Misère : "Diminuer notre offre sacramentelle"

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Re: Misère : "Diminuer notre offre sacramentelle"

par jeanbaptiste » mar. 08 juin 2010, 19:18

Une intervention de Luc Perrin sur le Forum Catholique me semble très intéressante :

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=552713

Re: Misère : "Diminuer notre offre sacramentelle"

par jean_droit » mar. 08 juin 2010, 18:56

Voilà un autre commentaire, cette fois du site Pro liturgia :

Remarques personnelles :
Bien sûr amusant de revoir l'argument de la qualité. Quelle qualité ? J'en reparlerai.
Amusant, aussi, de voir que chacun, ce qui est normal, défend son "fond de commerce".
La messe Saint Pie V pour l'abbé de Tanouarn et la liturgie pour Pro Liturgia.
Je ne veux pas dire qu'ils aient tords mais c'est amusant.
Plus intéressant le paragraphe sur la faiblesse du catéchisme. Une des misères de notre Eglise de France. Et un très grand danger car nos catéchisés sont les fidèles de demain ... au moins quelques uns d'entre eux.

Début de l'article.
LES DIOCÈSES SINISTRÉS

Dans "Témoignage Chrétien", Mgr Dominique Lebrun présente son diocèse de Saint-Etienne comme "une terre de mission"... pour ne pas dire une terre sinistrée.
Les prêtres deviennent rares et les paroisses se meurent.
Mgr Lebrun envisage donc de créer des équipes itinérantes de laïcs chargées de la prière des fidèles, de regrouper les mariages et les baptêmes, de diminuer "l'offre sacramentelle"... etc.
En fin de compte, plutôt que de se plaindre, Mgr Lebrun devrait se réjouir de la situation de son diocèse: elle est exemplaire. N'est-elle pas, en effet, le résultat attendu d'une pastorale programmée de longue date par des évêques qui clamaient à tous vents, en voyant leurs églises se vider, qu'on gagne en qualité ce qu'on perd en quantité? Donc, à voir le nombre de personnes qui fréquentent encore les célébrations dominicales et le nombre d'ordinations sacerdotales, la qualité des fidèles doit être extraordinaire dans le diocèse de Saint-Etienne... comme elle l'est dans bien d'autres diocèses.
Soyons plus sérieux et interrogeons-nous: qu'est-ce qui est à l'origine de cette situation désastreuse?
Le Cardinal Ratzinger avait déclaré :"Je suis convaincu que la crise de l'Eglise que nous vivons aujourd'hui repose largement sur la désintégration de la liturgie."

Re: Misère : "Diminuer notre offre sacramentelle"

par jean_droit » mar. 08 juin 2010, 18:19

Lu dans le blog du Centre Saint Paul :

Commentaires personnels :
Voilà un article assez mesuré et replaçant bien les choses à leur place.
Pour ma part je suis infiniment plus critique au nom de Ecclesia De Eucharistia.

http://ab2t.blogspot.com/2010/06/une-eg ... -meme.html

Début de l'article :
Une Eglise qui doute d'elle-même...
par l'abbé Guillaume de Tanoüarn
C'est une véritable souffrance de lire l'entretien (voir ici le récent post du webmestre) que Mgr Dominique Lebrun a donné à l'hebdomadaire Témoignage chrétien, qui conclut ainsi l'année du sacerdoce (clôture officielle le 19 juin). Souffrance et non indignation. On sent que cet évêque est sincère. On devine quels sont les terribles problèmes auxquels il doit faire face. Mais comment est-il possible que l''évêque prenne sur lui la responsabilité de redéfinir la mission de l'Eglise, au lieu de se contenter de la réguler, avec tous les moyens dont il peut disposer ?

Comment se fait-il que - volens nolens, qu'il en ait conscience ou non - il touche aux finalités mêmes de l'Eglise, au lieu de présider à son fonctionnement dans le diocèse qui lui est imparti ? Il prend une responsabilité qu'il n'a pas sur la nature même du service de l'Eglise et il ne prend pas la seule responsabilité qui lui revient de droit : celle du succès ou de l'échec des mesures prises pour le bon fonctionnement de l'Eglise telle qu'elle est.

Mais voici ce qu'il dit sous le titre entre guillemets : "Oublions le mot paroisse". "Je crois, déclare-t-il, que nous devons amplifier nos propositions catéchuménales, mais diminuer notre offre sacramentelle". Et de préciser : "A la Pentecôte, j'ai fait un rassemblement diocésain sans eucharistie". on sait comment se passent désormais ces "rassemblements diocésains". On supprime les messes à des km à la ronde et on oblige les gens à venir assister à la messe de l'évêque. Petite précision : pour la Pentecôte, pour la fête du Saint Esprit qui rend présent le Christ dans l'eucharistie... il n'y a pas d'eucharistie. Pas de messe. Simplement une proposition catéchuménale amplifiée.

Re: Misère : "Diminuer notre offre sacramentelle"

par Théophane » dim. 06 juin 2010, 20:55

jean_droit a écrit :Eh ! Eh ! Théophane je vous ai tendu la perche.
Je n'allais, quand même, rappeler les écrits de saint Josémaría Escrivá.
Je pense que ce très grand saint est incontournable quand il s'agit d'aborder le thème de la vocation des fidèles laïcs. :)

Re: Misère : "Diminuer notre offre sacramentelle"

par jean_droit » dim. 06 juin 2010, 20:14

En cette journée de la Fête Dieu je ne pouvais pas m'empêcher de penser aux idées folles de monseigneur Lebrun.
Quand je pense qu'un Pape a écrit une encyclique intitulée "Ecclesia de Eucharistia".
L'Eglise tient sa substance de l'Eucharistie ?
Il me semble que Jean Paul II et monseigneur Lebrun ne sont pas sur la même longueur d'ondes.

Re: Misère : "Diminuer notre offre sacramentelle"

par jean_droit » dim. 06 juin 2010, 20:05

Eh ! Eh ! Théophane je vous ai tendu la perche.
Je n'allais, quand même, rappeler les écrits de saint Josémaría Escrivá.

Re: Misère : "Diminuer notre offre sacramentelle"

par Théophane » dim. 06 juin 2010, 15:28

Pour essayer d'avoir une juste vue du rôle des laïcs tout un ensemble de documents sont disponibles.

Je suis sûr que Théophane peut nous en citer !
Je suis touché de voir que vous me considérez comme une bibliothèque. :)

Le meilleur document sur le rôle des laïcs dans l'Eglise est sans aucun doute l'exhortation apostolique Christifideles laici de Jean-Paul II :

http://www.vatican.va/holy_father/john_ ... ci_fr.html

Si vous me le permettez, je voudrais aussi citer les écrits abondants de saint Josémaría Escrivá qui abordent sous toutes ses formes la vocation des laïcs dans l'Eglise et dans le monde. Il serait difficile d'en faire un exposé exhaustif, mais on peut néanmoins dégager les grandes lignes :
- les laïcs sont appelés à la sainteté et à l'apostolat au même titre que les prêtres ou les religieux
- le mariage n'est pas une vocation de second ordre mais un chemin de sainteté à part entière
- les fidèles laïcs disposent de la plus totale liberté pour intervenir dans les domaines sur lesquels le magistère de l'Eglise ne s'est pas prononcé
- grâce à leur travail professionnel, les fidèles laïcs peuvent contribuer à l'amélioration des structures dans lesquelles ils se trouvent et les rendre plus humaines et plus conformes à l'Evangile.

Beaucoup reconnaissent en saint Josémaría l'apôtre de la sainteté des laïcs et le précurseur du Concile Vatican II. Cette spiritualité a le mérite de s'adresser à tous parce qu'elle enseigne que tous sont appelés à la sainteté. Cela ne diminue en rien la valeur du sacerdoce ou de la vie religieuse, bien au contraire.

Re: Misère : "Diminuer notre offre sacramentelle"

par archi » dim. 06 juin 2010, 14:43

Un autre texte qui me semble utile pour y voir clair quand au rôle des laïcs a été publié en anglais sur le site du New Liturgical Movement:
Il s'agit là d'analyser comment des groupes de pression laïcs peuvent arriver à obtenir la tête d'un curé (ou d'un chef de choeur) et à bloquer tout changement dans la paroisse. Le texte souligne que le problème transcende les questions de savoir si le nouvel arrivant est "libéral" ou "conservateur".

En lisant ce texte, 2 points me viennent à l'esprit:

- on se rend compte combien la nouveauté post-Vatican II qui a vu les évêques se mettre à déplacer régulièrement leurs curés (je n'ai toujours pas compris si c'était ou non avec la bénédiction du droit canon, mais le fait est que c'est devenue une habitude universelle) a affaibli l'autorité des prêtres et, par ricochet, celle des évêques.

- il me semble qu'il y a un grand oublié dans ce débat, c'est la place des "ordres mineurs" ou des "ministères institués" tels que Paul VI les a créés: sans aller dans les débats théologiques sur la nature des ordres mineurs et des ministères, le fait est que des échelons intermédiaires entre le laïcat et la cléricature ont toujours existé dans les Eglises chrétiennes, mais étaient devenus purement théoriques depuis un certain nombre de siècles dans l'Eglise latine. Paul VI a voulu relancer l'idée sous forme de "ministères institués", hélas, on ne peut pas dire que ses institutions d'acolytes et de lecteurs aient connu un grand succès. Seul le diaconat permanent a eu un certain succès (on pourrait certes, sans doute, dire beaucoup de choses dessus).

Il me semble qu'avoir une hiérarchie de minsitres ordonnés, au niveau local, même en l'absence de prêtres par manque de ceux-ci, permettrait de contrer cet effet "groupes de pression". J'aurais d'ailleurs tendance à penser que c'est pour cela que Notre Seigneur a voulu que son Eglise soit une entité hiérarchisée, avec un Pape, des évêques, des prêtres et des diacres.

In Xto,
archi.

Re: Misère : "Diminuer notre offre sacramentelle"

par jean_droit » dim. 06 juin 2010, 14:20

Pour essayer d'avoir une juste vue du rôle des laïcs tout un ensemble de documents sont disponibles.

Je suis sûr que Théophane peut nous en citer !

Je pense maintenant au livre de monseigneur Rey :

Laïcs dans l'Eglise d'aujourd'hui

http://www.libertepolitique.com/index.p ... ew&id=6064

Ou cet interview donné à ZENIT :

Remarque personnelle : Vous remarquerez le "alors que l'Eglise de France vit une crise spirituelle" .....

http://www.zenit.org/rssfrench-24560

Début de l'article :
Mgr Dominique Rey évoque le rôle irremplaçable des laïcs dans l’Eglise

Interview à l’occasion de la sortie de son livre Laïcs dans l’Eglise aujourd’hui

ROME, Mercredi 26 mai 2010 (ZENIT.org) - « Je leur dois ma vocation » : c'est aux fidèles laïcs que Mgr Dominique Rey, évêque du diocèse de Fréjus-Toulon, adresse cet hommage. Alors que l'Eglise de France vit une crise spirituelle, Mgr Rey a souhaité souligner le rôle « irremplaçable » et « indispensable » du laïcat dans l'Eglise.

Re: Misère : "Diminuer notre offre sacramentelle"

par Théophane » dim. 06 juin 2010, 14:03

Je suis d'accord avec ce que vous dites. L'Eglise n'est rien sans les laïcs et elle n'est rien sans les prêtres. L'engagement des laïcs dans l'Eglise n'est pas de la même nature que celui des prêtres. Les deux sont indispensables. De plus, l'Eglise ne peut pas vivre sans l'Eucharistie.

Re: Misère : "Diminuer notre offre sacramentelle"

par jean_droit » dim. 06 juin 2010, 13:17

Je reviens de la Fête Dieu dans l'abbatiale de Cadouin, ancienne abbaye du Périgord.
http://www.amisdecadouin.com/l-abbaye/ ( surtout la vidéo ).
Une cérémonie remarquable, enthousiamante - au sens premier du terme .
19 communions solennelles - on ose dire encore ce mot - avec, en plus, tous les enfants de la première communion et tous les confirmés de l'année.
Eglise bondée, chorale d'une bonne vingtaine de personnes.
Belle cérémonie remplie de chants, de prières, de fleurs, de cierges et d'encens.
Suivi d'une procession du Saint Sacrement hors de l'église vers un autel dressé sous les halles puis vers un autre autel au centre du cloître où a eu lieu le Salut du Très Saint Sacrement.
Mais ce que je voulais souligner c'est le serrmon du curé :
Très exactement le contraire de ce que dit monseigneur Lebrun.
Bien sûr c'est une coïncidence mais qui montre que d'autres pistes sont possibles pour l'Eglise de France.
D'abord sur la place irremplaçable du prêtre. Et nous avons prié pour les vocations.
Ensuite sur la nécessité de laisser ouvertes toutes les églises de la paroisse en mettant en place des petits groupes chargés de ces églises et du lien social.
Ah ! Comme on était loin des églises fermées, des laïcs remplaçant les prêtres et toutes ces manifestations de l'échec de l'Eglise de France.
Cela c'est mon Eglise !

Re: Misère : "Diminuer notre offre sacramentelle"

par Théophane » dim. 06 juin 2010, 9:44

Dans un certain sens oui. Aujourd'hui, il y a moins de catholiques mais l'Eglise est constituée de personnes vraiment croyantes, qui mettent en pratique dans leur vie les exigences de l'Evangile.

Il ne faut pas non plus tomber dans le piège en affirmant que la majorité des catholiques d'avant le Concile ne pratiquait que par habitude et n'avaient pas de foi réelle. Si je prends l'exemple de mes grands-parents, qui étaient des paysans, toute leur vie était organisée autour de la pratique religieuse. C'était pour ainsi dire normal, voire banal. Il n'en demeure pas moins qu'ils faisaient preuve d'une étroite fidèle aux commandements de l'Eglise.
Le fait que l'on pratique par habitude ne veut pas dire nécessairement qu'on pratique sans foi véritable. Au contraire, c'est le signe que l'on vit dans une société où la pratique religieuse est une chose normale, habituelle.

Re: Misère : "Diminuer notre offre sacramentelle"

par deniserp » dim. 06 juin 2010, 3:50

Cependant, cette crise a sans doutes eu son avantage. En effet, autant je crois qu'autrefois la plupart des personnes se rendaient à l'Eglise par tradition (avec un petit t), autant maintenant, sans doutes il y a plus de personnes qui vont à l'Eglise par véritable foi que par tradition (bien que ces seconds existent sans doutes encore) ne pensez vous pas ?

Re: Misère : "Diminuer notre offre sacramentelle"

par Théophane » sam. 05 juin 2010, 16:04

Il faudra un jour se demander comment on en est arrivé là.
Bonne question. Il faut y répondre sans timidité. Après le Concile Vatican II, certains prêtres et laïcs ont cru bien faire et ont prétendu s'inspirer du Concile. Ces personnes, sans doute de bonne foi, ont fait plus de mal à l'Eglise que toutes les hérésies et toutes les persécutions. Il n'est pas étonnant que la pratique ait diminué tandis qu'autrefois, que ce soit en zone rurale ou en zone urbaine, de tels problèmes n'existaient pas.

Aujourd'hui, nous commençons à comprendre le vrai sens du Concile, lequel n'a jamais voulu rompre avec la Tradition de l'Eglise. Il faudra sans doute imaginer de nouvelles formes d'apostolat, dans le cadre de la Nouvelle Evangélisation voulue par Jean-Paul II. En Allemagne par exemple, certains Länder ont été totalement déchristianisés à l'époque du communisme. Maintenant, c'est le Chemin néo-catéchuménal qui envoie ses prêtres, ses catéchistes et ses familles dans ces régions qui sont redevenues des terres païennes.

Chez nous en France, on revient peu à peu à de vraies valeurs : l'emploi de la langue latine dans la liturgie, le départ clairement opéré entre l'état sacerdotal et l'état laïc, le culte de la Vierge Marie, l'adoration eucharistique et la confession, la fidélité au Pape... En même temps que ce retour aux sources, on s'aperçoit que les gens reviennent vers l'Eglise.

Re: Misère : "Diminuer notre offre sacramentelle"

par jean_droit » ven. 04 juin 2010, 19:24

Avez vous remarqué que l'on ne parle pas d'ADAP et que l'on ne cite pas le fait de donner la communion. Très, très significatif.

Notre évêque remplace cela par :
la prière avec la Parole et la charité. Cela peut se faire chez une personne ou à l’église, un jeudi ou un dimanche, avec des psaumes ou avec l’évangile du dimanche
Merci, monseigneur, comme cela vous pourrez vraiment abandonner vos églises où des générations de catholiques ont prié durant des siècles. Mais c'était avant ....

Merci, monseigneur, de nous laisser libre le dimanche, si nous voulons. On va pouvoir aller faire nos courses.

On est vendredi : Je vais participer chez un particulier à une prière. Donc plus la peine d'aller aux cérémonies de la Fête Dieu !

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