Oui, le premier point m'est bien toujours apparu comme absurde, et totalement opposé à l'observation concrète, c'est bien pour ça que je ne le prends pas comme théorie plausible.
En plus de cela, il est auto-contradictoire, puisque celui qui l'exprime montre toujours qu'il est persuadé d'exprimer là "sa" pensée, en contradiction totale avec ce qu'il énonce ; et, toujours en contradiction avec ce qu'il énonce, sa conclusion est forcément l'aboutissement d'observations et de raisonnement, donc de phénomènes continus dans sa propre pensée.
Concernant le 3e point, ça me semble un peu trop vague pour pouvoir venir remplacer la 2e théorie.
Je ne pense pas que l'on fonde de raisonnements sérieux et valables sur des "si ça se trouve" : "si ça se trouve", en fait, on est plus ou moins quelqu'un... oui, bon, ça ne nous parle pas beaucoup, concrètement.
D'autre part, là encore, cela pose problème une fois confronté à la réalité : à partir de gènes presque semblables on obtient des personnes très différentes, dans les mêmes conditions de vie se développent des caractères très différents, des personnes physiquement ressemblantes ne le sont pas du tout mentalement ou vie-versa... qu'est-ce qui là-dedans est constitutif de "la personne", fût-elle approximative ?
Et puis, du coup, le concept même de "personne" a-t-il encore un sens ?
Si je dis que chacun est plus ou moins une personne a ou b, donc que chacun (mais "chacun" quoi, si nous ne somme déjà pas réellement une personne ?) est un patchwork de "personnes" a ou b, ou encore que chacun est un assemblage statistique de "personnes" (c'est bien à cette représentation qu'aboutit cette théorie),
alors personne n'est personne :
on aboutit du coup à la coexistence de 2 états non totalement superposables :
. la réalité extérieure, nous indiquant ici et là des "individus",
. les personnes, diffusément réparties dans la réalité au gré des gènes, pensées, physique, historiques, etc...
...sans qu'on ait la moindre correspondance réelle "individu/personne".
On ne sait d'ailleurs même plus comment définir ces "personnes", d'ailleurs.
Quand vous dites :
, on ne sait même plus ce que veut dire "personne", ici, en fait - et la phrase n'a du coup plus tellement de sens.Une personne existant en t2 peut être plus ou moins une personne existant en t1. Plus ces personnes partageront des caractéristiques communes, plus elles seront une seule et même personne...
Enfin, ma question demeure :
dans cette optique, pourquoi de toute façon serais-je préoccupé de transmettre quoi que ce soit de cet agglomérat de personnalités qui constitue ce que j'appellerais mon individu ?
Je vis, je meurs, ce sont des phénomènes naturels, et voilà.
Pourquoi vouloir transmettre des gènes, et pourquoi me dire que "je" transmets ?



