Bonjour Archi
sur la matière paradisiaque, donc la "glaise"
Dans le texte l'homme est créé avec de la glaise et ensuite Dieu créé le jardin paradisiaque pour y mettre l'homme (ou l'homme "ha adam" est à prendre comme l'homme en géneral c'est à dire l'humanité). Rien ne dit que cette glaise soit de nature paradisiaque. La chronologie me fait penser que c'est de la glaise "normale".
Je comprends mal votre filiation divine à ce moment là. Je pense que l'on peut dire que nous sommes des créatures de Dieu. A la création nous sommes image et ressemblance, il n'y pas ici de notion de filiation.
Mais une âme humaine insufflée dans un animal qui en a l'apparence extérieure, ça n'est pas exclu non plus
Il y a quelque chose qui me gène. Notre âme est insufflée à un corps et non à un animal. Dieu modela un homme avec la glaise. Je pense qu’ici il est question du corps de l’homme.
Ce corps est un corps physique : le corps humain est situé dans l’espace. C’est une étendue qui présente une certaine grandeur. Il y a une dimension verticale dans le corps humain qui donne au corps trois dimensions. Cette caractéristique implique que le corps ne peut être vu dans son intégralité, je ne vois qu’un coté, l’autre partie reste cachée. Le corps vu porte en lui un mystère et c’est peut être déjà un signe de la transcendance du corps. Le corps est étendu dans l’espace mais limité quand même; d’une taille moyenne en comparaison de certains animaux, mais pas insignifiante. C’est un corps résistant et soumis à l’attraction terrestre. Il a une masse comme tout corps physique.
Le corps est séparé du monde par la peau, elle est une limite entre mon intériorité et l’extérieur. Elle entoure cette espace qui n’est pas un espace vide mais dense. Il est ainsi composé de cellule d’organe et de chair ; le corps a une consistance. Mais cette densité est fragilité, vulnérabilité. La peau exprime bien cette faiblesse, elle se coupe facilement sous l’agression laissant entrevoir notre intériorité. La peau est également le moyen par lequel l’homme communique avec le monde. Elle est un moyen d’échange avec l’extérieur.
Le corps humain est un corps vivant, c’est un organisme vivant.
Cette organisme vivant n’est pas un animal c’est le corps de l’homme. Je conçois tout à fait que cet organisme vivant soit le fruit d’une longue évolution. Mais compte tenu de l’image et ressemblance je ne conçois pas que ce corps ait été celui d’un animal. Comment concevoir qu’un corps animal puisse recevoir une âme immortelle pour devenir cette personne unique capable de communion qu’est l’homme ?
Hors il n’y a pas de dualité entre l’âme et le corps. Si l’âme et le corps étaient deux principes distincts ils ne sauraient exercer la même activé c’est-à-dire celle d’être une personne unique. Des réalités ontologique diverses ne sauraient exercer d’activité une, l’agir de l’homme est un. L’âme est donc la forme de l’homme, et le corps sa matière. L’âme est vue comme le principe de vie, elle donne à l’homme sa nature humaine. Le corps lui le principe d’individualisation de l’homme. Je suis cet homme là parce que j’ai ce corps là et non un autre et surtout pas le corps d’un animal. L’homme est une unité substantielle, quand je pense ou que j’agis c’est toute ma personne (corps et âme) qui pense et qui agit. L’homme n’a plus un corps, l’homme est un corps. « Pour exister comme sujet, il faut être comme substance, et pour être quelqu’un et non pas rien, non l’acte formel et vide d’une abstraite liberté, il faut vivre de la vie d’un corps » Xavier Lacroix le corps de chair p .198
Bien à vous,