien davantage la visée du Bonheur terrestre comme préparation à la visée du Bonheur céleste qui en constituerait l'accomplissement. Mais si on en croit l'Eglise catholique, ce n'est pas ainsi que Dieu voit les choses. L'obtention du Bonheur céleste implique de sacrifier quelque peu son Bonheur terrestre. Pourtant, le "Dieu" des déistes et des panthéistes n'est pas si exigeant, lui. Certes, il ne saurait être question de Salut de l'âme spirituelle dans ces philosophies... en général. En général car, certains déistes, je pense notamment aux déistes anglais, étaient très proches du Christianisme. Ils supposaient que l'âme spirituelle était immortelle et qu'elle était jugée par Dieu selon sa conduite, après la mort. Aux bons et aux justes étaient promis la félicité éternelle, quant aux mauvais et injustes, leur sort était différent... On n'est pas loin de l'eschatologie chrétienne. A ceci près qu'en bons déistes, ils ne fondaient leur conduite que d'après les préceptes que leur dictait leur humaine raison. Et je ne crois pas que cette dernière aurait pu leur prescrire une conduite d'ascétisme !...
En espérant que vous saurez répondre à mes questionnements.
Bien cordialement,
Sokrates
Bonjour,
Bon, je vois que mes dernières interrogations n'ont pas beaucoup de succès... Tant pis, je vais poursuivre mon questionnement en les supposant résolues... Je me demandais donc si le Dieu créateur personnel et bienveillant de la Foi était rationnellement démontrable, ou si notre humaine nature n'était qu'en mesure de conjecturer l'existence d'une sorte d'Absolu transcendant soutenant les étants dans leur être... Parménide, Platon, Aristote, et plus près de nous, Spinoza et les déistes, qui n'avaient pas la Foi chrétienne, ont chacun, à leur manière, spéculé sur l'Absolu. Ces gens étaient loin d'être des idiots. Au mieux, tout ce qu'ils ont réussi à appuyer, c'est l'existence d'un "Dieu" pour le moins abstrait, impersonnel, identifié, selon les uns, à un principe immanent d'organisation de l'univers, selon les autres, à une Idée suprême siégeant, impassible, dans un paradis platonicien. Tenons donc pour acquis que l'humaine raison, poussée jusqu'à ces derniers retranchements, ne peut pas faire mieux que cela ; et qu'encore, consciente de sa faiblesse, elle ne puisse que supposer - avec humilité - qu'une telle théologie rationnelle n'est que plausible, et en aucun cas certaine (la certitude complète venant de la Foi).
Mon questionnement est alors le suivant :
Examinons les conséquences pratiques et éthiques d'une telle quête. Il me semble qu'elles sont pour le moins faibles. Le déiste et le panthéiste, pour peu qu'ils soient, qui plus est, mitigés d'une dose d'agnosticisme de bon aloi, étant donné que leurs conclusions ne sont issues que de leur raisonnement propre, ont un "Dieu" qui ne paraît guère contraignant, qui n'exige, du reste, aucun culte, et qui n'intervient pas dans les affaires humaines. Comme leur ami l'athée, il me semble que leur vie morale devrait se satisfaire plus ou moins d'une sorte d'athéisme pratique. Certes, cela ne signifie nullement une vie tournée vers le vice. Aristote, qui n'était pas chrétien, est l'auteur d'une des principale théorie éthique de l'histoire. Cependant, on voit mal quelles raisons ils auraient de s'imposer une stricte observance d'interdits et d'obligations que ne viennent fonder ni un souci d'égalité en droit entre les hommes ni la recherche d'un bien humainement reconnaissable : acquisition de vertus, bonheur terrestre, plaisir...
Seul le fidèle chrétien, par sa confiance dans le message de son Dieu, pourra savoir que le respect de ces interdits et obligations est nécessaire à son Salut, ou tout au moins bon pour son âme spirituelle, métaphysiquement bon, à défaut de l'être physiquement (au sens large de ce terme, incluant la corporéité, mais aussi le psychisme et le mental) ; bon pour la vie après la mort, à défaut de l'être pour la vie avant la mort.
Seul le fidèle chrétien pourra donc savoir tout ça. Mais pourra-t-il le comprendre ? Pourra-t-il comprendre en quoi respecter ces prescriptions est bon ? Pourra-t-il saisir le mécanisme par lequel une infraction à une de ces règles va entraîner des répercussions négatives sur son âme spirituelle ou celle d'autres personnes éventuellement ? Même question pour les répercussions positives lorsque ces règles sont respectées ? Je me permets d'être sceptique.
Mais autre chose encore me questionne.
La vie dans l'Eternité m'a l'air, selon ce tableau, beaucoup plus compliquée et astreignante que la vie terrestre. Dieu ne pouvait-il pas faire en sorte qu'elle soit plus simple et plus souple ? Pourquoi la conduite nécessaire à la visée du Bonheur céleste ne se ramène-t-elle pas à celle nécessaire à la visée du Bonheur terrestre, et surtout pourquoi entrent-elles en contradiction ? Pour ma part, je verrais bien davantage la visée du Bonheur terrestre comme préparation à la visée du Bonheur céleste qui en constituerait l'accomplissement. Mais si on en croit l'Eglise catholique, ce n'est pas ainsi que Dieu voit les choses. L'obtention du Bonheur céleste implique de sacrifier quelque peu son Bonheur terrestre. Pourtant, le "Dieu" des déistes et des panthéistes n'est pas si exigeant, lui. Certes, il ne saurait être question de Salut de l'âme spirituelle dans ces philosophies... en général. En général car, certains déistes, je pense notamment aux déistes anglais, étaient très proches du Christianisme. Ils supposaient que l'âme spirituelle était immortelle et qu'elle était jugée par Dieu selon sa conduite, après la mort. Aux bons et aux justes étaient promis la félicité éternelle, quant aux mauvais et injustes, leur sort était différent... On n'est pas loin de l'eschatologie chrétienne. A ceci près qu'en bons déistes, ils ne fondaient leur conduite que d'après les préceptes que leur dictait leur humaine raison. Et je ne crois pas que cette dernière aurait pu leur prescrire une conduite d'ascétisme !...
En espérant que vous saurez répondre à mes questionnements.
Bien cordialement,
Sokrates