par etienne lorant » ven. 27 août 2010, 18:45
Les oeillères... ce mot vient, je crois, de ces pièces de cuir que l'on place sur la tête des chevaux pour les empêcher de regarder à droite ou à gauche, mais toujours devant. La connotation péjorative signifie souvent de ne pas vouloir regarder la réalité en face (ce qui est un peu étrange, puisqu'en réalité, au départ, les oeillères obligent à ne regarder qu'en face de soi !...)
Néanmoins, sur ces bases-là, je dirais que j'ai accepté des oeillères. Au commencement, c'est-à-dire en août 1985 (date de ma conversion, non ma date de naissance), je lisais tout ce que les hommes racontaient à propos du Christ. Que Katzantzakis ait inventé un Christ qui doute de sa mission, qui doute jusqu'à remettre en question sa divinité, cela m'a intéressé. Les représentations que les hommes se font du personnage de Jésus sont toujours intéressantes... du moment que l'on ait une vision personnelle tout à fait claire de Jésus - et tout à fait concordante avec l'enseignement de l'Eglise. J'ai donc lu toutes sortes de livres sans aucun dommage et depuis... 25 ans, si je compte bien.
Mais c'est fini. A présent, plutôt que de regarder sur les côtés, j'ai découvert qu'il y a tant et plus à découvrir encore chez les saints... et j'ai simplement fait comme tout bon lecteur, j'ai choisi : ceci et non cela. J'ai carrément tranché dans la masse: sur toute la littérature "chrétienne" ou "christique", je n'ai gardé que les lectures conseillées par l'Eglise. Le dernier auteur que j'ai découvert, ce fut après avoir prié le Seigneur. J'avais lu le "Journal" de Julien Green et cela m'avait apporté beaucoup. Ensuite, je me suis retrouvé avec un petit ouvrage intitulé "Prier quinze jours avec Simone Weil", et je suis toujours en train d'explorer sa pensée, car c'est vraiment une pensée de conversion.
Tenez, je ne résiste pas, il y a cette petite phrase, qui semble anodine, mais qui me fait vivre: "Le Christ aime qu'on lui préfère la vérité, car avant d'être le Christ, il est la vérité. Si on se détourne de lui pour aller vers la vérité, on ne fera pas un long chemin sans tomber dans ses bras". (Dans "Autobiographie Spirituelle").
La vie devient passe, elle est devenue difficile, je ne peux plus me permettre de me nourrir de tout et de rien et j'imagine que, ici et là, trouvant à propos de la foi des propos ironiques, désormais je deviens méfiant. Désormais, j'aime la rigueur de la Parole. Tout à l'heure, je m'étonnais quelque peu en lisant, chez Jean, que c'est la qualité des oeuvres qui précède la reconnaissance de la Lumière (Jn 3:19). Autrement dit: c'est celui qui fait le bien qui reconnaîtra le Christ. Mais celui qui fait le mal ne peut reconnaître le Christ. En sorte que l'intelligence et le raisonnement ne permettent pas de rencontrer le Seigneur, mais seulement les actes de charité... c'est stupéfiant, non ?
Je me suis sans doute éloigné de la question que vous posiez, mais j'aurai tout de même donné un élément de la réponse: à savoir qu'un "luciférien", pour moi, ce n'est pas Lucifer déguisé en homme, c'est simplement quelqu'un qui prétend trouver la vérité et rencontrer le Christ avec son intelligence. Eh bien, non, quiconque prétend cela est un menteur, quelles que soient la logique ou l'apparente fiabilité du raisonnement, c'est faux au départ. Voilà sincèrement ce que je pouvais répondre.
Les oeillères... ce mot vient, je crois, de ces pièces de cuir que l'on place sur la tête des chevaux pour les empêcher de regarder à droite ou à gauche, mais toujours devant. La connotation péjorative signifie souvent de ne pas vouloir regarder la réalité en face (ce qui est un peu étrange, puisqu'en réalité, au départ, les oeillères obligent à ne regarder qu'en face de soi !...)
Néanmoins, sur ces bases-là, je dirais que j'ai accepté des oeillères. Au commencement, c'est-à-dire en août 1985 (date de ma conversion, non ma date de naissance), je lisais tout ce que les hommes racontaient à propos du Christ. Que Katzantzakis ait inventé un Christ qui doute de sa mission, qui doute jusqu'à remettre en question sa divinité, cela m'a intéressé. Les représentations que les hommes se font du personnage de Jésus sont toujours intéressantes... du moment que l'on ait une vision personnelle tout à fait claire de Jésus - et tout à fait concordante avec l'enseignement de l'Eglise. J'ai donc lu toutes sortes de livres sans aucun dommage et depuis... 25 ans, si je compte bien.
Mais c'est fini. A présent, plutôt que de regarder sur les côtés, j'ai découvert qu'il y a tant et plus à découvrir encore chez les saints... et j'ai simplement fait comme tout bon lecteur, j'ai choisi : ceci et non cela. J'ai carrément tranché dans la masse: sur toute la littérature "chrétienne" ou "christique", je n'ai gardé que les lectures conseillées par l'Eglise. Le dernier auteur que j'ai découvert, ce fut après avoir prié le Seigneur. J'avais lu le "Journal" de Julien Green et cela m'avait apporté beaucoup. Ensuite, je me suis retrouvé avec un petit ouvrage intitulé "Prier quinze jours avec Simone Weil", et je suis toujours en train d'explorer sa pensée, car c'est vraiment une pensée de conversion.
Tenez, je ne résiste pas, il y a cette petite phrase, qui semble anodine, mais qui me fait vivre: "Le Christ aime qu'on lui préfère la vérité, car avant d'être le Christ, il est la vérité. Si on se détourne de lui pour aller vers la vérité, on ne fera pas un long chemin sans tomber dans ses bras". (Dans "Autobiographie Spirituelle").
La vie devient passe, elle est devenue difficile, je ne peux plus me permettre de me nourrir de tout et de rien et j'imagine que, ici et là, trouvant à propos de la foi des propos ironiques, désormais je deviens méfiant. Désormais, j'aime la rigueur de la Parole. Tout à l'heure, je m'étonnais quelque peu en lisant, chez Jean, que c'est la qualité des oeuvres qui précède la reconnaissance de la Lumière (Jn 3:19). Autrement dit: c'est celui qui fait le bien qui reconnaîtra le Christ. Mais celui qui fait le mal ne peut reconnaître le Christ. En sorte que l'intelligence et le raisonnement ne permettent pas de rencontrer le Seigneur, mais seulement les actes de charité... c'est stupéfiant, non ?
Je me suis sans doute éloigné de la question que vous posiez, mais j'aurai tout de même donné un élément de la réponse: à savoir qu'un "luciférien", pour moi, ce n'est pas Lucifer déguisé en homme, c'est simplement quelqu'un qui prétend trouver la vérité et rencontrer le Christ avec son intelligence. Eh bien, non, quiconque prétend cela est un menteur, quelles que soient la logique ou l'apparente fiabilité du raisonnement, c'est faux au départ. Voilà sincèrement ce que je pouvais répondre.