Les relations hors mariage sont-elles immorales ?

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Forum de débats dialectiques entre personnes de bonne volonté autour de la religion chrétienne (catholicisme) et des objections formulées à son encontre

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Re: les relations hors mariage sont-elle imorale ?

par vobisangelicum » sam. 01 mai 2010, 10:17

Sammy a écrit :reviens 100 ans en arrière et l'église te disais que la genèse s'étais passer tel quel , de nos jour elle admet l'évolution a demis mot.
Comme tu pourras aisément t'en rendre compte, on appelle cela théorie de l'évolution, une théorie n est pas une vérité

Re: les relations hors mariage sont-elle imorale ?

par vobisangelicum » sam. 01 mai 2010, 10:13

Sammy a écrit :première argument : "les relations pré nuptiales compromette les chances du mariage"

c'est faux , une étude sur le mariage comparant ce dernier entre incroyants et dévot a montré que les cas de divorce chez les athée étais de 24 % et chez les croyant de 26 % au bout d'un temps donner (je ne me rappelle plus de mémoire je peut retrouver l'étude si vous voulez mais bon ce ne sont pas ces détaille qui compte est elle suffisamment connu pour beaucoup en ai entendu parler je pense ) , c'est donc du pareille au même. Hors les athée et les agnostiques n'attendent ,dans la majorité des cas , pas le mariage !

C'est très joli mais les catholiques non pratiquant pour moi ne sont pas catholiques puisqu'ils n'agissent pas en tant que tel. Si vous faisiez les stat qu'avec des pratiquant je pense que ce serait très différent

Re: Les relations hors mariage sont-elles immorales ?

par Angélique » dim. 25 avr. 2010, 19:07

Je n'ai pas tout lu car comme danrod j'ai été lassée. Je voudrais seulement apporter ma propre réponse. Je ne sais pas si elle conviendra. Je signale au passage à Sammy qu'il ne peut pas traiter gerardh d'hérétique, ou alors il ne connait pas la signification de ce mot. Rien dans ses propos n'est hérétique et au vu des dires de Sammy, je crois comprendre qu'il n'a pas la foi ou en tout cas ne connait rien de la doctrine chrétienne, il est donc encore moins apte à juger de l'hérésie des autres.

Pour dire que les relations hors mariage sont immorales, je m'appuie tout simplement sur la Sainte Bible. Il n'y a pas plus fiable. Vous pouvez tourner ces propos dans tous les sens, il est bien difficile de trouver une autre interprétation. Bien sûr on pourrait remettre en question les Saintes Ecritures, mais lorsqu'on regarde les faits, on se rend vite compte que ceux qui observent les principes bibliques, longuement éprouvés, sont bien plus heureux que les autres (cela ne veut pas dire qu'ils ne traversent pas des moments difficiles, des crises et qu'ils ne souffrent pas).

Voici les passages :

(Hébreux 13:4) Que le mariage soit honorable chez tous, et que le lit conjugal soit sans souillure, car Dieu jugera fornicateurs et adultères.

(1 Corinthiens 6:9-10) Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront point le royaume de Dieu? Ne vous y trompez pas: ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n'hériteront le royaume de Dieu.

Qu'englobe la fornication ? Le terme grec implique l'utilisation des organes génitaux, que ce soit d'une manière naturelle ou d'une manière contre nature et empreinte de dépravation ; il englobe toutes les formes de relations sexuelles hors mariage. Je ne peux pas faire plus claire.

Re: Les relations hors mariage sont-elles immorales ?

par danrod » mar. 22 sept. 2009, 14:49

je tiens juste à faire une petite remarque:
Si l'on voulait un sujet passionnant en règlement de compte et exposition de son savoir et de sa culture on aurait pas mieux fait. :boxe:

Messieurs, j'avoue avoir lu avec beaucoup d'intérêt les premiers post du forum et petit à petit cet intérêt c'est transformé en ennui. Il me semble que la règle d'un débat constructif et le partage et non la confrontation ...

Pourquoi ne pas reprendre la question en cherchant ce que les opinions des uns et des autres peut apporter ?

Tout d'abord qu'elle est la question ? "Les relations hors mariage sont-elles immorales ?"
Quels sont les postulats que l'on accepte pour répondre à cette question ?
Cherche-t-on à répondre dans un contexte chrétien, athé ou autres ?
Quels sont les sources admissent pour répondre à cette question ? ( théologique, sociologique, philosophique )

Bref sans vouloir me la raconter, serait il possible de reprendre le débat sur ces quelques règles voir même d'en ajouter si vous pensez que cela puisse aider à faire avancé la question ?

Re: Les relations hors mariage sont-elles immorales ?

par ti'hamo » mer. 02 sept. 2009, 17:57

"Cependant, le spiritualisme peut mettre à mal nos intuitions également, dans le cas où une personne change si radicalement de personnalité (et pourquoi pas aussi d'apparence physique : cf. le cas des transsexuels), qu'on a de la peine à penser qu'on est bien en face de la même personne... Ou encore, dans le cas des personnes dont le corps calleux et autres commissures cérébrales ont été sectionnées et qui, dans certaines situations expérimentales, subissent comme un dédoublement de leur conscience, assez difficilement envisageable si nous sommes fondamentalement une âme, c'est-à-dire une substance simple et indivisible..."

Certes, mais en tout cas la religion catholique n'est pas spiritualiste, donc je ne suis pas spiritualiste :-D : nous ne sommes pas "une âme dans un corps" mais "un corps-et-âme".
Et une âme liée intimement à un corps complexe assurant plusieurs fonctions par plusieurs parties n'est pas contradictoire avec un "morcellement" de la personnalité.
(de même, quoiqu'à un autre degré, qu'il n'est pas incompatible avec l'unité de l'âme le fait que j'exerce certaines fonctions avec mes mains, et d'autres avec mes yeux).

Mutiler le corps est une atteinte à la personne, puisque le corps EST la personne, mais mutiler le corps ne change pas ce qu'est par nature cette personne, puisque le corps n'est pas ce qui FONDE cette nature.

ça se tient.
Mieux que les personnalités statistiques, je trouve. Enfin, ça reste à creuser évidemment.


De même, dans la pensée catholique, on ne "veut" pas l'immortalité de l'âme. Elle est présentée comme un fait, le choix portant sur la façon de vivre cette immortalité.
Mais il n'y a pas "volonté" de devenir immortel comme il y a, dans la perspective présentée précédemment, volonté supposée de transmettre ses gènes. Le fait de l'immortalité est plutôt comme le fait de la vie : je vis, point, c'est un fait. Par contre, la volonté ou le fait de transmettre "quelque chose" ne s'impose pas à moi.

Et, encore une fois, dans la perspective "d'immortalité matérialiste" présentée, il me semble abusif et faux de dire que "je" ai une perspective d'immortalité : bien plutôt, ce sont des éléments qui seraient passés par moi, ou agrégés à moi, qui pourraient être transmis ou perpétués. C'est tout. Exactement comme je peux léguer une maison ou une bibliothèque. Mais ce n'est pas moi, d'autant que de toute façon cette théorie présuppose qu'il n'y ait pas de "moi".


(D'autre part, quant à la "logique floue", il me semble qu'elle est fondée sur la caractérisation statistique d'une chose entre plusieurs états bien définis : par exemple, tant de pourcents "chaud" et tant de degré "froid" pour définir la gamme des "tièdes", ou tant de pourcents "noir" et tant de "blanc" pour définir la position d'un gris entre noir et blanc.
Le terme de "logique floue" est un peu trompeur : le cadre dans lequel elle s'applique n'est pas sensé, lui, être flou. On se déplace dans un dégradé, mais quantifié et décrit de façon précise.)

Re: Les relations hors mariage sont-elles immorales ?

par chuck09 » sam. 29 août 2009, 11:34

Bien sure que c'est immorales,est surtout un grand péché ,car le mariage est un sacrement,je parle de mariage a l'église,précision pour ceux qui joue avec la foi des croyants.

Re: Les relations hors mariage sont-elles immorales ?

par Un gentil athée » sam. 29 août 2009, 10:57

Bonjour ti'hamo,
ti'hamo a écrit :> gentil athée

Oui, le premier point m'est bien toujours apparu comme absurde, et totalement opposé à l'observation concrète, c'est bien pour ça que je ne le prends pas comme théorie plausible.
En plus de cela, il est auto-contradictoire, puisque celui qui l'exprime montre toujours qu'il est persuadé d'exprimer là "sa" pensée, en contradiction totale avec ce qu'il énonce ; et, toujours en contradiction avec ce qu'il énonce, sa conclusion est forcément l'aboutissement d'observations et de raisonnement, donc de phénomènes continus dans sa propre pensée.
Oui, il y a là une contradiction performative, en effet.
ti'hamo a écrit :Concernant le 3e point, ça me semble un peu trop vague pour pouvoir venir remplacer la 2e théorie.
Je ne pense pas que l'on fonde de raisonnements sérieux et valables sur des "si ça se trouve" : "si ça se trouve", en fait, on est plus ou moins quelqu'un... oui, bon, ça ne nous parle pas beaucoup, concrètement.
C'est une sorte de logique floue en fait :)
ti'hamo a écrit :D'autre part, là encore, cela pose problème une fois confronté à la réalité : à partir de gènes presque semblables on obtient des personnes très différentes, dans les mêmes conditions de vie se développent des caractères très différents, des personnes physiquement ressemblantes ne le sont pas du tout mentalement ou vie-versa... qu'est-ce qui là-dedans est constitutif de "la personne", fût-elle approximative ?
Justement, ce ne sont pas juste les gènes ou juste la culture, indépendamment de tout le reste. Le gènes délimitent un champ de possibilités, que vient restreindre la culture, que vient restreindre etc...
ti'hamo a écrit :Et puis, du coup, le concept même de "personne" a-t-il encore un sens ?
Si je dis que chacun est plus ou moins une personne a ou b, donc que chacun (mais "chacun" quoi, si nous ne somme déjà pas réellement une personne ?)
Chacun, je suppose que c'est par exemple "Paul au temps t1", qui, mettons - et en simplifiant à l'extrême - est 99% de "Paul au temps t0" + "1% de Pierre (qui vient d'avoir une conversation avec lui) au temps t0".
ti'hamo a écrit :est un patchwork de "personnes" a ou b, ou encore que chacun est un assemblage statistique de "personnes" (c'est bien à cette représentation qu'aboutit cette théorie),
alors personne n'est personne :
on aboutit du coup à la coexistence de 2 états non totalement superposables :
. la réalité extérieure, nous indiquant ici et là des "individus",
. les personnes, diffusément réparties dans la réalité au gré des gènes, pensées, physique, historiques, etc...
...sans qu'on ait la moindre correspondance réelle "individu/personne".
Oui, c'est un des désavantages de cette théorie, c'est qu'elle est assez peu intuitive. Cependant, le spiritualisme peut mettre à mal nos intuitions également, dans le cas où une personne change si radicalement de personnalité (et pourquoi pas aussi d'apparence physique : cf. le cas des transsexuels), qu'on a de la peine à penser qu'on est bien en face de la même personne... Ou encore, dans le cas des personnes dont le corps calleux et autres commissures cérébrales ont été sectionnées et qui, dans certaines situations expérimentales, subissent comme un dédoublement de leur conscience, assez difficilement envisageable si nous sommes fondamentalement une âme, c'est-à-dire une substance simple et indivisible...

Mais, et pour répondre du même coup à philémon.siclone, je n'oppose pas la 2°) et la 3°) et il n'y a pas de raisons de les opposer, la 3°) étant une tentative de synthèse de la 1°) et de la 2°). Donc peut-être que la vérité se trouve quelque part entre la 2°) et la 3°) ? D'ailleurs, n'est-ce pas là que s'insère l'anthropologie catholique ? Cette dernière ne tient-elle pas la personne humaine pour un composé de corps (à l'instar de la théorie 3°)) et d'âme (à l'instar de la théorie 2°)) ?
ti'hamo a écrit :On ne sait d'ailleurs même plus comment définir ces "personnes", d'ailleurs.
Quand vous dites :
Une personne existant en t2 peut être plus ou moins une personne existant en t1. Plus ces personnes partageront des caractéristiques communes, plus elles seront une seule et même personne...
, on ne sait même plus ce que veut dire "personne", ici, en fait - et la phrase n'a du coup plus tellement de sens.
La difficulté surgit si on cherche à tout prix à définir en termes de conditions nécessaires et suffisantes. Mais on peut considérer comme légitime une définition s'appuyant sur la notion d'air de familles, relativement à un certain "prototype".
ti'hamo a écrit :Enfin, ma question demeure :
dans cette optique, pourquoi de toute façon serais-je préoccupé de transmettre quoi que ce soit de cet agglomérat de personnalités qui constitue ce que j'appellerais mon individu ?
Je vis, je meurs, ce sont des phénomènes naturels, et voilà.

Pourquoi vouloir transmettre des gènes,
Pourquoi pas ? Dans une perspective spiritualiste, pourquoi vouloir l'immortalité de l'âme ?
Il me semble que les réponses à ces deux questions sont - pour le coup - assez semblables. Certes, il n'y a pas d'immortalité en tout ou rien dans le cadre du 3°) Mais pourquoi le fait de savoir qu'on ne pourra pas manger tout le gâteau, mais, au plus quelques parts, devrait nous démotiver à manger ces quelques parts ?
ti'hamo a écrit :et pourquoi me dire que "je" transmets ?
Parce que "je" ne suis pas rien du tout (contrairement à 1°)) même si "je" ne suis pas un bloc monolithique (contrairement à 2°))...

Bien cordialement.

Re: Les relations hors mariage sont-elles immorales ?

par ti'hamo » ven. 28 août 2009, 13:56

> gentil athée

Oui, le premier point m'est bien toujours apparu comme absurde, et totalement opposé à l'observation concrète, c'est bien pour ça que je ne le prends pas comme théorie plausible.
En plus de cela, il est auto-contradictoire, puisque celui qui l'exprime montre toujours qu'il est persuadé d'exprimer là "sa" pensée, en contradiction totale avec ce qu'il énonce ; et, toujours en contradiction avec ce qu'il énonce, sa conclusion est forcément l'aboutissement d'observations et de raisonnement, donc de phénomènes continus dans sa propre pensée.


Concernant le 3e point, ça me semble un peu trop vague pour pouvoir venir remplacer la 2e théorie.
Je ne pense pas que l'on fonde de raisonnements sérieux et valables sur des "si ça se trouve" : "si ça se trouve", en fait, on est plus ou moins quelqu'un... oui, bon, ça ne nous parle pas beaucoup, concrètement.

D'autre part, là encore, cela pose problème une fois confronté à la réalité : à partir de gènes presque semblables on obtient des personnes très différentes, dans les mêmes conditions de vie se développent des caractères très différents, des personnes physiquement ressemblantes ne le sont pas du tout mentalement ou vie-versa... qu'est-ce qui là-dedans est constitutif de "la personne", fût-elle approximative ?

Et puis, du coup, le concept même de "personne" a-t-il encore un sens ?
Si je dis que chacun est plus ou moins une personne a ou b, donc que chacun (mais "chacun" quoi, si nous ne somme déjà pas réellement une personne ?) est un patchwork de "personnes" a ou b, ou encore que chacun est un assemblage statistique de "personnes" (c'est bien à cette représentation qu'aboutit cette théorie),
alors personne n'est personne :
on aboutit du coup à la coexistence de 2 états non totalement superposables :
. la réalité extérieure, nous indiquant ici et là des "individus",
. les personnes, diffusément réparties dans la réalité au gré des gènes, pensées, physique, historiques, etc...
...sans qu'on ait la moindre correspondance réelle "individu/personne".

On ne sait d'ailleurs même plus comment définir ces "personnes", d'ailleurs.
Quand vous dites :
Une personne existant en t2 peut être plus ou moins une personne existant en t1. Plus ces personnes partageront des caractéristiques communes, plus elles seront une seule et même personne...
, on ne sait même plus ce que veut dire "personne", ici, en fait - et la phrase n'a du coup plus tellement de sens.


Enfin, ma question demeure :
dans cette optique, pourquoi de toute façon serais-je préoccupé de transmettre quoi que ce soit de cet agglomérat de personnalités qui constitue ce que j'appellerais mon individu ?
Je vis, je meurs, ce sont des phénomènes naturels, et voilà.

Pourquoi vouloir transmettre des gènes, et pourquoi me dire que "je" transmets ?

Re: les relations hors mariage sont-elle immorales ?

par philémon.siclone » jeu. 27 août 2009, 1:37

Un gentil athée a écrit : 1°) L'identité personnelle ne se conserve absolument pas.

2°) L'identité personnelle se conserve absolument....l'âme.

3°) L'identité personnelle se conserve relativement.
etc. et ces choses là survivront à la destruction de l'individu matériel que je suis...
Bonjour,
Pardonnez-moi de m'introduire dans le cours de votre débat. Pourquoi opposer absolument les 2e et 3e point ? Si on prend l'image de la pomme : d'abord pousse un bourgeon, puis la fleur, puis le fruit. Le fruit se développe, mûrit, tombe, pourrit, disparaît. Mais... après l'hiver, sort de terre une petite pousse, et la vie continue. A partir de cette illustration, si l'homme est comparable à une pomme, et pourquoi ne le serait-il pas ?, le 1er point ne tient pas. Entre le bourgeon et la chute de la pomme, c'est bien le même "objet" qui a vécu, mais il s'est transformé. Le 3e point, en revanche, se vérifie pas à pas : la semence laissée en terre vient bien de la pomme, laquelle vient bien de l'arbre, donc c'est une petite part de l'arbre qui continue de vivre dans un autre arbre naissant. Un jour le vieux pommier meurt, mais une part de lui-même survit dans d'autres pommiers plus jeunes, et issus de ses pommes. C'est la thérorie du 3e point. L'homme n'étant pas différent d'un arbre, en tant qu'être vivant naissant, grandissant, donnant semence et faisant naître d'autres hommes, puis mourant, on peut aussi lui appliquer cette théorie. Mais pourquoi le 2e point serait-il forcément faux ? L'homme ne serait-il que matière ? Si nous ne savons pas ce qui se passe dans l'esprit d'une pomme (à supposer que ça existe), nous sommes bien placés pour savoir que l'homme est un être complexe à la vie intérieure très riche. Tout ce qui fait la vie d'un homme peut-il s'expliquer par la seule substance matérielle ?

Re: les relations hors mariage sont-elle immorales ?

par Un gentil athée » mer. 26 août 2009, 20:33

Bonjour ti'hamo,

Votre réponse est longue, aussi ne m'en voulez pas si je ne réponds pas à tout tout de suite. Je vais déjà m'attaquer à ce qui me semble être le fond de vos interrogations. Peut-être qu'ainsi, le reste s'éclairera. Loin de moi l'idée de vous convertir au matérialisme cependant. Puisque je n'en suis pas moi-même adepte, ce serait idiot. Plus modestement, j'essayerai de vous faire entrevoir la cohérence de cette pensée, au moins en ce qui peut concerner le sujet de la mort et de l'identité personnelle. Pour cela, je vais essayer de m'exprimer autrement. Vis-à-vis de l'identité personnelle, je dirais qu'on peut, grosso modo, dégager deux grandes théories de base, et j'en présenterai aussi une troisième qui est une des tentatives pour réaliser la synthèse des deux autres :

1°) L'identité personnelle ne se conserve absolument pas. Chaque instant de "notre" vie est donc absolument unique et séparé de tout autre sur un plan ontologique et métaphysique. A chaque instant qui passe, c'est une personne entièrement nouvelle qui apparaît pour être annihilée l'instant d'après. Le vocabulaire de l'identité personnelle : "je", "mes", etc. est donc absolument erroné ou absurde si vous voulez. Cette vision des choses n'est pas spécialement matérialiste, mais plutôt phénoméniste puisque dans le matérialisme, il y a quand même une ontologie, fut-elle minimale, et qui pose la matière comme réalité persistante. Comme vous le remarquez bien, cette vision des choses va contre les faits perçus.

2°) L'identité personnelle se conserve absolument. D'un bout à l'autre de notre vie, et même si nous sommes complétement changé, nous demeurons identiques à nous-mêmes. Puisque les apparences changent, le fondement de cette identité doit se trouver dans une réalité non-sensible : l'âme.

Ces deux premières positions partent du principe d'une identité en tout-ou-rien. Ou bien Paul en t1 est véritablement Paul en t2 ou bien il ne l'est pas du tout.

3°) L'identité personnelle se conserve relativement. Une personne existant en t2 peut être plus ou moins une personne existant en t1. Plus ces personnes partageront des caractéristiques communes, plus elles seront une seule et même personne... Le vocabulaire de l'identité personnelle n'est donc pas absolument faux ni absolument juste, il est relativement juste, il constitue une bonne approximation de la réalité. C'est cette perspective qui me semble être celle du matérialisme, puisque, comme vous le soulignez fort justement, il existe des continuités matérielles (donc de ce point de vue, nier toute persistance d'identité est absurde).

Selon cette troisième attitude, s'il est vain d'espérer une survie après la mort sous forme spirituelle, il n'est pas vain d'espérer une forme de survie, même si elle n'est pas totale (pas de "tout ou rien") voire, pourquoi pas, même si elle est simultané chez plusieurs individus (y compris pendant qu'on est encore vivant). Ce que je transmettrai à mes enfants (mes gènes, ma culture, etc.) ce n'est pas moi au sens fort d'une identité tout-ou-rien, mais cela fait partie de moi, c'est un peu moi, etc. et ces choses là survivront à la destruction de l'individu matériel que je suis...

Bien à vous.

Re: les relations hors mariage sont-elle immorales ?

par ti'hamo » mer. 26 août 2009, 13:20

"Cela dit, dans une perspective purement matérialiste (qui n'est pas la mienne, soit dit en passant, même si elle me semble assez respectable), il n'y a pas de "soi-même" intangible et permanent qui assure la continuité de l'identité personnelle d'un bout à l'autre de l'existence. Par conséquent, à chaque instant qui passe, nous ne sommes plus exactement le même. En quelque sorte, nous mourrons déjà un peu, à chaque instant qui passe."
. Si on considère qu'il n'y a pas de continuité de "soi-même" d'un bout à l'autre de l'existence (et, effectivement, c'est la conclusion à laquelle on arrive dans une perspective matérialiste), alors :
1. dire "je" est une absurdité.
2. s'inquiéter de la transmission de ses gènes n'a aucun sens, puisque si "je" n'a pas de sens, alors "mes" n'en a pas plus.
3. on ne peut pas se soucier de la mort, puisque ce n'est pas "soi" qui mourra.
4. se soucier d'une hypothétique immortalité même symbolique n'a pas plus de sens, puisque si "je" n'existe pas, il ne peut d'autant pas continuer à exister.
5. si des gènes se transmettent, pour autant ce n'est pas vous et ce ne sont pas "les vôtres", puisque "vous" n'existez pas en tant que tel (dans cette façon de voir en tout cas).


. Le fait de changer n'est pas forcément incompatible avec le fait de durer. Ce débat a eu lieu, il me semble, dans la pensée grecque antique (Héraclite / Parménide, si je ne m'abuse).

De même, le fait que nous mourons déjà peu à peu : cela signifie juste qu'à chaque instant nous avançons plus vers la mort. Et d'ailleurs, dire qu'à chaque instant qui passe "NOUS" mourons déjà un peu, c'est déjà bien affirmer l'existence d'un "moi" ou d'un "nous" qui, bien que changeant et s'avançant vers la mort, est bien perçu et décrit comme une continuité se poursuivant de cet instant jusqu'à celui, futur, de la mort.
Donc, dire que nous mourons déjà un petit peu, s'oppose à l'optique purement matérialiste précédemment décrite, qui n'accepte aucune continuité du "moi". On ne peut donc avancer cela comme un argument ou une illustration de ce principe purement matérialiste, puisque cela s'y oppose.

D'autre part, la continuité matérielle existe. Au fait . Sinon, il n'y aurait pas de visites de contrôle chez le médecin.


(Le paragraphe qui suit m'est totalement incompréhensible, c'est le risque je pense quand on prend le parti d'abandonner toute considération et base concrète, et d'y substituer un montage qui me semble purement abstrait et arbitraire. N'oublions pas que nos théories doivent être construites en prenant en compte le monde perçu.)
Concrètement, d'ailleurs, je rappelle qu'il ne faut pas "absolutiser" le génome (qui d'ailleurs est assez difficile à définir, au vu des plus récentes connaissances en ce domaine) : y voir un marqueur, un élément constitutif, de l'identité personnelle, soit. Mais y voir le fondement même de l'identité de la personne, cela se discute déjà beaucoup plus (or, c'est ce qu'on affirme quand on dit que je suis "un peu" ma sœur en vertu du génome en partie partagé) ; étant donné les subtilités de codage, les modalités d'expression, l'interaction avec le milieu...


D'autre part, donc, si "je" suis un ensemble "plus ou moins stable de propriétés socio-psycho-linguistico-historico-etc", ma sœur est donc définie comme tel autre ensemble de propriétés... or, si je meurs, c'est l'ensemble qui est moi qui disparait, et s'il laisse des traces dans l'ensemble "ma sœur", cet ensemble demeure le même qu'avant ma disparition. Donc, non, je ne survis pas.

Ensuite, pour ma part, je ne dirait pas qu'il faille "s'identifier" à quelque chose. La question est de savoir ce que l'on est, et non de s'identifier à une chose extérieure à soi ou bien uniquement en partie constitutive de soi. D'ailleurs, dire que l'on "s"'identifie, c'est déjà établir une corrélation entre "soi" et une chose, un objet, une croyance : c'est donc déjà avoir reconnu, même implicitement, un "soi" différent de cet élément, de cet objet, de cette croyance (quoiqu'il y soit lié).
Par exemple, personnellement, en tant que catholique, je ne "m'identifie" pas à mon âme, et je ne m'identifie pas à mon corps, ni à mes croyances : je me reconnais corps-et-âme, ce qui est différent.


Enfin, je ne vois déjà pas, au fait, pourquoi il "faut" assurer la pérennité de quelque chose de soi. ?
Rien ne m'y oblige, rien ne m'y pousse.

Re: les relations hors mariage sont-elle immorales ?

par Un gentil athée » mar. 25 août 2009, 15:21

Bonjour ti'hamo,

Vos remarques sont pertinentes et je me dois de vous éclairer :
ti'hamo a écrit :> Un gentil athée

"
Selon une perspective athée et matérialiste, je dirais même qu'un individu a de très bonnes raisons pour se soucier de son espèce. Transmettre ses gènes est une des seules façons d'assurer son immortalité (immortalité impersonnelle certes, mais ce n'est peut-être déjà pas si mal...)."
Hm, sauf que :
. "transmettre ses gènes" et "souci de l'espèce" sont 2 choses différentes (demandez donc aux eugénistes...) :siffle:
En effet, au temps pour moi. Disons que si on souhaite non seulement transmettre ses gènes, mais que celui qui les "recevra" vive dans un monde humain (comprendre : le contraire d'inhumain), alors le souci de l'espèce semble justifié.
ti'hamo a écrit :. ça n'assure pas du tout l'immortalité, vu qu'on meurt quand-même et que ceux qui nous suivent ne sont pas nous (ça a autant de sens que si je disais que ma sœur c'est moi uniquement parce que nous avons un air de famille...) :sonne:
Certes, nous mourrons quand même, et ceux qui nous suivent ne sont pas nous. Cela dit, dans une perspective purement matérialiste (qui n'est pas la mienne, soit dit en passant, même si elle me semble assez respectable), il n'y a pas de "soi-même" intangible et permanent qui assure la continuité de l'identité personnelle d'un bout à l'autre de l'existence. Par conséquent, à chaque instant qui passe, nous ne sommes plus exactement le même. En quelque sorte, nous mourrons déjà un peu, à chaque instant qui passe. Progressivement, certes, mais au bout de plusieurs dizaines d'années, l'écart est grand entre le petit enfant qui vient de naître et le vieillard prêt à s'éteindre.

Pourtant, nul ne s'inquiète de ce processus. On est donc en droit - toujours dans le cadre du matérialisme - de se dire que ce n'est pas la perte de l'identité personnelle qui pose problème par rapport à la perspective de la mort, puisqu'il n'y a pas vraiment d'identité personnelle réelle (au sens métaphysique) qui unie tous les instants de notre vie, mais uniquement une identité linguistique, sociologique, mnésique, génétique, historique, psychologique... Bref, une identité plus superficielle et moins nette, qui ne fonctionne pas en "tout ou rien" mais par degrés. En ce sens, vous n'êtes pas votre sœur au sens d'une identité personnelle métaphysique (donc à 100%, en "tout ou rien"). Et peut-être n'êtes vous pas du tout votre sœur si on part du principe qu'une même identité (même superficielle) ne peut être exemplifiée que par un individu à la fois. Par contre, vous êtes un peu votre sœur et réciproquement, si on écarte ce principe, et en vertu du partage (au minimum) d'une partie de votre génome.

Dans les deux cas, après votre mort, et si votre sœur vous survit, vous (non pas un "vous" métaphysique, mais "vous" en tant qu'ensemble plus ou moins stable de propriétés socio-psycho-linguistico-historico-etc...) continuerez de vivre à travers elle (en partie).

Je reconnais que cette vision des choses peut paraître profondément contre-intuitive, tant notre langage naturel est imprégné de manière profonde par le concept d'identité personnelle. Le tout est de savoir ce qui, pour chacun de nous, compte le plus, en nous ; à quoi on s'identifie. Si on est spiritualiste, on peut se dire que c'est notre âme. Mais si on est matérialiste, en l'absence de croyance en une âme, ce qui va nous paraître important, ce à quoi on va s'identifier, cela va être nos croyances, nos désirs, nos souvenirs, nos gènes, etc. Ce sont donc eux dont il faudra assurer la pérennité.

J'espère m'être fait comprendre, mais si tel n'est pas le cas, je suis à votre disposition pour de plus amples explications.

Bien à vous.

Re: les relations hors mariage sont-elle immorales ?

par ti'hamo » mar. 25 août 2009, 11:29

> Un gentil athée

"
Selon une perspective athée et matérialiste, je dirais même qu'un individu a de très bonnes raisons pour se soucier de son espèce. Transmettre ses gènes est une des seules façons d'assurer son immortalité (immortalité impersonnelle certes, mais ce n'est peut-être déjà pas si mal...)."
Hm, sauf que :
. "transmettre ses gènes" et "souci de l'espèce" sont 2 choses différentes (demandez donc aux eugénistes...) :siffle:

. ça n'assure pas du tout l'immortalité, vu qu'on meurt quand-même et que ceux qui nous suivent ne sont pas nous (ça a autant de sens que si je disais que ma sœur c'est moi uniquement parce que nous avons un air de famille...) :sonne:

. ce sont les 2 raisons pour lesquelles je n'ai jamais compris cette explication, déjà entendue ailleurs.

Re: les relations hors mariage sont-elle immorales ?

par Un gentil athée » lun. 24 août 2009, 21:07

Hello Sammy,
Sammy a écrit :
Ce n'est pas simplement raisonner au niveau de l'espèce, à moins que vous ne considériez pas l'enfant comme un individu ?...
j'entendais par la raisonner pour le bien de l'espèce, et non d'un individu donner.
Mais ces deux considérations ne sont pas indépendantes.
Sammy a écrit :
L'alternative que vous posez me paraît contestable : la morale pourrait très bien se proposer comme but d'aider l'espèce mais dans le respect de l'individu, ce qui rend le viol immoral.
savoir si le viol est moral ou pas du point de vue de l'espèce ne m'intéresse pas , voici ma démonstration :

la moral est un ensemble de conventions adopter par un groupe d'individus pour leurs permettre de vivre en société.
Ben déjà là, je ne suis pas d'accord, donc pas étonnant que je ne sois pas d'accord sur la suite ;)
Sammy a écrit :en faite la vrais question consiste a savoir si un individu a des raisons pour se soucier de son espèce (vouloir lui donner plus de représentant , etc..). (attention je ne dis pas qu'il ne doit pas se soucier des autres représentants de son espèce )
Selon une perspective athée et matérialiste, je dirais même qu'un individu a de très bonnes raisons pour se soucier de son espèce. Transmettre ses gènes est une des seules façons d'assurer son immortalité (immortalité impersonnelle certes, mais ce n'est peut-être déjà pas si mal...).
Sammy a écrit :bien admettons , je suis d'accord que sur le long temps l'unique utilisation de préservatif présente des risques , et puisque l'église condamne la pilule...
Pour votre information, elle condamne aussi le préservatif, et en fait, tout acte sexuel détourné consciemment de sa finalité reproductive.
Sammy a écrit :
Si le sexe protégé avant le mariage (donc a but purement hédonique et social) est moralement licite, pourquoi ne serait-ce pas le cas du sexe protégé pendant le mariage mais avec un tiers ?
si le but du mariage est de scellé une union a but procréatif les risques de bâtard née d'une relation adultère et des complication qui s'en suivent (pour l'enfant en lui même , et pour ses parent la difficulté de l'élever )
Certes, mais s'il s'agit d'un adultère "purement hédonique" et protégé de manière 100% efficace (que je sache, une fellation n'a jamais mis personne enceinte ;)), alors il n'y a pas de problème, n'est-ce pas ?
Par ailleurs, dans une relation sexuelle prémaritale mal protégée, le risque de grossesse existe aussi. Et si finalement, le mec décide que ça ne le regarde plus et se casse : on fait quoi ?

Bien à vous.

Re: les relations hors mariage sont-elle immorales ?

par ti'hamo » mer. 19 août 2009, 7:31

Concernant les relations hors mariage entre deux individus vivants ensembles et , visiblement , s'aimant l'un l'autre : et bien, sont-elles réellement "hors mariage" ?
Il faut bien distinguer, je pense :
- est-ce qu'on parle là de personnes ayant des relations, parce que sur le moment ils s'apprécient baucoup, mais sans réelle volonté de s'engager ?
- ou bien parle-t-on de personnes ayant des relations, se considérant engagées l'une envers l'autre, mais ne voulant pas passer par la case "mariage officiel avec cérémonie" ?

C'est différent.


Si vous ne voyez pas le rapport entre le don de soi et le fait de se donner à quelqu'un, là.. je ne peux rien pour vous... :p

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