par François-Xavier » ven. 28 août 2009, 12:06
Guy a écrit :Lorsque l'acolytat était un ordre mineur, le dernier avant les ordres majeurs, à celui qui recevait cet ordre on lui faisait toucher une burette et non la patène et le calice puisque la porrection des instruments était avant la réforme la matière du sacrement de l'ordre des prêtres. La fonction de l'acolyte n'était nullement associé au calice et à la patène, sa fonction était d'allumer les cierges, de les porter dans la procession et de présenter au prêtre célébrant l'eau et le vin.
Paul VI, pour des raisons très obscures, ayant supprimé les ordres mineurs et le sous-diaconat après plus de 18 siècles de tradition dans l'Église, ordres mineurs et sous-diaconat ayant pourtant subsistés dans les autres Églises chrétiennes comme chez les anglicans et les orthodoxes (car La Didascalie des Apôtres, écrite peu après le milieu du IIIième siècle parle du sous-diacre et du lecteur dans l’exposition de la hiérarchie subalterne) a conservé l'acolytat et en a fait un ministère institué dont le rite est de toucher le calice et la patène, marquant le service à l'autel, la porrection des instruments n'étant plus la matière du sacrement de l'ordre des prêtres mais maintenant l'imposition des mains.
Cher père, je partage bien votre opinion sur cette histoire d'ordres mineurs... Une trop grosse rupture.
Pour autant au sujet de la matière du sacrement de l'ordre, j'attire votre attention sur cette partie de l'autobiographie de Dom Guéranger, qui semble ne pas douter que la matière du sacrement soit l'imposition des mains. Il semble en outre curieux que l'Eglise ait pu changer la matière de ce sacrement si important après le Concile :
Dom Guéranger, autobiographie a écrit :Je fus ordonné dans la chapelle de l'archevêché de Tours, à la Messe basse du prélat. Il était assisté de M. l'abbé Dufêtre, vicaire général, depuis évêque de Nevers, et de M. David, membre de la Congrégation de Picpus, supérieur du séminaire, ayant chacun un pontifical à la main. L'ordination étant commencée, j'en suivais avec recueillement toutes les formules qui m'étaient très familières. Après les Litanies, je m'aperçus que l'évêque ne m'imposait pas les mains, ni les prêtres qui étaient présents, mais qu'il avait passé directement à l'allocution : Oremus, fratres carissimi, Deum Patrem omnipotentem, et que ni lui, ni les prêtres ne tenaient la main droite sur moi. Inquiet au dernier point de cette omission qui allait rendre douteuse mon ordination, je crus devoir réclamer : "Monseigneur, dis-je à l'archevêque, vous omettez l'imposition des mains." Surpris de cette interpellation d'un ordinand le prélat me répond : "Monsieur l'abbé, on pense à tout, occupez-vous de vous-même" ; puis il continue à lire la formule comme si de rien n'était, toujours sans imposition des mains. J'insiste de nouveau, et enfin les deux prêtres lisant plus attentivement la rubrique qui précède l'allocution, avertissent l'archevêque qui me dit naïvement :"Vous avez raison ; je vous demande pardon." Aussitôt il s'avance vers moi, m'impose les mains, et les prêtres après lui. Dieu me fit la grâce de n'être pas troublé par cet incident qui pouvait me susciter des inquiétudes pour ma vie entière. L'ordination se poursuivit et s'acheva dans un grand recueillement de ma part, et j'y sentis Dieu qui m'imprimait à ce moment l'auguste caractère du Prêtre éternel.
Au delà de l'aspect quasi burlesque de la scène qu'on imagine assez facilement (au passage, pour tous ceux qui mythifient la liturgie du passé... ça laisse rêveur), cela engendre plusieurs réflexions : dom Guéranger semble bien signifier que c'est l'imposition des mains qui est la matière du sacrement ; mais que l'évêque et les prêtres présents n'en on pas forcément conscience, et qu'ils pensent plutôt à la porrection des instruments... ?
Eclairez-moi !
[quote="Guy"]Lorsque l'acolytat était un ordre mineur, le dernier avant les ordres majeurs, à celui qui recevait cet ordre on lui faisait toucher une burette et non la patène et le calice puisque la porrection des instruments était avant la réforme la matière du sacrement de l'ordre des prêtres. La fonction de l'acolyte n'était nullement associé au calice et à la patène, sa fonction était d'allumer les cierges, de les porter dans la procession et de présenter au prêtre célébrant l'eau et le vin.
Paul VI, pour des raisons très obscures, ayant supprimé les ordres mineurs et le sous-diaconat après plus de 18 siècles de tradition dans l'Église, ordres mineurs et sous-diaconat ayant pourtant subsistés dans les autres Églises chrétiennes comme chez les anglicans et les orthodoxes (car La Didascalie des Apôtres, écrite peu après le milieu du IIIième siècle parle du sous-diacre et du lecteur dans l’exposition de la hiérarchie subalterne) a conservé l'acolytat et en a fait un ministère institué dont le rite est de toucher le calice et la patène, marquant le service à l'autel, la porrection des instruments n'étant plus la matière du sacrement de l'ordre des prêtres mais maintenant l'imposition des mains.[/quote]
Cher père, je partage bien votre opinion sur cette histoire d'ordres mineurs... Une trop grosse rupture.
Pour autant au sujet de la matière du sacrement de l'ordre, j'attire votre attention sur cette partie de l'autobiographie de Dom Guéranger, qui semble ne pas douter que la matière du sacrement soit l'imposition des mains. Il semble en outre curieux que l'Eglise ait pu changer la matière de ce sacrement si important après le Concile :
[quote="Dom Guéranger, autobiographie"]Je fus ordonné dans la chapelle de l'archevêché de Tours, à la Messe basse du prélat. Il était assisté de M. l'abbé Dufêtre, vicaire général, depuis évêque de Nevers, et de M. David, membre de la Congrégation de Picpus, supérieur du séminaire, ayant chacun un pontifical à la main. L'ordination étant commencée, j'en suivais avec recueillement toutes les formules qui m'étaient très familières. [b]Après les Litanies, je m'aperçus que l'évêque ne m'imposait pas les mains[/b], ni les prêtres qui étaient présents, mais qu'il avait passé directement à l'allocution : Oremus, fratres carissimi, Deum Patrem omnipotentem, et que ni lui, ni les prêtres ne tenaient la main droite sur moi. [b]Inquiet au dernier point de cette omission qui allait rendre douteuse mon ordination[/b], je crus devoir réclamer : "[b]Monseigneur, dis-je à l'archevêque, vous omettez l'imposition des mains." Surpris de cette interpellation d'un ordinand le prélat me répond : "Monsieur l'abbé, on pense à tout, occupez-vous de vous-même"[/b] ; puis il continue à lire la formule comme si de rien n'était, toujours sans imposition des mains. J'insiste de nouveau, et enfin les deux prêtres lisant plus attentivement la rubrique qui précède l'allocution, avertissent l'archevêque qui me dit naïvement :"[b]Vous avez raison ; je vous demande pardon[/b]." Aussitôt il s'avance vers moi, m'impose les mains, et les prêtres après lui. [b]Dieu me fit la grâce de n'être pas troublé par cet incident qui pouvait me susciter des inquiétudes pour ma vie entière. L'ordination se poursuivit et s'acheva dans un grand recueillement de ma part, et j'y sentis Dieu qui m'imprimait à ce moment l'auguste caractère du Prêtre éternel[/b].[/quote]
Au delà de l'aspect quasi burlesque de la scène qu'on imagine assez facilement (au passage, pour tous ceux qui mythifient la liturgie du passé... ça laisse rêveur), cela engendre plusieurs réflexions : dom Guéranger semble bien signifier que c'est l'imposition des mains qui est la matière du sacrement ; mais que l'évêque et les prêtres présents n'en on pas forcément conscience, et qu'ils pensent plutôt à la porrection des instruments... ?
Eclairez-moi !