Bonjour
David25 a écrit :Au lieu d'une liberté de choisir, il s'agit surtout d'une envie de suivre Jésus. Là est l'importance d'une solide éducation chrétienne pour que l'enfant devenu grand puisse décider de lui même d'être un disciple de Jésus.
Car à quoi sert-il d'entrer "officiellement" dans l'Eglise si nous ne croyons pas ?
Le problème de votre conception du baptême, c'est la réduction que vous faites subir à la liberté humaine. Vous l'érigez en absolu et un absolu étriqué, aux dimensions subjectives de l'envie, de la décision, du choix. La liberté chrétienne n'est pas cela. D'abord, un chrétien ne sent pas violé dans sa liberté du fait qu'il soit précédé. Précédé par l'Eglise, par ses parents qui lui ont donné la vie, par Dieu qui l'a créé et aimé sans lui demander son avis.
"Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis" (Jn 15, 16). Vous vous imaginez que dans la relation entre Dieu et l'homme, c'est l'homme qui est premier. Alors que Dieu précède l'homme. C'est le Christ qui nous a choisi, c'est Dieu qui nous a connu et aimé alors que nous n'étions pas encore né.
Quelle difficulté à recevoir le baptême quand on est enfant ? Quelle difficulté à être précédé quand c'est par l'amour de Dieu ? La difficulté, c'est le péché, l'orgueil, l'ambition et le mensonge de se croire à l'origine de son propre salut et de la relation à Dieu. Le Christ nous dit que ce n'est pas nous qui l'avons choisi mais que c'est lui qui nous a choisis ; vous répondez que non, vous refusez de vous laisser choisir, vous refusez que ce soit le Christ qui nous aime le premier et vous soumettez le salut à une vague "envie" subjective de le suivre ou pas... L'amour ne supporte pas cette comptabilité d'épicier que vous faites. La liberté n'a de sens que dans l'amour et l'amour ne commence pas avec nous mais bien avant nous... Ce n'est pas une réponse d'amour dont vous parlez, mais d'une négation de l'amour au nom d'une liberté mal comprise. Mais
"en lui, il nous a choisis avant la création du monde, pour que nous soyons, dans l'amour, saints et irréprochables sous son regard." (Ep 1, 4)
Et il y a aussi que c'est dangereux de se laisser choisir par Dieu, on ne sait jamais ce qu'il peut avoir en tête, dans quels chemins il a prévu de nous faire passer :
"Mais vous n'appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous". (Jn 15, 19) En prétendant décider de soi-même, être l'origine souveraine de notre relation à Dieu, on s'évite bien des désagréments. Les mêmes désagréments qu'eut à subir Israël du fait de son élection.
Bref, refuser d'être précédé par Dieu, c'est choisir de se retenir, de se garder soi-même plutôt que de se donner à lui. Parce qu'il est impossible que nous soyons premiers par rapport à lui. Si l'on a besoin d'être à l'origine de l'amour pour accepter une relation d'amour, alors jamais on ne l'acceptera, parce que ce n'est pas nous qui sommes Dieu...
"J'ai aimé Israël dès son enfance, et, pour le faire sortir d'Egypte, je l'ai appelé mon fils. C'est moi qui lui apprenais à marcher, en le soutenant de mes bras, et il n'a pas compris que je venais à son secours. Je le guidais avec humanité, par des liens de tendresse ; je le traitais comme un nourrisson qu'on soulève tout contre sa joue ; je me penchais vers lui pour le faire manger." (Os 11, 1-4) Il y en a qui ne veulent pas être enfants de Dieu mais être eux-mêmes in principio, en archè, comme des dieux... Archè, un commencement qui commande...