par cmoi » dim. 22 déc. 2024, 18:49
Bonjour Olivier,
Comme l’a signalé Coco, vos réponses à vous et Fée Violine ont « veillé au grain » : cette femme devrait aller se confesser à un prêtre et le plus vite sera le mieux.
Néanmoins je gage que cela ne sera pas suffisant, et qu’elle pourrait revenir ici ou ailleurs pour une demande qui sera différente tout en étant la même.
Vous-même aviez écrit hésiter, mais je gage là encore que votre hésitation allait plus loin encore que celle exprimée. Votre première réponse ouvrait la possibilité d’une vie commune : mariée avec le prêtre rendu à la vie laïque. Or la seconde intervention de cette femme (n’oublions pas que nous n’avons que sa version des faits) exclut cette issue. Vu qu’elle est mariée, mère de 2 enfants et ne souhaite apparemment pas quitter son mari. Quel coup de théâtre !
Ce n’était pas prévisible et vous aviez envisagé autre chose : une femme probablement plus jeune et avec moins « d’expérience ». Qui ne l’aurait pas vu comme cela !?
Vous avez raison de préciser « devrait justifier, sinon un renvoi de l'état clérical, du moins une période substantielle de pénitence dans un monastère avec un réexamen sérieux du discernement opéré par l'évêque lui ayant conféré les ordres. » mais j’irai pour ma part plus loin : ni elle ni lui n’ont manifesté les signes d’un repentir sérieux. En revanche, d’un regret, assurément.
Quant au discernement opéré à l'époque de l'ordination, il n'est pas nécessairement en cause.
Les tentations, cela existe ! ( Mais vous avez pu écrire cela en pensant seulement en l'avenir...)
Lui, parce que dans ce cas (je reviens sur l'absence du repentir nécessaire et suffisant) il n’aurait pas laissé cette femme dans le doute, mais aurait clairement reconnu avoir commis une énorme erreur, lui en aurait demandé pardon en s’accablant, et ne lui aurait laissé aucun espoir de suite.
Pour le moment, l’air de rien et sous prétexte de la ménager (or elle me paraît tout à fait capable de supporter plus, et même pourrait en avoir besoin spirituellement : est-ce pour donner crédit à ce ménagement que vous considérez qu'il y a eu abus? C'est une possibilité, oui, mais j'en envisage une autre à cause de la difficulté de s'humilier...), il se ménage une possibilité de récidive !
Or quand cette femme demande de l’aide, il n’est pas du tout évident que ce soit pour se détacher de l’homme, puisqu’elle avoue : « je lui mets sans doute la pression afin de le voir plus souvent. » (avec des précisions qui ne laissent aucun doute sur son attente) et que « entre-temps je suis tombée très amoureuse de lui ».
Elle a parfaitement bien compris que si « « Il y a 3 semaines il m’a avoué qu’il avait parlé de nous à son conseil spirituel » puisqu’elle ajoute « j’en déduis qu’il lui a conseillé d’arrêter notre relation. Je ne sais pas quoi faire car il trouve toujours une excuse pour m’éviter et on n’a pas l’occasion d’en discuter, » c'est que ses projets à elle seront contrariés... Et cela pourrait être prioritairement pour cela qu'elle demande de l'aide !
Cette femme souffre donc d’une maladie spirituelle bien connue, celle-là même que Coco Lapin entend pourfendre la bouche en cœur ou enfarinée, mais qu’il ne parvient pas à identifier quand elle est flagrante : celle de ne pas mesurer la gravité du péché commis.
Et pourtant, elle a en main tous les éléments. Ne va-t-elle pas régulièrement à la messe ? N’avait-elle pas conscience de……puisqu’elle écrit « j’ai rougi et lui ai dit que ce n’était pas bien ».
Même si cet homme n’avait pas été un prêtre, n’était-ce pas pour elle déjà un adultère ?
Elle avait besoin d’un conseil de la part d’un prêtre : Pour quoi ? Pourquoi son mari n’était-il pas probablement avec elle à la sortie de ces messes ? Lui a-t-elle parlé de cette « forte amitié » entre « 2 cœurs qui se sont croisés », comme elle l’aurait dû, ne serait-ce que pour qu’il veille au grain et parce que c’était son devoir ? Certes, cette amitié pouvait n’être que de nature spirituelle, ce qu’elle aurait dû être et elle le savait, mais si elle se souvient de ce qu’elle n’aurait pas « dû » entendre, n’aurait-elle pas dû mettre les points sur les I, au lieu de n’en retenir que le fait qu’elle se sentait tellement bien dans ses bras comme une vérité à laquelle il ne convient pas de résister ?
Elle n’aurait jamais dû se rendre à ce RDV privé, sans avoir auparavant clarifié les choses. Et en plus, de le voir « alité et malade » n’aurait-il pas dû allumer tous les warnings de sa conscience ?
Quelle méconnaissance (peut-être est-ce là la clé de tout...) des règles les plus élémentaires de protection contre la tentation !
La « technique » de drague employée par ce prêtre est d’une puérilité confondante ! Est-ce pourquoi il aurait abusé ? Je pense le contraire, qu’il aurait pu espérer qu’elle le recadre et ainsi se dire qu’il l’avait bien mérité ! Et elle parfaitement consciente de ce qui se jouait, qui « cède »… !
Il avait déjà bien compris que cela était envisageable, même si elle essaye depuis de lui faire porter le chapeau : « surtout lui » et « à sa demande » : n’est-ce pas toujours comme cela qu’une idylle commence en général ?
La simple foi n’aurait-elle pas dû suffire pour que désireuse d’un conseil spirituel, et vu comment les chose tournaient, elle se prémunisse des suites, déjà par ce que mariée, et ensuite parce que c’était un prêtre ! Et elle parce que mariée et mère de 2 enfants !
Tout s’est passé comme si sa chasteté présumée de prêtre lui méritait une récompense pour avoir su… Quoi ? Tomber amoureux ? Même pas… Mais l’avoir maintenue peut-être jusque-là…
Se confesser ne suffira pas, pas même si c’est à l’évêque et même surtout pas, à cause du secret de confession. Faut-il qu’elle se considère comme ayant été abusée pour qu’elle doive intervenir et dénoncer ce prêtre à son évêque ? Faut-il qu’elle se reconnaisse responsable autant que lui pour ne pas le faire ?
En tout cas, elle devrait le prendre entre 4 yeux et lui dire ses 4 vérités, puisqu’elle est aujourd’hui amoureuse et en souffre, pour qu’il ne recommence jamais ! Cela ce serait lui rendre service, à lui comme à elle…
A cause du risque de récidive qui semble patent, elle devrait le dénoncer. Et le confesseur du prêtre aurait dû aller plus loin dans sa pénitence, obliger son pénitent à faire acte de repentance envers elle, lui demander l’autorisation de recevoir sa « complice » et éventuellement victime - ce qui n’est pas trahir le secret de confession, mais l’aider à remplir son devoir de réparer… Il ne peut certes dénoncer ni avouer la faute « à la place de », mais il y a toute une marge de manœuvre qu’il n’a pas utilisée et du coup, la situation n’est saine pour personne…
Qui mesurera ce qu’aura été le degré d’abus, qui à ce stade d’information n’a rien de flagrant ? A moins qu’elle n’ait été une personne en situation antérieure de fragilité, mais rien ne l’indique, elle avait toute latitude pour opposer un refus et son ministère n'était en rien "engagé" car il semble que cette relation a duré entre le conseil sollicité et la situation de tentation.
Elle savait très bien ce qu’elle aurait dû faire et aurait pu le faire. Son statut de prêtre aurait dû amplifier cette nécessité de le faire. La faute du prêtre est évidente, qui semble avoir décidé depuis de « se reprendre », mais non moins la sienne. Sans quoi tout prêtre qui fauterait avec une croyante commettrait un abus !
Elle va aller se confesser, et puis après ? L’un comme l’autre devrait s’attacher à recouvrer une vraie foi, et cela ne se fait pas en un jour, et seulement ensuite ils pourront éprouver un vrai repentir.
Avec des pénitences qui se contentent de quelques prières, des confessions qui se contentent du "minimum syndical", voilà où cela peut conduire…
Quelle tristesse !, et qui nous impacte tous, comme membres du même corps mystique !
Bonjour Olivier,
Comme l’a signalé Coco, vos réponses à vous et Fée Violine ont « veillé au grain » : cette femme devrait aller se confesser à un prêtre et le plus vite sera le mieux.
Néanmoins je gage que cela ne sera pas suffisant, et qu’elle pourrait revenir ici ou ailleurs pour une demande qui sera différente tout en étant la même.
Vous-même aviez écrit hésiter, mais je gage là encore que votre hésitation allait plus loin encore que celle exprimée. Votre première réponse ouvrait la possibilité d’une vie commune : mariée avec le prêtre rendu à la vie laïque. Or la seconde intervention de cette femme (n’oublions pas que nous n’avons que sa version des faits) exclut cette issue. Vu qu’elle est mariée, mère de 2 enfants et ne souhaite apparemment pas quitter son mari. Quel coup de théâtre !
Ce n’était pas prévisible et vous aviez envisagé autre chose : une femme probablement plus jeune et avec moins « d’expérience ». Qui ne l’aurait pas vu comme cela !?
Vous avez raison de préciser « devrait justifier, sinon un renvoi de l'état clérical, du moins une période substantielle de pénitence dans un monastère avec un réexamen sérieux du discernement opéré par l'évêque lui ayant conféré les ordres. » mais j’irai pour ma part plus loin : ni elle ni lui n’ont manifesté les signes d’un repentir sérieux. En revanche, d’un regret, assurément.
Quant au discernement opéré à l'époque de l'ordination, il n'est pas nécessairement en cause.
Les tentations, cela existe ! ( Mais vous avez pu écrire cela en pensant seulement en l'avenir...)
Lui, parce que dans ce cas (je reviens sur l'absence du repentir nécessaire et suffisant) il n’aurait pas laissé cette femme dans le doute, mais aurait clairement reconnu avoir commis une énorme erreur, lui en aurait demandé pardon en s’accablant, et ne lui aurait laissé aucun espoir de suite.
Pour le moment, l’air de rien et sous prétexte de la ménager (or elle me paraît tout à fait capable de supporter plus, et même pourrait en avoir besoin spirituellement : est-ce pour donner crédit à ce ménagement que vous considérez qu'il y a eu abus? C'est une possibilité, oui, mais j'en envisage une autre à cause de la difficulté de s'humilier...), il se ménage une possibilité de récidive !
Or quand cette femme demande de l’aide, il n’est pas du tout évident que ce soit pour se détacher de l’homme, puisqu’elle avoue : « je lui mets sans doute la pression afin de le voir plus souvent. » (avec des précisions qui ne laissent aucun doute sur son attente) et que « entre-temps je suis tombée très amoureuse de lui ».
Elle a parfaitement bien compris que si « « Il y a 3 semaines il m’a avoué qu’il avait parlé de nous à son conseil spirituel » puisqu’elle ajoute « j’en déduis qu’il lui a conseillé d’arrêter notre relation. Je ne sais pas quoi faire car il trouve toujours une excuse pour m’éviter et on n’a pas l’occasion d’en discuter, » c'est que ses projets à elle seront contrariés... Et cela pourrait être prioritairement pour cela qu'elle demande de l'aide !
Cette femme souffre donc d’une maladie spirituelle bien connue, celle-là même que Coco Lapin entend pourfendre la bouche en cœur ou enfarinée, mais qu’il ne parvient pas à identifier quand elle est flagrante : celle de ne pas mesurer la gravité du péché commis.
Et pourtant, elle a en main tous les éléments. Ne va-t-elle pas régulièrement à la messe ? N’avait-elle pas conscience de……puisqu’elle écrit « j’ai rougi et lui ai dit que ce n’était pas bien ».
Même si cet homme n’avait pas été un prêtre, n’était-ce pas pour elle déjà un adultère ?
Elle avait besoin d’un conseil de la part d’un prêtre : Pour quoi ? Pourquoi son mari n’était-il pas probablement avec elle à la sortie de ces messes ? Lui a-t-elle parlé de cette « forte amitié » entre « 2 cœurs qui se sont croisés », comme elle l’aurait dû, ne serait-ce que pour qu’il veille au grain et parce que c’était son devoir ? Certes, cette amitié pouvait n’être que de nature spirituelle, ce qu’elle aurait dû être et elle le savait, mais si elle se souvient de ce qu’elle n’aurait pas « dû » entendre, n’aurait-elle pas dû mettre les points sur les I, au lieu de n’en retenir que le fait qu’elle se sentait tellement bien dans ses bras comme une vérité à laquelle il ne convient pas de résister ?
Elle n’aurait jamais dû se rendre à ce RDV privé, sans avoir auparavant clarifié les choses. Et en plus, de le voir « alité et malade » n’aurait-il pas dû allumer tous les warnings de sa conscience ?
Quelle méconnaissance (peut-être est-ce là la clé de tout...) des règles les plus élémentaires de protection contre la tentation !
La « technique » de drague employée par ce prêtre est d’une puérilité confondante ! Est-ce pourquoi il aurait abusé ? Je pense le contraire, qu’il aurait pu espérer qu’elle le recadre et ainsi se dire qu’il l’avait bien mérité ! Et elle parfaitement consciente de ce qui se jouait, qui « cède »… !
Il avait déjà bien compris que cela était envisageable, même si elle essaye depuis de lui faire porter le chapeau : « surtout lui » et « à sa demande » : n’est-ce pas toujours comme cela qu’une idylle commence en général ?
La simple foi n’aurait-elle pas dû suffire pour que désireuse d’un conseil spirituel, et vu comment les chose tournaient, elle se prémunisse des suites, déjà par ce que mariée, et ensuite parce que c’était un prêtre ! Et elle parce que mariée et mère de 2 enfants !
Tout s’est passé comme si sa chasteté présumée de prêtre lui méritait une récompense pour avoir su… Quoi ? Tomber amoureux ? Même pas… Mais l’avoir maintenue peut-être jusque-là…
Se confesser ne suffira pas, pas même si c’est à l’évêque et même surtout pas, à cause du secret de confession. Faut-il qu’elle se considère comme ayant été abusée pour qu’elle doive intervenir et dénoncer ce prêtre à son évêque ? Faut-il qu’elle se reconnaisse responsable autant que lui pour ne pas le faire ?
En tout cas, elle devrait le prendre entre 4 yeux et lui dire ses 4 vérités, puisqu’elle est aujourd’hui amoureuse et en souffre, pour qu’il ne recommence jamais ! Cela ce serait lui rendre service, à lui comme à elle…
A cause du risque de récidive qui semble patent, elle devrait le dénoncer. Et le confesseur du prêtre aurait dû aller plus loin dans sa pénitence, obliger son pénitent à faire acte de repentance envers elle, lui demander l’autorisation de recevoir sa « complice » et éventuellement victime - ce qui n’est pas trahir le secret de confession, mais l’aider à remplir son devoir de réparer… Il ne peut certes dénoncer ni avouer la faute « à la place de », mais il y a toute une marge de manœuvre qu’il n’a pas utilisée et du coup, la situation n’est saine pour personne…
Qui mesurera ce qu’aura été le degré d’abus, qui à ce stade d’information n’a rien de flagrant ? A moins qu’elle n’ait été une personne en situation antérieure de fragilité, mais rien ne l’indique, elle avait toute latitude pour opposer un refus et son ministère n'était en rien "engagé" car il semble que cette relation a duré entre le conseil sollicité et la situation de tentation.
Elle savait très bien ce qu’elle aurait dû faire et aurait pu le faire. Son statut de prêtre aurait dû amplifier cette nécessité de le faire. La faute du prêtre est évidente, qui semble avoir décidé depuis de « se reprendre », mais non moins la sienne. Sans quoi tout prêtre qui fauterait avec une croyante commettrait un abus !
Elle va aller se confesser, et puis après ? L’un comme l’autre devrait s’attacher à recouvrer une vraie foi, et cela ne se fait pas en un jour, et seulement ensuite ils pourront éprouver un vrai repentir.
Avec des pénitences qui se contentent de quelques prières, des confessions qui se contentent du "minimum syndical", voilà où cela peut conduire…
Quelle tristesse !, et qui nous impacte tous, comme membres du même corps mystique !