AnneT a écrit :
Mon avenir ne promet pas d'être rose après ma mort...

Mais je n'ai pas dit ça...
En fait, dans ce genre de débat, j'ai remarqué qu'on se pose volontiers en victime de l'autre, afin que le débatteur soit culpabilisé le plus possible. Et comme au tennis : tu me culpabilises, je te culpabilise, tu me culpabilises, paf, paf, paf...
Pourquoi ne peut-on pas débattre calmement sans tomber dans les attaques personnelles, ou bien sans s'inventer un rôle de cible personnelle ? Pourquoi faut-il que les gens se sentent personnellement atteints ?
En ce qui me concerne, malgré quelques moqueries qui ne visent que des
situations, je n'attaque aucune personne en particulier. Ce sont les pratiques qui m'affligent. Mais je n'ai rien contre les personnes.
Et bien sûr que c'est une bonne chose que les personnes âgées reçoivent de la visite. Mais je n'imagine pas ce genre de "communion à domicile" se dérouler aux autres époques traversées par l'Église. C'est quand même bien un truc de notre temps, admettez.
Bon allez, peut-être que je me trompe après tout... Mais il me semble que l'on pourrait procéder différemment pour laisser au prêtre la totalité de son ministère. Prenez par exemple la façon de communier : il existe différentes manières. Debout sur les mains, ou à genoux sur les lèvres. En ce qui me concerne, je m'adapte toujours à l'usage en place. Et dans le rite Paul VI, je communie sur les lèvres uniquement si le prêtre est haut de taille. Car ce n'est pas très commode s'il faut se baisser tout en relevant la tête. Par contre, si je me trouve face à un laïc, même d'1m90, ce sera sur les mains, car je ne peux pas imaginer de communier sur les lèvres des mains d'un laïc. Et encore moins d'une laïque ! Je n'ai pas besoin de vous expliquer : le contact doigts/bouche, c'est déjà un rapport qui devient intime, qui peut entraîner de la répugnance, ou une gêne, et encore plus entre un laïc homme et une laïque femme. Mais le prêtre, c'est différent. Quand on va le voir pour se confesser, on lui ouvre déjà une part de notre intimité. Donc, d'une certaine manière, c'est son métier ! Comme le Christ vient habiter chez nous, le prêtre aussi : on lui ouvre une part de notre intimité. Donc vous voyez bien que ce n'est pas pareil. Alors, lorsque Benoît XVI recommande la communion sur les lèvres, on est bien obligé d'admettre que la communion par les laïcs présentent de grandes limites.
Et l'un des principaux griefs est la banalisation, tout simplement. La "socialisation". La communion est d'abord un acte
religieux, et non pas un acte social ou affectif (comme on l'a vu avec la maman).
C'est ça que vous n'arrivez pas à comprendre, semble-t-il.
On peut presque dire la même chose pour le souhait de paix. Autrefois, il se donnait sur les lèvres. Puis il est devenu une accolade, qui ne se donnait plus que dans le choeur. Tant qu'il existait chez les laïcs, on prenait bien garde qu'il ne soit pas pratiqué comme une banale salutation, ou marque d'affection. Les hommes se le donnaient entre eux, et les femmes entre elles. Il n'y avait pas de souhait de paix mixte. Voilà ce qui se faisait du temps de Tarcisse (puisqu'à vous entendre, il faut tout faire comme à cette époque). Mais aujourd'hui, c'est quoi le souhait de paix ? Je n'ai pas besoin de faire un dessin, vous le vivez comme moi chaque fois que vous allez à la messe. C'est un acte social et affectif, et non pas un acte religieux.
C'est ça, la chute des vocations : la perte du sens religieux.